LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

20 novembre, 2016

L’IMMANENCE

Classé dans : Immanence — inconnaissance @ 13:04

Immanence : présence par mode d’intériorité,

Ce qu’on appelle communément la morale a deux usages : un usage propitiatoire. Par peur, par pusillanimité, par faiblesse, on a besoin que l’autre ait adopté un code de conduite qui nous garantira qu’il nous respectera, qu’il sera gentil avec nous.Un usage pervers. C’est un pouvoir que l’on a sur l’autre, un moyen de dominer l’autre en le culpabilisant, en le faisant souffrir. On utilise alors sa morale pour attaquer son manque de morale. Tabler sur son honnêteté, sur sa franchise, sur sa générosité, sur sa droiture etc pour lui reprocher son manque d’honnêteté ou son manque de franchise ou son manque de générosité, ou son manque de droiture. Car à quoi servirait de reprocher à quelqu’un son manque de droiture s‘il ignorait la droiture. Faire cela c’est être vicieux.

 C’est cela qu’on appelle les valeurs d’une société : une morale partagée. Il est facile de comprendre que si ces valeurs sont différentes, c’en est fini du lien social. Facile aussi de comprendre qu’entre deux cultures très différentes, deux systèmes de valeur différents, c’est un dialogue de sourds. Il n’y a pas de juge de paix extérieur et reconnu par ces deux cultures.

Pour ces deux raisons, la morale est, comme dit SADE, quelque chose qu’on a besoin de supposer chez autrui. (combien de temps durerait votre morale si vous deviez vivre, pour longtemps, dans un monde totalement dépourvu de morale ? Combien de temps durera une de vos précieuses valeurs si vous êtes obligés, pour longtemps, de vivre dans un milieu qui croit en son contraire ? ) C’est ce qu’on appelle : la civilisation. Des hommes civilisés. Sauf qu’on ne saura sans doute jamais ce qu’on serait devenu si on avait continué à vivre hors de toute société complexe ou élaborée. (meilleur comme le pense ROUSSEAU?) L’apport le plus certain est le développement de nos capacités intellectuelles.

On ne peut pas dire que notre capacité à assujettir et torturer autrui (grâce à la morale) soit un trésor de la civilisation. On ne peut pas dire non plus que ce besoin de pouvoir compter sur la gentillesse de l’autre ne confine pas parfois à la veulerie ou à la plus totale hypocrisie. On a consenti à cela depuis que l’on attend de ces valeurs morales – en principe incarnées par tout le monde qu’elles nous aiment et nous montrent leur aspect bénéfique d’une façon ou d’une autre. C’est leur raison d’être non ?

 Qu’est-ce que l’altruisme ou le désintéressement ? C’est le moyen qui est devenu une fin en soi. (l’altruisme est une fin en soi) Le pacte de non agression, est devenu un idéal, un modèle d’être. La communauté des mœurs est devenue un partage du pouvoir des uns sur les autres. La vie en société – la socialisation – n’est plus une option, mais une norme. (Depuis la sédentarisation) Le pacte de non agression devenu modèle d’être : c’est l’idéal spirituel complètement irréaliste. Le pouvoir des uns sur les autres, trouve un aboutissement dans le pouvoir de certains sur tous les autres ou dans le pouvoir d’un seul sur tous les autres. Ce que chacun fait à petite échelle, d’autres le font à grande échelle. Les premiers sont les complices des seconds. Le dictateur trouve en chacun un terrain favorable, parce que ce que chacun fait de sa vie et de l’amour provoque en lui des sentiments de culpabilité s’il ne peut pas s’autoriser de causes générales, de l’altruisme. L’altruisme exige que, in fine, cette vie et cet amour ne tournent pas à notre profit.

La morale comme oppression. (opprimer-être opprimé)

Si les principes ne sont pas en notre pouvoir, il sera possible d’exploiter le fait qu’ils ne sont pas en notre pouvoir, c’est à dire notre impuissance.

Si les principes nous commandent, il sera possible d’exploiter cette emprise, c’est à dire notre impuissance.

Si les principes sont désirés par nous, il sera facile d’exploiter ce désir, c’est à dire notre dépendance..

Qui n’a pas souffert toute sa vie de tout cela ? Et comment résister  ? Rien ne nous fait plus enrager qu’une oppression que l’on ne comprend pas et par rapport à laquelle on est sans défense.

A principe absolu, pouvoir absolu. Le pouvoir est absolu quand nous n’avons même pas l’idée de le remettre en cause, et pas la moindre chance d’y échapper. Ou de la difficulté de bouger et de ne pas se laisser piéger par des réactions programmées, des attentes convenues,. des vérités établies, des pensées toute-puissantes...

Comment des principes généraux peuvent-ils posséder ce pouvoir ? Parce que pour nous, chez nous, le collectif est la référence et la fin. Partir de lui, le chercher, y retourner.

Qu’est-ce qu’agir, vraiment ? A quoi sert d’agir si cela ne consiste pas à modifier, changer notre rapport à ces principes, des principes qui conditionnent notre rapport aux autres et au monde ? . Agir en changeant notre impuissance par rapport à ces principes, en diminuant cette emprise, en réinventant notre désir. N’est-ce pas ce que nous voulons tous ?

L’oppression, la torture consistent donc à profiter pleinement de notre dépendance à ces principes. Notre degré de susceptibilité, de sensibilité aux reproches, notre vulnérabilité sont proportionnels à ceux que l’on nous a inculqués, aux principes qui ont cours dans une société. Mais comme la société n’existe pas, comme ce n’est qu’une idée abstraite, ils sont proportionnels à notre amour-foi dans les personnes qui ont toujours été et sont revêtues d’une autorité, et pour tout ce qu’elles disaient ou disent. (nécessité d’une totale indépendance par rapport au sujet parlant)

La question n’est pas de changer la société, ou la valeur d’une éthique par rapport à une autre, ou d’améliorer notre éthique, la question est celle de notre dépendance qui peut être extrême.

 Dépendance, possession : impossible d’assumer nos actes. Il n’y aura jamais une conscience de soi avec laquelle on sera en parfait accord. Si on se pense avec des pensées conditionnées, on sera toujours remis en cause soit par d’autres pensées tirées de la même culture, soit parce qu’on aura désobéi à des principes que l’on n’est pas capable de remettre en cause. On ne peut pas s’assumer si la conscience de soi est le produit des affirmations, des jugements, des désirs des autres, ou de principes étrangers qui nous possèdent et nous mènent pas le bout du nez. On ne peut s’assumer que sur la base de ce qui nous est propre.

Alors que se passe-t-il quand on se réapproprie les principes, les valeurs, ou quand on prend ses distances et sa liberté par rapport à ce qui nous est étranger ? Des choses de ce genre ;

 » Réconcilier les Français avec la diversité de la France, notre richesse » (A. JUPPE)

Ne m’incluez pas.

« Le pays attend de la force et j’ai cette force » (M. VALLS)

Parlez pour vous, pas pour moi.

« L’immigration, j’ose le mot, est une chance pour notre pays » (N. SARKOZY)

Qu’est-ce que vous en savez ?

« L’enjeu, c’est le rassemblement » (F. HOLLANDE)

Chacun ses goûts, le rassemblement, ce n’est pas ma tasse de thé.

Liberté égalité fraternité

Chacun son rapport aux mots.

« e défends une France ouverte et généreuse » (N. DOMENACH)

Vous vous laissez aller là.

Egalité femmes/hommes (N VALLAUD-BELKACEM)

Vous ne savez pas de quoi vous parlez.

« Sous le signe de l’espérance « (E. MACRON) « Entrez dans l’espérance « (Jean-Paul II)

Et si moi je n‘aime pas l’espérance.

(A propos de TRUMP) « Les valeurs traditionnelles qu’il défend sont le paravent de la sauvagerie qu’il pratique «  (R. ENTHOVEN)

Et pourquoi pas ? Tout dépend de ce qu’il fait de cette sauvagerie.

 

On pourrait passer à un autre registre :

« As-tu jamais fait l’effort de t’intéresser à quelqu’un d’autre qu’à toi-même «

Libre à vous d’aimer l’effort, mais ce n’est pas la question de l’autre ou de moi-même qui inspire mes intérêts.

«  Quel mérite y-a-t-il à donner un emploi à quelqu’un qui le mérite ? »

Je ne me soucie pas d’avoir du mérite.

Tu pourrais faire plus attention à moi, avoir plus d’attentions pour moi ;

Cela ne m’intéresse pas l’attention que tu portes à l’attention que je manifeste.

On comptait bien avoir raison de vous avec la réconciliation, la France forte, la chance, le rassemblement, la liberté…., l’ouverture, la générosité, l’espérance, le contraire de la sauvagerie, le désintéressement, le mérite, l’attention, en profitant de votre impuissance et de votre dépendance à leur égard.

Pourquoi ne réagit-on pas ainsi ? A cause de l’immanence. C’est la marque de la civilisation chrétienne. (Essence humaine, troupeau, miracles, jugement qui suppose une connaissance parfaite de l’autre) Une immanence qui fonctionne d’une double façon.

Première façon. Dans l’article « Esprit-prêtre » nous avons montré que nous croyons dans l’existence d‘esprits de ceci, d’esprits de cela (l’esprit de la société, l’esprit de la fraternité, l’esprit de la liberté, l’esprit de la justice, de l’amour etc comme si ces esprits, indépendants de nous, transcendants, étaient à l’oeuvre et, en plus, nous habitaient, au lieu de considérer que ce n’étaient que des façons sommaires et pratiques de classer ensemble des comportements divers qui obéissaient à d’autres lois) .

Chacun de ces esprits immanents, donc nous habiterait au même titre et devrait nous guider de la même manière. (exemple : ce qui présiderait à une action collective)

Seconde façon. Aussi magnifiques ou puissantes ou vastes que soient nos intuitions, impressions, représentations, elles sont dans le cerveau, elles ne sortent pas des limites du cerveau, on ne saurait détecter quoi que ce soit à leur sujet en dehors de lui. C’est un super-fantasme de ne pas considérer que notre présence au monde ne va pas au-delà des limites de notre corps. On en vient à croire qu’il y a quelque chose de nous, de notre esprit dans l’autre, réellement, ou un peu de l’esprit de l’autre dans notre esprit par je ne sais quelle opération magique. Et on en vient à se sentir ou des droits ou un savoir sur ce qui se passe en l’autre ou à avoir des attentes à l’égard de l’autre sur la base de la part de l’autre qui est en nous. Ce n’est rien d’autre qu’un fantasme à propos de ces esprits.

chev

Le sentiment de notre responsabilité nous poursuit jusque sous nos draps. Responsabilité par rapport à ces esprits transcendants, nous venons de le voir. Mais nous sommes aussi responsables de la part de nous qui est en l’autre et de la part de l’autre qui est en nous .Immanence collective. Une intelligence collective, en tant que telle, cela n’existe pas. Il n’y a que des intelligences qui s’ajoutent et tirent parti les unes des autres ;

« Si vous avez ensemble connexion, vous ne pouvez vous séparer, si un lien vous attache ensemble, vous n’êtes quelque chose qu’ensemble «  (STIRNER)  

Tout pour éviter de penser qu’il n’y a que des individus, que chacun est unique en dehors des caractéristiques organiques de l’espèce à laquelle il appartient. Partir de l’autre, quelle que soit la forme, la nature de cet autre, c’est toujours partit d’une idée générale.

Se réapproprier les principes, les valeurs, c’est effacer ceux qui les emploient pour retrouver avec ces principes et valeurs un rapport direct. Annuler le pouvoir que ces principes et ces valeurs ont sur nous c’est annuler tout interface avec ceux qui les emploient. Abandonner notre désir pour ces principes et ces valeurs c’est renoncer à tout désir à l’égard de ceux qui les emploient.

 

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