LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

23 septembre, 2021

LA VIE DURE

Classé dans : Non classé — inconnaissance @ 11:37

C’est comme l’amour. Au début c’est un sentiment singulier, personnel, intime, mystérieux, incontrôlable. On est amoureux « Loué jusqu’au mois d’août «  comme disait Rimbaud.

Et puis la pensée s’en mêle, les autres s’en mêlent, la société s’en mêle et les paroles s’en mêlent. Alors la pensée de l’amour, l’amour selon les autres, l’amour selon la société, l’amour selon les paroles diffère des sentiments que l’on éprouvait. Mais c’est de ce dernier que l’on s’occupe de plus en plus. C’est de ce dernier que l’on se parle, c’est à travers ce dernier que l’on existe socialement, c’est à ce dernier que l’on prévoit un avenir, c’est pour ce dernier que l’on fait des projets. N’est-ce pas, on ne cherche pas à exprimer au plus près les aspects variés et changeant de ce phénomène qu’on appelle amour. Ou c’est rare. « S’aimer, c’est regarder ensemble dans la même direction » disait  Saint-Exupéry. C‘est faire des projets, construire.

Que sont devenus les sentiments de départ ? ( que sont nos sentiments devenus qu’on avait de si près tenus et tant aimés) ils ont été remplacés par de l’attachement, du plaisir familier, des plaisirs, de la tendresse, quand c’est possible. Parfois ce n’est pas possible et « tout doucement, sans faire de bruit «  le mécontentement s’installe.

Le cœur est passé à autre chose. « Te souviens-tu de notre extase ancienne. Pourquoi voulez-vous donc qu’il m’en souvienne » écrivait Verlaine. Plus tard, bien plus tard, quand on repense à cette époque, on a l’impression que c’est un autre que soi qui était là.

C’est pareil, sous des formes et des degrés différents pour des tas de choses dans notre vie. On veut très souvent que tout ce à quoi on s’attache et qui acquiert une existence sociale grâce aux mots, à la culture, dure. Après tout, on ne s’attache qu’à ce qui a de la valeur, et cette valeur nous revient, alors on ne veut pas perdre de la valeur.

Mort à la mort. Mort à la mort de l’attachement. Et la première condition pour que cet attachement dure, c’est que ce à quoi on est attaché dure. Après, il faudra faire durer l’attachement lui-même. Foi, vénération, culte, idéalisation, sacralisation, fixation tout est bon. Même quand la vie est dure.

Alors si on est nombreux à être attaché à une chose, à plus forte raison fera-t-on tout pour conserver l’objet auquel on est attaché et pour se motiver. Au début, il y avait des émois, mais la pensée s’en est mêlée, et les autres, et la société.

Hélas, ce qui dure le plus longtemps, c’est ce qui n’est pas vivant, ce sont les fossiles, et ce sont les fossiles de la pensée : mots, symboles. Parce que la vie, elle, est autant création que destruction, naissance que mort.

« Regarde toutes choses sous l’aspect du moment. Pense dans le moment. Toute pensée qui dure est contradiction. Aime le moment. Tout amour qui dure est haine. Sois sincère avec le moment. Toute sincérité qui dure est mensonge. » (M. Schwob)

https://www.youtube.com/watch?v=PMtFfPbcPLM

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