LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

17 septembre, 2018

LE RAPPORT AUX PENSEES

Classé dans : Depossession — inconnaissance @ 13:37

Que l’on fasse dépendre le « faire » ou le « paraître » du prédicat, oui, que l’on fasse dépendre l’être ou l’existence du prédicat, non !. Ou alors l’être ou l’existence est une pure création de la culture .

Question : dans la célèbre phrase de DESCARTES, le « je » de je pense et le « je » de je suis sont-ils personnels ou impersonnels ? ….. ? ? ? ?

Le sujet de « suis » est-il quelque chose d’impersonnel ? Si oui, alors qu’est-ce que c’est que cet être impersonnel ?

Sinon, alors qu’est-ce que c’est que ce penseur personnel  ?

Comment un pronom (je) qui convient à tout le monde, qui est utilisé par tout le monde, pourrait-il être personnel ? Comment ce je impersonnel pourrait-il désigner quelque chose de personnel ou de singulier ? Ou mieux encore : comment notre représentation d‘un je impersonnel pourrait-elle être personnelle ? (car suis, pense, sont bien des généralités. Ce n’est pas mon « suis » et mon « pense », c’est le suis et le pense de tout le monde. J’en suis encore à chercher ce célèbre « toutlemonde »  Si vous le trouvez, SVP, faites-moi signe. Je voudrais l’interviewer) Alors, sapristi, que se passe-t-il exactement, en soi, quand on dit je à tout bout de champ ?

Je est une pensée n’est-ce pas ? Mais « je » a la prétention de renvoyer à quelque chose de bien plus vaste qu’une simple pensée passante, à quelque chose comme notre personne, notre être.

Quels rapports entre les pensées et soi ? 

Question cruciale  : ma propre existence doit-elle être légitimée et définie par la pensée  ou ma propre existence est-elle indépendante de toute pensée ?

Se poser sérieusement la question, c’est s’apercevoir que l’on a tendance à penser pour pouvoir être, ou pour parvenir à une conscience d’être. On s’aperçoit qu’on cherche dans les pensées une raison à notre existence, comme si on ne pouvait exister qu’après avoir trouvé une pensée qui confirme cette existence, comme si on n’avait le droit de vivre qu’après avoir trouvé comment vivre. Car la pensée introduit nécessairement un sens. Se penser ou penser à soi, c’est se donner un sens.

Quel sens ? D’où vient ce sens ?

Quand on ne cherche pas de raison, que se passe-t-il, cesse-t-on d’exister  ? La pensée et ses raisons viennent quand la question de notre être se pose. Et quand cette question se pose-t-elle ?

Si on a une idée fausse ou très vague de ce que désigne le je ou le tu, du moins pensons-nous qu’ils doivent nous désigner, nous. (la pétition de principe dont je parlais) C’est ce sentiment intime de soi associé au je au tu ou au vous qui est à l’origine de la dépossession de soi. Car d’emblée, la confrontation : conscience intime  /pronom personnel, nous joue des tours ; d’emblée, le sens du je ou du tu ne colle pas avec ce qu’on est. (jurez de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité….quelle formule imbécile!) Qui l’emporte ? .

Si la pensée l’emporte, il y a dépossession. Ce ne serait évidemment pas le cas si la séparation était conservée entre langage ou pensée et ses représentations et soi-même. (rien à voir entre les mots qui circulent à destination de tout le monde, et moi-même. Racontez ce que vous voulez. Rien à voir entre le tu, le vous, le je, et moi-même) On ne serait jamais atteint .

Or ce que produit la pensée ou le langage, ce sont toujours des généralités. C’est impersonnel. La pensée, c’est du général. Les mots sont des généralités. Dès qu’une pensée point dans la conscience c’est une affirmation, un prédicat, une idée généraux. Le moi ou le je, visés, impliqués, suggérés par cette pensée.est aussi une généralité. « Comprendre la radicalisation «  clame France Culte. Vous êtes concerné, appelé à comprendre, vous êtes visé par la mobilisation. Oui. Mais on attend une réponse générale ou collective, parce que comprendre et radicalisation sont des idées générales. « Groupir ! J’ai dit groupir ! «  Parfois la réponse attendue est très précise. Gare !

Donc la représentation, l’idée de soi que génère le langage est tout à fait impersonnelle. C’est d’ailleurs une autre pensée du même genre. Est-on cela ? Comment être impersonnel ? Ce n’est pas rien ! On ne peut pas demander à des conseillers en communication de nous dire quoi dire. On ne peut pas toujours apprendre par cœur le texte d’une intelligence artificielle. On n’est peut pas très doué pour écrire en langage purement administratif. Et comment être celui qui penserait tout cela ? On n’a pas fait l’ENA.

On sent bien, surtout dans certaines circonstances, que c’est une question de confrontation, entre soi et le monde, entre la société et ses lois, ses structures, son ordre, ses fonctions – qui eux sont très impersonnels – et soi.  Se soumettre (c’est à dire correspondre parfaitement, et parfois le plus profondément et sincèrement qui soit, à l’image prévue par la pensée ou les paroles ) ou s’affirmer sous quelque forme que ce soit (eh, je peux respirer ? Je peux vivre ? et plus encore d’ailleurs. )

Subordonner sa propre existence à un prédicat ou une pensée, c’est en être dépossédé, parce que pour nous alors, être, c’est être l’être impersonnel dont il est question dans la pensée, et pas soi, l’individu vivant, unique. Demander à des pensées de légitimer notre être, de donner un sens à notre vie, c’est être dépossédé de soi . Mais non……c’est pour jouer….. ! Aaaah . C’est vrai ?

Faire dépendre sa propre existence d’un prédicat ? Drôle d’idée, et pourtant…. D’accord, on n’est pas assez stupide pour faire dépendre notre existence d’un prédicat particulier, un prédicat qui serait devenu, pour toujours, la vérité de notre être. Personne – à part quelques allumés et quelques fêlés – n’ira proclamer partout une telle vérité. Non, ce qu’on fait, c’est garder précieusement en soi l’espoir de trouver un tel prédicat, de façon à pouvoir continuer à chercher,. On ne renonce pas à être un moi, à être l’autre des autres, à être un parfait personnage culturel. On ne renonce pas à être dépossédé de soi-même. Pourquoi ? Qu’est-ce qu’on s’est fait à soi-même pour s’en vouloir à ce point ? On a épousé la haine que le monde avait pour soi. Le monde me hait comme individu, je suis haïssable. (il faudra que je demande au Don Quichotte de la comédie musicale avec BREL de me prêter son miroir,, pour le tourner vers la société).

Il y a un jeu ou un couple : image de soi/image de l’autre. Les images mentales sont le produit de notre imagination, on part d’un mot, d’une idée, pour se former une image plus ou moins riche et vivante. La littérature par exemple– du moins une certaine littérature – suggère, des images, sollicite notre imagination. Mais pas seulement. L’image suppose d’être vue, regardée. L’image suppose un regard. On a aussi le couple image mentale de soi (associée à une idée de soi) /regard de l’autre. Ëtre poursuivi par des images de soi signifie qu’on est poursuivi par le regard des autres. Plus le moi est prégnant, plus notre imagination est folle, et plus on est sous le regard. C’est une folie bien sûr, l’idée même que notre image mentale de nous-même peut être regardée est délirante ; Le regard en question est intérieur. Ne plus se regarder, c’est ne plus être regardé. Au-delà de cela, il ne peut plus être question d’une image sous un regard quand on est dans l’inconnaissance totale de qui nous sommes. (une image de quoi?)

Je suis unique. Je n’ai rien à voir avec les catégories ou les étiquettes que vous voulez me coller. Collez-vous les plutôt sur le front.

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Je n’ai rien à voir avec toutes les images que ces catégories ou étiquettes génèrent. .C’est à travers ces catégories ou ces images que la société ou la socioculture (l’éducation par le milieu + tous les enseignements) exprime sa volonté. Des milliers et des milliers d’étiquettes nous sont tombées dessus depuis que nous sommes sur terre de façon à faire de nous de parfaites créations culturelles. . Correct, correct, correct, correct en tout, bon toutou. . »Atmosphère, atmosphère, est-ce que j’ai une gueule d’atmosphère ? « 

Quel a donc été notre rapport à nos pensées tout au long de notre existence ? Quelle a été l’influence de nos pensées sur notre sentiment d’exister ? Notre vie n’a-t-elle pas été semblable au rapport que nous avons eu avec nos pensées, heureuse ou malheureuse selon que ce rapport était joyeux ou douloureux ? Dans quel état est-on quand on se pense ? L’autre sort tout armé de nos pensées, il trouve en elles toutes ses armes. Comment est-on quand on pense l’autre ? Parfois, ne pas regarder permet de ne pas penser.

Si on cherche à conforter, confirmer ce qu’on aime, c’est que ce n’est pas ce qu’on aime, c’est ce qu’on nous a entraînés à aimer. Si on cherche à conforter ou faire reconnaître notre désir, c’est que ce n’est pas notre désir, c’est ce qu’on nous a entraîné à désirer. Alors si l’amour de soi a besoin d’être conforté ou confirmé, ce n’est pas l’amour de soi, c’est l’amour d’un soi qu’on nous a entraînés à aimer. C’est l’amour-propre en quelque sorte qui n’a rien de propre. On demande à la pensée de légitimer l’être

Un fait n’a pas besoin d’être approuvé ou démontré, c’est un fait. De même, si le monde donne de la valeur, du prix, de l’importance à des idées, c’est que ces idées n’en ont pas par elles-mêmes. Si on nous dit d’avance ce qu’on doit penser d’un sujet, c’est qu’on doute de ce que ce sujet nous inspirera comme pensées.

Avez-vous dit à votre enfant que son but dans la vie serait de se mettre au service de tous les jugements préconçus ? Lui avez-vous dit qu’il ne pourrait exister qu’en tant que participant à une idéologie (au sens général, notamment le discours et les vérités établis par une culture, une société, une communauté. Dans telle société, il faudra qu’il soit au service de telle idéologie, dans une autre, il sera au service d’une autre. Vous avez voulu un larbin) Lui avez-vous dit que vous l’aviez mis au monde pour se consacrer à la continuation de l’histoire du monde ? Si oui, alors vous adhérez à tout cela. Très bien. Alors assumez.

Est-ce ainsi que nous concevons la vie ?

Mais déjà, je n’ai pas besoin de faire quoi que ce soit pour être, moi-même, l’incarnation d’une longue histoire (génétique, sociopolitique, psychologique) Ma vie en témoigne de toute façon -devoir de mémoire ou pas – tandis que la société n’en sort pas de ses tâtonnements, de ses errances, de ses contradictions et de ses turpitudes pour la mettre au point ; Pourquoi devrait-on consacrer sa vie à la défense ou au progrès des quelques idées auxquelles elle tient, alors que, par principe, cette idéologie nous dépossède de notre être ?

Le destin que la société (collectivité consacrée) nous réserve, c’est d’être impersonnels parce que toutes ces idées conviennent à tout le monde et sont impersonnelles. L’être qu’elles impliquent est lui aussi impersonnel ; Après, il ne faut pas s’étonner que beaucoup de nos pensées ont pour fonction de restaurer ou de réparer le moi maltraité ou de trouver une posture pour le fonctionnement du moi en société. C’est que le moi, création de la culture, est non seulement impersonnel, mais en plus il reçoit toutes les critiques possibles et imaginables puisque sa vocation est d’être un instrument, un rouage. Le mur du collectivisme a l’air de s’élever jusqu’au ciel. Ce n’est pas demain qu’il tombera. Alors si, en plus, on a reçu une de ces abjectes éducations chrétiennes, non seulement on ne renonce pas à être dépossédé de soi-même, mais en plus, on milite pour l’être . On est attentif à toutes les volontés , toutes les demandes, tous les désirs, d’où qu’ils émanent, de quelque nature qu’ils soient, on les devance, on s’empresse à les satisfaire.

Donner sa vie ? « Une idée peut tuer un Grand Duc, mais elle arrive difficilement à tuer des enfants…alors une question se pose : si l’idée n’arrive pas à tuer des enfants, mérite-t-elle qu’on tue un Grand-Duc ? «  ‘CAMUS ; Les justes) Ma réponse est la suivante : on peut tuer la création d’une culture, au nom d’une idée juste, mais pas l’être ou l’individu qui l’héberge. Cette réponse remplit d’effroi,. Comment peut-on imaginer sans horreur d’utiliser les moyens modernes – dont des techniques propres à l’entraînement des forces spéciales – pour changer complètement la façon de penser de quelqu’un ? Non. Le tuer physiquement est préférable. Voilà qui est révélateur. !

La dépossession qui consiste à effacer toute trace d’individualité pour être le plus conforme, le plus impersonnel, le plus rase muraille possible et à prendre pour soi tous les reproches comme quoi on n’aurait pas été parfaits en tous points peut aller très loin « Il creusa lui-même sa tombe , en faisant vite, en se cachant, en faisant vite, en se cachant, et s’y étendit sans rien dire, pour ne pas déranger les gens «  (BRASSENS)

Penser l’être ou la vie est une absurdité. Ce n’est pas du tout du ressort de la pensée. Quoi ? Vous me parlez de ma carrière ? Mais c’est une contradiction dans les termes. « Carrière » désigne quelque chose de convenu et de général. « Ma » est censé me désigner personnellement. Quoi ? Vous voudriez que je sois hospitalier.  L’hospitalité est une valeur convenue et générale qui appelle une réponse stéréotypée. « Je » est censé me désigner moi, personnellement. Carrière, hospitalité, c’est l’affaire, la responsabilité de la société, pas la mienne. Je n’ai rien à voir avec ces mots du langage courant. Tout ce qui est impersonnel ou général m’est étranger.

Et entre parenthèses, quand « on paye » ce n’est pas pour le profit d’une idée sociétale générale, c’est pour un service rendu à soi. J’attends d’ailleurs que ceux que nous payons, ne nous donnent pas l’impression qu’ils nous font la charité ou qu’ils travaillent pour d’autres, ils ne font que nous donner ce qu’ils nous doivent. Sinon qu’ils se fassent payer par ceux qu’ils servent.

Pas de dépossession là :  https://youtu.be/i1fR1gat2qs?t=240

 

 

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