LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

27 mai, 2009

LE DECHIREMENT

Classé dans : Contradiction — inconnaissance @ 11:47

L’origine et les facteurs de notre asservissement et de nos illusions se trouvent entièrement dans la communication. La personne ou le sujet du sens, est le sujet de la communication. Ce qui ne ressortit pas à la communication est libre. Que serait le désir, si cher à la psychanalyse, hors du cadre de la communication par le langage et des moyens que ce dernier fournit ?

Le non-sens est liberté. Le sens est complètement lié, conditionné.

Quelle communication ? La transmission intentionnelle supposant ou recherchant un accord au niveau du sens.

Cette communication-là n’existe pas. Il n’y a que des différences et des malentendus que l’on prend pour des accords.

Pouvez-vous croire que le sens que vous donnez aux mots, aux paroles de l’autre est le sens que l’autre donnait à ses mots, à ses paroles ? Il suffit d’isoler un extrait, de prendre conscience de ce qui vient à l’esprit à cette occasion et de se demander si l’autre avait à l’esprit la même représentation. On sait bien que non. 

« On ne parlerait guère en société si l’on se souvenait combien de fois on a été incapable de comprendre ce que disaient les autres «  (GOETHE)

Cela montre que les signifiants sont la seule chose que l’on perçoit d’un locuteur ou émetteur.. De façon générale : l’émetteur emet des signifiants dont le sens, la représentation restent dans son esprit. Le récepteur reconnaît instantanément ces signifiants auxquels il donne, lui-même, un certain sens qui reste dans son esprit ; et comme il n’a pas accès à l’esprit du locuteur, il y projette son propre sens.

Les sens ne sont pas identiques chez l’émetteur et le récepteur. Ils dépendent des expériences, souvenirs, associations d’idées propres à la personne. Nous l’avons vu, les représentations sont des images de compositions basées sur des souvenirs personnels.

Les représentations sont apparentées, ressemblantes sans doute, parce que leurs sources sont plus ou moins stables ou ressemblantes, mais quoi qu’il en soit, elles ne peuvent être comparés, étant inaccessibles. Pour définir, expliciter un mot, on utilise d’autres mots, et cela ne résoud rien voire parfois, aggrave le problème. Pauvre consensus ou communion qui ne repose que sur des signifiants arbitraires mémorisés et des ressemblances douteuses.

Dans ces conditions, qui peut vouloir que l’on tire les mêmes conclusions, prenne les mêmes décisions que lui ?. Personne n’a connaissance des représentations, associations, impressions et émotions sur la base desquelles on conclut, se détermine ou choisit donc personne ne peut juger ces choix, conclusions et décisions ou vouloir qu’ils soient comme ceci ou cela.

Le paradoxe, c’est que cette incommunicabilité va avec l’idée que pour communiquer, il faut pouvoir compter sur le fait que l’autre va reconnaître les mots et leur sens. Il faut pouvoir compter sur l’idée qu’il y a du commun auquel on se réfère.

Tout particulièrement, l’idée d’un je individuel, singulier, est incompatible avec l’idée que dire je, et en parler, c’est faire appel à des éléments collectifs : ce qui est reconnu par tout le monde.

Dire je, c’est se poser, se démarquer, se différencier, tout en se fondant à nouveau.  


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