LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

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21 novembre, 2011

TURLUTUTU CHAPEAU POINTU, 3

Classé dans : Homme — inconnaissance @ 12:17

Nous demandions, dans l’article : « TURLUTUTU….1 » , qu’est-ce qu’il croit, le locuteur qui nous adresse ses mots ? Qu’espère-t-il ?

La réponse est : il croit avec ses mots, parler au nom d’un partage, d’un consensus, d’un donné, sous prétexte que les mots seraient communs ou se présenteraient comme des références communes.. Il croit s’appuyer sur quelque chose qui fait autorité : rien qu’en existant, le mot lui-même, en tant que référence, serait une justification à l’accord présupposé.

Mais le mot n’est pas commun. On ne partage aucun sens. On ne fait que fantasmer sur un partage ou un accord. Le locuteur ne parle qu’au nom de sa propre idée du sens du mot et l’auditeur n’a pas accès à ce sens.

Donc, à l’assurance du locuteur, à sa prétention à pouvoir compter sur un certain accord de notre part, la réponse pourrait être : turlututu chapeau pointu ! Parlez pour vous !

Par exemple :

« Le paradoxe de la condition humaine, c’est qu’on ne peut devenir soi-même que sous l’influence des autres « (CYRULNIK)

 » Regardez bien ma soeur;
Est-ce assez ? dites-moi; n’y suis-je point encore ?
Nenni. – M’y voici donc ? – Point du tout.
M’y voilà ?
Vous n’en approchez point  » (LA FONTAINE)

Le mot « soi-même » existe pour que nous supposions être d’accord sur ce qu’il représente. C’est ce dont on parle ici. Rien qu’avec ce mot, l’auteur pense partir d’une base commune, d’une réalité commune.

Que dalle ! Il est dans le fantasme que le sens qu’il donne à ce mot est le nôtre et que le sort qu’il lui réserve (sous l’influence des autres) sera compris par nous.

L’influence des autres, pour notre part, on en a une idée assez floue, confuse, alors quant à savoir ce qu’il entend par là !

Et pourtant affirmation donc savoir, donc vrai pour tout le monde, donc présupposé que cette réalité est accessible à tous. Quelle réalité ? Quelle réalité de « soi-même » ? Quelle réalité de « influence des autres » ? L’accord sera toujours faux.

L’illusion ou la tromperie fonctionne aussi dans l’autre sens. Cela prend prétexte du fait que soi-même, c’est tout le monde, pour appliquer à tout le monde cette proposition. A tout le monde, donc à soi-même en particulier. Mais ce n’est pas parce que cela s’adresse à tout le monde que cela fonctionne pour tout le monde.

Vous n’avez pas le monopole du coeur disait VGE à MITTERRAND. Personne n’a le monopole de l’Homme et de ses attributs ou concepts y afférents. Alors ce n’est pas la peine de prétendre énoncer des vérités générales à ce sujet, de penser comme ici, que soi-même représente tous les sois-mêmes ou que le lecteur à accès à ce dont il parle.

«Vanité des vanités, tout n’est que vanité » même Dieu ou l’idée qu’il existe.

Bon, ce sont les caractères de la langue. On est tous logés à la même enseigne. Seulement inutile de faire référence ou allusion à un accord, de compter dessus, de le faire espérer.

Etre soi-même sous l’influence des autres, c’est déjà, dans un certain sens, ce qui se passe. Est-on content ? Qui on est, c’est sous l’influence des autres. Qui on est est une invention des autres.

Récapitulons rapidement.

Pas de pensées, pas de connaissances, on ne prétend pas être qui que ce soit, on n’est personne pour soi.

Le référent soi est une invention des autres, (de la langue) c’est le référent de tu, du nom, des mots servant à désigner, à s’adresser à soi.

Ce référent est imaginaire. (aucune expérience, aucune conscience de ce référent) Il suffirait d’ailleurs, pour décontenancer complètement l’autre, de lui dire : vous ne savez pas à qui vous vous adressez quand vous vous adressez à moi.

Le sens de ce référent vient des autres.

Mais évidemment, on comprend à notre manière, on synthétise ce que les autres disent de nous. D’où ce propos que je répète si on ne l’a pas déjà lu.

«  Tout ce qu’on dit de nous est faux mais pas plus faux que ce que nous en pensons » (Paul VALERY)

Ce qu’on dit de nous, c’est par rapport à l’Homme qui n’existe pas, qui n’est qu’un mythe, une utopie. (pas moyen de parler de quelqu’un si on ne le met pas d’abord dans une catégorie conceptuelle) Hélas, nous rentrons dans le jeu en adhérant à un modèle d’Homme et en essayant de l’imiter. Ce qui fait que les autres peuvent évaluer notre production (jeu de miroirs). Tout se rapporte à ce qu’on a imaginé de soi, (histoire intérieure) D’où ce propos que je répète si on ne l’a pas déjà lu :

« Toutes les profondeurs psychologiques intérieures aussi extraordinaires qu’elles paraissent être sont sans valeur parce que c’est la pensée qui les a créées et qu’elle en assure la continuité et le statu quo » (U.G.)

Ainsi : quand on croit être reconnu, aimé, on s’illusionne complètement. Ce n’est pas ce qu’on croit être qui est reconnu ou aimé. Celui que je suis pour l’autre n’a jamais été celui que je suis pour moi. Celui que je croyais que l’autre reconnaissait, estimait, aimait n’a jamais été celui que l’autre reconnaissait, estimait, aimait. Il suffit de changer son désir, son attente à l’égard de l’autre pour changer son image de l’autre.

Ainsi, il y a des éléments de personnalité profondément ancrés parce qu’ils datent de la prime enfance, mais on dit qu’une personne évolue, et c’est fonction des événements, des milieux, de la formation, du conditionnement qui sont les siens au cours de sa vie. Avec les techniques modernes, on peut aller beaucoup plus vite.

Dans la communication, le langage, quand il s’agit des hommes, comme il n’y a pas de référent réel, tout est bluff, tout est méprise et tout est subi.

Alors : un soi imaginaire, utopique, fruit des caprices des autres, dont la reconnaissance est fantasmatique !

 » Regardez bien ma soeur;
Est-ce assez ? dites-moi; n’y suis-je point encore ?
Nenni. – M’y voici donc ? – Point du tout.
M’y voilà ?
Vous n’en approchez point  » (LA FONTAINE)

Quand il s’agit de l’Homme, des hommes ou de vous-même :

« Ne vous croyez pas vous-même……Ne croyez personne « (Don Miguel RUIZ .- La voix de la connaissance .- ed. Trédaniel)

«  la négation totale est la liberté. Nier tout ce que nous considérons comme positif, nier la totalité de la morale sociale, nier toute acceptation intérieure d’une autorité, nier tout ce qu’on a dit ou conclu à propos de la réalité, nier toute tradition, tout enseignement, toute connaissance, sauf la connaissance technologique «  Jiddu KRISHNAMURTI . Etre humain .- Courrier du Livre)

Commencez par tout (absolument tout) ce qui se dit et se voit dans les médias, c’est plus facile.

Turlututu chapeau pointu !

Cela donne une chance de ne pas confirmer ceci : « « Nos pensées sont des citations, nos émotions sont des imitations et nos actes sont des caricatures » (PRAJNANPAD)

Pourquoi posez-vous ou vous posez-vous toutes ces questions (questions sans réponses) ? dirait U.G. Pourquoi cette recherche ? Parce que vous avez accrédité (crée, crédit, dit) tous les bobards de ceux qui prétendaient connaître les hommes ou l’homme.

Mais quel souci, quel mystère, quel problème, quelle obsession, maintenant, que ce soi-même comme on va le voir. Cela éclaire le fait suivant :

Tous les vadesoi. Quand monsieur Vadesoi rencontre madame Vadesoi, qu’est-ce qu’ils se racontent ? Des choses qui vont de soi.

Dans la citation de CYRULNIK, il va de soi que l’on veut être soi-même, il va de soi qu’il y a un soi-même qu’il faut être. Il y a un désir présupposé, un désir qui va de soi. (on peut….ah enfin !) Il surfe sur le discours ambiant, sans même s’en rendre compte.

C’est pour satisfaire le désir des autres, par désir de s’intégrer, que l’on accepte toutes les assertions, tous les présupposés des autres concernant « soi », puis que l’on s’occupe de soi, que l’on fait de soi un enjeu. Ce n’est pas par envie personnelle. Soi existe en tant qu’enjeu (l’enjeu fait que l’on doive penser, y penser, se penser) et l’enjeu est le fruit d’un désir collectif, d’un sentiment partagé. En faire un enjeu est une affaire de sentiment.

Dépendance totale : le soi que je pense que les autres voient est devenu une obsession.  Evidemment, puisque depuis le début, tout vient des autres et tout dépend des autres pour ce qui concerne ce référent que les concepts désignent. Quant à moi, je ne sais rien et il n’y a aucune raison que ce concept : « soi » existe.

Par exemple :

Tout le monde croit en quelque chose et croit qu’en servant cette cause, d’une façon ou d’une autre, ici-bas ou dans l’au-delà, conformément à la nature de la cause (cause morale, psychologique etc) il sera récompensé, touchera les bénéfices de son dévouement. Nous rendons des comptes intérieurement, nous prenons à témoin une autorité intérieure, nous comptons sur cette instance, et nous nous mettons en colère ou nous nous désespérons ou nous cherchons désespérément la raison de notre échec quand ce que nous espérions n’arrive pas. Mais nous ne pouvons nous en prendre qu’à nous-mêmes si nous avons cru en l’authenticité des sentiments de ceux qui nous ont persuadés d’embrasser ces idées. Aucun grief à qui que ce soit n’est possible car nous savons bien que personne ne s’est engagé sur des choses précises en se mettant en jeu, personne ne s’est engagé à nous dédommager si c’était faux ou si cela échouait.

On se rend malade et malheureux à toujours vouloir répondre aux demandes de la société, des autres, à vouloir répondre à leurs conditions. (On nous rend malade) Comme ici : ah il va falloir (pour cause de vérité générale) que je tienne compte des autres pour être moi-même.

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