LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

28 mars, 2013

LIBERTE ET MANIGANCES

Classé dans : Liberte — inconnaissance @ 19:23

Le moment fatal, dans l’histoire des hommes, dans l’histoire individuelle, est le moment où ce qui fonde, justifie, toute société ou micro-société, où ce qui fonde, justifie tous les codes, toutes les règles, toutes les lois, est perdu de vue, et finalement nié. Et ce qui fonde, justifie, donne sens, raison d’être à une société, à des codes, des règles, des lois, est l’individu et son bien personnel. L’individu est le garant, la référence de son propre bien. Une cause dont le succès, le triomphe se ferait au détriment des individus – pas de l’homme, cette idée vague, ce concept, mais des êtres en chair et en os – c’est inacceptable.

On a coutume de dire que la liberté des uns s’arrête où commence celle des autres. Ce qui signifie que pour mon bien personnel, je ne peux pas faire à autrui ce qu’il estime être du mal. Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’il te fasse – tiens compte de lui – et ne permets pas qu’autrui te fasse ce que tu ne lui ferais pas – vous n’êtes pas différents.

RUFO du 27-3-2013 : Mes bien chers frères

LIBERTE ET MANIGANCES dans Liberte rufo13

«  on s’enrichit des différences même si parfois, elles opposent. On peut vivre le village, vivre l’église, vivre le cimetière de son grand-père, mais c’est un horizon un peu limité. » …Le bénéfice des voyages, c’est «  le mélange, le métissage, la connaissance des autres cultures « 

Si on trouve son bonheur dans une vie simple et un milieu limité, on est remis en cause par les propos de cet hurluberlu à qui on n’a rien demandé. N’est-on pas libre de vivre comme on veut ? De quoi se mêle-t-il ?

L’individu libre qui n’en réfère qu’à soi n’est pas affecté – ce genre de considérations lui est indifférent – mais le sujet social si. On a sans doute l’impression que ce prédicateur s’adresse à nous en particulier, colle à notre cas en particulier ; c’est le cas lorsque l’on s’est identifié au sujet social. L’hurluberlu est malin : il surfe sur le besoin constant du sujet social de s’emparer d’idées, de s’identifier à quelque chose : à un bien tenu pour général. C’est ainsi qu’il peut exister. Et lui-même, en tant que sujet social qui aurait réussi – il passe à France-Inter – prétend parler au nom d’un bien général, d’un bien reconnu de tous : les différences ou les autres cultures. 

Le sujet social est comme ce singe qui passe d’une banane à une autre, qui les goûte toutes et n’en finit jamais aucune. C’est que lorsqu’on s’est perdu de vue – lorsque sa propre liberté n’a plus aucun intérêt à ses propres yeux – on demande à tous ceux qui passent de nous aider à nous retrouver, et celui qui sait montrer de jolies choses ou qui est réputé posséder de magnifiques bananes a beaucoup de succès. 

Les recettes sont collectives, le bien est collectif, et justement, c’est le bien, parce qu’il est collectif, parce que ça marche avec tout le monde. C’est pour ça que c’est convaincant. Car si ça ne marchait pas avec tout le monde, on en arriverait à se demander si ça marche avec soi, et dans quelles conditions. Et là, patatras ! L’interrogation ou l’enquête risque d’être fatale. La question : le bien de qui, ou pourquoi me faudrait-il nécessairement chercher les autres cultures, est fatale. Comme est fatale la question : pourquoi me faudrait-il nécessairement souscrire à la vérité de tel ou tel.

Tous les auteurs des citations précédentes ne savent pas ce qu’ils prétendent savoir, ne serait-ce que parce qu’ils ne savent pas avec qui ça marche. 

Ces bonimenteurs veulent toujours construire une certaine société, parler au nom d’une façon de vivre en société, parler au nom du bien que serait ce genre de société, et critiquer ceux qui sont différents. Une recette générale est une forme de société. Ils parlent, ils prêchent à des gens qu’ils ne connaissent pas. Pas grave. Au nom de la valeur « différence », ils critiquent ceux qui n’épousent pas leur goût pour la valeur « différence », ceux qui sont différents. Ils font de leurs causes, un bien en soi, un bien qui s’impose. Ce qui fonde ce bien : le bénéfice de cet individu vivant, réel, de cet autre etc est perdu de vue car l’idée est devenue une institution. A partir de là, on peut tout craindre. 

Le sujet social, qui existe grâce aux mots, se sent obligé de penser pour les autres ou de penser les autres du simple fait que les mots – du genre de ceux utilisés ci-dessus – généralisent ou s’adressent à tous. Ou il exploite cette généralisation.

Le sujet social qui existe grâce aux mots met les autres dans les catégories que représentent ces mots, comme de bons petits articles de série. Il en vient donc à les traiter comme tels. 

Le sujet social est toujours dans l’hypothèse, dans l’imaginaire, dans le futur ou le passé. C’est une pétition de principe. Il est, lui-même, une pétition de principe. Partir de soi, de son ressenti, de son intuition, c’est être dans le présent avec ce qu’il se passe. 

 

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