LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

2 juin, 2013

FREUD ET LES SAGESSES D’EVEIL

Classé dans : Freud — inconnaissance @ 16:31

Quelques observations sur ce qui les distingue. On peut, en effet, avoir l’impression que les sagesses d’éveil proposent des voies opposées à celles de FREUD ou s’opposent aux catégories freudiennes, sans citer celles-ci. Comme notre époque est largement influencée par la pensée freudienne, comme la société civile a épousé en grande partie sa philosophie, comme les sagesses d’éveil , selon moi, feraient sourire ou bondir FREUD ou posent un problème d’intégration dans la société actuelle, il peut être intéressant de souligner certaines de ces contradictions . Il est toujours curieux de voir comment certains psychologues s’arrangent de ces sagesses pour s’en inspirer.

(Sagesse d’éveil : voir aussi non-dualité, bouddhisme zen, advaita).

Eléments récurrents dans ces sagesses : accepter ce qui est, vivre dans le présent, se libérer du moi ou de l’ego, non-séparation, se libérer de ses pensées, cesser de chercher, lâcher-prise.

En face, nous avons le moi, le surmoi, l’idéal du moi, les pulsions, la civilisation , et le sacro-saint désir (la bonne copulation qui assure la perpétuation de l’espèce)

Rappelons très sommairement : 

le moi représente la personnalité et, via le principe de réalité, il assure une bonne intégration dans la société. C’est le médiateur, il est tissé de langage. Le moi implique tous les non-moi. (voir stade du miroir).

L’idéal du moi se forme sur la base des modèles, idéaux, valeurs embrassés. C’est la base du narcissisme.

Le surmoi, est fait de jugements, de normes, de contraintes, d’injonctions qui sont d’autant plus impérieux que le surmoi est inconscient. 

Les pulsions émanent du ça. Elles sont anarchiques, étrangères à toute raison.

La civilisation : image du progrès, cause suprême.

Désir : sexuel (oedipe résolu) et sublimé. 

Ce qui est, c’est le contraire de ce que pourrait penser FREUD : ce sont les événements psychiques, émotionnels, les réactions spontanées issus de notre contact avec le monde et la vie. Il n’est pas forcément question de les approuver, mais comment voulez-vous les accepter tant que vous avez un surmoi ? Vous ne contrôlez pas le surmoi, c’est lui qui vous contrôle. Vous ne décidez pas, c’est lui qui décide. Sa loi s’impose. Le conflit avec soi est obligatoire. Alors vous accepter, impossible. 

Appréhender le monde et les autres à partir du moi, c’est une première façon de vivre dans la séparation. Non parce qu’on devrait tous fusionner – les individus sont distincts – mais parce que la culture, la personnalité particulière qui caractérisent le moi, entrent en conflit avec la culture et la personnalité des autres. Le moi de l’un ne peut pas être le bon si le moi de l’autre est le bon aussi. Le moi ne peut pas se libérer du moi, c’est à dire cesser d’être le centre du monde. Dépasser le moi, c’est ne plus s’identifier au moi.

Les pulsions : les sagesses d’éveil ont une vision de l’homme catégoriquement opposée à celle de FREUD. Pour elles, le mal n’est pas dans l’homme, mais dans la pensée, dans les identifications diverses et variées. Du Soi à l’état naturel de UG en passant par la nature de bouddha, la nature fondamentale de l’être est bonne. 

La civilisation ? Pour elles, elle est en chacun, le monde est notre mental. Et ce n’est certes pas un modèle dans la mesure où ce monde est une projection du moi et où il est vu comme devant servir le moi. Et il ne faut surtout pas y chercher sa vérité ou des solutions. Faire demi-tour, comme dit HARDING, se tourner vers soi et aller au-delà des pensées..

Idéal du moi : des références à lâcher, ce sont elles qui sont à l’origine de la piètre idée que l’on a de soi et de ce sentiment de manque. Puis cette idée et ce manque provoquent la recherche vaine, désespérante. Le narcissisme, la belle image de soi que l’on essaie de construire à force d’ambitions, de convictions et d’identifications, voudraient compenser, annuler ce manque. 

Désir . Il naît du sentiment de séparation. On ne désire que ce dont on se croit séparé. Mais la séparation n’a jamais existé. Ce n’était qu’une vision du moi.  Donc :

Accepter ce qui est ? Impossible chez FREUD qui tient au surmoi

Vivre dans le présent, c’est à dire ne plus être le jouet de ses pensées, car les pensées, c’est le projet, c’est le futur, est impossible chez FREUD

Se libérer du moi ou de l’ego est impossible chez FREUD. Le moi est l’objectif. 

La non-séparation, c’est à dire encore la non-dépendance aux pensées – car la pensée est la séparation -est impossible chez FREUD.

Cesser de chercher est impossible chez FREUD pour qui la frustration est indispensable. 

Le lâcher-prise est impossible chez FREUD On doit se contrôler. 

Mais avec le temps, la civilisation de FREUD est devenue société, la société est devenue « le social » et le social, le « care » sous l’influence d’autres héritages comme le christianisme et l’humanisme. Dans ce cadre, la sexualité, si centrale, les plus sensibles au sujet s’en sont emparés pour en faire une sorte de psychologie sociale.

 

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