LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

15 juin, 2014

NATURE ET CULTURE

Classé dans : Religion — inconnaissance @ 9:32

Faire cette distinction, c’est déjà affirmer une certaine idée de l’homme. Ne théorisons pas. Tout se passe cependant comme si on pouvait rapporter l’existence de l’homme à l’une ou l’autre de ces catégories, comme si la nature fonctionnait selon les lois de la nature et la culture selon les lois de la culture, distinctement. C’est ce que UG semble exprimer fréquemment : « Ce mouvement de pensée en vous est parallèle au mouvement de la vie mais il en est séparé, il ne peut jamais être en contact avec la vie «  «  En toute occasion, vos actes sont destructeurs des intérêts fondamentaux de l’homme puisqu’ils sont issus de la pensée qui est une chose morte. Forcer la vie à s’adapter à vos idées mortes et à vos hypothèses est votre difficulté fondamentale. Tout ce que vous défendez, croyances, expériences et aspirations est le produit de la pensée et la pensée est destructrice, car elle n’est rien de plus qu’un mécanisme protecteur programmé pour servir ses intérêts à tout prix « 

Le meilleur argument que l’on peut avancer en faveur de cette dichotomie est peut-être celui-ci : les troubles, les maladies modernes identifiées dont a voulu s’emparer la psychologie.  Comme si un certain conditionnement socioculturel, une certaine configuration du mental allaient contre les intérêts de l’organisme qui réagissait en tombant malade. Ou comme si un mode de vie vraiment naturel, fruste mais sain, évitait justement aux hommes de devenir zinzins. Les animaux ne sont pas fous. Les petits enfants non plus. Réalisme du sensoriel, danger du culturel. Paradis des sens, enfer du sens. Propos inconvenants, tant on a valorisé la culture, tant on a fait d’elle, une valeur en soi, incontestable. (Plus de culture = forcément plus de bien)

Quel est le lien, en chacun, entre nature et culture, comment s’articulent-elles, comment interagissent-elles ? Mystère. Paul VALERY disait : «  celui qui saura nouer le langage à la physiologie saura beaucoup et nulle philosophie ne prévaudra contre ceci « 

Le sens (intelligibilité et résultat) fonctionne dès le réveil et donc le je qui est son produit.. Instinct de survie + besoin profond de comprendre ont toujours fait que, comme toutes les espèces vivantes, et plus qu’elles, l’espèce humaine a su s’intégrer dans le monde naturel, s’y adapter, s’y développer. La nature n’est pas remise en cause. Il est venu s’y ajouter une autre couche : le moi a toujours voulu s’intégrer au monde culturel, s’y adapter, s’y développer. La société n’est pas remise en cause.

Si la nature change (bien que la plupart de ses lois semblent immuables), elle change très lentement, beaucoup plus lentement que la société. Surtout par les temps qui courent. D’où l’intérêt de donner la priorité au naturel sur le culturel pour ne pas perdre la boule.

La religion est un excellent témoin. Elle a méprisé si longtemps l’amour charnel, l’amour pour les choses en n’accordant de valeur qu’à l’amour pour ce qui est spirituel. Elle n’en est pas encore sortie. (La procréation, c’est à dire la naissance d’une nouvelle âme, voilà ce qui réhabilite l’amour) Le corps est méprisable, et toutes ses sources de plaisir. Le matériel est toujours méprisable.

Façonnés par ces millénaires de civilisation judeo-chrétienne, il ne faut pas s’étonner de notre piété, de notre dévotion, (laïcisées) de notre spiritualité, de notre sainte ferveur, de notre saint respect, de notre amour pour ce qui est esprit, abstrait, incorporel, idyllique, idéal, essence, de notre quête perpétuelle de l’âme (des choses et des gens) Cette piété toute religieuse sévit même chez les athées. (La défense de la laïcité est rarement la défense d’une indifférence absolue à l’égard des religions) Bien des intellectuels ont tellement plus de religiosité, de ferveur en ce sens – bien qu’ils ne pratiquent aucune religion – que les fermiers d’il y a quelque temps qui allaient tous les dimanches à la messe et pour le reste, menaient leur existence de fermiers. Il n’y a qu’à être à l’écoute du type de sentiment, du genre d’amour qui imprègne les propos des premiers.

Pourquoi l‘amour selon notre culture si pieuse se présente-t-il un peu comme un devoir et non comme un élan spontané ou un langage des sens ? Pourquoi veut-on le distinguer de la nature ? C’est lui-même, c’est son monde que Dieu aime, ce n’est pas l’individu tel qu’il est. C’est le plus égoïste et insatiable

chaus

 

Trois parties dans une religion : le mystère (l’irrationnel) , le rite (célébration de symboles) et le sentiment (très important, d’où la susceptibilité des croyants.) . Selon les religions, il y a plus ou moins de ceci et de cela. Le mystère, cela devient la métaphysique des mots. Les rites, ce sont les sacro-saintes coutumes et cérémonies, les sentiments, on a vu ce que c’était .

Aucune trace de nature, semble-t-il, là-dedans. Et quand telle ou telle personne semble éprouver de l’amour pour ses semblables, ce n’est que pour des semblables abstraits, inclus dans sa propre vision des hommes et du monde, qu’elle éprouve de l’amour. Pas pour les individus réels, tels qu’ils sont. Elle aime ceux qui confirment sa vision, elle honnit ceux qui s’y opposent ou se situent en dehors. Elle aime des idées. Amour culturel.

 

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