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1 juillet, 2014

PERES ET MERES FANTASMATIQUES

Classé dans : fantasme — inconnaissance @ 19:58

Que seraient les psy sans les fantasmes ? Le fantasme est aux psy ce que les œufs sont aux pâtes Lustucru. C’est le nom qu’ils ont donné et nous ont appris à donner à ce qui passait pour une vision aberrante de la réalité.

http://psycha.ru/fr/dictionnaires/laplanche_et_pontalis/voc108.html

Le fantasme serait : « une production purement illusoire qui ne résisterait pas à une appréhension correcte du réel. Aussi bien certains textes de Freud paraissent-ils justifier une telle orientation. Dans les formulations sur les deux principes du fonctionnement psychique (Formulierungen über die zwei Prinzipen des psychischen Geschehens, 1911), Freud oppose au monde intérieur, qui tend à la satisfaction par illusion, un monde extérieur imposant progressivement au sujet, par la médiation du système perceptif, le principe de réalité. »

Autant dire que beaucoup de choses tombent dans cette catégorie.

 Il y a un autre moyen d‘aborder le fantasme. C’est le rêve qui se développe sur le malentendu. (Ainsi les désirs se fourvoient) Et le malentendu est indissociable de la généralisation, de la généralisation dans la communication. Tout passe par elle.

Mais, le fantasme, ce n’est pas ce que l’on peut croire. Ce n’est pas un vision fausse, une subjectivité débridée qui nous empêchent de faire de vraies rencontres ; c’est , au contraire, la condition essentielle de la rencontre, de la relation. (Quand LACAN disait qu’il était devenu psy parce qu’entre l’homme et la femme, ça ne marchait pas, c’était vraiment naïf) L’accord est un malentendu. Et le fantasme, permet de l’occulter….un moment.

Petits fantasmes et grands fantasmes. En voilà un d’importance.

Si on n’a pas tué le père ET la mère, on ne peut pas éliminer complètement l’idée de voir un père ou une mère dans tout homme ou toute femme que l’on rencontre. Au fond de l’autre, on en voit une image primordiale. Si on ne peut pas éliminer toute trace de sentiment, de respect, de déférence que l’on avait l’habitude d’avoir pour son père ou sa mère, ces choses reparaissent automatiquement. Cela, c’est le malentendu à propos du rapport entre l’autre et soi, comme s’il était quelqu’un de très honorable à qui on devait le respect,  comme si on avait un devoir à son égard. C’est un sentiment de devoir qui vient de loin en soi. On l’idéalise, on le rend plus incorporel. (L’incorporalité, c’est la dissipation du corps) Ainsi, tuer le père et la mère, , c’est quand tous les autres, quels qu’ils soient, sont nus, ordinaires. (dénués de concepts généraux, parce que ces concepts généraux, comme on va le voir…)

Généralisation –> malentendu –>fantasme. Il n’y a aucune raison de ne pas reconnaître que quelqu’un nous est supérieur, si c’est le cas, après un échange. Mais c’est d’emblée, dès le départ d’une rencontre, que l’image résiduelle du père ou de la mère fantasmatique agit sous la forme d’une disposition intérieure.

Pourquoi court-on après ceci, pourquoi imite-t-on cela, pourquoi faisons-nous ceci, pourquoi désirons-nous cela, pourquoi tant de crédulité à l’égard de tout ce que propose la société ? Qu’est-ce que c’est que cet espoir que nous mettons dans ses propositions ou dans l’exemple que nous donnent les autres ? Qu’est-ce qui donne tant de valeur à tous ces marqueurs sociaux ? Si on a, à l’esprit, l’image d’un père ou d’une mère idéalisée, vénérée, fantasmatique, c’est l’idée que nous nous faisons de leurs attributs ou manifestations dans la vie. On veut faire, avoir, tout ce qui paraît grand, admirable, aimable, aux yeux de la société ou des autres, on court après la réussite sociale, après toutes les apparences de réussite personnelle, parce que cela fait partie des exploits, des dons, des talents, des qualités du père ou de la mère fantasmatique. Ce sont leur parure, leurs signes distinctifs, les caractéristiques mêmes de leur image idéalisée. C’est pourquoi, les défis, les exigences, les challenges etc marchent toujours. (Cela saute aux yeux avec les adolescents)

On reconnaît un individu non indépendant, non suffisant, non mature à cette quête folle : société de consommation, ou société de stars, de vedettes, d’idoles, de modèles, de héros etc

Il ne faut pas croire que ce qui est le plus important pour les religions, sont leurs articles de foi, le monde divin, surnaturel qu’elles présentent. C’est tellement lointain, abstrait. Cela n’importe pas beaucoup à la religion catholique, par exemple, que nous ne croyons plus à l’enfer, à l’immaculée conception, à la sainte trinité etc Non, ce qui est essentiel pour une religion, c’est que nous épousions sa vision de la société, de l’humanité, son éthique, sa conception des relations humaines, des mœurs. Parce que c’est une certaine image fantasmatique du père et de la mère qui sous-tend toute cette histoire. L’essentiel, c’est de continuer à faire vivre l’idée d’un père ou d’une mère d’essence supérieure, mais assez proche de nous pour nous inspirer et nous guider. Le Père représente la Vérité, la Mère, le Bonheur. La Vérité, c’est le général. Le Bonheur aussi en ce sens que c’est un super bonheur pour tous, pas un bonheur individuel ou à deux La bonne mère se soucie des autres, elle veut le bonheur des autres. (Dans les religions, on trouvera toujours ces deux grands attrape-nigauds) . La religion catholique insiste un peu plus sur le second aspect. Voir notre bon Pape, la Mère François. Sous l’influence du père ou de la mère fantasmatique, on rêve de Vérité et on rêve de Bonheur. On les cherche, on les imagine ici ou là. Et les bonimenteurs comptent bien là-dessus. (Non merci, je suis bien comme je suis…hein ? C’est pas possible ! ! )  Constatons que la Vérité n’a plus la cote. Celle du bonheur remonte beaucoup. (D’où le succès des psy qui s’occupent essentiellement des émotions et des sentiments)  

Notre rapport aux choses et aux personnes dépend de la nature des choses et des personnes. «  La nature de la chose, l’idée du rapport doit me conduire quand je m’occupe de cette chose, quand je forme ce rapport. Comme si l’idée de la chose existait en soi «  (STIRNER) Nature de Dieu = rapport à Dieu. Nature de la société = rapport à la société. Nature de l’homme = rapport aux hommes…

Nature ? C’est cocasse d’employer ce mot, car c’est une nature non-naturelle, artificielle. Cette nature est forcément fantasmatique. La nature des choses ? La science ne connaît pas. Quand ? A quel degré de petitesse ? La culture, si. Il n’y a que le langage qui soit capable de dire la nature des choses. La nature des choses dépend de notre jugement sur les choses. Jugement ayant la vocation d’être définitif, d’où nature définitive. Dans les domaines qui nous intéressent dans ce blog, la nature des choses est définie par un jugement qui, s’il n’est pas définitif, voudrait l’être. Valeur collective ou jugement collectif. (C’est beau exclut que l’on demande la nature du beau. C’est beau définit notre rapport à ce qui est qualifié de beau) C’est la substantification. On fait des adjectifs, des substantifs. On fait des jugements, des concepts. Cela permet de couper le lien qui existait entre l’adjectif et ce qui était qualifié.

Comment sait-on qu’on a affaire à une nature créée par un jugement – c’est à dire, abstraite ou spirituelle – alors qu’on est devant des substantifs ? Un chat est un chat, un arbre est un arbre. Parce qu’il y a des contraires : bien mal, vérité, fausseté, bonheur, malheur etc Avec les substantifs précédents, on est libre d’agir comme on veut, avec ces derniers, notre conduite est prescrite.

Par exemple, l’individualisme et ce qu’il suppose de prise en compte des désirs personnels, s’oppose au malentendu et aux fantasmes à partir du général. Car l’idée de collectif et d’union exige de se sacrifier pour leur cause. C’était le cas, par exemple, avec le mariage ou avec la défense de la patrie : « Ici, le destin de peuples entiers était jeté dans la balance ; il s’agissait de l’avenir du monde. J’avais, bien que par la seule intuition, conscience que chacun sentit à ce moment-là fondre tout ce qui, en lui, était personnel , et que la crainte sortit de lui » (Ernst JUNGER – Orages d’acier)

(Ceci est sacré. Ah ! Croyez-vous que votre vénération à tous soit identique et que cette chose sacrée soit la même pour tout le monde ? ). Le fantasme se développe donc bien sur le malentendu. Et le malentendu est indissociable de la généralisation.

On est conditionné par l’image du père et de la mère (ce ne sont que des concepts) que la société transmet. Idée de vérité (et la loi en découle bien sûr). Idée de donner le bonheur : on a vu sur quelles bases linguistiques s’effectuait cette aspiration au bonheur dans l’union ou la fusion . On vient de voir que chaque culture, chaque milieu offraient tous les sens que l’on voudra à ce concept de mère. L’ensemble étant une construction qui vient prolonger les éléments biologiques de l’espèce.

- je suis ton père, tu me dois le respect

- ah bon, d’où tu sors ça

– pense un peu à ta mère

– et pourquoi ?

Tout ça repose sur des idées conditionnées dont on a absolument besoin de croire qu’elles sont partagées, approuvées par tous. En voilà des idées de jugement, des valeurs, en voilà de la révérence, du mythe collectif. Qui oserait aller contre, pécher contre ? Il s’ensuit le rapport obligatoire que l’enfant doit avoir avec des parents qui ont cette nature. Le terrain est fertile du fait de sa dépendance, de sa candeur, de sa fragilité.

A travers ce conditionnement, une certaine nature du père et de la mère se met en place. Voir tout ce que l’on dit, écrit, à ce sujet. Voir tout ce qui ressort des structures sociétales. De toute façon, l’idée de mère ou de père que l’on peut se former sous l’influence d’une langue et d’une culture partagées est un fantasme. Les normes et prescriptions que nos vaillants bonimenteurs peuvent sortir sont vaines. Elles ne sont ni appropriées à chaque cas, ni durables.

Si le nouveau père ou la nouvelle mère ne savaient absolument rien de tout ce que la culture, la société, l’histoire, les autres racontent à ce sujet, que feraient-ils ?

Généralisation. Si ces idées de bien commun, de Vérité, d’union ou de bonheur des peuples ou des individus - tous ces jugements gratuits – n’existaient pas, avec quoi nourrirait-on la nature du père et de la Mère ? Tout cela est donc bien une histoire de grandes et belles idées fantasmatiques transmises de génération en génération.

 

 

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