LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

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21 novembre, 2014

TRISTES ENFANTS SAGES

Classé dans : Vertu — inconnaissance @ 12:42

Qu’est-ce qui gouverne le plus nos vies : la raison, ou le sentiment ?

Qui niera qu’au début, c’est le sentiment qui fait la loi ?

On n’a pas assez tenu compte du fait que lenfant dès que sa compréhension du monde s’éveille et jusqu’à plus ou moins tard dans l’adolescence, est dans une situation de grande faiblesse, de grande dépendance, de grande vulnérabilité vis à vis des adultes. . Et cela a des conséquences immenses sur son psychisme. C’est formateur. Pour le comprendre, il suffit d’accepter de se mettre à sa place quelques instants et de ne pas oublier que l’instinct de conservation est sans doute le plus fort qui soit. La douceur, la gentillesse, sont le propre d’un petit enfant.

Cela tombe bien car il se trouve que ces caractéristiques sont aussi très utiles, quand on est faible et dépendant. C’est le moyen privilégié dont on dispose pour se rendre les autres propices, pour être bien traité. (voir l’importance de la gentillesse pour lui).Quel autre meilleur motif pourrait-il avoir de contraindre ses goûts, ses envies, ses élans, ses désirs, lui le petit sauvage, lui le non-civilisé ? Difficile de faire autrement. Non seulement, pour se rendre propices les autres, il a tendance à coller à leurs sentiments (répondant en cela à l’entreprise d’enjôlement de l’entourage) à adopter leurs points de vue sur tout, mais il risque fort de prendre l’habitude de vouloir faire plaisir aux autres. Encouragement à la gueuserie. (Alors la religion dit : oh le beau terrain que voilà ! )

Se contraindrait-il s’il était beaucoup plus fort ? Non. Quand on est le plus fort, on ne se contraint que si on en a vraiment envie, et pour des raisons personnelles, pas pour se concilier les faveurs des autres. Bien sûr, il y a des parents rassurants, compréhensifs, respectueux. L’urgence de plaire et l’inquiétude, alors, diminuent. Mais cela ne change rien à la structure relationnelle en place. L’autorité a beau être paternelle ou souple, elle reste l’autorité avec son pouvoir, et on reste sous sa coupe. Le danger ne disparaît pas.

L’autre aspect de cette faiblesse et dépendance, c’est l’admiration déraisonnable que l’enfant a pour l’adulte. Il envie ses capacités et ses facultés. . Bref, ce qui se passe pendant l’enfance risque de persister longtemps.

Crainte et admiration. (Surmoi et idéal du moi dirait FREUD) On fait plaisir aux autres par crainte (par peur des représailles) et par idéal. Les deux choses se complètent, s’emboîtent très bien. Même si les parents sont mauvais, cela fonctionne. A la suite de quoi, on rendra facilement un enfant malin, dissimulé, menteur, hypocrite, en le soumettant à de nombreuses et sévères exigences. Ou alors, s’il a un caractère plus fort, il saura mêler adroitement oppositions et allégeances. Une bonne préparation pour réussir ensuite dans le monde.

Toujours est-il que pendant l’enfance, c’est ce genre de relation à l’autre, ce genre de mentalité de faible, inspirée par la faiblesse et la dépendance, qui se mettent en place. Trop contents, les parents et autorités encouragent cette mentalité. (voir à l’école) Tristes enfants trop dociles et trop naïfs qui n’ont pas la faculté de garder un minimum d’indépendance par rapport à la pression sociale. Tristes victimes de l’impérialisme culturel ou moral, célébrées hélas, un temps, pour leur sagesse. Les éducateurs disparaissent, mais l’effet reste et la vision des autres qui va avec. (et s’ils avaient raison….)

Une méthode presque infaillible donc pour rendre un enfant stupide et veule : obtenir qu’il soit gentil et obéissant. Ce sera plus facile s’il est naturellement porté à être ainsi.

Ce qui se passe pendant l’enfance semble ne jamais s’arrêter tout à fait. Il s’agit toujours d‘obtenir l’amour, l’approbation des autres et il s’agit toujours d’y parvenir en faisant plaisir, en témoignant les sentiments qu’il faut. Est-on le jouet de ses sentiments, est-on mû par ses sentiments, sollicitons-nous les sentiments des autres, cherchons-nous à les créer, sommes-nous sensibles aux sentiments ? Si oui, n’est-ce pas parce qu’on ne supporte pas l’affrontement et que l’on veut être aimé ?  N’est-ce pas la parfaite continuation de ce que l’on faisait quand on était enfant ? Dans quelle mesure sommes-nous constamment soucieux de recueillir des sentiments positifs, dans quelle mesure sommes nous occupés à chercher ce qui ferait plaisir aux autres, à susciter chez les autres bons sentiments et bonne opinion. Dans quelle mesure notre esprit se consacre-t-il au sentiment ?

Mais qui est à la manœuvre, d’où cela vient-il ?   

La sanction des autres en général est d’une extrême importance. Comme si l’opinion générale valait vérité. Mais c’est l’état de dépendance, d’infériorité, de doute qui nous fait agir de la sorte et nous fait plier devant toutes les formes d’autorité morale parce que cette autorité morale ne manquera pas d’être vue comme un digne représentant de la vérité commune. Les enfants doivent devenir (c’est le moi) le produit de leur milieu, de leurs repères socioculturels. Être, alors, c’est être comme il faut qu’on soit en fonction des autres (les autres, la société etc), dont il faut partager les valeurs, les repères. (voir la bouffonnerie politique)

On ne se dit pas ou ne dit pas, sans doute : eh ! que m’importe, moi, les sentiments, les opinions des autres quels qu’ils soient, pour telle personne, telle idée, tel fait, telle action ? Bien sot est celui qui règle sa conduite sur les sentiments des autres ou qui se laisse impressionner par ces sentiments. Que m’importe l’opinion commune. Que m’importe le culte des autres pour telle ou telle idée ou valeur ? (Et on ne dit pas non plus, symétriquement : que m’importe que tel ou tel fait, idée, valeur, n’importe pas aux autres) Non, c’est le contraire, on cherche à plaire et à être aimé par tous les moyens, comme lorsqu’on était enfant. Cela va du souci d’avoir dit quelque chose qui a froissé au souci du sort de gens du monde entier.. 

majlev

 

 

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