LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

21 mai, 2015

PRINCIPE DE PLAISIR OU DE REALITE

Classé dans : Plaisir — inconnaissance @ 20:11

C’est la même chose. Ce que FREUD appelait principe de réalité n’était que l’expression des contraintes ou normes sociales. des lois, de l’ordre établi. Nous savons aujourd’hui qu’il n’y a rien de plus relatif et de plus évolutif que cela. Drôle de réalité ! Prisme d’un bourgeois réactionnaire en retard sur l’histoire. Plus d’un siècle avant, SADE déclarait déjà, à juste titre : « La vertu n’est point le sentiment habituel de l’homme, qu’elle n’est simplement que le sacrifice forcé que l’obligation de vivre en société le contraint à faire. ….. Ôtez le châtiment, changer l’opinion, anéantissez la loi, déclimatisez le sujet, le crime restera toujours , et l’individu n’aura pourtant plus de remords. Le remords n’est donc plus qu’une réminiscence fâcheuse, résultative des lois et des coutumes adoptées, mais nullement dépendante de l’espèce de délit. « 

Depuis les extases mystiques supposées de Thérèse d’AVILA ou la plénitude de l’être de MAHARSHI jusqu’aux plaisirs les plus triviaux, on trouve tout ce que l’être humain est capable de ressentir comme sortes de plaisir. Tout dépend des conditions ou de la cause de son ressenti, de ce qui est sollicité ou stimulé chez soi, de ses dispositions ou facultés personnelles. L’espèce de plaisir varie, on lui donne des noms différents, on l’interprète comme on veut, mais c’est toujours de l’ordre d’un ressenti agréable. Et la recherche du plaisir est toujours ce qui nous motive in fine. (Que l’on démontre que le paradis chrétien est un lieu désagréable, et il n’y aura plus de chrétiens) C’est bel et bien un principe de réalité constant et indiscutable.

Ce qu’il y a d’intéressant dans toutes les sortes de ressentis agréables, – extase félicité ou plaisir des sens- c’est qu’ils mettent en œuvre aussi le corps (les sens) . Ce qui est certain, dans tous les cas, c’est que le ressenti agréable, qui engage le corps, se fiche complètement de la cause qui l’a provoqué. Ce ressenti se justifie lui-même. C’est même ce qui signe, au-delà de toutes les spéculations ou dissertations que l’on peut faire, son caractère réel. No doubt ! C’est son interprétation ou sa définition, après, qui risque de devenir erroné ou fictif.

La société, qui devient rapidement, hélas, une fin en soi, (elle n’a que soi en vue) indépendante des individus, n’a pas d’autre objectif, occupation, que de trouver les moyens de leur faire renoncer à cette recherche de plaisir si elle est personnelle, individuelle, égoïste, si la vérité du plaisir éclate, pour se mettre à son service. C’est tout. Ils doivent avoir la société ou le collectif au cœur ou à coeur. Elle s’organise, elle légifère, elle enseigne (force et séduction) de telle sorte que tout le monde mette ses espoirs de plaisir en elle, ou de telle sorte qu’elle détienne les clés du plaisir recherché. Une fois admis que c’est une fin en soi, (triomphe du verbe) cette fin est forcément bonne.

Quel plaisir peut-on retirer du service de la société ? Si c’est un plaisir dont elle détient les clés, c’est un plaisir essentiellement sensuel. (produits de consommation, confort) Si ce n’est pas un plaisir que l’on peut directement acheter, c’est un plaisir surtout mental.

En effet, dans ce dernier cas, le principe fondamental qui préside à cette quête de plaisir selon la société est le jugement. Se bien juger, être bien jugé, selon les critères de la société. Qui est jugé ? Le moi qui essaie de faire en sorte qu’il corresponde à ces critères. Quel genre de plaisir ? Le genre narcissique, Quelle est la nature du moi ? C’est une idée, un jugement, une abstraction.

Toutes les façons possibles de plaire à la société existent. Comme pour le plaisir, tout dépend des conditions, du type de reconnaissance ou de retour recherché, du type d’individu. Certains veulent plaire à la morale sociale (éthique éthique) , certains veulent plaire aux puissants (responsabilité, responsabilité), certains veulent plaire aux autres (fraternité, fraternité), à la communauté, au groupe auquel ils appartiennent, certains veulent plaire à une religion (fidélité, fidélité) etc Tout dépend de la sorte de plaisir que l’on attend de ce témoignage de fidélité, de dévouement, de vertu : estime, réputation, admiration, approbation, respect etc on veut bien être un bon citoyen, un bon chrétien, un bon musulman, un bon professionnel, un bon père, quelqu’un de bien, quelqu’un de libéré, quelqu’un de spirituel etc mais à condition de le savoir. Il faut pouvoir se le dire pour en jouir. (dualité) Si on ne le sait pas, cela ne veut rien dire.

Evidemment, pour que cela fonctionne bien, il faut que les instances, les raisons, auxquelles on veut plaire soient aussi intériorisées, assimilées. Il ne faut pas que cela reste une force purement extérieure. Les conversations roulent souvent autour de ces choses auxquelles on veut plaire, autour des difficultés que l’on rencontre pour y parvenir, autour des divergences quant à la façon de plaire ou quant aux choses auxquelles on veut plaire, autour de ses efforts pour plaire, autour de la façon dont se présente les choses auxquelles on veut plaire. (ça c’est bien vrai ma brave dame ! ) On cherche le réconfort, l’approbation, la compréhension. D’où les clichés, les convenances etc

Qu’est-ce que c’est que ce plaisir narcissique qui consiste à regarder dans une glace (le regard ou l’avis des autres) une idée de soi. Engage-il le corps ? Est-ce un vrai plaisir ? (narcissisme, orgueil, vanité, suffisance, prétention etc Il n’y a pas plus prétentieux que celui qui est parvenu à la réussite sociale qu’il convoitait)

Le ressenti agréable dépend certainement beaucoup de la quantité d’énergie qu’il mobilise. Et il s’agit de sa propre énergie. Il n’y en a pas d’autre à notre disposition. Comment une idée éprouverait-elle du plaisir ? Comment une idée qui ne peut pas ne pas être incorporelle peut-elle éprouver du plaisir ? Quel plaisir en dehors du corps ? En dehors du corps ? ? ?

Le plaisir narcissique semble prendre un chemin différent. Il semble passer par la castration symbolique.

L’espoir, le désir stimulent la sensitivité. La moindre ébauche de rapprochement, d’accord, de bienveillance fait naître le plaisir de la réussite. Mais on en reste au désir. Il y a du plaisir dans le désir quand sa satisfaction est jugée possible. D’où l’importance d’entretenir l’espoir, de laisser planer le doute. En fait, on atteint rarement l’objet convoité. Pour la bonne et simple raison qu’il est protégé par un bouclier intangible : tout ce qu’on a pu lui attribuer comme qualités morales. (La beauté, c’est abstrait, la vertu, c’est abstrait, la sainteté, c’est abstrait, la normalité, c’est abstrait. ) Ensuite parce que notre conditionnement nous en empêche : on se contente de caresser l’espoir et on se contente des miettes que l’on nous offre. Cela reste un investissement, un désir, un plaisir de désirer, un plaisir de témoigner du désir, rien de plus. « Aura » aura pas.

C’est valable pour les objectifs spirituels ou psychologiques, c’est aussi souvent valables avec des objectifs plus concrets, des actions tout à fait possibles. Demain est l’opium du peuple.

Les enfants : occasion de se regarder sans se voir. On refuse d’admettre le principe de plaisir chez eux, d’autant qu’il s’affiche ouvertement, sans vergogne. On voudrait qu’ils soient rapidement comme les adultes : soumis aux normes sociales, policés, de bons citoyens. Au lieu d’éduquer, d’orienter ce principe de plaisir, on en fait des tonnes au niveau intellectuel et on culpabilise le désir. .

La structure fondamentale du moi s’installe quand on accepte de demander la permission, la permission morale s’entend, attribuant du même coup à la personne, à l’instance, à l’organisation, à l’institution à laquelle on s’adresse, le statut d’autorité morale, le droit de dire le bien et le mal. Avec les enfants, c’est simple, flagrant, facile à comprendre. La jalousie s’installe dans la fratrie parce que l’un estime que les parents ont accordé plus à l’autre. De la même façon, les citoyens protestent parce qu’ils estiment que l’Etat n’a pas été juste avec eux, Ils se comparent à d’autres. Mais le point commun est : l’enfant comme le citoyen attend tout de l’autorité. Il dépend entièrement de l’autorité. Il ne leur vient plus à l’idée de tout simplement prendre ce qu’ils désirent sans demander aucune permission, étant leur propre autorité.

Une fois l’habitude prise, le principe d’allégeance installé, on va prendre pour référent : la pensée officielle, les maîtres officiels, les valeurs officielles, l’idéologie officielle, les conventions etc etc Et , par moment, on croit que la satisfaction de notre désir se rapproche…..On n’est même plus scandalisé quand ces instances font ce que nous n’oserions pas faire de notre propre chef. Elles savent et pas nous. (Saisissez-vous de l’hostie consacrée et émiettez-la dans la pâtée pour chien ou pour chat)

Et puis on se met en règle avec tous les concepts de valeur que la société a institués en partant de l’idée qu’ils représentent tout le monde. Chaque moi fait le petit maître singeant le vrai maître. Le maître parle de tous à tous. En nous référant à tout ce que la culture nous a inculqué comme valeurs, nous parlons de tous (le tous dans la valeur) à tous (à tous ceux qui doivent lui faire allégeance)

La société introduit le trouble, le désordre, la confusion, dans l’esprit humain. Elle l’égare, elle l’illusionne, elle le perturbe etc. On se perd de vue, on se dupe soi-même, on est la victime de toutes les manigances. Le principe est le suivant : il faut pouvoir se persuader qu’on est désintéressé, que l’on travaille pour le bien, le bonheur des autres, qu’on s’oublie, qu’on n’est pas égoïste (c’est la raison d’être du projet social) pour pouvoir avoir du plaisir, un plaisir que l’on se cachera à soi-même. La société doit pouvoir nous donner les moyens de nous en persuader. Une certitude, plus on fait de la société une cause à servir de façon désintéressée, et plus on perd de vue son plaisir.

Cela ne suffit pas de souffrir parce qu’on croit à des chimères , de souffrir parce qu’on aime , de souffrir parce qu’on est sensible, de souffrir parce qu’on n’est pas aimé, il faut en plus se trimbaler toute sa vie des systèmes, des idées transmis par nos parents et la société, et essayer de les mettre en pratique alors qu’ils sont eux aussi chimériques et en échec.

La position quelque peu ou carrément spiritualiste ou métaphysique ou morale va faire que l’on va refuser que le corps participe, ou pire que l’on va essayer d’éliminer la participation du corps, ou plus couramment que l’on va refuser, refouler cette participation du corps. Je veux, je veuueux être l’objet de ma pensée ! Qu’il est beau mon objet de pensée, qu’il est beau ! La position de maître (que chacun essaie d’incarner de façon plus ou moins affirmée, plus ou moins ouverte, plus ou moins assurée), est indissociable de la dimension collective. C’est toujours se référer à des critères collectifs admis. Chaque mot fonctionne ainsi quand il n’a pas de référent sensible. Il faut bien tabler sur un accord, puisqu’il n’y a que ça. (Parfois, avec certaines personnes, c’est terrible) Le jour ou on arrêtera de faire ainsi, ce sera un grand bouleversement.

Qui ne se prend pas pour Dieu ou ne fait pas comme Dieu ? Qui ne prétend pas savoir comment doit fonctionner le monde ou la société ou les proches, qui ne prétend pas connaître le bien : quand les choses ne se passent pas comme prévu, conformément à notre vision du monde, on se sent en droit d’être mécontent et éventuellement d’intervenir contre ceux qui ne se comportent pas comme on le veut. On ne leur accorde pas le droit d’avoir une autre vision du monde.

Cette dépendance, généralisée mais inconsciente, peut apparaître quand on remarque qu’il n’existe rien entre soi et toutes ces abstractions, ces valeurs humaines dont on nous rebat les oreilles, car c’est admettre qu’il n’existe rien entre les autres et ces valeurs ou abstractions. Et comment reprocher aux autres de ne pas se dévouer, pour elles, de ne pas se soumettre à elles ? Si on le fait, c’est à tout les coups parce qu’on n’est pas libres d’elles et que l’indépendance des autres nous met en colère. Ce n’est pas rien la croyance dans le collectif. Imaginez sérieusement un instant que personne, absolument personne, n’aime votre cause préférée, votre valeur cardinale, que devient votre désir et votre plaisir ?

Bref, j’ai bien peur que ce que je vais dire soit amoral voire immoral, j’ai bien peur que cela explique le tragique d’une existence lancée, à corps perdu, et vainement, sur une autre voie. D’abord complétons SPINOZA : le désir de plaisir est l’essence de l’homme. Ensuite, quand le plaisir est là, le monde n’a plus d’importance, quelque considération intellectuelle que l’on pratique. Enfin, dans ce cas, les problèmes personnels, existentiels, disparaissent.  

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