LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

  • Accueil
  • > Archives pour février 2016

10 février, 2016

PRESSION SOCIALE ET PULSION DE MORT

Classé dans : mort — inconnaissance @ 21:44

On ne s’en rend probablement pas compte, mais à chaque instant, la pulsion de mort est tournée contre soi. A chaque instant, on nie, plus ou moins, ses propres ressentis, sensations, impressions, quasiment sa propre existence individuelle, on accepte de les sacrifier, de les condamner au profit de quelque chose d’étranger.

Qui ne vit pas en pensant qu’il peut dire , qu’il pourra dire à la fin de sa vie, à sa conscience, à un dieu quelconque, à un juge intérieur ou on ne sait quoi  : j’ai essayé d’apporter ma pierre au monde (comme le loup de VIGNY) j’ai essayé de servir le bien commun.

Mais si on nous demande ou si on se demande : pourquoi ? Pourquoi faire cela ? Embarras. Réaction du genre : il faut bien, affaire de raison ? . Et pourquoi ? Entendra-t-on encore. Qu’est-ce que c’est que cette raison qui a raison de nous ?

Quand, dans quelle mesure, jusqu’à quel point n’est-on pas une personne ou un être pour les autres., stricto sensu, un être pour les autres qui a fini par tuer l’être premier qui semble ne plus exister  ?

Même une activité aussi basique, aussi simple que manger qui satisfait un instinct fondamental et apporte un plaisir des sens assez direct, est une activité qui satisfait des critères culturels, qui prend un sens culturel. Si c’est pour notre plaisir, parfait. Mais dans quelle mesure, même là, nous contraignons-nous ou nous sacrifions-nous ? Dans quelle mesure , nous soumettons-nous à des impératifs étrangers, à des mœurs, à des rites qui finissent par supplanter le plaisir basique de manger ? Dans l’idéal, il faudrait pouvoir allier les deux aspects : jouissance et codes socioculturels. Or, un aspect risque de supplanter l’autre.

repa2 

Une chose aussi fondamentale et indispensable que l’amour n’est-elle pas, elle aussi, une chose culturelle ? Entendons par là que l’amour doit obéir à des critères culturels et sociaux en vigueur. Bien sûr l’approche, les codes, mais aussi les conditions à réaliser, que l’on soit un enfant ou un adulte. Ce sont ces critères qui sont vus, qui passent en premier, qui sont prioritaires. C’est d’eux, de leur service que nous dépendons pour être aimés ou pour se persuader qu’on est aimé, et ce sont eux qui seront aimés. C’est l’être pour les autres. C’est vrai dans la religion, dans la société, partout. L’amour sous conditions, c’est l’amour des conditions. (critères culturels et sociaux hyper-valorisés = crises)

En fait, si on regarde plus en détail, chaque chose de l’existence ou chaque instant de notre vie, chaque élément de conscience est susceptible, sans que nous y prenions garde, de se mettre totalement au service de ces critères culturels et sociaux. Dès que la pensée s’en empare, des jugements s’en emparent, l’idée de leur existence dans la durée intervient, l’idée de les justifier, de leur donner une valeur, intervient, l’idée de les relier à ce qui est communément approuvé, consacré, valorisé intervient, l’idée de s’en faire un système, une philosophie intervient. Ce n’est plus quelque chose de purement individuel et innocent, c’est déjà le petit militant ou le petit penseur qui s’éveille, le petit moi qui s’ébroue, l’être pour les autres qui se dresse (j’ai essayé d’apporter ma pierre etc…pourquoi ? D’où vient cette propension à faire cela?)

La communication ou l’échange avec quelqu’un est toujours périlleux (sauf s’il est conçu pour tromper), car il est nécessaire que le locuteur et l’auditeur pensent à la même chose (que le locuteur ne parle pas de A et que l’auditeur ne pense pas que le locuteur parle de A’ ou B. Le changement, c’est maintenant ;..ah oui le changement) Le locuteur a besoin que l’auditeur sache de quoi il parle. Or de là au désir d’être approuvé, il n’y a qu’un pas, à peine, car pour penser à la même chose, il faut avoir la même conception de cette chose. (le référent lui-même se confond avec la connaissance du référent) En conséquence, si le locuteur a envie qu’on le comprenne, il a quasiment envie qu’on soit d’accord avec lui. (tout le monde connaît le reproche fréquent : tu ne me comprends pas)

Et s’il a vraiment envie qu’on le comprenne, il va faire en sorte de justifier, expliquer, démontrer sa conception des choses, introduire, en même temps, d’autres sources de confusion, commencer à bâtir un système, dépendre des autres pour l’approbation du système, se muer en être pour les autres ou être pour le monde. Et c’est là qu’il se met dans son tort.

Mais la communication ou l’échange n’a pas forcément besoin de la présence physique de quelqu’un d’autre. Le dialogue intérieur avec on ne sait quelle instance ne s’arrête guère. Et donc ce qui précède a lieu dans la conscience comme si on était complètement contraint de tout communiquer.

Nous ne savons pas nous permettre de nous passer totalement de toute approbation ou rapport à la culture, aux idées en vigueur, même quand nous n’avons aucun besoin des autres. (le militant ou le penseur, lui, est dépendant des autres) .Un moment de plaisir, de joie, une envie, et voilà la machine mentale qui s’en empare et tente de lui donner un sens, une valeur, une durée, une raison d’être au sein de la culture.

Et dans l’opération, on perd de vue ce qui était spontané pour investir l’idée plus ou moins convenue que le mental aura réactivée. Au départ, les autres, l’autre, n’avaient pas de valeur ou d’importance a priori. A la fin, ils sont essentiels.

Le vrai de soi ou son vrai plaisir est ainsi dénaturé, falsifié, et l’instant d’après, il est renié. En partie ou totalement . Qu’en est-il ? En partie ou totalement ? On agit totalement sous cette emprise ou en partie ?

Si c’est totalement, cela veut dire qu’on est totalement un être pour les autres. Et il existe d’innombrables façons d’être cela, il y en a pour tous les profils, tous les goût. Et après on se plaint ou on est déçu ? Mais de quoi ? Nous nous sommes détruits tout seuls. (après avoir été entraîné à le faire pendant de longues années) .

Cependant, il n’est pas absurde de penser que cette pulsion de mort contre soi peut se retourner. Pas acceptable ?…

Parler du dialogue intérieur, c’est parler d’une certaine forme de mémoire, et parler de cette forme de mémoire, c’est parler d’un des effets de la pression sociale.

La mémoire ne nous rend pas toujours service. Elle a trop tendance à s’appliquer au cadre, au contexte des choses, alors que justement si les personnes, les objets, ont quelque chose de constant ou de semblable, le contexte ou le cadre, au contraire, change rapidement.

bout1

Or, c’est le contexte ou le cadre qui est à l’origine des variations dans l’appréhension des choses et de leur perception. De la même façon, (voir PROUST) vouloir retrouver, telle quelle, une émotion ressentie dans le passé, c’est être tyrannisé par sa mémoire. L’individu, lui aussi a évolué.

La mémoire insistante et par trop investie d’un cadre ou d’un contexte ou d’un vécu est véritablement un handicap dans la vie. Il vaudrait mieux que la mémoire se consacre à ce qui est plus concret. (je ne parle pas de la mémoire du corps) une mémoire eidétique.

D’où problèmes innombrables pour donner sa chance à toute nouvelle expérience ou ressenti, les goûter, les découvrir. D’autant plus que la société nous pousse constamment à nous installer dans la position de celui qui sait.

«  Cet organisme vivant n’a que faire d’une continuité temporelle mesurées en années. Il fonctionne d’un moment à l’autre…..en toute occasion, vos actes sont destructeurs des intérêts fondamentaux de l’homme puisqu’ils sont issus de la pensée qui est une chose morte «  (UG) .

Ainsi, il y a les choses que l’on fait ou que l’on pense uniquement parce qu’elles sont validées par la collectivité et que nous ne faisons que chercher son estime. Il y a les choses que l’on méconnaît, dont on ne sait pas apprécier l’intérêt parce que l’on dépend de l’opinion des autres à leur sujet et que c’est sous cet angle qu’on les appréhende. Il y a les choses présentes que l’on recouvre d’une image du passé ou que l’on place dans un contexte passé. Il y a les choses que l’on dénature parce qu’on en fait de purs objets culturels pour satisfaire le moi. Il y a les choses que l’on rate parce qu’on voudrait qu’elles nous donnent ce qu’on a déjà eu dans le passé. Il y a les choses que l’on cache parce que les autres ne semblent pas être en mesure de les accepter, il y a les choses que l’on veut conserver vainement etc

Un fait de conscience n’a besoin d’aucune approbation, d’aucune permission de quiconque. Il n’est même pas indispensable qu’il soit partagé. Si c’est possible, tant mieux, à condition qu’il ne soit pas dénaturé. Cependant, ce qu’on est est le résultat d’une histoire, d’un rapport au monde et aux autres en plus des déterminations génétiques. Il est donc normal que ces faits de conscience soient restitués au monde.

Au bout du compte, que n’aura-t-on pas fait pour apporter sa pierre à l’édifice socioculturel. Et pour se tuer..

Tout montre que lorsque l’on est sous la coupe des critères culturels et sociaux en vigueur on ne peut faire droit à sa propre vérité. Rien de tel pour végéter et devenir gâteux que de coller à eux (le nombre de critères diminue, diminue…)

La pression sociale, c’est une pression permanente pour se présenter sous la forme d’un être pour les autres, d’un être défini par ces critères culturels et sociaux, au mépris de tout le reste. . C’est une pression permanente pour retenir ce contexte ou ce cadre qui permettra de faire référence à ces critères. C’est une pression permanente pour être le même qu’hier et avant-hier. C’est une pression permanente pour reproduire des comportements ou des prestations. Tout cela rassure la société. Tout cela lui est nécessaire, car un pouvoir a besoin de savoir d’avance pour maîtriser les choses. (conservation, conservation…et dégénérescence) Des choses qui changeraient seraient incontrôlables. (d’où la haine séculaire pour les enfants : ils changent trop vite, ils sont incontrôlables)

Le désintéressement, l’abnégation, au profit du collectif, des critères culturels en vigueur, de l’ordre établi, de la dimension générale des mots etc qui fait le fondement de la société, qui motive ce recours fidèle et constant aux critères culturels et sociaux en vigueur est un schéma mental, il a tendance à s’appliquer quels que soient l’interlocuteur, la cause, la raison, partout et toujours, que cet interlocuteur ou autre le mérite ou pas, qu’il soit hostile ou pas, que ce soit une personne, un groupe, une institution ou la société. Il s’agit par exemple de ne pas faire de peine et de faire plaisir dans une société plutôt matriarcale ou féministe ou d’être en règle ou à la hauteur dans une société plutôt patriarcale. C’est le destin de tout système de pensée, de tout principe, de toute conviction d’être systématique, aveugle et stupide.

12

CGT-Energie Anjou 49 |
Bella et le syndrôme " BALBOA" |
Jeunes dans la ville |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Pensée..!?
| targuist
| Gabon, Environnement, Touri...