LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

23 mai, 2016

LA DOUBLE MENDICITE

Classé dans : Altruisme — inconnaissance @ 20:35

Le mendiant demande humblement qu’on lui donne un peu d’argent pour l’aider à subsister. Ce dont le mendiant a besoin pour vivre simplement, il doit le demander aux autres. Nous sommes, peut-être, doublement mendiants, sur un autre plan. Nous sommes en quête de valeurs communes, nous souhaitons qu’on nous apprenne les codes , et nous sollicitons l’approbation du groupe, des autres, de la société, quant à la façon dont nous mettons en pratique ces valeurs et ces codes.

Double quête. Double dépendance aux autres Double raison de leur être agréable et de faire ce qu’il faut dans ce but. Double inquiétude à ce sujet. Double mendicité.. Il faut se rendre agréable, montrer sa bonne volonté pour obtenir les informations nécessaires concernant ce qui fait autorité dans une société. Il faut se soumettre à la volonté de ceux qui possèdent ces renseignements. (exemple : l’éducation d’un enfant) Ensuite il faut faire preuve de modestie et de bonne volonté quant à l’usage de ces codes et valeurs pour être adoubé par les autres.

Cette double mendicité est d’autant plus terrible qu’elle appauvrit encore le mendiant de par sa nature ; ce qui est prescrit, valorisé par la société et dont le bon usage dépend de l’approbation des autres nous dépouille, encore un peu plus.

Prenons un exemple. Qui irait s’enquérir de ce que sont ses 5 sens et qui demanderait aux autres la permission de s’en servir comme il s’en sert ? Dans l’opération, ce qui fait partie de l’individu, ce qui lui appartient en propre, deviendrait une chose étrangère. (ah c’est ça la vue ? Ah c’est comme ça qu’il faut s’en servir, ? ) Rendre à César ce qui est à César, rendre à Dieu, ce qui est à Dieu, rendre à la société ce que d’autres que nous ont construit, créé, et qu’on emprunte, et jouir de ce qui nous appartient. Qu’est-ce qui m’appartient ? Nous possédons tout ce qui surgit de nous sans effort et sans aide. Nous possédons nos facultés, nos capacités, nos talents qui ne demandent qu’à s’exprimer. Nous possédons ce que nous créons sans le secours de personne. Nous possédons notre conscience, ce qu’elle est phénoménologiquement. Posséder au sens ou cela fait naturellement partie de nous-mêmes. Nous verrons comment cela se passe. Commençons par cette double mendicité et par ce qu’elle entraîne.

Nous avons déjà montré (article précédent) que tout ce qui, dans la culture, représente une valeur générale, sert aux ambitieux et aux petits tyrans pour parler au nom de tout le monde sans demander l’avis de personne, de tout le monde, sans citer personne en particulier, jouant simplement des sentiments collectifs que ces éléments suscitent et que cela fonctionne d’autant mieux que ces concepts de valeur, tous ces éléments de culture dont on fait des valeurs communes, seront l’occasion pour ceux qui sont altruistes, désintéressés, de se dévouer pour la collectivité, de prouver leur altruisme. Nous allons approfondir ces deux points et surtout le second.

Monsieur : « Dequoijememêle » déclarait récemment, par exemple. (C’est un schéma typique) La France. « La fille aînée de l’Église… mais pas la plus fidèle ! (rires) Dans les années 1950, on disait aussi « France, pays de mission ». En ce sens, elle est une périphérie à évangéliser. Mais il faut être juste avec la France. L’Église y possède une capacité créatrice. La France est aussi une terre de grands saints, de grands penseurs : Jean Guitton, Maurice Blondel, Emmanuel Levinas – qui n’était pas catholique –, Jacques Maritain. Je pense également à la profondeur de la littérature. »

« Un État doit être laïque. Les États confessionnels finissent mal. Cela va contre l’Histoire. Je crois qu’une laïcité accompagnée d’une solide loi garantissant la liberté religieuse offre un cadre pour aller de l’avant. Nous sommes tous égaux, comme fils de Dieu ou avec notre dignité de personne. Mais chacun doit avoir la liberté d’extérioriser sa propre foi. Si une femme musulmane veut porter le voile, elle doit pouvoir le faire. De même, si un catholique veut porter une croix. On doit pouvoir professer sa foi non pas à côté mais au sein de la culture. » (Pape François)

Première approche.

La France appartient-elle aux Français ou les Français appartiennent-ils à la France ? L’Etat appartient-il aux Français ou les Français appartiennent-ils à l’Etat. En tout cas, ni la France, ni l’Etat n’appartiennent à François qui n’a pas à juger de ce qu’ils sont ou deviennent. Le chef de l’Eglise catholique n’a de droit de regard, à la rigueur, que sur les catholiques. La laïcité en France est une affaire française, nous ne nous immisçons pas dans le gouvernement du Vatican. Un Etat qui se laisserait faire la leçon par un responsable religieux ne serait pas laïque.. Si nous voulons, demain, vivre dans un pays dont la philosophie officielle est l’athéisme, c’est notre droit. (ma foi, on dirait qu’il considère que le chef de l’Etat fait partie de ses ouailles)

Quel est donc notre rapport avec tout ce que la culture comporte de catégories abstraites et collectivement appréciées, de nature religieuses, morales, spirituelles, esthétiques, avec les codes sociaux reconnus. Il est question ci-dessus de la France, de l’Eglise, de la sainteté, des grands de la littérature, de la laïcité, de la liberté religieuse, de Dieu, de la dignité de la personne ….I

Ce qui est certain, c’est qu’à partir du moment où nous avons admis que les autres sont plus importants que nous, qu’il faut s’en occuper prioritairement, quitte à s’oublier, s’effacer, et ceci sur le plan moral, religieux, psychologique, esthétique, sociétal, alors tout ce qui passe pour un bien commun de ce genre, permet, rien qu’en s’y adonnant de faire du bien à autrui et d’afficher son désir de faire plaisir. (les codes et repères deviennent des signes ostentatoires qui alimentent les relations) C’est bien cela : la France, l’Etat, la laïcité, les grands écrivains, la liberté religieuse…cela ne nous appartient plus, ce sont des repères choisis et définis par d’autres. Extorsion.  Avec cela ou d’autres idées du même genre, on peut faire du bien. Si le service d’autrui est prioritaire, la recherche de ce bien commun et la quête de la satisfaction d’autrui via ce bien puisé dans la culture deviennent prioritaires. Plus on veut être altruiste, et plus c’est comme cela. Ce ne sont que quelques exemples. Il faut se tenir à jour, chercher sans cesse les éléments de culture ou les codes que la collectivité reconnaîtra comme siens, comme bons.

Chercher à savoir ce qu’il faut être et s‘en saisir – une autorité quelconque nous informant, première dépendance ou forme de mendicité – attendre qu’on nous confirme que l’on est bien ce qu’il faut grâce à l’accord, à la communion, aux sentiments renvoyés, seconde forme de mendicité. Cela ressemble beaucoup à ce qui se passe dans notre esprit avec les pensées qui passent.

Avons-nous déjà entendu la France, Dieu, la religion, la laïcité, la liberté religieuse dire quelque chose ? Jamais. Soit ce sont des gens qui en seraient les porte-parole (officiels ou officieux) qui les font parler, soit ce sont des pensées, en nous, auxquelles on attribue un auteur.

Peut-on prendre de la distance, beaucoup de distance, par rapport à toutes ces catégories, être libres par rapport à elles  ? Ou sommes-nous déterminés par elles ? Et à ce propos, que vise le Pape ? Que nous prenions ses concepts avec distance ou qu’ils nous dirigent ? Notre hypocrite en robe blanche est prodigue de beaux discours et de bons sentiments, mais il n’attend pas de nous que nous fassions de beaux discours et exprimions de bons sentiments, il attend que l’on se convertisse à ses idées et que nous agissions concrètement, souvent que nous y allions de notre poche.

Plus on s’abaisse, plus on s’efface, plus on est altruiste pour s’approcher de l’idéal qu’on a embrassé, plus on donne de valeur à l’autre, plus on lui donne la priorité, et plus on dépend des autres pour exister et avoir de la valeur.

Au bout de tout ce temps, n’avons-nous pas le sentiment que tout ce que la morale, le spirituel, le psychologique, la société comptent de critères ou de valeurs reconnus ont été employés par nous d’une part pour rendre service aux autres, et d’autre part pour tâcher de nous mettre à jour en vue de plaire aux autres  ? On sait où peut nous mener cette disposition intérieure bien ancrée, bien développée  : être complètement esclave de l’ambiance, des convenances, de l’esprit collectif, mais aussi, à une quête, un souci constants de ce qui fait consensus dans le monde pour coller à lui. . Courir après l’informel, être à la merci de ses propres impressions, coller à l’humeur et tout faire pour montrer sa bonne volonté. Peut-être sommes-nous devenus le jouet des sentiments des autres et des bonimenteurs. Peut-être avons-nous tellement développé notre gentillesse, notre souci de l’autre, que nous n’existons plus, que nous ne sommes plus que des mendiants, et que les autres se jouent de nous. Au pire avons-nous le sentiment d’avoir toujours été à l’écoute, compréhensif, serviable, bienveillant, attentif aux peines et au sort des autres, d’avoir toujours tenté d’éviter de leur faire de la peine en faisant abstraction de soi pour finir en paillasson.

Rappelons-nous le point de départ de tout cela. Ce qui conditionne tout le reste. Le point de départ, c’est la philosophie prônée par notre François. Le lavement des pieds. «  L’Europe, oui, a des racines chrétiennes. Le christianisme a pour devoir de les arroser, mais dans un esprit de service comme pour le lavement des pieds. Le devoir du christianisme pour l’Europe, c’est le service. « Je suis à tes pieds, je lave tes pieds, je baise tes pieds.

Mais l’individu ne fonctionne pas ainsi. Nier cette réalité humaine, c’est prétendre que l’on peut être totalement altruiste, désintéressé, que l’on peut s’effacer totalement, se vider totalement de sa substance, au point qu’on pourra tout demander sans aucune contrepartie, sans aucun bénéfice en retour. C’est ainsi que des politiques s’octroient le droit de confisquer le fruit de notre travail pour le donner à des inconnus qui n’auront pas de dette envers nous. A la limite, pourquoi ne pas prendre un œil à ceux qui en ont deux pour le donner à certains aveugles..;rien ne l’empêche dans le principe puisque d’autres décident pour nous, puisqu’il s’agit d’un bienfait, puisque le bienfait gratuit devient obligatoire et qu’il est exclu qu’on nous demande notre avis. 

Grattons maintenant un peu plus profondément les propos de monsieur « Dequoijememêle ».

Laïcité et politique. L’hypocrisie et l’intérêt personnel conduisent le Pape à nier ses ambitions politiques. Il entend prioritairement protéger la foi religieuse, quelle qu’elle soit, et prodiguer des paroles amicales, encourageantes à l’égard des croyants. : «  Je ne crois pas qu’il y ait aujourd’hui une peur de l’islam, en tant que tel, mais de Daech et de sa guerre de conquête, tirée en partie de l’islam. L’idée de conquête est inhérente à l’âme de l’islam, il est vrai. Mais on pourrait interpréter, avec la même idée de conquête, la fin de l’Évangile de Matthieu, où Jésus envoie ses disciples dans toutes les nations. » Ses adversaires, ce sont ceux qui ne veulent pas entendre parler de Dieu ou qui réclament un Etat véritablement laïque. « Mais chacun doit avoir la liberté d’extérioriser sa propre foi. » On était déjà submergé de publicité, les non-croyants, les athées vont aussi devoir supporter la publicité ambulante pour leur propre chapelle des croyants. (t’as vu ma croix ? Ouaah et ma kippa, elle est chouette ! )

Nous avons déjà eu l’occasion de dire que le spirituel, ou la foi religieuse même chrétienne, sont des portes d’entrée vers le pouvoir temporel, politique. (spirituel → morale d’inspiration religieuse → vie sociale → politique.)

Pourquoi cette mendicité nous appauvrit-elle encore plus ? Si notre existence et notre valeur sont dans ces éléments culturels, si notre existence, si les moyens d’exister et le droit d’exister nous sont octroyés par les autres.nous n’existons plus par nous-mêmes et nous n’avons pas de valeur. Ce que nous possédions naturellement est balayé.

Ou bien le centre de gravité de notre activité mentale est soi, et on peut toujours aller vers l’amont, ou bien c’est l’autre – les autres – dans le cadre d’une attitude altruiste collectiviste, et on est complètement dans l’imaginaire et la pensée du bien conditionnée. Dans ce dernier cas, il n’y a plus dans la conscience que ces pensées.

L’histoire est tragique. Elle pourrait être, parfois, malheureuse, ou triste, en fonction des événements, mais elle a toujours été, elle est, et elle sera encore longtemps, sans doute, tragique (nécessairement, fatalement dramatique). Elle le sera tant qu’il existera des gens comme le Pape et surtout tant qu’il existera des gens pour qui le Pape a une quelconque autorité morale, c’est à dire tant qu’il existera des gens capables d’utiliser d’autres gens dans le but de réaliser un bien collectif. Les êtres humains, en grand nombre, servent d’instruments, d’outils, de moyens, d’objets aux ambitions d’autres

Dans l’antiquité, il y avait des esclaves. Ils appartenaient à leur maître. Plus récemment, en Amérique, pour d’autres raisons, il y avait des esclaves qui, eux aussi, étaient la propriété de leur maître. Dans les deux cas, ils étaient achetés. Dans les deux cas, ils n’existaient qu’en tant qu’ils étaient la propriété de quelqu’un. Quelle est donc la situation de quelqu’un qui n’existe qu’en tant qu’il appartient à un groupe, une catégorie, une entité, un concept. Quelle est la situation de quelqu’un qui appartient totalement à la France, à l’Etat, à la religion ou à toute autre catégorie qui fait référence ? Quelle est la situation de quelqu’un dont la conscience doit être la conscience de pensées conditionnées ? Quelle est la situation de quelqu’un dont l’existence et la valeur sont totalement octroyées par les autres ?

On ne veut pas que quelqu’un nous commande en tout, qu’il gouverne notre vie. Pourquoi accepte-t-on que des catégories abstraites et collectivement appréciées, de nature religieuses, morales, spirituelles, esthétiques, que des codes sociaux nous commandent en tout et gouvernent notre vie ? C’est d’autant plus ballot que tout cela (France, Dieu, Eglise, laïcité, etc) nous appartient, n’a aucune existence indépendante et n’a pas d’autre sens et d’autre valeur que ceux que nous leur donnons, que ceux que chacun leur donne. Ce qui n’a pas d’existence à part entière, n’a pas de droits sur nous. Au bout de tout ce temps, que nous a rapporté cette double mendicité, quel succès a-t-elle eu ? Les sentiments déçus, les trahisons apparentes, etc engendrent la haine.

 » Il n’y a pas crime plus grand que de faire croire à un individu que le suicide est une vertu, un acte de courage. Jeter un homme dans les flammes du bûcher sacrificiel est un crime. Mais c’est un crime plus grand encore que d’exiger qu’il se jette lui-même au feu, après avoir en prime construit le bûcher  » (Ayn RAND)

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