LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

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29 septembre, 2016

PLAISIRS MOZART

Classé dans : MOZART — inconnaissance @ 13:08

Ce n’est pas parce que la musique classique est devenue, au XXe siècle, quelque chose de cérébral, (objectif entre autres : rendre les sons disparates) de snob, ou que des bourgeois ou bourgeoises, par tradition, pour l’étiquette, assistent, blasés, à des concerts, en s’enfonçant dans leur fauteuil pour s’assoupir légèrement en pensant à leurs affaires de cœur ou d’argent, qu’il en a toujours été ainsi. Au XVIIIe siècle il arrivait que le public dans des endroits variés (salles, théâtres, salons), applaudissent en plein milieu d’un morceau. (aujourd’hui, certains musiciens sont gênés que l’on applaudisse entre les mouvements) Comme indiqué précédemment, et comme les recherches le montrent, la musique a longtemps été inséparable de la danse – rituelle ou pas - et des émotions.

Danse, expression corporelle et émotions ne doivent pas être des sujets de dissertation ou de causerie mais des réalités. Le plaisir se trouve dans ces deux choses. Pour donner tout de suite un exemple frappant, n’est-il pas évident que c’est une hérésie d’être bouffi de bienséance et confortablement installé quand on écoute ceci un moment : https://youtu.be/DynH6tqWXOQ?t=515

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Voir le chef d’orchestre..

Les cordes vocales renvoient aux instruments à cordes. Le souffle renvoie aux instruments à vent. Les battements du cœur renvoient aux instruments à percussions. Le son d’un instrument est techniquement un peu différent de celui de la voix. Il a plus de possibilités. Mais cela reste une sublimation de la voix. Nous sommes ainsi faits qu’il y a chez nous des choses indissociables. Le cœur et ses battements, la voix, l’émotion, le souffle, le déplacement (intérieur et/ou extériorisé) Le cœur et les battements donnent les palpitations, les chocs, la chamade, les accélérations etc . Le souffle donne lhaletement, les râles, les tensions, les soupirs etc La voix n’est pas la même selon qu’elle vient du ventre ou de la tête, qu’elle est large et puissante ou timide et faible, aig ou grave. Elle a toutes sortes de caractéristiques, des inflexions, des accents, des intonations, une profondeur etc etc Elle est individuelle ou collective. L’émotion est exprimée en mobilisant à la fois le souffle, la voix et le cœur. Le déplacement mobilise le cœur et le souffle. La voix et le souffle montent et descendent, s’arrêtent et reprennent, ralentissent et s’accélèrent.. .Toutes ces choses agissent les unes sur les autres, dépendent les unes des autre, s’harmonisent les unes aux autres. De même, dans un orchestre les différentes sortes d’instruments sont mobilisées selon un plan précis. Un morceau de musique peut produire les mêmes effets sur l’organisme et l’esprit que ci-dessus . Ils relèvent du souffle, du cœur, de la voix, de l’émotion, du déplacement. D’ailleurs puisque la musique se déploie dans le temps et qu’elle agit sur un organisme, comment ce dernier pourrait-il demeurer inerte, immobile, figé ? Ecouter de la musique peut donc, devrait donc correspondre à ce qui arrive au cœur, au souffle, à la voix, à l’émotion, au déplacement. S’il n’arrive rien ou pas grand chose, si on reste extérieur …. ! .Et puis ce qui se passe en soi échappe en partie à notre connaissance immédiate. Ce n’est pas forcément ce qui a semblé nous procurer le plus de plaisir qui nous marquera le plus., mais un autre passage qui nous aura touché plus profondément. Encore faut-il pouvoir l’être.

Si la musique doit avoir un effet sur nous, aussi puissant, heureux et riche que possible, n’est-il pas nécessaire qu’elle mobilise tous ces aspects ? Ne doit-elle pas les mettre à contribution ? Pour retirer un grand plaisir d’une musique, il faut, à la fois, pouvoir être sensible à tous ces effets sur le cœur, le souffle, l’émotion, la voix, le déplacement et que cette musique sache agir sur ces éléments.

Pour votre bonheur, bougez plus, participez.

Être au diapason de la cadence de base qui sous-tend et porte un mouvement ne nous procure-t-il pas une sorte de réconciliation et de satisfaction  ? Balancement très lent ici https://youtu.be/4uLyyK5AS1Y?t=30

alerte là  https://youtu.be/5rYzhxFk67U?t=1060

Le déplacement intérieur ou extérieur est ordonné, harmonisé. Et cela met en relief ce qui se superpose.

Quelque chose de magique intervient dans la musique qui est rarement présent dans le fonctionnement de l’organisme, quelque chose de réjouissant : le jeu. Depuis qu’on l’a codifiée et qu’on a inventé la gamme, donc la reconnaissance acoustique, on peut jouer à l’infini avec les notes et les accords, se livrer, à sa guise, à des répétitions (bis repetita placent) des montées, des descentes, des contrastes etc C’est comme si on était libéré de nos chaînes, à la condition, quand même, selon moi, que cela reste vraisemblable, que le corps puisse participer. 

Les enfants et les adultes éventuellement éprouvent du plaisir à monter et descendre rapidement en glissant. Ce genre de déplacement, même intérieur, : https://youtu.be/m_WFZXjIUfw?t=307

Certaines conversations sont restées en mémoire et nous en avons gardé un bon souvenir, non pas tant à cause de ce qui a été dit précisément, mais à cause des inflexions, des modulations de la voix. « elle a L’inflexion des voix chères qui se sont tues » (VERLAINE)

L’intonation, les inflexions, les modulations de la voix répondent aux variations et à la nature des émotions, des émois des désirs et des sentiments. On en prend mieux conscience si on oublie un peu le sens exprimé. On a des mots pour tenter de parler de la voix chaude, cassante, douce, enveloppante, vibrante, intériorisée, touchante etc et ces mêmes mots disent très bien ce que la musique exprime (peut exprimer, ce n’est pas le cas de toutes les musiques) . Les formes de fluctuation de l’une se retrouvent dans l’autre. L’impression laissée par l’une est très semblable à celle laissée par l’autre. C’est d’ailleurs pourquoi on fait des chansons dont les paroles sont d’une grande platitude, elles permettent de mettre en valeur un chanteur-interprète et quelques mélodies.

C’est tout l’art du compositeur de faire en sorte que la musique nous soit très intime. .

Riche en inflexions je n’avais pas parlé du concerto n11. Ecouter au moins 30 s https://youtu.be/h6ZC4iDBJnU?t=780

quelques secondes : https://youtu.be/TbeDm0haLUQ?t=840

Voir aussi les œuvres pour violon naturellement.

 

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(sinon, pour plaire, on peut aussi avoir recours à l’exaltation ou à la violence, très à la mode et subventionnée par l’Etat)

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Dans la musique on est souvent deux (contrepoint ou instrument et orchestre) et le dialogue est souvent un régal, (écho, résonance, accord, reprise, broderie etc) . Soit c’est un accord comme on en rêverait dans la vie, soit ce sont des réparties plaisantes, soit c’est du soutien, de la compréhension.

https://youtu.be/m_WFZXjIUfw?t=380

https://youtu.be/DynH6tqWXOQ?t=115 Et reprise un moment après

Nous aimons les surprises émotionnelles quand ce n’est qu’un jeu, un spectacle. On ne sera pas étonné du plaisir que nous procure la succession d’un moment de gaité, et d’un moment de gravité ou de tristesse. Ou inversement.

https://youtu.be/vp_h649sZ9A?t=130

La délicatesse des sentiments est au rendez-vous quand, à une approche lente, douce, succède un accord qui va droit au cœur.

https://youtu.be/m_WFZXjIUfw?t=390

https://youtu.be/vp_h649sZ9A?t=300

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On parle de tension (progression dans la gravité et la puissance) et de résolution ( accord qui soulage par sa sérénité et sa douceur). Cela correspond à ce qui doit se passer en soi, une pression sur le cœur, une modification du souffle qui va vers un paroxysme, puis une détente salutaire.

https://youtu.be/m_WFZXjIUfw?t=240

Cadence et harmonie font que la musique peut ressembler à la mer calme (et haute) que l’on peut voir près d’un quai. Elle enfle ou se creuse insensiblement, se balance doucement.

https://youtu.be/4mNJ43S1RIQ?t=640

https://youtu.be/TbeDm0haLUQ?t=860

De la même façon que le souffle, le cœur, l’émotion, la voix, le déplacement sont liés les uns aux autres, on aurait du mal à isoler les effets des accords, des mouvements, du rythme, de la cadence, de la mélodie, de l’harmonie, des intervalles. Leurs effets sont innombrables.

(HAYDN) Elle se retient :

https://youtu.be/0ltQWj4IHfc?t=20

Le son est un phénomène purement physique ( de l’air qui vibre) . Cela devient un phénomène organique grâce au tympan, à ses accessoires et au coquelet avec ses cellules ciliées. Puis un phénomène électrique. Pas de quoi se réjouir. J’ai remarqué que le plaisir de la musique naissait quand je pouvais oublier l’origine des sons, la nature des instruments, et que seul restaient l’émotion ou la sensation, la sensibilité humaine. C’est là que commence l’histoire. Avons-nous jamais essayé d’être mieux conscient de ce que devenait ce phénomène subjectif. Avons-nous remarqué comment il se diffusait en nous, comment il s’évanouissait ? De quelle manière il devenait silence ? Comment il rejoignait l’accord suivant. ? https://youtu.be/-V4bGocFwnE?t=421

Internet permet de s’arrêter après un accord dont on a ressenti toute la répercussion, et de comparer, par exemple, comment deux interprètes jouent le même accord et provoquent deux effets différents. Plus l’effet est sensitif, sensible, émotionnel, profond, plus on oublie son origine (piano) , et plus le plaisir est grand. Mais comme c’est certainement subjectif, chacun aura sans doute un avis différent.

Je goûte davantage ceci : https://youtu.be/MP-unj7_fSk?t=742

que cela : https://youtu.be/ALeCjl70m58?t=83

ou plutôt ceci  : https://youtu.be/fE9FWqZZHYY?t=277

 que cela : https://youtu.be/Y00xP0Q0Vx0?t=25

J’ai pointé, mais on se rend mieux compte en se remettant dans le contexte.

Et dire que chaque note ou chaque accord a une histoire personnelle en nous en fonction de ce que j’indiquais ci-dessus !.

Le piano a cette particularité d’être un instrument à cordes et d’avoir l’air parfois d’être un instrument à percussion. (puisque des marteaux frappent les cordes) Le résultat, c’est que l’on peut être sensible à la façon dont ses notes nous percutent, et à la façon dont ses notes s’envolent, s’évaporent. Et ce double effet est particulièrement sensible chez MOZART.

(Mais évidemment, c’est tout à fait différent de la musique de cirque ou du tintamarre que l’on trouve dans certaines œuvres fin XIXe début XXe  : beaucoup de cuivres – dzing dzing fouêt – et beaucoup de percussion – boum boum badaboum. Donc ça fait boum boum dzing, badaboum fouêt)

 

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