LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

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15 septembre, 2016

LE CHRISTIANO-GAUCHISME

Classé dans : Gauchisme — inconnaissance @ 8:31

J’appellerai quand même chrétien toute personne qui, à l’image de COMTE-SPONVILLE, ne croit pas dans le Dieu des chrétiens, ne croit pas que Jésus est le fils de Dieu et est ressuscité, n’adhère à aucun des articles de foi définis par la religion chrétienne, ne suit aucun sacrement, ne se soumet à aucune autorité ecclésiastique, mais adhère à la morale et à la conception des relations humaines décrites dans les évangiles. (c’est d’ailleurs préférable, quand on se pique d’être un intellectuel moderne, être un chrétien pratiquant et fidèle est assez ridicule)

N’est-ce pas l’essentiel ? Et c’est la conséquence logique des deux dernières phrases de l’article précédent : Ce christianisme-là est très répandu. Ce n’est plus la peine de chercher des complications ou de faire de longues études, il suffit de regarder si la morale d’une personne est dans l’esprit de l’évangile. Il suffit d’imaginer ce qu’on dirait d’elle si elle était, en plus, pratiquante et croyante (ce qui s’adopte rapidement) . Nul doute qu’on la dirait bonne chrétienne. Il y a beaucoup plus de bons chrétiens qu’on ne croit.

Pour ceux, nombreux, qui ne les ont pas beaucoup lus ou les ont oubliés, il faut rappeler l’essentiel du message des évangiles, préciser les fondements de la morale ordinaire qui s’y trouve, indépendamment de tout credo . La charité et l’amour du prochain, l’humilité, le renoncement à soi et le sacrifice de soi., le péché - c’est à dire la conversion imparfaite, incomplète, insincère. Si on enlève tout ce qui concerne ces quatre thèmes, il ne reste plus grand chose. Remarquons comme ces quatre principes se complètent et se renforcent mutuellement. Remarquons comme ils décrivent bien notre mentalité. Prenons quelques phrases qui les mettent particulièrement en valeur et associons-les. pour voir ce que cela peut donner à l’échelle d’une société, en tant que morale, normes sociales, surtout chez les gens sincères: crédules, dociles. Car la conversion est plus efficace et bien plus solide que la contrainte ou la tyrannie.  » Les hommes ont été réduits en esclavage, avant tout, par des armes spirituelles  » (Ayn RAND)

Commandements du général en chef irresponsable.

« Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent »

« Si on vous frappe sur la joue droite tendez la joue gauche »

« Aimez-vous les uns les autres. »

­ » Ne vous faites donc pas de soucis en disant : Que mangerons-nous, que boirons-nous, que mettrons-nous ? De tout cela s’inquiètent les nations. Votre Père céleste sait que vous en avez besoin. Cherchez tout d’abord son royaume et sa justice, et tout cela vous sera accordé. »

« Je vous le dis : cette pauvre veuve a mis dans le tronc plus que tout le monde. Car tous, ils ont pris sur leur superflu, mais elle, elle a pris sur son indigence  »

. »Si tu veux être parfait lui dit Jésus, va vendre ce que tu possèdes et donne aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux « 

« Après leur avoir lavé les pieds, il reprit ses vêtements, se remit à table et leur dit: «Comprenez-vous ce que je vous ai fait? Vous m’appelez Maître et Seigneur, et vous avez raison, car je le suis. Si donc je vous ai lavé les pieds, moi, le Seigneur et le Maître, vous devez aussi vous laver les pieds les uns aux autres, ar je vous ai donné un exemple afin que vous fassiez comme je vous ai fait. »

« celui qui veut devenir grand sera votre serviteur ; et celui qui veut être le premier sera votre esclave. »

« Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive »

« Malheur à vous, scribes et Pharisiens hypocrites, parce que vous ressemblez à des tombeaux blanchis, qui au dehors paraissent beaux, mais au dedans sont remplis d’ossements de morts et de toute immondice.Ainsi vous, au dehors, vous paraissez justes aux hommes, mais au dedans vous êtes pleins d’hypocrisie et d’iniquité »

« Allez-vous-en loin de moi, maudits, dans le feu éternel préparé pour le démon et ses anges. Car j’avais faim et vous ne m’avez pas donné à manger, j’avais soif et vous ne m’avez pas donné à boire, j’étais un étranger et vous ne m’avez pas accueilli, j’étais nu et vous ne m’avez pas habillé, j’étais malade et en prison et vous ne m’avez pas visité. « 

« Le publicain, lui, se tenait à distance et n’osait même pas lever les yeux vers le ciel ; mais il se frappait la poitrine, en disant : ‘Mon Dieu, prends pitié du pécheur que je suis !’ « 

Ce ne sont pas des aspects secondaires, c’est le coeur même des évangiles.

Cette philosophie pourrait être adoptée si elle avait une chance de fonctionner, si elle était réaliste, si on pouvait l’intégrer, si l’authenticité ou la conversion en question était possible. Mais les ravages, les problèmes psychologiques et les souffrances qu’elle a toujours engendrés auraient dû nous prouver que non.

S’est-on un jour demandé d’où venaient ces vertus, ces idées, ces impulsions que l’on appelle la charité et l’amour du prochain, l’humilité, le renoncement à soi et le sacrifice de soi, le sentiment de culpabilité, et quelle était leur nature . Ce sont, d’abord, des phénomènes psychiques labiles qu’une certaine culture se dépèche de nommer et de juger conformément à son système. Mais quand ces phénomènes apparaissent en soi, que savons-nous d‘eux, en tant que tels ?

Nommés, jugés, ils sont d’abord propres, destinés à la communion. (même + émotion)

Si la détresse de l’autre nous est complètement indifférente ou si on est offensé, indigné par l’autre ou si le secours que nous lui apportons nous est désagréable, pénible, que devient notre compassion ? Si les autres sont toujours indifférents à l’aide qu’on leur apporte, va-t-on la continuer ? On doit pouvoir avoir l’impression que l’on éprouve le même plaisir que l’autre, que l’on partage la même joie que lui à la suite de notre bonne action. C’est pour avoir ce plaisir que l’on agit ainsi, pour ce partage.

Ce n’est pas par compassion que l’on donne à un nécessiteux inconnu, lointain, à la suite d’un discours que l’on nous tient, c’est parce que l’on est conditionné dans une certaine idée du bien

Ce sont ensuite des objets de croyance collective.

Ces idées du bien sont générales. Tout le monde doit les pratiquer avec tout le monde tout le temps. Tout le monde. Autrement dit, c’est du général ou une généralité érigée en vérité du bien. Cela consiste à faire tenir tout le monde dans une idée particulière du bien.(l’idée chrétienne) Chaque individu est devenu un simple objet de pensée dans le cadre d’un système. Êtes-vous un objet de pensée standard ? Jamais, O grand jamais, on ne pourra prouver que ce bien est général et permanent..

Ce sont enfin des rêves.

C’est d’abord et surtout leur propre plaisir, leur propre bien que les individus recherchent. Il y a l’intérêt personnel conscient et accepté, et il y a l’intérêt personnel inconscient, refoulé, qui doit par des détours et des subterfuges plus ou moins compliqués, (nobles causes, altruisme) refouler la satisfaction obtenue. Ce chemin détourné se présente de la façon suivante. Les mœurs et les codes sociaux se donnent comme justification ou objectif : le bien et le bonheur des individus. Ils en arrivent immanquablement à faire le malheur des individus. Comment ?

1 Les mœurs et les codes sociaux ont pour but de servir le bien et le bonheur des autres, pas de soi. 2 Ce bien et ce bonheur des autres est général et nous est dicté par quelque autorité ou quelque ordre établi.; 3 Le servir exige que l’on se dévoue se sacrifie se prive etc 4 C’est valable pour tout le monde, chaque individu doit se priver et se sacrifier. CQFD. .Or, rien ne fait plus rêver que le malheur. (apporté par la pratique de cette philosophie)

Communion imaginaire + croyance collective + rêve. Enlevez ces trois éléments accompagnant la charité, l’humilité, la culpabilité, le renoncement à soi, , et vous verrez ce qui se passe.

A l’origine de tout cela, il y a le rêve de la non-séparation, de l’identique, de l’union voire de la fusion en esprit. Je suis toi, tu es moi. Je ne m’affirme pas (humilité) et je renonce à réussir pour ne pas me séparer, me favoriser. Je subis les affronts de l’autre, parce que l’autre, c’est moi-même. J’aime l’autre, parce que je suis l’autre. Je partage tout ce qui arrive à l’autre. Je n’ai pas toujours été l’autre, Péché..

Mais par quels moyens va-t-on réaliser cette union-fusion ? De quelle façon ? Sous quelle forme ? Pas avec la raison, les connaissances, la réflexion, l’examen. La fusion est sentimentalo-imaginaire ou spirituelle. Il faut appréhender alors les hommes sous cet angle,en accordant à cetet approche tout l’intérêt qu’il faut. Bref, pour y adhérer, il faut croire.

Imaginez, faites l’hypothèse une seconde – une fraction de seconde si une seconde c’est encore trop – qu’il n’y a que ce monde-ci. Rien d’autre.

Quelles idées politiques, sociétales engendrent-elles ? Sur le plan national comme sur le plan international, on devine ce que donne ce rêve d’union sans limites, sans frontières. L’autre, l’étranger, ses demandes, sa culture sont prioritaires. Le besoin crée le devoir voire le droit. La culpabilité à l’égard de tout plaignant crée la dette. Auto-dénigrement, autoflagellation, absence de fierté au niveau individuel ou collectif, mésestime de soi. Idéal éthéré, utopique, Eloge ou idéalisation de la faiblesse ou du faible, de la dépendance. Assistanat. Naïve mansuétude avec les ennemis. Discrédit de tout ce qui a de la valeur dans ce monde, pour ce monde, par rapport aux valeurs de l’autre monde; Idéalisation des sentiments, de l’émotion. C’est le portrait craché du gauchisme, de sa morale, de ses arguments. Un mental poisseux, écoeurant, pitoyable. Evidemment cette morale chrétienne est plus ou moins adoucie, édulcorée .Nous avons bel et bien affaire à des croyants, des chrétiens dans le cas présent. Un pouvoir auquel on a reconnu le droit de fonctionner selon ces principes mène son peuple au suicide.

Que se passe-t-il, au niveau individuel ou au niveau collectif, quand cette mentalité est connue de nos ennemis ou de ceux qui ont une tout autre conception de l’existence ? Que se passe-t-il quand on affronte des gens qui n’ont pas ces scrupules, qui ne prennent pas toutes ces précautions, qui ne font pas preuve de tant de ménagement ? Que se passe-t-il quand tous ceux-là savent qu’ils peuvent compter sur cette mentali et qu’ils l’exploitent. à leur profit ?

Si par essence, par nature, immanquablement, je cherche le bien-être, et le bien-être le plus grand qui soit, c’est être fidèle à cette nature que de le trouver ou de faire ce qu’il faut pour l’obtenir. Quel sens peut encore avoir toute cette philosophie qui est tout entière spirirituelle, (incorporelle et immatérielle) sentimentalo-imaginaire, qui fait fi des réalités du monde et de la nature de l’homme, s‘il n’y a plus que ce monde-ci, si les conditions de fonctionnement de ce monde-ci et des hommes-ci sont incontournables ? Pouvons-nous continuer à privilégier chez les autres leur spiritualité, leurs états de conscience constitués d’émois, d’humeurs, de croyances, de rêves subjectifs, à rechercher la communion en se situant sur ce plan ?

Comment la pensée chrétienne a-t-elle infusé dans les esprits très profondément ? Prenons l’exemple toujours savoureux des journalistes et des politiques, duo infernal.

Les journalistes, lors de leurs interviews, abordent des questions, des sujets d’actualité, plus ou moins précis ou plus ou moins vastes. Ils font référence à un fait divers ou à une question de société, à une phrase prononcée par quelque personne publique ou à un état de l’opinion. Peu importe, le regard qu’ils jettent sur tout cela correspond à une certaine idée de la citoyenneté. Comme s’ils représentaient, sans avoir à le dire ou à le justifier, la juste idée de la citoyenneté. Dans ces conditions, à chaque fois, un certain nombre de mots ou de concepts seront ceux en fonction desquels, il est prévu que le citoyen se prononce, se positionne. Le journaliste a la vérité, est une référence indiscutable en la matière. Ce qui veut dire que si l’interviewé a un rapport différent à ces critères, un usage différent de ces mots ou concepts, il est passible d’un procès médiatique. Peut-être pas immédiatement – quoique certains journalistes soient assez vindicatifs ou arrogants – mais à tous les coups par la suite parce ses propos seront repris, commentés, condamnés, déformés, anathèmisés. A chaque époque, ses thèmes favoris, ses mots sacrés.

Il faudrait donc que les interviewés se comportent comme l’écureuil la cage, et répète sagement les édits de la doxa, de l’ordre établi, de la bien-pensance. De même que le public attend qu’un politique lui dise ce qu’il souhaite entendre, un journaliste attend qu’on lui dise ce qu’il est de bon ton qu’on lui dise, ce qu’il juge bon d’entendre; Tout décalage sera un dérapage, tout dérapage un scandale politique. Quand un interviewé sort du droit chemin, le journaliste fait aussitôt référence aux mots et concepts les plus sulfureux (toujours selon la doxa) pour le pousser à la faute irréparable . Bien connaître voire épouser la doxa, la représenter fidèlement, inviter l’interviewé à s’y complaire, manier les concepts de la citoyenneté ordinaire, militer en leur faveur, porter haut et fort l’émotion suscitée par un propos décalé, voilà le vocation du journaliste. 

Evidemment, les écureuils n’avancent pas d’un pouce. Conservatisme, conservatisme. Les politiques – mais pas seulement - sont prisonniers de la morale commune, du sens commun, de l’idée qu’on se fait d’eux et il leur est quasiment impossible de transgresser. (sinon, scandales médiatiques etc) Il ne leur reste que le brio de la conversation ou les considérations générales bienpensantes. Mais si on souhaite avancer, sortir des sentiers battus et rebattus, (plus que faire bouger les lignes) il faut transgresser.

Transgresser, c’est agir, c’est vivre. Pas un seul grand progrès, pas une seule découverte, pas un seul grand homme sans transgression. Ne jamais transgresser, c’est s’étioler. Rien de tel pour devenir un légume que de passer son temps à bien respecter tous les codes qui sévissent dans tous les domaines. Et il y en a de plus en plus. Les médias jouent le même rôle que l’Eglise catholique au coeur du moyen-âge. Dogmes, emprise sur les esprits, procès en sorcellerie, collusion avec le pouvoir politique.

Mais ce qu’il faut bien comprendre, c’est que si ceux qui ont le droit de parler à tout le monde de tout le monde sans être interrompu immédiatement par personne ou remis en cause (comme les prêtres, pendant leur homélie, ) peuvent faire comme s’ils savaient quel type de société est le bon, quel intérêt général est le bon, c’est grâce à une confusion savamment entretenue. Confusion entre leur idée d’un bien ou d’un intérêt général qui ne résisterait pas à la critique si on l’exerçait sérieusement, et l’idée, absolument sacrée, inviolable celle-là, que si on parle du bien, de la morale, des valeurs, ils doivent être collectifs, généraux. La pensée chrétienne, c’est : chacun est tout le monde.

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