LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

18 novembre, 2016

AIMI KOBAYASHI

Classé dans : KOBAYASHI, Aimi — inconnaissance @ 23:01

koba

 

Dans le milieu de la musique classique comme dans d’autres milieux de l’art ou autres, je devine que des pouvoirs établis, un establishment, des complots règnent. Pour faire carrière, être invité là où il se doit quand on a beaucoup de talent, il vaut mieux faire partie de certaines catégories de personnes, s’inféoder à certains pouvoirs, être soutenu par certains pontifes, être de certaines nationalités, pouvoir intégrer certains circuits étroitement contrôlés. (voir l’astuce qu’a dû utiliser Valentina LISITSA pour se faire connaître.) C’est un milieu, certainement, assez clos, qui a ses règles et ses manigances. Or ce sont des choses étrangères au travail, à la sincérité, à la sensibilité, à la nouveauté, et surtout à la singularité d’un talent. (C’est pourquoi, par réaction, dans les références que j’ai fournies, j’ai fait bien attention, de privilégier les Russes et les Asiatiques : Jaekyung Yoo, Ain YOON, la très prometteuse Shio OKUI)

Bref, le talent n’est pas le critère le plus important. « Il faut en être. » Hyper-louche est la super-réputation que l’on fait à quelqu’un.

Comment comprendre les raisons de la sélection qui s’opère dans les concours et les invitations les plus importantes.

Pas besoin d’être musicien ou musicologue pour comprendre que la musique est aussi affaire de subjectivité. Objectivement. Il y a des choses qui ne figurent pas sur la partition mais qui sont très importantes, qui donnent tout son caractère à une interprétation : c’est le toucher quand il s’agit de piano, de violon, violoncelle. (il y a aussi les vitesses d’interprétation et les modes d’enchaînement . Glissando dans le violon)

Avec KOBAYASHI, je parlerai de piano. On ne dira pas assez à quel point non seulement l’effet du toucher sur les notes est immense, à quel point cela influe sur la réception, sur l’émotion et sa profondeur, mais aussi à quel point l’enchaînement des notes s’en trouve affecté. C’est objectivement vrai, mais l’effet est objectivement inobjectivable. D’où l’inanité des critiques puisqu’elles ne savent rien dans le domaine.

J’ai de nombreuses fois entendu des amateurs de musique déclarer que telle interprétation leur avait paru parfaite, impeccable, mais manquant d’âme. La technique était là. Elle satisfaisait sans doute à certaines exigences, de celles que l’on se forge à force d’expérience et de culture, mais n’était pas capable de toucher leur auditoire.

C’est vrai, il y a deux parties dans une interprétation. On rend d’abord un compte à la discipline, à l’excellence, à la fidélité à la partition. (Du genre : le professeur est content. mais même là, il y a beaucoup de subjectivité.) Même certains pianistes chevronnés ne peuvent pas nous empêcher de penser parfois qu’ils «exécutent ». (La raison pour laquelle je dis que Shio OKUI – 12 ans actuellement – est très prometteuse – c’est parce que non seulement sa virtuosité est déjà remarquable, mais aussi parce qu’elle fait passer quelque chose, une vraie émotion : voir son interprétation des 2em et 3em mouvements du concerto de GRIEG)

C’est plus intéressant quand l’interprète ajoute quelque chose : un « parfum » personnel, une marque spéciale que l’on n’oubliera pas parce que c’est de la subjectivité magnifiée qui rencontre une autre subjectivité. Affaire de sensibilité de part et d’autre mais surtout de la part de l’interprète. C’est une autre œuvre comparée à celle que l’on a entendue d’habitude. C’est une création sur une création. Et dans ce cas, à tous les coups, on oublie tout ce qui n’est pas expression musicale (on oublie l’instrument, la technique)

C’est ce qui fait que j’aime Aimi KOBAYASHI. (J’en parlais aussi dans l’article : « Se retrouver grâce à MOZART ») C’est ce qu’elle m’apporte très souvent. Ses prestations à partir de 14 ans me satisfont sur le plan technique et me ravissent sur le plan émotionnel .

Une virtuosité magnifique à cet âge, malgré la taille de ses mains. Sinon, un rapport au piano d’une infinie souplesse et douceur. Une capacité d’être habitée par l’oeuvre. Une homogénéité, une fluidité en même temps qu’une netteté parfaites. Et un talent extraordinaire pour passer brutalement, instantanément d’un accord fortement marqué à une note infiniment douce.

Elle est capable de me faire aimer des œuvres qui me rebutaient.

En bref, la musique, comme tous les arts, ne peut pas être une fin en soi. Elle est aussi un moyen. Et il faut estimer ce moyen en rapport avec l’objectif.

Les grands compositeurs étaient des êtres passionnés, ils ont besoin d’interprètes passionnés, pas de bonzes ou de savants.

Prenons le scherzo n2 de CHOPIN, ou de la difficulté de mettre en valeur (de donner un sens à) la soudaineté.

Quelle interprétation vous transporte le plus (transporter = sensibilisé, ébranlé, envahi intérieurement, enchanté, marqué).  Bien être conscient de son rapport aux notes, de ce que font les notes.

Une sommité des jurys :  https://www.youtube.com/watch?v=KBYjyU5rB-E

 Aimi :  https://www.youtube.com/watch?v=wrznjkSXW5A

Cette soudaineté ou cette brusquerie, que l’on trouve au début et à la fin du morceau prend un sens quand on comprend qu’elle le traverse tout entier. Elle réapparaît, plus ou moins en plusieurs occasions. On doit donc, selon moi, être surpris, bousculé, par le tonus ou la vigueur de certains passages qui contrastera avec des périodes d’une extrême douceur.

Puisque des gens semblent passer par ici, j’espère qu’ils sont passés par là : 2eme mouvement du concerto n2 de CHOPIN par « A-imi » : 

https://www.youtube.com/watch?v=SkOiuFy0Gso

 

https://www.youtube.com/watch?v=tNnAP7u43x0

 

https://www.youtube.com/watch?v=_oIoitG9RsI

 

 

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