LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

25 décembre, 2016

SENSATION ET MOUVEMENT

Classé dans : Sensation — inconnaissance @ 18:30

La sensation est le propre de la créature vivante, notamment des hommes. La sensation est indissociable d’une physiologie ou d’un organisme vivant. Mais le mot recouvre beaucoup de choses. Tout dépend de ce qui est stimulé, mobilisé de la tête au pied, de la surface aux profondeurs. Elle est forte ou subtile, grossière ou sublime, localisée ou diffuse. Être totalement insensible, c’est cesser de vivre.

Le mouvement est partout. Qu’est-ce qui est totalement immobile dans l’univers ? Les atomes sont-ils immobiles quelque part ?

Même lorsque nous ne bougeons pas du tout, le sang circule, les poumons font leur travail, les nerfs conduisent les signaux. SADE déclarait : « La première et la plus belle qualité de la nature est le mouvement qui l’agite sans cesse  «   « ce n’est qu’en conséquence des mouvements imprimés à notre corps que notre cerveau se modifie ou que notre âme pense, veut et agit. « 

Tout ce qui bouge est susceptible de produire des sensations si l’organisme est mobilisé, impacté ou concerné.

Qui dit fonctionnement du cerveau dit mouvement (signaux se propageant) même si la sensation est vague, imperceptible. Le fonctionnement du système nerveux est un mouvement. Le déplacement des sensations dans l’organisme est un mouvement. Le fonctionnement normal de l’organisme (circulation sanguine, respiration) est un mouvement. Le fonctionnement des sens implique également un transfert d’informations le long de certains conduits. Ces informations aboutissent au cerveau, et là, ce qui s’y passe, mystère. On sait seulement que l’organisme peut ensuite être traversé par certaines sensations Le son, en plus, comme phénomène physique, est aussi apte à ébranler l’organisme .

Et on ne peut même pas dire que le mouvement (et l’énergie qu’il suppose) soit le propre du vivant.

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Paradoxe. Dun côté le mouvement produit la sensation. .Pas de sensation sans mouvement. De l’autre, « le mouvement est comme rien » (GALILEE) Mais il parlait là du mouvement continu uniforme. . La sensation naît avec les variations de vitesse, Toutes les variations ont leurs effets propres : accélération ou décélération, tournoiement, relâchement, secousses, frictions etc .

Si le mouvement, quel qu’il soit, produit une sensation, c’est qu’il n’est pas régulier, uniforme. D’où le plaisir apporté par les accélérations par exemple, quel que soit le mode de déplacement.

Comme le mouvement continu uniforme, la sensation uniforme, continue, et discrète finit par passer inaperçue et devenir un fond de conscience. (exemple ; celle donnée par la gravité) Certains sont habitués aux sensations fortes, d’autres, plus attentifs, plus sensibles, trouveront leur plaisir dans des sensations subtiles et variées.

Si on est pourvu d’un mouvement uniforme et continu, les choses qui, autour de nous, sont plus lentes (il y a toujours des référentiels) nous apprennent, le cas échéant, que l’on est en mouvement et se comportent comme si c’étaient elles qui avaient des vitesses différentes si elles sont à des distances différentes. Mais elles peuvent aussi être animées d’un mouvement non uniforme. Dans ce cas, on peut, par la pensée, se projeter en elles et obtenir des sensations que notre mouvement ne nous procurait pas parce qu’il est comme rien..Ah qu’il est doux de ne rien faire quand tout s’agite autour de soi.

Il est donc intéressant d’étudier la sensation en même temps que les déplacements du cadre dans lequel on se déplace nous-même. Dans le rite, on peut tendre vers un sentiment d’immobilité et donc une sorte d’anesthésie des sensations puisque le cadre ou le décor accompagne l’officiant dans ses déplacements. Si le mouvement est synonyme de sensations agréables ou désagréables, il nous attire ou nous repousse. Dans le premier cas, soit on veut en être, soit on veut y assister, faute de mieux.

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Le monde, la société semblent en marche, nous offrent le spectacle de mouvements divers plus ou moins amples et importants. On a envie d’en être. On peut rechercher le maximum de sensations, soit en étant dans l’action, soit en assistant à une action. (ah la vie trépidante, hyperactive, synonyme de vitalité, de sensations fortes)

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La publicité nous propose tous les jours des produits sensés nous apporter des sensations (cosmétiques, automobiles, produits de consommation, activités, voyages etc) impliquant un mouvement plus ou moins important . Si le mouvement n’est pas présent il peut être recréé à l’arrivée comme conséquence de la sensation Voir dans la publicité, ces femmes qui, grâce à un cosmétique quelconque, ondulent, déplient, enroulent leurs membres, se pavanent, se caressent, se pâment pour figurer une grande sensation.

Certains mouvements sont même prescrits par la société (sport -moins penser-  voyages – prendre goût au nomadisme)

Il n’en reste pas moins que cela correspond, à chaque fois, à un type d’effet, à un type de sensation, à une sensation plus ou moins forte, plus ou moins vaste. La sensation est l’objectif. S’encroûter, assurément, c’est retrouver tous les jours les mêmes sensations en nombre limité.  Assurément, elles s’émoussent

L’ennui peut être vu comme une absence de sensations. La sensation nous relie au monde intérieur ou extérieur d’une certaine façon. La vie est une suite de sensations. C’est, en quelque sorte, une qualité. Cela ne se saisit pas. On peut toujours saisir son bras, mais ce n’est qu’une sensation procurée par le sens du toucher. Que l’on anesthésie le bras…

Le mouvement et la sensation peuvent quasiment devenir une philosophie. L‘art des sensations (leur connaissance et la connaissance des moyens de les provoquer) a traversé la pensée du XVIIIe et du XXe siècle notamment. .Cette recherche de la sensation (physique, mentale) provoquée par un certain type de mouvement du monde alentour peut expliquer beaucoup de choses, beaucoup d’actions.

On peut s’étonner, quand même, qu’un domaine d’une telle importance, d’une telle richesse, n’ait pas fait l’objet d’études scientifiques plus approfondies et plus systématiques.

Soit le sens du mot crime au XVIIIe siècle : souvent employé, il  n’avait pas la définition ou les caractères de gravité qu’on lui attribue aujourd’hui. «  Action blâmable dont les conséquences peuvent être fâcheuses. Le despotisme est lui-même un crime contre la religion, contre la nature, contre le droit des gens (Le Moniteur, 1789, p. 515) (TLF) Nul doute que dans ces conditions, le mot serait utilisé aujourd’hui pour qualifier des dégâts écologiques, des injustices économiques, des scandales.

SADE ajoutait « ce mouvement n’est qu’une suite perpétuelle de crimes ; ce n’est que par des crimes qu’elle le conserve ; elle ne vit, elle ne s’entretient, elle ne se perpétue qu’à force de destructions. L’être qui en produira davantage, celui qui lui ressemblera le mieux, celui qui sera le plus parfait, sera donc infailliblement celui dont l’agitation la plus active deviendra la cause d’un plus grand nombre de crimes ; celui qui, sans aucun effroi, sans aucune retenue, sacrifiera indistinctement tout ce que son intérêt ou ses passions pourront lui présenter de victimes, de quelque genre ou de quelque nature que ce puisse être. Tandis, je le répète, que l’être inactif ou indolent, c’est-à-dire l’être vertueux, doit être à ses regards le moins parfait sans doute, puisqu’il ne tend qu’à l’apathie, qu’à la tranquillité, qui replongerait incessamment tout dans le chaos, si son ascendant l’emportait.

Les techniques, que la science moderne, depuis GALILEE, a permis d’inventer, sont capables de provoquer des formes supérieures et puissantes de déplacement ou de mouvement. Cela va de la bombe atomique à l’avion en passant par toutes sortes de machines. (que peut la flèche contre le canon?) Ne servent-elles pas à détruire la planète et à détruire les hommes ? Les Américains ne sont-ils pas de super-prédateurs ?

Ne peut-on pas constater le plaisir que l’on prend à assister à des spectacles grandioses, s’inquiéter du succès que peuvent avoir des spectacles violents et d’ampleur, redouter l’attrait que peuvent présenter, aux yeux de certains grands ambitieux ou mégalomanes, le spectacle de grands bouleversements du monde. (il se délecte peut-être, Pépère, dans son fauteuil : les massacres, les soulèvements, les catastrophes naturelles, les guerres, les épopées le font jouir)L’homme est ainsi fait que le spectacle d’hommes rabaissés, prosternés, plus pauvres, malheureux, souffrants, peut lui procurer des sensations agréables. C’est le rapport complexe entre le mental et l’organisme.

prost

On peut se demander si la soif de pouvoir, si les occasions de jouer au petit dictateur offertes par la mondialisation et par les effets démultipliés qu’elle permet, ne sont pas toujours une recherche de la sensation couplée au mouvement. (et que je te prends un avion par ci, et que je te ferme une usine par là, et que je te crée un marché juteux ici, et que je te crée une société écran par là, et que je te provoque un exode de population par ci et une guerre par là)

macron

I WANT YOU FOR THE MACRON’S ARMY ! !

La mondialisation, c’est un mouvement (on nous dit qu’il faut en être) mais on ne sait ni ce qu’il est exactement, ni ce qui l’anime, ni où il va. C’est la course folle.

De façon générale, pour échapper à un mouvement dans lequel on est pris et à la sensation associée, il n’y a qu’une solution : adopter une vitesse différente.

 

 

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