LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

16 janvier, 2017

ÊTRE OU LE NEANT

Classé dans : Etre — inconnaissance @ 15:35

Notre conscience ne dépend de rien pour exister. On n’a pas à demander une autorisation ou à attendre quoi que ce soit pour être conscient. En revanche, quand on prétend se connaître, quand on se présente, quand on se conçoit pour soi-même, on ne peut pas ne pas se servir des outils de connaissance que l’on nous a fournis : la culture. C’est en fonction d’elle, que l’on se définit. Mais alors c‘est du « moi » que l’on parle. Je me pense. Dialectique moi/monde. (vous avouerez que dans une autre culture ou avec une toute autre éducation, vous arriveriez à d’autres conclusions)

Et il y en a qui l’aiment, leur moi et qui disent vouloir se construire.

On n’a besoin de rien pour éprouver ou ressentir, avoir des émotions, des désirs, des idées. Tout cela existe sans l’autorisation de personne. C’est la vie de l’être vivant, sensible et pensant, dans ce monde. Mais les mots qui nous permettront de penser ces sensations, émotions, désirs, idées, ceux de la culture, auront pour résultat de faire en sorte que ces émotions, sensations, désirs, idées appartiennent à la culture (sens culturel de ces choses) , qu’ils soient associés aux jugements de la culture, qu’ils soient l’objet d’enjeux décidés par la culture. Une répulsion pour quelqu’un, par exemple, recevra un nom – un nom qui s’inscrit dans une culture – et la répulsion devient ce nom. Ce nom sera associé à un système de pensée – celui en vigueur – et il aura la valeur conférée par ce système. Il fera l’objet de discours moraux, politiques psychologiques qui exprimeront la volonté de la culture. Dès qu’un nom est donné, tout s’enchaîne. In fine, nous voilà embarqués et domestiqués. (voilà pourquoi je dis qu’il ne faut pas laisser la culture poser ses mains sales sur notre conscience. ) Et en plus, elle n’est même pas fiable. Mais peut-être que, de cette façon, en tant qu’êtres de culture, les individus se sont améliorés et sont devenus plus heureux. Est-ce le cas ? Est-ce à des individus agissant pour leur propre compte et non pas pour des causes extérieures, des individus débridés et malfaisants que nous devons les grandes tragédies de l’histoire ?

La culture se confirme ou se conforte elle-même, elle s’occupe d’elle-même, elle fonctionne en circuit fermé dans la mesure où elle ne se confronte pas à une expérimentation sérieuse mais à des commentaires ou d’autres théories et où elle a affaire à sa propre création : le moi. (DIOGENE de Sinope déjouait bien cette complaisance chez les autres)

Bah, laissons-là faire, ça lui passera avant que ça nous reprenne. (moment comique à l’émission « Répliques » quand le très libéral Mathieu LAINE, grand pourfendeur du constructivisme et de la planification étatique en matière politique et économique se met à théoriser, et à planifier au sujet d’un petit détail : l’individu et la liberté individuelle)

 Depuis que l’on est sur terre, on essaie de faire en sorte que notre existence soit la plus favorable possible. (égoïsme indéracinable, l’égoïsme de la vie.) On n’a pas à demander la permission pour être conscient du bonheur ou du plaisir que nous procure notre façon d’être ou de réagir. On n’a pas à attendre que soient réunies les conditions ou les autorisations nécessaires pour que la vie qui est en soi prospère. On est vivant, la vie est un héritage. On a les facultés que l’on a. On a le droit d’en disposer sans rien demander à personne. On n’a rien rien volé à personne ; (vous ne demandez pas l’autorisation de vous servir de vos yeux, même à des aveugles. Pour l’instant….la discrimination positive n’est pas encore arrivée là)

Tout cela c’est l’être. Un être dont on a la jouissance. Un être dont on devrait avoir la jouissance pleine et entière.

Mais on ne peut pas plus le connaître (ce qui suppose une permanence) que l’on ne peut connaître les sensations, émotions, désirs, pensées qui vont venir. Ils font d’ailleurs partie d’une évolution que l’on ne maîtrise pas. C’est la spontanéité, c’est l’innocence.

Comment se présente-t-on, que dit-on de soi ? Ne nous référons-nous pas pour le faire à tout un discours, des idées, des valeurs ambiants concernant, par exemple, l’amour et l’être ? On n’est pas seulement, éventuellement, en quête d’amour, on est aussi en quête d’être. On doute de son être, on doute de la valeur de son être, on dépense beaucoup de temps et d’énergie à chercher des gens qui semblent « être », bien davantage que nous des fois qu’ils pourraient nous en passer un peu. (voir toutes ces quêtes d’un Père, d’un guide spirituel, d’un modèle d’être. Voir toutes ces admirations, ces idéalisations) Quête d’amour, quête d’être, nous voilà bien occupésnon ?

 Donc on dépense beaucoup de temps et d’énergie à chercher les conditions qu’il faudrait réaliser pour « être » davantage. Car à quoi sert de vivre si on ne profite pas de son être, si on vit sans jamais avoir été, soi-même, conscient d’être.

Avoir la jouissance pleine et entière de son être, c’est occuper une position inexpugnable. C’est une conscience de soi indéracinable. C’est une tranquillité inébranlable. Parce que la conscience est, (oui ou non?) que les sensations, désirs, émotions, émissions de l’esprit sont (oui ou non ?) , que la vitalité et la la faculté d’adaptation. sont (oui ou non ?) Que les autres existent ou pas, soient présents ou pas, d’accord ou pas, importants ou pas, cela ne change strictement rien parce que cela n’a aucun rapport. Et qu’on ne leur demande rien.

Alors comment se fait-il que l’on soit en quête d’être ? Nous avons évoque ci-dessus comment la culture intervient.

Il y a des choses qui semblent être des poisons pour l’être, qui sont des négations de l’être parce qu’elles viennent de l’extérieur mais se retrouvent à l’intérieur comme si elles venaient de soi, comme si elles faisaient partie de son être.  Elles sont dévastatrices. C’est vrai que deux facteurs puissants jouent contre nous.

Premièrement. On s’est adapté au mieux, spontanément, naturellement, aux conditions de vie qui nous étaient faites. On a apporté les réponses que l’on pouvait et qui semblaient appropriées aux sollicitations de notre milieu . Il n’y a aucun choix volontaire là-dedans. Les conditions ou le milieu auraient-ils été différents, on se serait adapté à eux. Et on serait arrivé à un résultat différent. Tout cela en fonction de notre nature. Et on continue à le faire mais sur la base des acquis précédents. Ce qui fait que nos réactions ne sont pas toujours actualisées, au goût du jour.  D’où des critiques que l’on croirait destinées à l’être. .

Deuxièmement, on a toujours été pressé de répondre de notre vie, on a toujours été entraîné à admirer les figures du savoir, on a toujours été porté à s’identifier au « je » du discours, on a toujours essayé de préserver et de faire prospérer un moi (étranger : je suis un autre) créé par la culture par amour des autres. (on donne à cet amour toutes sortes de noms : fidélité, héritage, transmission etc) ce qui fait qu’on ne peut pas s’empêcher de vouloir assumer, être l’auteur de tout ce que nous disons et faisons.

 D’où la contradiction et les efforts désespérés pour repousser, nier le caractère intrinsèquement spontané, innocent et imprévisible de l’être. Nous voulons, nous-même, nous emparer de l’être, nous rendre responsable de l’être. Et les critiques sont efficaces. Elles atteignent l’être parce que nous avons confondu l’être et le je. Nous avons laissé la culture poser ses mains sales sur notre conscience et nous avons accepté d’être le personnage de sa création.

«  Vous voulez savoir qui vous êtes . Le problème est là. Vous n’avez aucun moyen de savoir. Vous ne pouvez pas le savoir »

« Ce que j’essaie de vous dire c’est que la connaissance que vous avez de vous-même a créé le vous et vous apporte son aide pour expérimenter le vous en tant qu’entité »

«  Puisque je suis dans l’inconnaissance et que je n’ai aucun moyen de me voir sinon par la connaissance acquise par la culture, la question d’un éventuel désir ne se pose pas du tout «  (UG) Non pas parce que ce désir n’existerait pas, mais parce qu’il n’est pas un sujet de pensée. Et vous verrez que lorsque l’on parle de l’individu et de l’individualisme, on parle toujours de celui auquel la culture a donné naissance. On parle du moi. Très ordinaire.

 C‘est le je, seul, qui est en cause. L’être est en amont de tout ce que la culture peut dire et faire le concernant. Il n’a rien à voir avec elle. Sur France culture, pour Michel SCHNEIDER «  TRUMP est l’incarnation des fantasmes américains » Mettez-vous devant une glace, prenez ces mots TRUMP, incarnation et fantasmes au sérieux, comme si c’était vous qui les utilisiez avec conviction, et redites cette phrase en vous regardant droit dans les yeux….sans rire. (incarnation, fantasmes, il ne sait pas de quoi il parle. Quel rapport entre le sens que la culture attribue au mot fantasme et la réalité humaines psychique correspondante ? ) En fait, l’explication est plus simple et plus subtile à la fois; elle a été pointée par Paul VALERY et elle est à l’œuvre constamment :  » Tout le monde s’entend sur les mots ce qui ne veut pas dire que chacun s’entende et puisse mettre sous les mots une pensée précise » Mais que cela ne nous empêche pas de causer à loisirs.

En revanche, on peut faire de la lexicographie comme certains philosophes et jouer habilement à l’infini avec les acceptions de fantasme et incarnation .C’est la culture qui se mord la queue.

Entre le moi et l’Être : un abîme.

« On va au bureau tous les matins ou on reste à la maison comme une femme d’intérieur, on dort, on fait l’amour, et c’est tout ? Rien d’autre ? C’est cette aspiration à quelque chose d’autre que tous les saints hommes mettent à profit…vous essayez de remplir un tonneau vide, un tonneau sans fond. Même pas un tonneau sans fond, un Néant. Remplissez-le tant que vous voulez avec tout ce que vous ou un autre va pouvoir imaginer, mais le vide intérieur est toujours là. ..Mais ces choses, ces machins , ces amusements ne peuvent remplir ce vide qu’elles ont elles-mêmes créé. «  (UG) C’est simple : vouloir une chose abstraite, fantomatique, se comparer à elle crée le vide, le néant.

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La culture, c’est le désir du collectif (comme si le collectif existait en soi) tandis que l’être est la vie individuelle en rapport avec le monde et les expressions humaines. Or, l’intérêt du collectif, par principe, par définition, c’est le Bien, la Vertu. Conséquences ?

La culpabilité ou le remords, la crainte ou la peur, le rabaissement ou le recroquevillement , la désolation,, la confusion, la honte, le mépris de soi ont ceci de particulier qu’ils s’attaquent à la vie. Comment peut-on vivre pleinement si on est à la fois et tout le temps miné par la culpabilité, la peur, le rabaissement ou le recroquevillement, la désolation, la confusion, la honte, le mépris de soi  ? Réfléchissez-y. Il y aurait de quoi se suicider. Est-ce vivre que d’être fréquemment traversé par la peur, puis la honte puis la confusion ou bien le rapetissement, la culpabilité ?

Et qu’est-ce qui provoque la culpabilité, la peur, le rabaissement, etc De nobles causes. C’est parce qu’on vous fait comprendre ou parce que vous pensez que la vertu est capitale que vous êtes coupable, qu’il y a des êtres supérieurs que vous êtes petit, qu’il y des châtiments que vous avez peur, qu’il y a du sacré que vous avez honte , que l’amour est la grande affaire que vous êtes sans valeur ou que l’amour est un devoir que vous êtes désolé, qu’il y a UN sens à la vie que vous êtes confus. ( « L’incohérence d’un discours dépend de celui qui l’écoute. L’esprit me paraît ainsi fait qu’il ne peut être incohérent pour soi-même » Paul VALERY)

Les problèmes que l’on ne peut résoudre parce qu’on ne sait pas comment on pourrait le faire demeurent. Les problèmes non réglés s’accumulent. Les échecs et blessures accumulés deviennent un destin.

Or, quelles que soient les conditions ou l’origine de ces troubles : situations, personnes, paroles etc c’est toujours un sens, un certain sens qui les provoque : le sens que prend la personne, la situation, les paroles..

Alors oublions les causes de tout cela, oublions les personnes auxquelles on devrait tout cela, oublions la valeur que ce sens est censé avoir, objectivement, quels seront les effets sur nous de la culpabilité, de la crainte, du rabaissement, de la désolation, du etc Quelles conséquences dans notre vie ? Je doute que ce soit une souffrance que l’on ne voudrait pas éviter. On ne peut pas être, jouir de son être si on a des remords, si on a peur, si on est rabaissé, si on est désolé, si on est dans la confusion ou la honte. .

On sent bien que, dans l’affaire, le sens issu de la culture, les questions qui agitent la culture doivent se substituer aux intérêts de l’être. Le désir de la culture ou du moi doit prendre le pas sur son propre besoin. .Se prendre pour le je, c’est entrer dans la dialectique moi/monde ou moi/les autres étant donné que le monde et les autres sont culturels, c’est un certain sens. Il faut renoncer à s’aimer, à son être pour les adopter.

Cela se passe en soi, c’est en soi que l’effet se produit, et on trouve le moyen, ou pas, de se débarrasser des poisons ci-dessus. Les pensées peuvent avoir cet effet, les autres peuvent avoir cet effet, Ou on a une réaction de sauvegarde, ou on ne l’a pas. Sa quiétude est prioritaire ou pas. Cette absence de peine est un capital qu’il est légitime de préserver. La colère est une sorte de réflexe naturel, comme un instinct de conservation, même si elle est mal vue parce qu’elle fait trembler les murs de papier des bienséances, des convenances, de la bien-pensance. Car la colère, elle-même, est non référencée. «  Ce n’est pas la colère qui vous fait frapper quelqu’un – votre enfant par exemple – c’est la pensée « (UG) La pensée j’ai raison, j’ai envie d’avoir raison parce que..(un certain sens) Croit-on sérieusement que les KOUACHI ou MERAH auraient fait ces victimes s’ils n’avaient été habités que par la colère. ?

Même si de bonnes raisons sont à l’origine de ces choses, il n’en reste pas moins vrai qu’on ne peut pas prétendre faire le bien en faisant du mal, se faire du bien en se faisant du mal. Même si c’était le but, la conséquence c’est que le bien deviendrait le mal.

C’est ainsi, le mal est toujours fait au nom du Bien. C’est celui qui vous parle du Bien qui vous dit que vous êtes dans le mal et qui fait le mal.

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Le portait de Dorian Gray

Il n’y a aucune peine en amont de la culture

https://youtu.be/GrhFQCZyglk?t=709

à part la douleur physique.

Les socialistes, assez internationalistes, veulent sauver le monde. La France et les Français ne sont qu’un moyen pour sauver le monde. Y réussissent-ils ? C’est douteux. En attendant, on en subit maintenant les tristes conséquences. (

Le discours d’investiture de TRUMP est quasiment randien – économie réelle et intérêt national – mais attendons la suite. Les institutions sclérosantes et la bien-pendance mondialisée – artistes en tête – le menacent) 

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