LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

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2 février, 2017

RESPONSABILITE ET POUVOIR

Classé dans : Responsabilite — inconnaissance @ 16:51

Conscience-Inconscience.

La conscience ou notre conscience, c’est tout ce qui la constitue, toute l’étendue des objets de toutes sortes, de toutes natures, dont on est conscient, des objets nommés (par la culture intégrée) et des objets en gésine ou non nommés.. A l’évidence, la conscience (totale) de l’un n’est pas la conscience de l’autre, ce qui revient à dire que l’existence de l’un, que le sort de l’un, n’est pas l’existence ou le sort de l’autre. (que diriez-vous de votre conscience? On parle aussi, mais avec des mots discutables ou connotés, d’état d’esprit, d’état d’âme…)

Le contenu de la conscience évolue, notre existence évolue. Tout dépend de la nature des objets de conscience.

Peut-on nier que l’on est sa propre conscience ?. Dans l’inconscience, il n’y a rien, personne.

Sauf qu’il faut bien admettre que l’on n’est pas l’auteur, le créateur de la conscience présente. On n’est pas derrière elle (comme un marionnettiste) pour la produire. On n’est pas responsable de la conscience que l’on a. C’est donné. On ne commande pas non plus l’évolution de notre conscience.

Tout ce qui apparaît, à chaque instant, à la conscience n’est pas de notre fait, de notre responsabilité. Et dans ce qui apparaît à la conscience, il y a l’idée que l’on est responsable de ce qui apparaît à la conscience. Cela fait partie de la conscience, on n’est pas responsable du fait qu’on a l’idée qu’on est responsable.

La fracture, c’est quand une partie de la conscience entre en conflit avec l’autre partie. La partie centrée autour du je (et organisée conformément à un système de pensée conditionné, structuré) s’oppose à la partie non-conforme au système de pensée dont procède le je.  ; Dans l’inconscience, le je n’existe pas. La responsabilité ou le je n’existent pas non plus quand il n’y a pas de conflit interne.

Quand un enfant de 5-6 ans s’enfuit parce qu’il a peur de quelque chose – d’un chien par exemple – il est cette peur non nommée sur l’instant. Il reconnaît avoir peur des chiens par la suite. Il est cette connaissance. La fracture intervient quand, au nom d’un système de pensée conditionné - il faut être courageux -il refuse alors cette peur. (comme indiqué dans l’article précédent : le mot associé à une culture est jugé et une pression sociale s’exerce endossé par l’enfant.)

Si la conscience n’est pas totalement le fruit du hasard, n’est pas totalement gratuite, qui osera prétendre que la conscience n’est animée, inspirée, que par sa propre perte ou son propre malheur ? La vie ne fonctionne pas ainsi. La vie est égoïste. Elle est, à elle-même, son propre but. Tout ce qui constitue la conscience est le résultat des réactions, réponses, compréhensions les plus appropriées et les plus agréables dont on a été capable sur la base de nos ressources et prédispositions.

Responsabilité et pouvoir sont synonymes. Si on me dit responsable de mes actes, de mes choix, de mes décisions, cela revient à dire qu’il était en mon pouvoir d’être autrement, d’agir autrement. A contrario, je ne suis pas responsable du fait qu’il pleut, que A ait agi ainsi, qu’il soit arrivé tel malheur ou tel bonheur à B, autrement dit, je n’ai pas le pouvoir d’arrêter la pluie, de gouverner la vie des autres.

Je n’ai aucun pouvoir sur ma conscience de l’instant et quand un conflit interne apparaît je ne suis par le créateur ou l’auteur de ce conflit. Mais si ma responsabilité ou mon pouvoir sont absents, il y a des chances pour que ce conflit disparaisse. 

On comprend ou on devine comment on se fait piéger quand on promeut, valorise, vénère la responsabilité. Si on tient vraiment à être responsable, si c’est un système de pensée bien installé et très influent, on cherchera à se prouver, à prouver, à faire en sorte que l’on a du pouvoir. Du pouvoir sur soi, du pouvoir sur les autres, du pouvoir sur les événements etc Albert EINSTEIN nous donnait, à l’occasion, le mauvais exemple quand, à son arrivée aux USA, et alors qu’on lui demandait quelle était sa position par rapport à la prohibition en cours à l’époque, il répondit – oh scandale ! – qu’il n’était pas concerné parce qu’il ne buvait pas d’alcool. Alors qu’il aurait dû se sentir concerné par le sort des Américains, et prêt à agir en bon citoyen responsable.

« Concerné » mot à la mode, très en vogue depuis longtemps dans certains milieux. Concerné ? A quoi cela correspond-il ? Qu’est-ce que c’est que cette chose ?

Il s’agit de trouver une façon de se relier avec tout ce qui semble nous échapper. (donc échappe à notre responsabilité) Au besoin, si ce lien n’est pas de l’ordre d’une relation de cause à effet avérée, on se tourne vers un cadre plus ou moins vaste qui inclura du monde.

Mais il faut comprendre que c‘est le moi qui est constitué de catégories sociales, culturelles générales. (où l’on trouve du monde) Celles que l’on va chercher. Et si ce cadre n’est pas suffisant pour nous convaincre, on se tourne vers l’ontologique. Encore plus vaste et plus fumeux. C’est une idée vague et abstraite,au nom de laquelle, bien sûr, on prendra des décisions très concrètes, très précises. Même principe. Albert EINSTEIN pouvait venir d’un pays qui vendait de l’alcool aux USA ou se sentir frère des alcooliques.

Toujours des mots courants, des mots qui traînent sont ramassés et on tient à nous les appliquer pour nous mettre dans le même sac que les autres. C’est cela le lien.  C’est toujours comme pour le mot homme (ou femme). La généralité ou l’essence ne correspond à rien. Aucune réalité, rien de prouvé, ne peut être mis en face de ces catégories. On les imagine pour que la culture puisse fonctionner. Pourquoi faire mine de savoir de quoi il est question ?.

La politique, la morale, la religion, la psychologie sont des domaines où la soif de pouvoir sévit. On est certain que son système de pensée, sa vision du monde ou des hommes est tellement bonne qu’elle ne peut qu’être efficace et mener à la réussite. C’est la pensée magique : parce qu’on aime cette pensée, qu’on y croit, on croit dans son pouvoir et on ne veut rien savoir de la réalité. (En ce moment, il y a beaucoup de discours magiques. On ressuscite les jolis mots qui font battre les cœurs, et ils sont censés être efficaces.)

apoth

Mes bien chers frères !

Cependant, le penchant au pouvoir commence très gentiment, de façon anodine, sympathique, ordinaire. Grâce au familier.

Il faut bien reconnaître que, la plupart du temps, nos pensées sont familières, nos désirs sont familiers, nos émotions, nos goûts, nos partis-pris sont familiers, nos activités même sont familières. On les a maintes fois éprouvés, rencontrés ou exercées. Non seulement ils nous caractérisent, mais en plus, on y tient assez. En fait, il serait plus juste de dire qu’ils tiennent à nous, qu’ils collent à nous. On éprouve toujours beaucoup de mal à sortir des sentiers battus, à innover, à se surprendre soi-même. Plutôt que de dire qu’ils nous appartiennent, on devrait plutôt dire qu’on leur appartient. C’est une solution de facilité de se complaire, de rester dans son univers si familier. Et on ne risque pas de secouer le cocotier si notre entourage nous encourage à y être fidèle, nous félicite de les avoir. On peut passer sa vie à ronronner.

Mais pour que notre univers mental soit crédible et rassurant, il faut pouvoir se prouver que le monde et les autres fonctionnent conformément à lui. Il faut pouvoir le partager, trouver chez les autres des points communs ou des convergences. Et c’est d’autant plus vrai que cet univers mental s’est constitué par mimétisme, par fidélité aux autres. Les autres doivent fonctionner comme on fonctionne. L’imprévu, l’insolite, le contraire nous gênent ou nous scandalisent. Cet épanchement mental qui repose sur la foi dans le pouvoir de nos idées, valeurs, va donc tout naturellement, en se développant donner lieu aux ambitions, abus de pouvoir, dont nous parlions plus haut. On est responsable des autres = on est sensé avoir du pouvoir sur les autres. On se sent concerné, responsable voire coupable parce qu’on s’est laissé gagner par un moi ampoulé, aller à des épanchements excessifs sous prétexte d’un supposé partage, fasciner par un pouvoir fantasmatique. La responsabilité est devenue exorbitante. On est en voie de devenir un sauveur du monde. 

Tenir à la responsabilité, c’est nous conforter dans notre univers mental. La responsabilité nous enferme en nous-même en même temps qu’elle fait de nous des petits despotes. D’autre part, c’est susciter le conflit interne, aggraver la fracture que de vouloir être responsable, parce que le je ne peut exister qu’en se démarquant le plus possible.

Tout cela parce que ces notions ne correspondent pas du tout à la façon dont les êtres humains fonctionnement. La responsabilité est une de ces innombrables idées majoritairement fausses, creuses, que nous avons admises pour être dans le vent, pour participer à la culture ambiante.

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