LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

11 février, 2017

SE CONNAÎTRE OU SE PENSER

Classé dans : Impermanence — inconnaissance @ 13:06

Comparaison – mentalisation – disparition . Dans l’esprit ou la conscience se déroule une confrontation. Une dialectique fonctionne entre quelque chose qui serait soi-même et autre chose qui serait englobant et exigeant. Une idée, un sentiment, une image.  Quand un objet de pensée abstrait, général (France culture : « la mise en scène des aventuriers a-t-elle dénaturé la nature ? «  c’est quoi précisément un aventurier, une dénaturation, la nature? Bon allez, on dit qu’on sait) devient réalité (puisque je vous dis que tout le monde sait) , quand cette réalité devient référence (à bas la dénaturation ! Signez la pétition), quand cette référence est associée à beaucoup d’affects collectifs (nature mon amour!) c‘est la comparaison ou la confrontation dont nous parlions. ..

Mais on ne peut se comparer à un objet abstrait, général (la dénaturation par exemple) qu’en étant abstrait général. C’est la mentalisation de soi-même.. Soi devient purement mental. Et quand soi est devenu purement mental, tout ce qui était de l’ordre d’une réalité organique, d’une conscience singulière doit disparaître. (certains de ces objets abstraits et généraux seront des catégories sociales. Exemple ; une couleur de peau ou une religion) « L’homme a inventé le pouvoir des choses absentes «  «  Que serions-nous sans le secours de ce qui n’existe pas «  (Paul VALERY)

Je suis celui qui pense l’aventure et la nature et en tant que tel, je suis le penseur de la petite parcelle de culture dont j’ai hérité. Mais qu’est-ce que ce penseur a à voir avec mon rapport intime à la nature ou l’aventure ? On peut chercher à trouver des correspondances entre l’un et l’autre, mais si l’idée culturelle est la seule légitime, mon expérience personnelle doit disparaître. (non, tu ne dois pas faire état de ton expérience d’homosexuel si elle va à l’encontre de la façon dont on en parle. La cause homosexuelle prime)

Sauf si, nonobstant l’éminent savoir de celui qui me parle de l’aventure ou de la nature, les pressions que l’on exerce sur moi pour que je ne me réfère qu’à l’idée culturelle, je reste mordicus fidèle à ma propre expérience et distingue nettement l’un et l’autre..

Que de tracas nous causent les paroles que nous prononçons, surtout quand elles sont importantes. Il faut toujours engager, impliquer, compromettre les individus que l’on fait parler ou qu’on invite à parler en les faisant souscrire à un usage commun et des jugements communs. Ce sont les dénominateurs communs d’une culture, Les individus ne les maîtrisent absolument pas . La portée et les conséquences de leurs paroles les dépassent et pourtant, il est ensuite difficile d’échapper à cette portée et ses conséquences dans la mesure où ils doivent assumer leurs paroles. Où commence exactement la responsabilité de ceux qui entendent et déchiffrent nos paroles ? Construire un vivre-ensemble sur des échanges, des conversations, est une gageure. Cet usage commun ou ces jugements communs censés permettre de se mettre d’accord sont source de malentendus permanents et importants. On aura remarqué que souvent, plus on parle et plus les divisions s’accentuent. Mieux vaut communier dans la bêtise autour d’un orateur théâtral et fringant. Ah ! Penser à coups de slogans… ! Mais….ce n’est pas de l’affreux populisme ? 

Au tribunal, par exemple, le président enjoint aux personnes appelées à prêter serment en qualité de témoins de dire la vérité…Qu’est-ce que la vérité ? Les faits, ça va, mais la vérité, ? Qu’est-ce que la préméditation ? Qui sait ce qui se passe dans l’esprit, qui est certain de maîtriser sa volonté consciente tout du long, dans la démarche qui conduit à un meurtre ? (j’ai été acheter cette arme sur un coup de tête monsieur le Président) Il y aurait un usage commun des mots vérité et préméditation qui nous conduit à penser qu’on est d’accord avec tout le monde et qu’on peut employer ces mots. Mais c’est une illusion dont on fait les frais.

La culture ou la société n’attend qu’une chose, c’est qu’on lui restitue ses propres créations. (ah bon, cela s’appelle comme ça, donc je suis ça !) Ce qui se passe en nous est remplacé (ou pas) par ce qui est déterminé par la culture.

François FILLON ne pourrait plus, à ce qu’on dit, à ce qu’on répète doctement, défendre un programme qui consiste à demander des efforts budgétaires. Mais c’est son problème, sa responsabilité et éventuellement le problème du parti qui l’a choisi comme candidat, pas le nôtre. Il n’a peut-être pas besoin qu’on se mette à sa place. Avons-nous besoin que les journalistes nous disent comment on doit réagir, ou se mettent à notre place , beurk !

Tout ce qui existe comme sens commun et jugements communs forme un univers mental. Cela s’acquiert progressivement et insidieusement. Cela se dépose au fond de l’esprit comme un sédiment et cela nous conduit.. Sens et affects étroitement liés. Mais cela s’est enraciné et cela fonctionne d’autant mieux qu’on est porté d’une part à épouser le groupe dans lequel on est, à lui faire plaisir, (oh oui mr le Président, la vérité!) et d’autre part à vouloir participer au projet collectif, au fonctionnement de la société (je me mets à la place des autres devant les intentions de F. FILLON. Je compatis. Ils ne doivent pas être contents ! Les journalistes et les sondeurs s’adressent d’ailleurs aux esprits faibles en France, c’est à dire à ceux qui, pour choisir ou décider, ont besoin de savoir ce que pensent les autres)

C’est alors que l’on est porté à épouser le désir de l’autre, les sentiments de l’autre, à satisfaire l’espoir ou l’attente de l’autre, à partager ses émotions au moment où il parle, et qu’on est prêt à participer à tout ce qui semble collectif.

Ou pas. La conscience de ce qu’il en est, en soi, ne nous porte pas naturellement à ce genre de démarche, à épouser le désir de l’autre, à s’identifier à une catégorie sociale. .

Sens commun, valeurs communes ? Le problème que nous avons aujourd’hui, c’est que certaines atteintes à des images ou certaines valeurs dites communes sont réprimées tandis que d’autres atteintes à ce qui fait le lien social, à ce qui fait culture sont épargnées voire parfois encensées (la clandestinité est à la mode. L’agressivité, la hargne, la vulgarité, ce n’est pas bien, sauf quand c’est porté par une ministre). « Va comprendre Charles ! »

Partir d’une idée vague des autres, de l’autre, ou partir de soi.. That’s the question.

Je n’y suis pour rien, je n’ai pas créé le monde, l’espèce humaine non plus, je constate que la conscience de soi et la conscience de l’autre ne sont pas équivalentes.

Dans certains livres de spiritualité, notamment dans l’enseignement bouddhiste, on parle de l’impermanence ; C’est le fait de se penser qui nous masque ce phénomène. La sensation ou le ressenti dont nous parlions dans un article précédent sont fluctuants, insaisissables. Le contenu de la conscience (idées, images, émotions, désirs, perceptions  etc) est fluctuant et insaisissable. Notre vie n’est pas quelque chose de fixe, c’est un flux, un mouvement, une transformation incessants. Le passé est une histoire, pas une statue. (la musique est bien plus proche de la réalité. Qui se permettrait de juger ou de condamner les émois, ébranlements, frémissements, élans, mouvements intérieurs, tout ce qui s’adresse à la respiration et aux battements du cœur, tout ce qui donne naissance aux sons intérieurs. C’est ce que la musique peut provoquer. C’est en amont de la culture. Musique ? Je ne parle pas de sons fréquents, genre chat dont la queue s’est coincée dans une porte, je parle de celle que la publicité utilise abondamment sans la citer, genre :  https://www.youtube.com/watch?v=nLNIleyNTfI  comparaison pour intéressés..https://youtu.be/Na38E4vZPr8?t=29 )

C’est parce que nous sommes aux premières loges, parce que nous sommes, nous-mêmes, cette impermanence, que la connaissance de soi, présente et passée est bien plus fiable que la connaissance de l’autre qui consiste souvent en une idée ou une pensée de l’autre.

Se connaître , c’est connaître ses propres capacités ou facultés, sa façon de se comporter, de réagir, c’est connaître ses goûts, penchants, c’est être au fait de sa propre vie. Se penser , car on tient aussi à se penser, on ne renonce pas à se penser, c’est se réifier, même si c’est un objet mental. C’est créer une image fixe de soi. Une idée permanente de soi de la même manière que lorsque l’on pense l’autre, on a tendance à se faire une idée fixe de lui (en fonction d’un système de pensée) . Les pensées et les objets de pensée passent, mais un objet de pensée semble immuable. (Et c’est parce que Dieu n’est qu’un objet de pensée qu‘une nature éternelle peut lui être attribuée avec succès. Bizarrement, mais pour les mêmes raisons, les lois physiques partout et toujours valables pourraient changer que cela ne nous étonnerait pas – conséquences mises à part) Tout cela est déraisonnable, contraire à la réalité .

Se penser et se concevoir fixe, ou se connaître et se reconnaître impermanent.

Et c’est ce genre d’image de soi que l’on compare à une autre image abstraite, générale : l’image de la nature, de l’aventure, de la préméditation etc ,Le mental remplace la conscience ; Il ne nous viendrait pas à l’idée, sauf dans le cadre d’une étude scientifique, de comparer des fluctuations.

Ce n’est pas mieux de coller à ces images, de s’emballer pour elles que de coller à des idées politiques ou des bonnes causes et de s’emballer pour elles..

Lequel d’entre nous se théorise ? En revanche il ne manque pas d’énergumènes, « d’agités du bocal » pour théoriser les hommes, de justiciers qui veulent faire la loi en fonction de leur théorie. .Partir du collectif, faire du collectif, le but, s’auto-missionner défenseur d’une société, c’est bien la seule et unique raison pour laquelle on se met à théoriser et à vouloir faire la loi. Mais ce n’est pas parce que beaucoup de gens aiment une idée, accordent beaucoup de valeur à un concept que cette idée ou ce concept sont bons et méritent qu’on leur sacrifie notre vie, ils ne le sont qu’au regard de l’effet qu’ils ont sur chacun d’entre nous. 

Le collectif et l’idée du Bien, c’est la même chose si l’altruisme, la primauté de l’intérêt général priment. L’intérêt général est-il une illusion ? That’s the question !

La honte, ou le remord ne peuvent avoir que deux causes. La première, c’est autrui qui nous montre qu’on lui a nui, qu’on l’a fait souffrir . Comme tout le monde aspire au bonheur, on admet notre faute si on a effectivement causé l’effet inverse. La seconde c’est une pensée qui surgit et nous reproche d’avoir mal agi (en absence de tout reproche de qui que ce soit). Mais encore faut-il que cette pensée existe. Aucun remord, aucune honte si notre esprit est dépourvu de ce genre d’intrus. Trouver le moyen d’en être dépourvu, c’est trouver de la tranquillité. On a le droit de ne pas penser l’autre que l’on ne fait que voir ou dont on ne fait que nous parler. Or les pensées en question sont la conséquence du fait qu’on a beaucoup pensé l’autre. Nous avons le droit de ne pas nous penser et d’être seulement conscient de nous-même., une conscience qui intégrera la connaissance de soi. Vous êtes-vous jamais demandé pourquoi vous pensiez aux autres quand ils sont absents, sachant, en plus, que l’idée ou l ’image que vous vous en faites ne correspond pas du tout à la réalité et que les plans que vous pouvez faire à leur sujet ne se probablement réaliseront pas  ? Réponse : parce que cela vous permet de vous penser. Peur de l’impermanence.

Les hommes sont des héros qui s’échinent à essayer de faire fonctionner une idée de société, un vivre ensemble qui reposent sur des bases fausses, des bases dont il ne sont en rien responsables mais dont ils se rendent responsables sans savoir pourquoi. Ils espèrent que dans l’au-delà, on reconnaîtra leurs mérites. Le collectif prime, si ce n’est concrètement, explicitement, c’est du fait de la culture qui ne sert que lui. Le collectif in « vérité » in « préméditation » in « nature » in « aventure » in etc c’est l’a priori de base au fond de la conscience. Les sens et jugements communs voisins se relient et forment un ensemble cohérent. La culture n’a strictement rien d’ontologique. Verbe et société, c’est la même chose. Une religion instituée ne peut pas faire autre chose que de vouloir organiser et régenter cette dernière (explicitement ou de façon plus informelle) 

La société est malade ? Mais pas forcément moi. Peut-on s’approcher ? C’est peut-être contagieux.

 

 

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