LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

19 février, 2017

LE BONHEUR EST UNE IDEE VIEILLE

Classé dans : Bonheur — inconnaissance @ 15:09

On a tendance à penser, je suppose, que les événements, le mouvement, l’action, tout cela se passe dans le monde, à l’extérieur et qu’à l’intérieur, en soi, il ne se passe pas grand chose, et s’il se passe quelque chose, s’il y a des événements, du mouvement, ce n’est pas important. Cela n’a pas de valeur ou ne devrait pas en avoir. Et pourtant, incontestablement, tout ce qui vient du monde, avant de susciter une réponse de notre part, doit d’abord être déchiffré par l’esprit et s’intégrer dans ce qui est déjà là dans l’esprit. A partir de là, notre réponse, notre réaction est une réponse ou une réaction qui vient, émane de soi, du fonctionnement de notre esprit . Le monde est inerte, mort, ce qui agit, c’est chacun d’entre nous comme indiqué. Si tous les hommes devenaient soudain immobiles, et ignoraient le monde, ne serait-ce qu »une minute, toute la société se figerait. Dans le monde il n’y aurait plus que les autres créatures vivantes et les événements naturels pour créer du mouvement. De la même manière, à force, les politiques et les médias ont réussi à nous faire croire que la mondialisation était un phénomène inéluctable qui nous tombe tous dessus et contre lequel on ne peut rien. Mais si, la mondialisation disparaîtrait si quelques milliers de personnes particulières disparaissaient. A chercher dans la finance, le commerce et quelques grandes multinationales 

dictat

Donc la croyance que tout se passe à l’extérieur est fausse. Avant l’action, il y a des pensées et des affects. Et la pensée que le monde est ce dans quoi nous vivons et ce à quoi nous devons nous adapter est fausse, c’est aux pensées des autres que nous devons nous adapter.

Alors se pose la question suivante : faut-il continuer à ne compter que sur le monde pour trouver le bonheur ? Un monde qui nous serait complètement indifférent et qui n’aurait aucun réel pouvoir sur nous n’aurait aucun moyen de nous rendre heureux ou malheureux. Ce qui viendrait de lui demeurerait lettre morte. Et si aucun conflit, aucun désagrément, ne venait troubler la conscience, le bonheur ne serait pas loin. .En revanche, le monde (les autres) peut augmenter notre bonheur dans certaines conditions, selon la façon dont il sera reçu. Mais justement, de quelle façon est-il reçu ?

Ah, des ouvrages sur le bonheur, il y en a, mais au lieu de se poser la question : suis-je heureux ou malheureux ? Comment je me sens ? Est-ce que ça va ? Suis-je bien  (ou mal) ? etc etc, au lieu de disserter à l’infini sur les différentes sortes de bonheur, de plaisir, de bien-être, de joie, de plénitude, de contentement etc, d’en tirer des conclusions censées s’appliquer à tout le monde (on cherchera à retrouver ce sentiment une fois défini) , on devrait plutôt se demander : quoi est heureux ou malheureux en moi ?, quel genre de bonheur ou de malheur est-ce ? En quoi, suis-je heureux ou malheureux ? (bref où et comment suis-je impacté ?) On devrait essayer d‘élucider ce qui est ressenti pour commencer à prendre conscience de ce qui, en soi, est affecté et comment. Cela nous inciterait à essayer de distinguer et clarifier, pour nous-mêmes, les différentes sortes de sensations ou impressions de bonheur ou de malheur. Parce qu’enfin, si ce n’est pas pure imagination, pur fantasme, pur délire, cela doit nous affecter d’une certaine façon, à un certain niveau. Cela doit impliquer l’organisme.

Le bonheur en lui-même, ce n’est pas du sens, ce n’est pas du logos, c’est plutôt de l’ordre d’un ressenti. Une pensée n’est pas profonde, untel n’est pas un génie, ce qui est profond ou génial, éventuellement, c’est leur effet en soi. On met en avant des idées générales sur le bonheur (les dissertations dont je parlais.), il y a des mots qui semblent vouloir désigner les ressentis : tension, jalousie, déception, espoir, angoisse, fierté, enthousiasme etc etc mais tout ça, c’est général, c’est à dire que le sens de ces mots doit pouvoir être valable pour tout le monde, s’appliquer à tout le monde. Je suis jaloux, tu es jaloux, il ou elle est jaloux, nous sommes etc Est-ce que ce qui se passe en soi quand quelqu’un dautre a eu ce que l’on pensait avoir est identique à ce qui se passe chez autrui dans les mêmes circonstances ? Les chagrins sont-ils identiques, les joies aussi ? Bien sûr que non.

Toutes ces idées générales , c’est encore et toujours prétendre que le bonheur est dans le pré, dans telle activité, dans tel concept objectif, prétendre que ce n’est pas un phénomène interne. Personnel,. C‘est encore et toujours vouloir le placer dans le monde et non pas dans la façon dont il est reçu. .Au lieu de dire le plaisir c’est cela (ce que la culture en dit), la joie c’est cela (ce que la culture en dit), le bonheur c’est cela (ce que la culture en dit) etc mieux vaut être lucide sur la nature de ce qui est ressenti . Il y a peut-être du plaisir, du bonheur, de la joie et autre chose là-dedans.

Le ressenti n’est qu’en soi. La façon dont le monde nous impacte, cela se passe en soi, alors que les idées, elles, courent les rues, font le pied de grue sur les places. .De la même manière que les politiques et les médias s’adressent à des faibles d’esprit qui attendent de savoir ce que les autres pensent pour penser eux-mêmes, la culture s’adresse aussi, souvent, à des faibles d’esprit, qui attendent de savoir ce qui est beau, vrai, intelligent selon elle pour penser de même. 

Si le bonheur est un phénomène qui ne doit pas être confondu avec le sens, tout ce qui est un ressenti, un événement psychique interne impactant l’organisme ne doit pas l’être non plus,. C’est le cas de l’effet des qualificatifs, des jugements, que l’on veut nous mettre sur le dos. Ce n’est pas parce qu’une personne dit que je suis cela, parce que dix personnes disent que je suis cela, que toute la société se mobilise pour ou contre le concept que l’on me colle sur le dos, que cela change quoi que ce soit à la nature ou la conscience de ce que je suis. Ils n’ont pas raison contre ce que je suis. Eux, ils n’ont qu’un peu de culture à leur disposition et quelque intuition, moi j’ai un peu de culture et la conscience directe de ce qui est. Un jugement courant (genre : c’est mal) n’annule pas une joie interne.

Doit-on endosser puis assumer tout ce qui se dit à propos de l‘angoisse ou de la fierté ou d’un quelconque qualificatif qui nous serait décerné en oubliant, refoulant ce qu’il en est exactement de ce qu’on ressent. (Comment peut-on dire, que tous les individus sont différents, uniques, psychiquement parlant, comme dans l’émission « La conversation scientifique » « Où va l’homo technologicus ? » à partir de la 44e minute, et vouloir coller sur tous les psychismes les mêmes étiquettes ? (Ne jamais jamais oublier que les mots généralisent. Ce sont des catégories)

On peut mettre des mots sur ce qui apparaît dans la conscience afin d’en exprimer les nuances, les subtilités, den faire ressortir la richesse, d’en prendre conscience, mais on ne devrait pas forcer la conscience à entrer dans le moule des mots. Dire « Le bonheur », c’est stupide ! . Ces mots ne sont que des images, des comparaisons. Il est donc intéressant d’être simplement au fait de la nature de nos ressentis.

Faut-il condamner le bonheur et tout ce qui lui ressemble plus ou moins ? Car dans les conditions que je viens de décrire, le bonheur, c’est l’égoïsme. Le mot bonheur doit être rare dans les religions, ou on n’en parle que pour évoquer le paradis. Non, dans les religions, on condamne plus fréquemment le désir. Mais que peut-on bien désirer ? Du malheur ? Le bonheur pose un sérieux problème aux altruistes. Ils peuvent condamner le désir qui est synonyme d’appropriation, de rivalité, mais comment rejeter le bonheur et sous-entendre que le malheur est préférable ?

Est-ce parce qu’en Occident les religions ont perdu beaucoup de terrain que le bonheur a gagné en légitimité ? La question peut être formulée ainsi : «  est-ce parce qu’en Occident les religions ont perdu du terrain que la nature du ressenti a gagné en légitimité  ? »

Le désir ne semble plus condamné, il semble même encouragé, mais s’agit-il du désir d’être heureux en étant affranchi des idées sur le bonheur qui circulent ? (Tu as tout pour être heureuse : ceci et cela = bonheur) .

Quand on a admis que s’il s’agit de ce qui se passe dans la conscience des hommes, s’il s’agit des objets de conscience – à l’exception de tout ce qui a un référent à l’extérieur, indépendant, comme les perceptions – les idées générales, culturelles sont secondaires, subordonnées, on admet que la vérité du groupe ou de la société passe après sa propre vérité Cela veut dire qu’on ne peut pas me demander de servir une idée commune si elle va à l’encontre de ma conscience si je suis concerné. Pourquoi remplacerais-je mon expérience et ma conscience de quelqu’un par le concept « homme » qui circule ? Si on n’avait pour nous que le sens que la culture accorde au mot Homme ou Droit de l’homme, nous mobiliserions-nous ? Non, on se mobilise parce qu’on a investi cette idée, parce qu’on a fait de cet objet de culture, un objet de culte. Et on a du plaisir quand cet objet qu’on aime est aimé par les autres.

Ma démarche est quelque peu très séditieuse, parce que si le but est d’être conscient de la nature de son ressenti, on risque de prendre conscience, d’abord, qu’il y a des formes de bien-être ou de désagréments plus réels ou plus illusoires que d’autres, puis de comprendre ce qui fait qu’un bonheur ou un malheur est réel ou illusoire, superficiel ou profond, passager ou durable, et surtout de juger de la valeur de la cause à l’aune de son effet. 

Morale et bonheur.

L’idée morale tire sa légitimité des bienfaits qu’elle est censée répandre. (tout le monde pense que…) Les principes moraux ont ceci de particulier qu’ils engendrent de nombreux désagréments – culpabilité, remords, honte, trouble, crainte – et apportent beaucoup d’agréments  – le plaisir de bien se juger et éventuellement la considération des autres. C’est le moment de comparer les uns aux autres, de mieux les connaître pour mieux les évaluer . A l’évidence, les désagréments sont plus charnellement ressentis que les agréments, ces derniers sont d’abord ceux d’une idée : l’idée de soi.

Bienfaits ? Est-ce que des idées morales comme le respect, l’amour d’autrui peuvent avoir cet effet sur tout le monde, tout le temps ? Impossible. Ne serait-ce que logiquement. En tant que concepts, le respect et l’amour s’intègrent dans un système de pensée qui ne peut être absolu ou inconditionnel. Donc le bonheur qu’elles procurent est plus fragile, plus superficiel. Il y a des désagréments dont on arrive à s’affranchir si on s’en donne la peine. Il n’est pas trop difficile de se débarrasser de certaines idées qu’on nous a mis dans le crâne et qui en sont la cause. On s’en débarrasse quand on comprend que ces idées nous apportent des désagréments et que les agréments qu’elles nous procuraient s’estompent. (je me suis fait des idées) A l’évidence, parmi les causes plus futiles mais sources de désagréments dont on peut parvenir à se débarrasser, il y a des intérêts généraux, théoriques, idéologiques quand on prend conscience qu’ils vont contre nos intérêts. (Mais elles ont l’aval de la collectivité ? Peut-être, et alors?) On peut, par exemple, assez facilement, se débarrasser de partis-pris pour quelqu’un ou quelque chose qui finissaient par nous ennuyer plus qu’ils ne nous réjouissaient. On peut cesser d’épouser les goûts et les jugements des autres, adoptés pour leur faire plaisir, parce que finalement, cela finissait par nous peser et nous rendre faux.

Pas de quoi s’étonner donc si ceux qui pensent avoir bien pensé les choses, qui pensent avoir les connaissances nécessaires, qui pensent avoir la lucidité nécessaire, qui pensent être en avance sur leur temps, sont toujours désappointés, presque scandalisés, quand les gens ne se comportent pas comme prévu.

Toute la question est de savoir ce qui est prioritaire : la conscience de l’effet sur soi d’une chose, ou l’idée générale à propos de cette chose ? La conscience, par exemple, de l’effet sur soi de la croyance en Dieu, ou ce que l’on dit de la croyance en Dieu ou de Dieu.

Le danger, quand on cesse de faire passer les idées générales avant sa propre conscience des choses, quand on inverse les priorités, c’est de devenir égoïste – un certain égoïsme. L’égoïsme, c’est la singularité. Voir ce fait fondamental : il n’existe pas de bien, de vertu, de valeur dont on parle qui ne soient pas du général. Et non seulement c’est général, mais c’est dans le fait que ce soit général que se trouve le bien, la valeur, la vertu. Tout ce qui devient propre à soi, n’est plus un bien, une valeur, une vertu. Le psychisme lui-même, les états de conscience, les objets de conscience ne feront jamais partie ni du bien ni du mal. Le bonheur lui-même, obéit aux mêmes lois

Dans le général, il n’y a pas de singularité, il n’y a pas de ressenti particulier. L’idée générale n’a aucun référent réel. C’est une idée abstraite pure. Cela exclut chacun d’entre nous. Et le bien, c’est le fait d’exclure chacun d’entre nous, le ressenti particulier dans un organisme particulier. Une idée du bonheur se contrefiche complètement de votre bonheur à vous de la même manière que toutes les idées sur le bien se contrefichent de votre bien propre. Car votre nature pourrait être bonne en dehors des clous.

Général = Bien = Idée de soi. C’est la formule de notre asservissement puisque par définition, chacun d’entre nous est personnellement nié, chacun doit se nier lui-même. S’abandonner à Dieu. Que Ta volonté soit faite, et non la mienne. S’abandonner à l’idée générale. Que sa volonté soit faite, et non la mienne.

Si cela est vrai, bien compris et bien accepté, alors si une chose ne peut nous apporter aucun plaisir ou aucun bonheur, on l’ignorera. La conscience que l’on peut avoir d’une chose qui nous impacterait est prioritaire par rapport aux mots et au sens communs. C’est la façon dont on est affecté qui compte. Qui est affecté par la ruine d’une idée qui lui est indifférente ? Qui est affecté par le malheur d’un étranger hostile ? Franchement ? Un jugement général n’annule pas une joie interne réelle disions-nous. On peut même éprouver du plaisir à provoquer chez les autres une réaction prévue, conditionnée, à triompher d’une pensée puissante exprimant le sens commun, la norme sociale. 

 

Tous, nous recherchons le bonheur ou, en attendant, la disparition de tout ce qui nous chagrine, ou nous fait souffrir. N’est-ce pas ?

https://www.youtube.com/watch?v=U4Relm5KuHQ

Et quand on accepte la peine ou la souffrance, c’est en vue d’un bonheur plus grand ou futur. Le christianisme promet la félicité au ciel, la spiritualité promet la plénitude ici-bas, la société promet des plaisirs sans cesse renouvelés, la grande Cause promet le bonheur futur de ceux qu’on aime parce qu’ils nous apportent le bonheur etc Prenons un exemple d’actualité. Ce que l’on nous promet, ce qu’on nous fait espérer suscite d’autant plus de rêve que c’est vague et lointain, est d’autant plus beau que c’est vaste, ambitieux, est d’autant plus convaincant qu’il y a du sentiment. Cela séduira tous ceux qui renoncent à évaluer plus précisément, et pour leur propre compte, les bienfaits supposés. (les gogos) Mais ce bonheur est fragile et superficiel, parce que si ce discours ne sait pas s’inscrire dans quelque mythe séculaire, inhérent à une culture, partagé, enraciné dans les esprits, ou si on est un peu trop impatient, les déceptions suivent. Vous savez très bien qu’aucun politique ne s’excusera de vous avoir déçu – voire trahi – il pensera que c’est bien fait pour vous si vous avez été assez stupide pour croire à ses promesses.

Les raisons qui feraient qu’il faudrait mépriser son propre ressenti pour améliorer le ressenti des autres sont odieuses et irréalistes quand on veut vraiment y souscrire. Qui est-on pour les comparer et établir une hiérarchie ? Qui est-on pour nuire à la vie qui est en soi dans le but de favoriser, éventuellement, supposément, la vie qui est chez les autres ? N’est-ce pas scabreux de comparer des psychismes ou des consciences, on le fera forcément à partir de la sienne ou du sien. MOZART aurait-il dû renoncer à composer pour donner des conférences et des cours gratuits en vue de servir la Cause de la Musique ? On sert une idéologie qui nous procure quelques satisfactions d’amour-propre et, probablement, nous promet une récompense future.Il n’en faudrait pas beaucoup pour que cette idéologie cesse de fonctionner et pour que notre satisfaction cesse. Chacun doit s’assumer, chaque culture ou civilisation également au lieu de toujours rejeter la faute sur les autres ou de toujours vouloir être le sauveur des autres. Il faut en finir avec ce christianisme rampant.

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