LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

17 mars, 2017

LA CONSCIENCE COMME CHAMP-CLOS

Classé dans : Conscience — inconnaissance @ 12:18

Le service des autres, du monde, va de soi. Depuis la naissance, on est dans le monde et on se situe, se pense, se positionne par rapport à lui ou en fonction de lui. Sans lui, que serait-on, qui serait-on, existerait-on ? On ne se pose pas la question. On fait la connaissance du monde qui nous entoure, on le pense, (intelligence) on le juge, (morale) on essaie d’y trouver sa place, d’apporter sa pierre, (socialisation) de l’améliorer, de le défendre (engagement) etc Bref, c’est lui qui compte.

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Même quand on a l’impression de s’occuper de soi, de ses propres intérêts, il y a des chances pour que ce soit en servant le monde d’une autre manière.

Mais le monde est soit hors de notre contrôle soit sous notre contrôle. Si on y a accès, on est ou on peut être actif. S’il nous échappe, s’il est hors d’atteinte et qu’il nous régit pourtant, on est passif.

On peut caractériser les éléments qui échappent à notre contrôle. On peut aussi constater que dans ce cas, on se résigne, on se soumet, on s’immobilise, on s’efface. (excellent exemple : l’UE ) La tendance d’une société très élaborée et envahissante est d’enserrer chacun de ses membres dans des rets, des circuits étroits qui le dissuadent d’être un acteur. Tout est bien balisé, réglementé, prévu, encadré, codé.

La conscience est là, notre état de conscience est là. Il a une certaine nature, une certaine saveur, une certaine étendue. Pour insaisissable que soit cette conscience, c’est une réalité, c’est notre vie. C’est nous à cet instant. A partir de là, il peut se passer deux choses. Soit on fuit cette conscience en se tournant vers un référent de pensée, en s’en remettant à lui, soit on approfondit cet état de conscience qui témoigne de nous-même.

Si on se réfugie dans un référent de pensée, ce sera, le plus souvent, un sens commun ou convenu, un jugement commun, un sentiment convenu, une valeur ou une norme convenue, partagée, d’autant plus puissants, impérieux, qu’ils sont intangibles. C’est ce qui passe pour évident, ce qui fait vérité, ce qui se passe de discussion dans la pensée même. C’est la solution de facilité, c’est l’habitude, c’est l’espoir d’une approbation ou d’une intégration dans la collectivité. (France culture : « La Syrie, une immense salle de torture. « Mea culpa  mes frères! . Il me semble que ce n’est pas moi, nous, qui faisons la guerre en Syrie, ce sont les amis hauts placés de ceux qui parlent) Dans ce cas, vous admettrez que c’est hors de notre contrôle, de notre pouvoir, et que l’on va obéir, se soumettre, se résigner.

La société pousse à la passivité en produisant toujours plus de tabous, de sacré, de dogmes, de lois, de nécessités.

Hors de notre contrôle, c’est extérieur ou séparé. Sous notre contrôle, c’est au moins en partie, intérieur ou non-séparé, comme ce qui nous appartient ou ce qu’on fait nôtre..

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Comportement irresponsable.

(un artiste est du genre à prendre les matériaux qu’il veut et à en faire ce qu’il veut pour produire l’effet qu’il veut)

On peut s’amuser à considérer tout ce qui se trouve autour de nous, tout ce qui se présente à nous, et se demander, à chaque fois :

Quel pouvoir, quel droit me donnai-je sur cela ?

Quelle contrainte éprouvai-je, quel devoir est le mien à son égard ?

Hors d’atteinte = pouvoir nul, juste contrainte Et inversement.

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Et maintenant, on peut faire la même chose avec les mots, les concepts, les idées. Soit leur usage est strictement prescrit et aucun écart n’est permis, soit on peut s’en servir de la manière que l’on veut.

Et pourquoi s’arrêter en si bon chemin. Notre rapport avec tous les éléments du monde, avec tout ce qui constitue notre existence peut être de soumission ou d’action, selon qu’on y pense comme à des éléments intangibles, hors-d’atteinte ou qu’on s’autorise à ignorer la séparation Et si on nous rétorque que l’on ne peut pas s’emparer d’un sujet, que cela nous échappe, qu’on n’a pas le droit etc on peut demander de quel droit, alors, on nous imposerait ce sujet. (votre newsletter….pas de réponse possible)

Ce rapport au monde varie. On peut s’étonner que certaines personnes soient actives, entreprenantes, .lancées dans la réalisation de leurs propres désirs, et dans ce sens, indépendantes, mais qu’elles soient, en même temps, dans d’autres domaines ou à d’autres moments, parfaitement soumises à des principes (moraux ou sociaux) dont l’origine, la valeur, l’utilité leur échappent et très conformistes à cet égard. (au travail comme un lion, chez soi comme un mouton)

La conscience est aussi plus ou moins triste ou gaie, heureuse ou malheureuse. Si on croit que notre bonheur dépend du bonheur de l’autre, qu’il faut d’abord servir les autres afin de pouvoir se réjouir de l’effet heureux de notre action, si on prend les autres comme point de départ de nos pensées, et si on admet que, in fine, c’est quand même notre bonheur ou notre plaisir que l’on cherche, il faut en tirer les conséquences et se simplifier la vie. Y-a-t-il un moment où le désintéressement est absolument pur et exempt de tout bénéfice pour soi ? Franchement non. Alors pourquoi ne pas gagner du temps et refuser tout ce qui nous attriste ou afflige, dans les pensées comme dans le monde) et rechercher tout ce qui nous réjouit ? (France culture : « comment apprivoiser la mort ? » Oui, au fait..) 

Nos pensées, c’est une continuation du sens du monde qui fait problème.

On est malheureux sentimentalement, psychologiquement, par comparaison avec un monde rêvé, avec certains critères, certaines idées, certaines images convenus, admis, qui ont comme caractéristiques d’être irréalistes par rapport à ce qu’est l’homme, la vie, soi-même., mais qu’on a investis. Comme le monde est ce qui compte le plus , le problème est de notre faute, ce n’est pas la faute du monde. Si on se sent coupable, c’est notre faute, ce n’est pas la faute de la morale ou de la religion. Eux, ils font partie de ce qui est intangible, indiscutable, hors d’atteinte. Ils font partie de ce que nos pensées instituent.

C’est à cela que conduit le service de ce qui est séparé. On ne serait pas malheureux par comparaison avec une vision plus noire de l’existence, une conception moins spiritualisée, moins sublime de l’homme, une exigence plus discrète de bonheur. (il n’est pas normal que des gens d’autres pays, d’autres cultures ne soient pas aussi heureux que nous. Honte à nous ! Vraiment ? Les gens des autres cultures se jugent en comparaison d’autres critères que les nôtres. Réciproquement, si on veut se faire plaindre, on a intérêt à placer la barre assez haut, on ne va pas se comparer à des gens assez semblables)

Est-ce qu’on accepte que des gens exigent de nous que l’on réforme nos goûts, notre vie ou qu’on les modèle sur l’ordre social ? De quel droit le feraient-ils ? En y réfléchissant, non. (enfin pas tout le monde) Alors pourquoi accepter que des pensées qui sont les interprètes, les échos des autres nous commandent de réformer nos goûts, notre vie ou de les modeler sur l’ordre social ? Sommes-nous contents, dans la vie, d’être confrontés à des personnes, des événements, des situations, des choses contre lesquels on ne peut rien ? Pas vraiment. Alors pourquoi se précipite-t-on sur des aspects de pensée contre lesquels on ne peut rien ?

Quest-ce que c’est que ce dialogue à quatre quand on est deux, l’un invoquant des éléments convenus, certain sens commun, certaines valeurs qui devraient s’imposer parce qu’indiscutables, l’autre lui répondant en invoquant d’autres éléments tout aussi indiscutables. Deux personnes qui suivent docilement leur pensée conditionnée. Chacune d’elle dans l’affaire, a proprement disparu.

« Arrêtez de dire qu’il n’y a pas de drame à notre époque ! Cela est un drame sans nom, le peuple syrien est la victime d’une tragédie sans nom ! » (Bernard-Henri LEVY)

C’est le désir puissant de servir la collectivité, c’est la surestimation de la société, c’est le respect excessif de la société, c’est le culte des autres qui donnent à tout ce qui dans les mots, les idées est collectif ce pouvoir déraisonnable. (France-culture :« L’ère des criminels sans remords «  ça y est : l’ère que l’on respire, les remords que l’on doit tous éprouver. Mon, ton, son notre, votre leur remords.)

Depuis toujours, le monde, les autres veulent qu’on leur appartienne, que l’on fasse partie intégrante d’eux-mêmes. Quand on était petit, ça leur était facile de travailler en ce sens On voulait être enveloppé, entouré, protégé, accueilli, aimé par notre entourage. On a espéré compenser la séparation charnelle, devenue évidente, inéluctable, par une union mentale que la culture semblait nous offrir. Comme si Dieu ne nous avait créés (à son image) que pour mieux nous incorporer, comme si la société ne nous tolérait qu’à condition que l’on fasse partie d’elle (si toi rien), comme si les autres ne nous supportaient qu’à condition qu’ils puissent nous adjoindre à leur pensée. (dévorante) L’existence indépendante, différente est refusée.

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On a l’occasion de continuer à fonctionner selon le processus initial, selon ce grand mouvement culturel, de lui être fidèle .C’est l’adhésion à tout ce qui semble faire consensus, à tout ce qui rassemble, à tout ce qui est partagé, commun., général dans la culture, dans les mots. Et justement, les mots généralisent. En tant que généralités, les qualificatifs, les concepts de valeur (exemple : liberté, égalité, fraternité) sont vus comme l’expression de la collectivité.(c’est automatique) C’est suggéré par la langue elle-même mais le fait que ces signifiants sont utilisés par tout le monde ne prouve en rien que tout le monde leur donne le même sens. (autrefois on célébrait la messe en latin, c’était suffisant pour que les fidèles communient autour de ces termes incompréhensibles) On a juste remplacé des idoles de bois ou de pierre auxquelles on rendait un culte par des idoles abstraites, mentales, par des symboles. . (je ne reprends pas l’exemple de MACRON précédent, je pense que vous avez assez ri)

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Où elle est, la télé ?

Les mots donc qui n’ont aucun référent extérieur, indépendant, font appel à notre imagination. S’ils désignent quelque chose, c’est pour mieux inventer un regard commun. Quand ils désignent peu ou prou les hommes, la vie humaine, ils inventent des essences, ils inventent des gens qui auraient le même regard. (parce que si je fais cela tout seul, cela ne fonctionne pas) Mimétisme et communion. Seriez-vous collectivistes, communistes, en matière culturelle faute de pouvoir l’être en économie ? (propriété de la collectivité) Le doigt pointe un idéal , un objectif,

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ce n’est pas l’idéal ou l’objectif qui compte, ce qui compte c’est que tous les doigts pointent dans la même direction. (comme disait SAINT-EXUPERY pour le regard) C’est bien pour cela qu’on regarde les doigts.

Telle valeur perd du crédit, telle institution se déglingue. Cela devait arriver, pourquoi s’en soucier ? Allez-vous vous sentir responsable ? (les partis politiques sont à l’agonie…mon dieu, quel malheur! Quelle surprise qu’un panier de crabes pourrisse. ! )

Les éléments de notre pensée qui échappent à notre contrôle, à notre pouvoir, parce qu’ils sont la généralité même, déclenchent cet élan vers eux, cet espoir toujours renouvelé et déçu d’union, d’abolition de la séparation. .La quête du bonheur est toujours là, mais elle est cherchée dans une union qui suppose que l’on soit passif, ou dans une action sur la réalité qui suppose que l’on soit actif. Tout ce qui ressortit à un jugement (qualificatif, concept de valeur, adverbe) est une demande, un impératif dont nous ne remettons pas en cause la légitimité et qui nous mobilise pour essayer de la satisfaire. (il suffit de prononcer, par exemple, les mots « réfugiés » ou « déplacés » sans aller plus loin, pour que la réaction conditionnée s’ensuive.

Cela peut s’avérer difficile parfois de tuer son père et sa mère en tant que tels, c’est à dire, de tuer ce qu’ils représentent, de tuer le concept de père et de mère, et d’accepter son irréductible singularité. Un rapport unique aux gens et aux choses, et pas de modèle ou de patron à imiter.

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