LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

31 mars, 2017

ALTRUISME ET EGOÏSME

Classé dans : Egoïsme — inconnaissance @ 10:48

Quand un enfant arrive sur terre, c’est la conséquence d’un processus biologique impliquant la rencontre de cellules de types sexuels différents. Mais il ne s’ensuit pas que c’est cet enfant-là que les parents des deux sexes ont voulu. Il est le résultat d’une loterie. Le tirage a été plus ou moins heureux ou plus ou moins malheureux. L’enfant est donc au moins deux fois, du fait de son existence et de ce qu’il est, le résultat d’une intervention étrangère ou d’une sorte de destin. Il a une double raison de ne pas assumer sa vie.

Il serait absurde de penser que l’enfant n’aspire pas, comme les autres créatures vivantes, à une existence aussi heureuse et riche que possible. Absurde de penser que, dès le départ, il est soucieux de se mettre au service des autres, de se dévouer aux autres ; Il fait tout pour accroître son plaisir et sa vitalité. Il est donc légitime de se demander comment ce rapport altruiste s’installe.

Le plaisir, on le prend dans le monde qui nous entoure. (Sens, relations ) Pourquoi cette fonctionnalité ou cette faculté devrait-elle être perturbée ou entravée en tant que telle  ? C’est un trésor, un moteur. L’entourage de l’enfant s’adressera de moins en moins à son corps et de plus en plus à son esprit, et posera naturellement et peu à peu des conditions pour satisfaire les demandes de plaisir de celui-ci. C’est le début d’un processus qui va aller se développant, se complexifiant, jusqu’à la fin de l’existence . Le petit enfant n’a pas les moyens de s’emparer de l’objet de son désir. Il dépend des autres. Cette dépendance aura de lourdes conséquences. A-t-on déjà vu que dans le cadre d’une relation suivie avec enjeux ou désirs, le plus fort n’impose pas sa loi au plus faible voire n’utilise pas le plus faible pour son propre plaisir ?

Impuissance de l’enfant. La caractéristique commune de toutes les conditions qu’il faudra réaliser pour espérer la satisfaction de son désir sera l’altruisme. Toutes ces conditions ont le sens suivant  : le service d’autrui aura comme conséquence la satisfaction du désir. C’est autrui qui peut apporter cette satisfaction, à condition d’accéder à sa demande. (lui plaire, lui rendre service, coopérer, etc) C’est d’abord la loi des parents, puis des autres autorités, puis du groupe, puis de la société, tout cela se présentant sous formes de raisons générales .. (le père ou la mère en tant que concepts, le maître en tant que concept, les autres en tant que concept , le bien des autres en tant que concepts, la société en tant que concept) et de contrainte ouvertement exercée..

Conditions à réaliser. Cela suppose une idéalisation ou une valorisation de l’objet de désir ou de l’agent ou de la source dont dépend la satisfaction du désir. Satisfaction lointaine pour une grande cause, un peu plus proche pour toutes les qualités morales ou psychologiques, encore plus proche pour la demande particulière d’un individu particulier. L’objet du désir peut être enjolivé par la société, mais ce n’est pas ce qui compte le plus. Ce n’est pas l’objet de désir qui a tous ces attraits, c’est la satisfaction de notre désir que notre attente et notre imagination embellissent. Si nous désirons une chose, ce n’est pas parce que nous la jugeons bonne «  au contraire, si nous jugeons qu’une chose est bonne, c’est précisément parce que nous nous y efforçons, nous la voulons ou aspirons à elle, ou la désirons «  (SPINOZA) Plus prosaïquement : l’amour est aveugle. «  C’est parce que vous vous croyez séparé des objets qui vous entourent que vous les désirez. Mais si vous comprenez que les objets ne sont que des formes de pensée, vous ne les désirerez plus «  (Ramana MAHARSHI) L’altruisme suppose cette idéalisation. (si on n’idéalise pas une personne, on idéalise l’idée au nom de laquelle on se dévoue pour cette personne, et on croit que le service de cette idée, un jour, nous rendra heureux) Cette idéalisation nous permet de patienter.

La satisfaction du désir s’éloigne dans le temps et l’espace. Mais en même temps, on fait tout, bien sûr, pour qu’elle paraisse crédible, assurée, sinon l’espoir s’éteindrait aussitôt. (si on vote pour tel parti plutôt que pour tel autre, c’est bien parce que l’on a davantage confiance en ce premier parti pour nous satisfaire. Reste que cette satisfaction prend des chemins inattendus comme on va le voir)

Dans quelle mesure est-on conscient de cet altruisme ancré, de l’idéalisation en question  ? (qu’il s’agisse de personnes, d’idées ou d’objets il en va toujours ainsi) Dans quelle mesure l’épouse-t-on étant donné que le but poursuivi est la satisfaction de notre propre désir ? Dans quelle mesure est-on conscient de la nature de cet altruisme si on rechigne ou refuse de voir que le but est égoïste ou plutôt la satisfaction d’aspirations et de besoins personnels, la réponse à la vie ?

Il y a déjà un critère que l’on peut utiliser pour y voir plus clair. Soit on a besoin de se penser pour éprouver du plaisir, soit on n’a pas besoin de se penser.

La caractéristique « altérité «  se présente de plusieurs façons. On pourrait penser que la façon la plus simple, évidente, est la présence d’une autre personne. Mais tout dépend de la façon dont on pense ou conçoit cette autre personne. A coup sûr, si cette personne est surtout pensée de façon culturelle ou sociale, si c’est un pur concept conditionné ; le rapport à ce concept, l’espoir que l’on peut mettre en lui sont beaucoup plus compliqués qu’on ne croit. . (percepteur, patron d’une entreprise, maître d’école etc) Déjà « percepteur » et «  chef d’entreprise » désignent deux catégories de personnes ; Les mots sont utilisés avec tous les percepteurs et tous les chefs d’entreprise. Le rapport avec ces deux concepts est un rapport avec des fonctions sociales, conformément à notre éducation. On a besoin de se penser pour trouver du plaisir au rapport avec le  percepteur  ou le chef d’entreprise » en tant que percepteur ou chef d’entreprise ; (sinon, ces concepts, on s’en bat l’oeil) ; Ce sera le plaisir du contribuable ou de l’employé qui se sait contribuable ou employé. A u fond de cela on trouve une allégeance à ces valeurs collectives, valeurs qui ne reposent que sur l’assentiment de tous. Que tout le monde méprise ces deux concepts et les valeurs qu’ils représentent, et tout s’écroule.. C’est donc bien servir la collectivité, participer à l’assentiment en question, que de faire allégeance à ces deux concepts ; On n’est pas sans en attendre un retour, une rétribution. (être considéré comme un bon contribuable ou un bon employé)

Trois éléments associés permettent l’altruisme : l’altérité, le collectif ou le général, la valeur. S’ensuit une réponse conditionnée que l’on pourrait très bien programmer dans un robot. Ces trois éléments sont déjà présents dans les cas ci-dessus. Ils sont présents partout. Altruisme du PDG à l’égard de sa société :

PDG : Comment vont les affaires ?

Directeur : pas très bien. On perd de l’argent depuis trois mois

PDG : virez-moi 500 personnes.

Ils sont présents aussi dans tous les exemples qui suivent.

On peut faire le même raisonnement avec tous les concepts abstraits, moraux, psychologiques, sociaux qui forment les discours. « Une écologie progressiste ne dissocie pas le respect de la nature et la question sociale. Les questions d’émancipation et d’égalité doivent s’inscrire dans un nouveau rapport à la nature ». (Serge AUDIER France-culture) Progressiste, progrès…qui est contre ? Respect de la nature, l’émancipation, l’égalité ..qui est contre ? Question sociale..qui s’en fiche ? Si tout le monde est pour ou ne s’en fiche pas, je suis pour et je ne m’en fiche pas. Si cela fait partie des discours courants, c’est que ce sont des valeurs collectivement partagées. Je me mets à leur service en pensant que cela va m’être bénéfique, mais aussi en pensant que ce sera bénéfique pour tout le monde. Si tout le monde semble d’accord, si c’est dans l’intérêt général, c’est que c’est indépendant de nous, de notre expérience, c’est le progrès, l’émancipation, l’égalité… en général, c’est à dire de personne en particulier, ce qui fait que tout le monde peut prendre cela pour lui. Je me pense, j’en ai besoin pour imaginer comment cela va me profiter. Tout le monde prend cela pour lui parce que tout le monde, tout en étant altruiste, en espère un retour. En dehors des pensées que ces mots réveillent, que savez-vous exactement de votre rapport personnel immédiat avec l’émancipation, le progrès etc et des bénéfices que vous en tirez ? Rien !

Même allégeance, donc, à ce qui passe collectivement pour avoir de la valeur dans la société ou même dépendance de ces valeurs à l’assentiment général sans lequel elles ne seraient plus ce qu’elles sont, même sentiment de servir la société, de faire ce qu’on peut pour elle, même attente de retour, d’un bénéfice. Même sentiment d’être altruiste (de se mettre au service des autres) Pour exister, l’altruisme dépend de l’existence du sentiment ou de l’opinion général et du fait que l’on se pense en référence à ces éléments. C’est ce qui se passe dans l’esprit. Le pouvoir des pensées sur nous tient à la valeur générale qu’on leur accorde et au fait qu’on a envie de se penser. On peut sentir quand se réveille en soi une envie de servir une forme quelconque de cause, présentée par la pensée, en même temps, cela signifie qu’on a envie d’un témoignage d’amour, d’un réconfort.

Prenons la musique comme exemple. Quelques mauvaises raisons d’écouter de la musique selon moi: parce que quelqu’un de bien placé m’a fait l’éloge de tel musicien ; parce que je m’étais promis d’écouter au moins un morceau par semaine; parce que je ne sais pas quoi faire ; parce que j’ai fait l’éloge de la musique ; parce que j’ai besoin de réconfort ; parce que j’ai trouvé une raison de le faire en cherchant ; parce que les médias font de la publicité pour je ne sais qui ; parce que c’est bien d’écouter de la musique.. tout ce qui serait idéalisation ou qui pourrait provoquer une tension. .Une bien meilleure raison selon moi : parce que j’ai tel état d’âme et que par intuition j’ai envie d’écouter tel morceau, ( mais oui, voilà, c’est exactement cela, ça y est enfin ! https://youtu.be/m_E2lyd07u8?t=950 Jusqu’à t=16mn35 ) -ou bien parce que j’ai envie d’approfondir un interprète ou l’oeuvre d’un musicien. .

Dans ce cas comme dans tous les cas, le plaisir peut être indépendant, exempt de l’onction de qui que ce soit, ou il peut s’autoriser d’une pensée, satisfaire une pensée ou ne pas la satisfaire, alors la déception est celle d’une pensée du genre ci-dessus (pas réussi à être altruiste) C’est la dialectique.

J’imagine que je n’ai pas besoin de prendre l’exemple des grandes causes censées représenter un bonheur éloigné et assez vague en fait, sans compter qu’on n’en parle pas couramment comme les qualités morales ou les normes sociales. Il est plus difficile de recueillir l’adhésion de tous et par suite, le sentiment de pouvoir être altruiste est moins partagé . Les prêcheurs doivent ramer. (mais si, je vous assure, la défense de cette espèce est drôlement importante!)

La pensée s’échine à trouver ou produire des valeurs collectives qui recevront l’onction des autres.

Ne vous culpabilisez pas si certains, parmi les plus honorables prêcheurs, vous demandent d’être plus altruistes, c’est que l’altruisme que l’on vous fait pratiquer assidûment ne produit pas les résultats escomptés pour les raisons que l’on va voir, alors comme pour le communisme ou l’UE, il en faut toujours plus. Il en faudra toujours plus. (Fuite en avant)

L’effet sur soi qu’on n’a pas cherché n’est pas dépendant de la pensée. (heureusement que la vie est imprévisible) Le plaisir qu’on en retire, pour égoïste qu’il paraisse à certains, n’en est pas moins innocent. Il vient de la vie en soi et de ses propres facultés   Ce plaisir n’est pas dirigé contre les autres. Il augmente à proportion du plaisir des autres. Il aspire à croître. La faculté que l’on a acquise de pouvoir être en situation ou  en capacité de recueillir ce genre de plaisir ne peut être que précieuse. Sinon, «   Tant que le sentiment d’être celui qui agit persiste, il y a désir » (Ramana MAHARSHI)

A l’inverse l’altruiste convaincu est un super-égoïste malfaisant qui s’ignore. L’altruiste convaincu a fait de son altruisme une religion, de l’altruisme un principe de vie fondamental. Il est constamment, totalement et passionnément engagé dans le service des causes que ses pensées lui présentent ou que la société lui proposent, pour autant qu’il en a les moyens et le temps. Il existe même une sorte de fil rouge ou de cohérence entre ces différents éléments de différentes sortes pour permettre un altruisme constant. C’est ce qui fait qu’il s’identifie aux causes en question en pensant faire don de sa personne. Sauf qu’il se trouve que toutes ces causes, en tant que causes : valeurs morales, normes sociales, idéals comme la justice, l’égalité etc les besoins des autres, les structures et groupes, les partis, les images d’autorité etc ont comme caractéristique principale d’être de super-égoïstes. Considérez-les bien, impartialement, objectivement. Elles en possèdent tous les traits. .Ne pas prendre en compte les particularités de chacun. Se suffire à elles-mêmes. N’avoir d’autre objectif que leur propre succès. Réclamer un dévouement total sans rien donner immédiatement en échange. Le fait qu’il en est toujours ainsi et qu’il en sera toujours ainsi. Elles illustrent à merveille la célèbre phrase d’Oscar WILDE «  un égoïste, c’est quelqu’un qui ne pense pas à moi ».

Elles peuvent être comme cela pour plusieurs raisons. 1 Elles promettent une récompense dans un futur vague. 2 Elles pe mettent à ceux qui s’identifient à elles d’assouvir une forme d’égoïsme puisque tout ce qui bénéficie à la cause réconforte, réjouit celui qui l’a embrassée. 3 Elles leur procure un certain plaisir, celui qui découle d’un jugement favorable de la part de la collectivité. Apparence d’altruisme, nature d’égoïste.

La dimension malfaisante, comme on l’a indiqué précédemment, vient du fait que dès que ces altruistes acquièrent quelque pouvoir, dès que leur cause devient officielle ou socialement reconnue, ils ont la possibilité ou pensent avoir le droit de contraindre ceux qu’ils ont sous leur coupe à la servir et de s’octroyer des droits sur la vie, les biens de chacun. De toute façon, ils sont littéralement possédés. Ils se sont tellement identifiés à leurs valeurs, ils se sentent tellement imbus de leur mission, que s’ils étaient ouverts au départ, ils sont bornés à l’arrivée. Il en va toujours ainsi avec les super-égoïstes. La vantardise mérite des éclats de rire. Les leçons de morale méritent des huées.

Cela c’est pour l’effet global, général. Mais il y a les conséquences sinistres sur chaque individu.

Le principe est le suivant : ce qui apparaît à l’esprit comme pensée semble séparé du penseur, (c’est la condition de tout savoir : la distanciation-séparation et l’utilisation des instruments du savoir, mots, symboles, mathématiques) et il se trouve que l’on occupe toujours, en pensée, la place du penseur. Or la pensée est nourrie d’éléments qui requièrent notre dévouement : des échantillons du collectif valorisés. «  Glottophobie, un mot nouveau pour désigner les discriminations linguistiques, autrement dit le processus qui exclut ou stigmatise quelqu’un pour des raisons linguistiques. Les usages de la langue et la façon dont elle renforce une domination, d’autant plus implacable qu’elle est invisible  » (France-culture) Eh bien, ils ne sont pas sortis de l’auberge. (c’est du même genre que la chasse aux stéréotypes masculins et féminins. Bah ben ça c’est France-Culture, verbeux et bobo à souhait)

Tout ce qui n’est pas dénotation est métaphore, la connotation est constante, les mots généralisent, figent, le jugement est partout, il exclut, étiquette, les sous-entendus, présupposés etc pullulent. Mais surtout l’écart suggéré avec ce qui est est plus ou moins grand. En voilà des soucis pour l’altruiste . Attention au départ prêt ? Partez …discrimination,..lutter contre, exclusion, stigmatisation…dénoncer, domination implacable..se mobiliser et se révolter. Voilà ce qu’il se passe dans l’esprit et qui va réveiller l’altruisme de chacun sollicité par la triade : altérité – collectif ou général- valeur… Pourquoi ? Pour la raison suivante que la société est prioritaire sur l’individu. L’altérité, ce sont les autres, la société, c’est le collectif, la valeur c’est le bien de la société ou l’intérêt général. .Et plus le type de société prôné est idéal, désincarné, plus il est coupé des réalités biologiques, anthropologiques, psychologiques de l’espèce humaine, plus les dégâts sont graves. (

Si l’altruisme est un devoir, une obligation morale , (défendre les stigmatisés) l’empathie, qu’il réclame est un devoir (comprendre les stigmatisés) . Si l’empathie est un devoir, la vie par procuration est un devoir (représenter les stigmatisés) . Si la vie par procuration est un devoir, la renonciation à l’écoute, à la mise en valeur et à l’épanouissement de ses propres facultés créatrices et des forces de vie personnelles, singulières et la renonciation au bonheur sont des devoirs. (les stigmatisés d’abord) Ils sont des milliards à pouvoir prétendre à être défendus pour une raison ou une autre. Allez-vous passer votre existence à penser à partir du cas de ces milliards  de gens? Ou bien ne voulez-vous pas grossir le nombre de ces pleurnichards ?

Pour être altruiste, on l’a vu, il faut se mettre à l’écoute, à la place des autres, partager ce qu’ils éprouvent, de façon à bien les assister, les secourir, les accompagner. Si cette empathie est un devoir et une habitude générale, on dépend du bonheur ou du contentement des autres pour avoir du bonheur ou du contentement en retour, on attend le partage. On passe sa vie à attendre, à espérer. S’il en est ainsi, on n’a aucune raison de faire fructifier ses propres facultés ou dons. On se sacrifie ; Tout ce qui arrive, tout ce qui se passe est l’occasion de savoir comment l’autre le vit, pour,, s’il est possible, être au diapason avec lui à ce sujet, pas une occasion d’élucider ce qui arrive ou se passe et d’en tirer parti pour son compte personnel. L’obéissance est l’expression de l’habitude prise de l’empathie et de la vie par procuration. C’est épouser le point de vue de l’autre et lui faire totalement confiance pour les résultats de l’entreprise.

On s’est fait rouler depuis le départ sur toute la ligne. Non seulement on a gâché la part de vie qu’on avait reçue en héritage, mais en plus on n’a jamais obtenu ce qu’on espérait. Dans ce dernier cas, la raison est simple. C’était le plaisir ou le bénéfice de quelqu’un qu’on était obligé de penser – ce quelqu’un étant soi-même – et il se trouve que cette idée de soi n’a jamais été soi. Au mieux, le contribuable ou l’employé faisaient partie de notre existence, mais quand on pense à soi en rapport avec des choses aussi vagues et creuses que le progrès, l’émancipation, le respect de la nature, la discrimination, la stigmatisation, l’égalité etc etc etc on ne peut pas espérer que ce qu’on est, ce qu’on vivra aura beaucoup de rapports avec cette idée. Donc si le plaisir ou le bénéfice est associé à l’idée en question, c’est raté. Raté, et encore raté.

Ce dont on s’est emparé est à nous, surtout s’il s’agit d’un phénomène psychique, ce qui est à nous on en fait ce qu’on veut. Pas d’altruisme avec ce qui nous appartient.

La peste soit de cette vermine qui manipule et exploite, consciemment, volontairement, ce tropisme altruiste. « L’humanité ne sera heureuse que lorsqu’elle aura pendu le dernier Roi avec les tripes du dernier prêtre «  (VOLTAIRE)

On avait, au départ, un enfant qui était au moins deux fois, du fait de son existence et de ce qu’il est, le résultat d’une intervention étrangère, un enfant qui aspirait comme les autres créatures vivantes à une existence aussi heureuse et riche que possible, un enfant qui, pour trouver sa place dans le monde et parce qu’on avait fini par le convaincre qu’ainsi il aurait ce qu’il souhaitait, s’était engagé plus ou moins complètement dans l’altruisme (servir les autres, servir le monde) , un enfant devenu adulte qui au bout du compte s’est complètement fait avoir , et est devenu plus ou moins mauvais. Gloire à Dieu au plus haut des cieux !

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