LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

25 avril, 2017

UN SENS A MA VIE

Classé dans : Destin — inconnaissance @ 19:52

L’homme social et culturel est un être profondément et intrinsèquement altruiste. La société et la culture lui fournissent d’innombrables raisons, moyens, occasions pour exprimer l’amour qui est en lui, qui est lui. Si les faits semblent contredire cette affirmation, c’est que cet altruisme est en échec, c’est qu’il apporte beaucoup de déceptions, c’est qu’il fait souffrir etc Les hommes alors se replient, se révoltent, se vengent. Bien sûr, et c’est normal, qu’ils en attendaient un retour. Un amour toujours méprisé , cela ne dure pas.

Mais voyons, à qui ne voulons-nous pas faire plaisir, de qui, de quoi ne voulons-nous pas satisfaire les demandes, les désirs, les conditions , les critères, quand est-ce que nos déceptions, nos tristesses, nos chagrins ne viennent pas du fait que nous n’avons pas réussi à satisfaire une demande, un désir, une condition faits nôtres, du fait d’une infidélité par rapport à un idéal auquel nous avons souscrit ? N’avons-nous pas à l’esprit, constamment, le souci, l’idée de servir à quelque chose ou à quelqu’un, de nous rendre utile ? Nous avons été élevé dans l’idée qu’il fallait mériter notre existence et que le monde qui nous entourait était nécessairement en droit d’obtenir nos services. Nous sommes des altruistes incarnés parce qu’il s’agit toujours pour nous de rendre des comptes à des instances extérieures ou intérieures, et parce que nous sommes au service de ces instances. On se démène pour elles, tout le temps.

Toutes nos pensées et tout ce qu’on nous dit et ce qu’on lit tendent à être une demande, un appel, un devoir, une exigence, une attente, une interpellation, .comme si la culture ou la société était perpétuellement en difficulté, dans le besoin, dans la détresse. On en connaît des gens qui sont ainsi : incapables de s’assumer, toujours à la remorque des autres, toujours en demande. La société ou la culture se comportent ainsi : à la fois exigeante et solliciteuse, à la fois autoritaire et pitoyable. Elle fait appel à nous, mais pour nous commander.  C’est comme ces politiques. qui doivent user de raisonnements compliqués et fallacieux pour masquer la contradiction où ils sont . Ils veulent en effet, à la fois, convaincre les gens que leurs idées sont les bonnes, qu’il faut se rallier à elles, qu’il faut leur faire confiance parce qu’ils sont la solution, et expliquer qu’ils ont besoin des gens, qu’ils dépendent de l’assentiment et du concours des gens pour pouvoir oeuvrer. C’est ça un chef. Un chef sait, il a l’autorité, il est indépendant, mais pour « cheffer », il a besoin d’embaucher du monde et il a besoin de subalternes.

Que ne faites-vous pas pour vous mettre en règle, pour remplir votre devoir, pour être comme il faut  , pour être dans la norme ? c’est nécessaire, c’est normal, souhaitable… ? peut-être. Admettons. Mais admettez aussi que, dans ces conditions, la règle, la norme, les convenances, la morale n’ont pas d’autre objectif que leur propre satisfaction . Elles prospèrent. C’était le but. Ce sont des visages de la société (des éléments communs) . Admettez que c’est de l’altruisme de votre part. Et au fait, quels résultats ? Et quels bénéfices pour nous objectivement , ? Êtes-vous content que ces règles, normes, morale etc soient contents ? Oui, si vous vous êtes identifié à elles. Votre conviction, votre idée de vous-même par ricochet, en éprouvera quelques satisfactions. Non si vous considérez que tout cela vous est étranger et même, globalement défavorable.

Tout cela était appréhendé, à partir de soi, comme quelque chose qui n’était pas soi. Tout cela déclenchait un certain mouvement de notre part que l’on pourrait appeler : servir, se dévouer, être utile. Mais s’il n’y avait personne, que du vide au centre, au départ, ce mouvement n’existerait pas. . Il devait en être ainsi. Par la pensée, on se sépare de l’objet de pensée. Le sens, qui fait la pensée, qui contient les objets de pensée, nous est donné peu à peu par le monde, par les autres. Nouvelle séparation. Or, ce sens réclame le plus souvent notre mobilisation et notre adhésion. L’altruisme est obligatoire parce qu’on n’échappe pas au sens, on vit dedans, avec lui, pour lui. .

Il y a un fond de conscience plus ou moins sensible ou actif, avec des pensées et des images qui font surface. Dans quelle mesure tout cela nous cause-t-il du plaisir ou du déplaisir  ? Pourquoi devrions-nous accepter ce déplaisir ? Pourquoi serait-il interdit, immoral, inconvenant de refuser ce déplaisir ? Pourquoi ne pas objectiver ce déplaisir et sa source pour les réduire à néant ? .

Il semble que cet altruisme, ce dévouement constants ne vous apportent pas les bienfaits espérés. Car si c’était le cas, vous ne vous offusqueriez pas, vous ne seriez pas touché quand d’autres personnes ne respectent en rien ces règles (sans vous causer de préjudice). Cela vous serait aussi égal que si quelqu’un détestait les sports d’hiver alors que vous êtes en train de prendre du plaisir sur les pistes. Non, vous en souffrez et vous voulez que les autres souffrent comme vous.. Sinon, jalousie terrible. (A la queue comme tout le monde !)

Est-ce que vous avez choisi de rendre ces comptes, de servir toutes ces choses ?, Pas vraiment puisque vous êtes incapables de vous arrêter. C’est plus fort que vous. Est-ce que vous êtes toujours d’accord . On ne se pose pas la question. Peut-on s’enorgueillir d’une addiction ? Et la liberté que se donnent ceux qui ne sont pas si dépendants (sans vous nuire) vous rend jaloux également.

Quand avons-nous eu comme unique objectif, la satisfaction ou le plaisir personnel indépendamment de toute considération sociale ou culturelle  ? C’est sans doute rarissime quand nous sommes en société. Et si cela arrive, est-ce que d’en être conscient ou d’être découvert ne provoque pas des sentiments de culpabilité ? (ne mange pas tous les petits fours, fiston, il n’y en aura plus pour les autres)

Même lorsque nous semblons tout entier occupé à prendre du plaisir, il y a des chances pour que, en même temps, nous pensions, en altruiste, à des choses à faire, à dire. Nous arrive-t-il d’être entièrement et uniquement occupé à notre propre satisfaction, qu’elle soit associée ou pas au plaisir de l’autre  peu importe ?

Quelle est notre attitude face aux pensées qui nous attristent, nous assombrissent, nous culpabilisent, nous inquiètent ? Pouvons-nous les chasser du fait que notre priorité est notre quiétude intérieure ?

Les mots créent un espace entre soi comme penseur et eux. Il y a un champ d’énergie qui part toujours de soi-penseur pour aller vers le mot. On possède seul cette énergie, le mot, lui, n’en possède aucune au départ. Dans le mouvement, le soi-penseur est oublié, ignoré, comme le marcheur oublie son point de départ et ne pense qu’à son point d’arrivée. On peut mettre beaucoup de vie dans un mot, ou pas du tout. « Les acteurs de la rafle du Vel d’Hiv sont tous des produits du système républicain «  (Laurent JOLY – France-culture) Les deux questions que l’on peut se poser en prenant, un à un, les mots « acteurs » « rafle » « Vel d’Hiv » « produits » «  « système républicain » en s’examinant un peu sont : 1 quelle quantité d’énergie se déploie à chaque foie entre nous et eux 2 quelle dose de vie attribuons-nous à leurs référents. (le mot produit est peu investi et peu doté de vie. Cela ne va pas nous remuer beaucoup ; Pour le mot rafle, c’est le contraire. On n’était pourtant pas présent)

Pour SPINOZA, le désir est l’essence de l’homme, FREUD parle de libido, on parle aussi d’énergie vitale, Bouddha parle de soif d’existence à laquelle il nous propose même de renoncer – comme si on était sur le point de quitter ce monde -, ce qui n’est pas rien. A l ’autre bout, il y a tous les caprices, les petits désirs frivoles et éphémères pour des tas de broutilles. Mais bien en amont de cela, la soif d’existence ou la libido a pris en chacun de nous un certain visage qui correspond à notre personnalité. Tout dépend du type d’objet que nous désirons constamment derrière toute chose. Et ce type correspond pour chacun à ce que les autres, la société aiment et que nous voulons aimer pour cette raison. Nous avons épousé ce que les autres, la société aiment selon nous. Ne jamais faire plaisir serait terrible pour les autres et pour nous. Mais comme ce n’est pas le cas, comme c’est le contraire qui se passe, les autres, la société passent leur temps à nous adresser des demandes pour nous donner l’occasion de faire plaisir. Si cela correspond à la façon, aux raisons pour lesquelles on fait plaisir, cela fonctionne.

Fatou DIOME déclare : «  la meilleure manière de respecter une culture, c’est de la connaître «  (France-culture) Il y a des chances que les autres accordent de l’importance au respect, il y a des chances qu’on lui accorde de l’importance. Nous en attendons comme nous en témoignons. Cet objet de désir est d’un certain type, un type difficile à définir. On associe cela à certaines conceptions morales, spirituelles, psychologiques de l‘homme Le  »respect » varie avec les gens et la façon qu’ils ont de le pratiquer ou de l’attendre. Le désir que certains ont épousé consiste à se dévouer pour le respect des autres. Pour eux, respect rime avec altérité et injustice faite aux autres. (par exemple, pour Fatou DIOME, il peut s’agir des autres cultures qu’il faut se faire un devoir de connaître) voilà le genre de désir qui mijote dans l’esprit et qui trouve à s’exprimer à la moindre occasion. Notre désir, ici, c’est le désir d’une certaine catégorie de gens, de certains milieux, de certains mouvements, la catégorie, le milieu, le mouvement qui demandent que les cultures des autres soient connues et réhabilitées. (A France culture on est champion de cette cause) . C‘est cela qui leur ferait plaisir. Mais si leur désir vous est étranger, .ce genre des respect n’est pas votre affaire.

Sait-on ce qui fait l’essentiel de notre désir dans l’existence, quel genre de désir est-ce ou plus précisément quel genre de plaisir veut-on apporter aux autres ? Supposons une seconde que nous ne cherchions plus à augmenter leur dignité et leur estime de soi …Choquant ! Supposons que nous n’essayons plus de les mettre dans un état d’esprit ou d’âme agréable, confortable . Choquant ! Supposons que nous ne voulions plus les mettre en confiance et les rassurer. Choquant !. Supposons que nous soyons sourds à leurs désirs et leurs demandes. Choquant ! .Il est clair, n’est-ce pas, que plus on est altruiste, plus on a au cœur le devoir d’être au service des autres, d’aimer les autres, et plus on fera le contraire de ce qui est supposé ci-dessus. Plus on trouvera tout cela choquant. Or c’est une question qui se pose en permanence.

Savoir si notre quête est de nature sentimentale et si on espère faire plaisir avec des sentiments, si notre quête est de nature esthétique ou artistique et si on espère faire plaisir avec cela, si notre quête est de nature spirituelle et si on espère faire plaisir avec de la spiritualité, si notre quête est de nature morale et si on espère faire plaisir avec de la morale, si notre quête est de nature technique et si on espère faire plaisir ainsi, si notre quête est de nature sensuelle et si on espère faire plaisir ainsi. Si on savait qu’on n’avait aucune chance de faire plaisir, de satisfaire la quête des autres avec des sentiments, de l’art, de la spiritualité, de la morale etc on laisserait tomber. D’ailleurs si notre quête est de nature spirituelle, par exemple, et que l’on tombe sur quelqu’un dont la quête est de nature sensuelle, on ne risque pas de s’entendre avec lui et on s’en détourne. (à France culture, on peut transgresser les normes artistiques, techniques, sensuelles voire spirituelles, mais pas les normes morales et sentimentales) Si on ne connaît pas la nature de notre quête, on sera toujours son jouet. Si on se trompe sur la nature de la quête de l’autre on ne risque pas de le comprendre.

Qu’est-ce que cela veut dire plaire aux autres ? C’est faire le bien, être dans le bien. On est content ! Sinon, non.

L‘altruisme est donc aussi l’essence de l’homme. C’est son destin. Le monde ne le lâche pas. Mais quand une multitude de gens plus ou moins informés de cela se bousculent au portillon pour nous proposer leur cause, leur raison de nous dévouer, pour en rajouter encore et encore à tout ce qui nous mobilise, nous contraint au service, quand ils abusent de cet état de fait – et la concurrence fait rage - c’est vraiment détestable et méprisable. .

Prenons un exemple avec le fait d’élever un enfant. N’importe quel couple hétérosexuel normalement constitué est capable d’engendrer. C’est une fonction biologique partagée par d’innombrables espèces vivantes. Elever un enfant, c’est autre chose. On le fait à partir du sens du monde dont on a hérité, de l’éducation que l’on a reçue, de la personnalité qui est la nôtre, et dans le but de l’intégrer dans le type de société dans lequel on vit. On n’a rien choisi de tout cela. On aurait pu hérité d’un autre sens, avoir une autre éducation, une autre personnalité, vivre dans une autre culture. En revanche, les problèmes que pose la transmission de ce sens et de ces idées, c’est pour notre pomme. Les problèmes que pose notre personnalité dans les relations avec l’enfant, c’est pour notre pomme. Les problèmes que pose l’intégration de l’enfant dans le type de société, c’est pour notre pomme. (et plus tard, pour sa pomme) A nous d’endurer les conséquences d’éléments que nous n’avons pas choisis. Et nous les endurons parce que l’on endosse et assume ces éléments dans le cadre d’un dialogue intérieur où le monde présenté par la pensée fait la loi. N’est-ce pas aberrant de se rendre responsable de la peine et des difficultés que nous causent des forces d’occupation étrangères ?

Allons-nous faire preuve d’empathie à l’égard de gens qui ont ce genre de problèmes , mais qui ont hérité d’un sens différent, qui ont eu une éducation différente, qui ont une personnalité différente, qui veulent intégrer l’enfant dans un type de société différent ? Non. Car l’empathie a besoin de fonctionner sur la base d’éléments communs, d’idées communes, de valeurs communes. Partager alors les problèmes de l’autre, c’est aussi s’apitoyer sur son propre sort. Il en va ainsi dans la vie. On fait preuve d’empathie à l’égard de gens qui ont les mêmes problèmes que nous à cause des mêmes idées que nous. Mais ce faisant, on se compromet. On fait preuve de complaisance à l’égard de ces idées néfastes. On les approuve au lieu de les combattre ou de s’en détacher. On prolonge leur pouvoir et leur nuisance.

L’altruisme à l’égard du monde, c’est à dire à l’égard du sens qu’on nous en a donné, nous conduit à caresser notre propre tyran, à faire ami ami avec les idées qui nous persécutent. .

Allons-nous endosser la responsabilité des dégâts causés par un sens, une personnalité, un type de société que nous n’avions pas la possibilité de refuser et dont nous avons été victimes nous mêmes ? Allons-nous nous jeter dans les bras de tous ceux qui voudraient que nous nous chargions, en plus, de leurs problèmes, de problèmes que nous n’avons pas encore ? Allons-nous continuer à supporter les conséquences funestes de notre altruisme foncier et en même temps à supporter les reproches de ne pas être assez altruiste et empathique ?

Altruisme ordinaire : sitôt levé, c’est le sort de et de, le succès de et de, les intérêts de et de qui s’emparent de notre esprit et nous font souci. Altruisme intense, ne rien faire, ne rien dire qui aurait une chance de froisser autrui, de lui déplaire, de l’attrister. .Souci constant et obsédant de l’autre. Votre altruisme et votre empathie vous ont-ils apportés assez de peines et de tracas aujourd’hui pour être contents ? Je parie que vous êtes passé à côté de certains malheurs.

melo1

Les chansons, la télé et le cinéma nous crétinisent.

Commencer par cesser toute empathie à l’égard des collectivités de toutes sortes (groupes, communautés, clubs, sociétés etc)  et de leurs émois

L’enjeu est de rendre crédible, juste, l’idée qu’un individu n’est pas radicalement séparé d’un autre individu, et de nier l’idée que l’on est seul, sans aucun devoir à l’égard d’autrui. Il faut donc trouver des raisons à ce devoir ou ce lien, élaborer une idée de l’existence et des hommes qui prouve ces raisons. L’apparence physique ne suffit pas. Ce n’est pas parce que la créature que l’on a en face de soi a deux jambes, deux bras, deux yeux etc comme nous que cela suffit à créer ce devoir.  Alors qu’allons-nous trouver ? Il faut pouvoir penser, d’une certaine façon, « je suis toi, tu es moi  » On peut faire référence à des éléments de pensée censés être partagés. C’est toujours une union, un lien, une similarité qui accrédite l’idée d’une essence humaine. On peut aussi donner une réalité à la société, car c’est donner une réalité à ce qui réunit les membres de cette société.

C’est la valeur commune accordée aux critères et normes sociaux, aux qualités morales, aux règles et moeurs qui font lien.ou communauté Que la collectivité cesse de leur accorder cette valeur, et la part de commun disparaît en même temps pour la simple et bonne raison que ce sont l’altruisme et l’empathie collectifs qui maintiennent ces liens en état de fonctionnement. .D’un certain point de vue, vous n’avez aucun devoir envers quelqu’un si vous ne vous trouvez pas quelque chose de commun de l’ordre de la pensée ou de l’esprit.

En ces temps où le politiquement et le moralement correct s’étend, où les individus sont soumis à des contraintes, des exigences, de plus en plus nombreuses et puissantes, où fonctionner correctement devient de plus en plus complexe, la meilleure posture pour être convenable et pour amoindrir la pression est la position de victime. La victime parvient à inverser un peu les rôles et à être un sujet de devoir pour les autres.

L’oeuvre des médias :

merd

Pour convenir que cette image leur correspond, il faut être capable de comprendre immédiatement – comme un musicien qui a l’oreille absolue identifie instantanément chaque note sans coup férir - en fonction de quel présupposé ils posent une question ou émettent un avis.  Vous verrez que c’est répugnant.

 

Dieu est avec nous !  (imanou El)

12

CGT-Energie Anjou 49 |
Bella et le syndrôme " BALBOA" |
Jeunes dans la ville |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Pensée..!?
| targuist
| Gabon, Environnement, Touri...