LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

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29 septembre, 2017

LE BESOIN DE CROIRE

Classé dans : Croyance — inconnaissance @ 10:35

Un bon citoyen ! C’est certainement une expression que ne renieraient pas ROBESPIERRE ou EICHMANN

Si vous satisfaites aux deux conditions suivantes, il y a peut-être un problème.

Condition 1 : la collectivité, la société, les autres sont une priorité, quelque chose qui doit passer avant votre intérêt personnel.

Condition 2 : Ce qui est reconnu, considéré, admis par cette collectivité, cette société, comme une valeur, comme bien, est indubitablement une valeur, est le bien.

Si vous ne les satisfaites pas, il y a du remue-ménage chez vous.

Être un bon citoyen est un objectif qui exprime à la fois la première condition (citoyenneté comme priorité) et la seconde condition ( « bon » parce que de toute façon citoyen est un but) Le résultat, c’est que l’on va se demander : comment être un bon citoyen, qu’est-ce qu’être un bon citoyen, qu’est-ce qu’un citoyen , quelle éducation faut-il donner etc (voir le net) , mais jamais : pourquoi devrais-je être un bon citoyen ? Cette idée est passée dans les mœurs. Ce sont les idées qui sont passées dans les mœurs qui formatent notre personnalité, qui intiment l’ordre à tout ce qui paraît dans la conscience de se conformer au schéma prévu. C’est tout ce qui est de l’ordre d’un modèle d’être et qui passe pour évident, pour aller de soi, pour incontournable. Moeurs d’un temps et d’un lieu.

Dans notre société occidentale très imprégnée de christianisme, longtemps travaillée par les valeurs cardinales du christianisme et tout particulièrement du catholicisme, il y a, comme cela, un certain nombre d’idées qui sont passées dans les mœurs parce qu’elles seraient des vérités de l’existence. Par exemple : l’amour. Combien de fois n’avez-vous pas entendu que Dieu est amour, que Jésus est venu prêcher l’amour, se sacrifier par amour. A force, et sans pouvoir prouver le contraire, on a fini par le croire plus ou moins. Mais puisque Dieu est amour et que Dieu est le Bien des biens, le Bien suprême, l’amour est une grande Vérité. Cela se retrouve dans les relations humaines. On considérera que nous sommes de très mauvais sujets si nous ne pouvons pas aimer et être aimés, sinon par tout le monde, du moins par un certain nombre de personnes.

Une vérité passée dans les mœurs est mentalement tyrannique parce qu’elle est aussi dans notre esprit. On ne peut la remettre en cause. Elle attend toujours d’être satisfaite. Elle exerce une action permanente sur nous, sur ce que nous vivons. Elle nous contraint à nous falsifier pour lui être fidèle. Combien de gens sont comme des lapins Duracel : être aimé, recueillir de l’amour, témoigner de l’amour, motivent leur existence en permanence. Combien de gens se persuadent qu’ils agissent par amour et qu’ils méritent d’être aimés en militant pour le bonheur de l’humanité ou en se dévouant pour secourir certaines catégories de personnes ? Demandez-vous s’ils pourraient vivre sans faire cela. Probablement pas parce qu’ils auraient l’impression de ne plus exister. C’est leur identité.

En vérité, la façon dont cette idée se comporte avec nous, prouve qu’elle ne nous aime pas. En vérité, en vérité je vous le dis hi hi, si nous faisons un avec cette idée, on n’aimera pas.

Combien de couples, d’hommes ou de femmes veulent des enfants, sans penser plus loin, parce qu’ils ont besoin d’amour et qu’ils savent que les enfants sont des êtres aimants et leur en donneront….un certain temps. Ils vont donc aimer leurs enfants à leur manière et tirer le maximum d’amour d’eux, soutenus en cela par la société et les psy qui leur disent ce que c’est que l’amour ou qui font de cet amour entre parents et enfants un objectif et une valeur incontestables. C’est aussi un devoir pour les enfants. C’est une initiation à la citoyenneté. . Et quand l’amour n’est pas là, catastrophe, drame..voir le net.

Il faudra donc s’arranger avec sa conscience pour lui donner le visage de l’amour, (c’est pour ton bien je te dis) et vérifier que les enfants veuillent montrer de l’amour. (voir les écoeurantes séries américaines) .

Si on a du mal à admettre que notre amour n’en est pas un, c’est parce que deux réalités ne collent pas avec le modèle, les valeurs que l’on a embrassés. 1 On y prend du plaisir, c’est pour notre plaisir 2 parce que notre dépendance à l’idée d’amour (douloureuse et bornée) est contraire à notre idée de l’amour (selon les moeurs) et de nous-même qui en découle.

Si l’amour (aimer et être aimé) est un élément fondamental de notre personnalité, si on est très dépendant de lui, on risque fort d’en pâtir si l’on se trouve en face de quelqu’un qui n’est pas du tout dans cette situation. Dans une relation entre une personne accroc à l’amour et une personne qui ne l’est pas, devinez qui souffre et qui est la victime ou le dindon de la farce. Or cela devient particulièrement ridicule quand cette dernière personne est un professionnel quelconque, un fonctionnaire quelconque, une composante sociale quelconque. Quel nigaud on fait !

Au fait, pourquoi devrais-je aimer et être aimé  ?

Il en est de même avec tout ce que les mœurs ont consacré comme vérités.On ne se rend compte à quel point on est prisonnier du personnage correspondant à une vérité des moeurs que lorsqu’il est malmené, en danger. Lorsque le vrai homme – correspondant à ce qu’on en dit dans la culture – que nous voulons être se disloque. On a tant fait pour se mettre en conformité avec ce concept. Lorsque l’être moral, probe -selon le sens donné par la culture – que l’on veut être est mis à mal -honneur perdu. On a tant fait pour paraître moral. Lorsque le père ou la mère -selon le sens donné par la culture – que l’on veut être est abîmé. On a tant fait pour se persuader qu’on était un bon père ou une bonne mère.  Lorsque le responsable – selon le sens donné par la culture – que l’on veut être se casse la figure. On a tant fait pour passer pour l’auteur de ses propres choix, propres actes. Lorsque le non-égoïste- selon le sens donné par la culture – que l’on veut être passe soudain pour un égoïste. On a tant fait pour être non-égoïste. Lorsque le bon chrétien, le bon musulman, le bon juif, le bon bouddhiste – conformément aux enseignements – que l’on veut être est sérieusement mis en cause. On a tant fait pour se persuader qu’on l’était Et bien d’autres valeurs consacrées plus particulières à chacun. (ma communauté, ma tradition, mon hobby, mon parti, mon statut social etc) La littérature dit : comment être une bonne mère, un homme digne de ce nom, quelqu’un de moral, un bon chrétien etc que faire ? On lit le Talmud, l’évangile, des livres de psychologie, de philosophes, on se trempe dans l’action etc On ne dit pas : pourquoi devrait-on être tout cela.

Ce moi est devenu une seconde nature.

Si on ne reconnaît pas qu’il y a un problème, c’est parce que deux réalités ne collent pas avec le modèle, les valeurs que l’on a embrassés. 1 bis On y prend du plaisir, c’est pour notre plaisir . (C’est pas prévu par l’idée répandue de ce qu’est un homme digne de ce nom, une bonne mère, un non-égoïste, un être moral etc) Quel plaisir ? On s’est investi dans la fabrication de ce moi. La reconnaissance nous procure le même contentement que lorsque quelqu’un vient nous féliciter pour le travail qu’on a fait, surtout si ce travail est personnel : tableau, livre etc Et plaisir sensuel dans certains cas.

2 Parce que nous ne nous comportons pas avec cette vérité consacrée par les mœurs comme prévu . On n’est pas un vrai homme, une bonne mère, un non-égoïste, quelqu’un de moral, de responsable en obéissant scrupuleusement à l’idée d’homme, de mère, de non-égoïste, de moralité, de responsabilité conditionnée. Comment le pourrait-on ? On est l‘esclave de ces idées, on cherche notre plaisir, on ne sait pas pourquoi on est comme ça, on triche avec ce qu’on est, avec notre véritable nature.

Quand toutes ces valeurs consacrées s’ajoutent, notamment l’amour, l’altruisme, l’homme vrai, le responsable, l’individu moral , quand les personnages correspondants se confondent, aucune chance d’y échapper. Comment oserait-on toutes les répudier à la fois alors qu’elles se renforcent les unes les autres. Sauf si on échappe à la désignation-caractérisation.

Il faut faire attention parce que tout, absolument tout ce qui peut émaner d’instances, d’organisations, de pouvoirs capables de s’adresser au public est pétri de jugements, et ces jugements de valeur, c’est de la politique. C’est destiné justement à devenir des critères de pensée, pour peu que cela passe pour être collectif, partagé. C’est flagrant en musique, avec les pianistes par exemple. On retrouve toujours la même quinzaine  (j’ai les noms) sur youtube, radio classique etc en plusieurs exemplaires.  Ils sont toujours en tête de gondole. En plusieurs exemplaires. (comme dans le métro les pub)  Ils sont soutenus par le système comme un Michaël JACKSON. Il faut concentrer hein ? En fait ils font bouchon comme un gros camion sur la route. Ils empêchent des artistes différents et talentueux d’émerger. C’est que ces derniers n’ont pas la bonne origine, la bonne identité, la bonne personnalité musicale. Les grands compositeurs sont aussi différents que possible, mais là, on est dans une facture formatée, modélisée. Un moule. Jamais je n’écoute ces stars-système (je ne vais pas gonfler le bouchon,) sauf Yuja WANG mais on ne peut pas dire qu’elle en fasse partie..

En attendant, on veut savoir comment, comment, comment. Ce mot revient sans cesse. Il est omniprésent sur le net. (avec le mot solution) Il n’y a pas de comment pour atteindre un objectif qui est un non-sens. Je voudrais avancer en reculant, comment dois-je m’y prendre ? Je voudrais aimer comme on me l’a appris et je voudrais aimer de façon authentique, être approuvé par tout le monde et ne pas dépendre des autres, pouvez-vous m’aider ? Je voudrais me savoir tout en étant libre, être vraiment l’être social prévu et ne pas l’être comment puis-je faire ? Je voudrais rester en prison, ne pas prendre de plaisir, savoir ce que je fais, et sortir de prison, prendre du plaisir, et ne pas savoir ce que je fais. Comment dois-je m’y prendre ?

Se savoir a trois fonctions, trois utilités au moins, parfois quatre. Première utilité : pouvoir répondre, se défendre, face aux critiques, remises en cause qui ne manquent pas d’arriver. Deuxième utilité : obtenir un certain plaisir narcissique et une certaine reconnaissance sociale. Troisième utilité atténuer notre séparation d’avec les autres. On peut s’unir à eux. Quatrième utilité possible pour ceux qui ont soif de pouvoir, qui sont dévorés d’ambition : être un moyen de dominer, d’assujettir, de conquérir.

Tout ce temps passé par ceux qui ont reçu de la société la mission de défendre ses intérêts à utiliser toutes les valeurs consacrées par les mœurs, à y renvoyer, à en faire des repères, à exiger qu’on leur obéisse et à rien d’autre. Désolant ! 

J’utilise souvent, en ce moment, le pronom « vous » comme pour réveiller vos défenses immunitaires. .

J’ai reçu un Canard qui disait (je change le premier mot pour ne pas donner d’indices) « Bordeaux et vous » Je n’ai pas sauté de joie en pensant : je suis célèbre, on parle de moi dans le journal, je ne l’ai montré à personne. Car je sais que le « vous » est une commodité de langage. C’est un terme générique qui ne désigne personne en particulier…..quoique, en fouillant, est-ce je ne suis pas légèrement titillé au fond ? Et je le serai d’autant plus que les mots qui suivent peuvent m’interpeller. (genre : Bordeaux et vous au cœur de l’actualité ah ah ah !) Mais restons-en au vous. Ce vous n’a pas de pouvoir sur moi. Alors qu’est-ce qui fait que les généralités au-dessus m’interpellent davantage, me mobilisent davantage ? Elles non plus ne désignent personne en particulier. Elles aussi, en principe, supposent un vous générique ou général correspondant au mot général Pourquoi me reconnaîtrais-je dans les mots amour, morale, non-égoïsme, humanisme, responsabilité etc au point d’être le sujet qu’ils réveillent ?

Je pense = je suis le penseur de cette pensée . Cette pensée me donne une identité = je suis le penseur-pensé de cette pensée. Je suis je. (je pense : non-égoïsme. Je suis le penseur de cette idée. Je me reconnais dans cette idée. C’est mon identité. Je suis le penseur pensé de non-égoïsme. Je suis le non égoïsme)

Eh non. Je ne pense pas ma pensée. Cette idée de non-égoïsme est venue toute seule et ce n’est pas moi qui l’ai mise dans mon esprit. Eh non, je ne suis pas le penseur-pensé. Cette généralité est une illusion . Le résultat est une illusion. Une illusion ??

La fonction de la généralité, est de nous permettre de nous désigner nous-même, tout seul, sous prétexte qu’elle représente une valeur consacrée par la collectivité, sans que celui qui nous en parle ne s’implique, ne s’engage le moins du monde. C’est de rappeler ou d’évoquer indirectement les valeurs consacrées, forcément associées à tout un tas d’idées. Pour reprendre les propos de l’Avocat Henri LECLERC « Aujourd’hui la représentation nationale ne correspond pas à ce que pensent les citoyens dans leur organisation. Donc inévitablement il y a des manifestations pour dire : ‘Attention, nous sommes encore là !’. Aujourd’hui, représentation nationale, citoyens, nous, nous permettent de nous désigner nous-même, de nous définir nous-même, sans que l’avocat ne s’implique ou ne s’engage le moins du monde. La fonction de tous les mots que l’on utilise pour nous faire des reproches, nous interpeller, est la même. Ce n’est pas Dieu qui regarde Caïn, c’est tout le monde. Homme, mère moralité, non-égoïsme, responsabilité..etc c’est tout le monde. Tout le monde, c’est le fondement de la croyance. Tout le monde, c’est la justification à la fois de l’existence de l’objet de croyance et de la croyance elle-même. Dieu c’est tout le monde et tout le monde y croit. La société, c’est tout le monde, et tout le monde y croit. La citoyenneté, c’est tout le monde, et tout le monde y croit. Tout le monde doit passer avant moi, et tout le monde est la valeur reconnue par tout le monde.

On a besoin de croire au pouvoir des manifestations. Alors on invente une cause. « nous » (comme on avait besoin de croire à un créateur du monde) Mais « nous » n’est qu’une création de l’esprit. Et d’ailleurs ma création n’est pas semblable à la vôtre.

On a besoin de croire dans le fait que les jeunes peuvent trouver leur voie. Alors on invente une cause. Le pouvoir de rêver. Ce n’est qu’une création de l’esprit. Elle est différente chez vous et chez moi.

On a besoin de croire que l’amour, l’idée d’homme, le non-égoïsme, la responsabilité, la moralité etc ont les effets décrits par la culture. Alors on croit en l’existence de toutes ces choses. Mais ce ne sont que des créations de l’esprit. A chaque fois, cette création est différente chez vous et chez moi.

On a besoin de croire que le « je » permet de se désigner, alors on croit en son existence. Mais ce n’est qu’une création de l’esprit.  Ce que le je « désigne » pour moi, et ce que autrui désigne en me disant tu ou vous, ce n’est pas la même chose.

«  Toutes les profondeurs psychologiques aussi extraordinaires qu’elles puissent être sont sans valeur parce que c’est la pensée qui les a créées et qu’elle en assure la continuité et le statu quo « (UG)

Il avait raison Jésus, avec une foi forte, on peut déplacer des montagnes. Pas de vraies montagnes, bien sûr, les montagnes que représentent les croyances des autres. Mais cet imbécile ne se demande pas : pourquoi on devrait déplacer une montagne, et pourquoi elle serait mieux ailleurs ? Fichez-lui la paix à la montagne ! .

Alors allez-y, faites votre petit Jésus, votre petit sauveur du monde, votre petit CYRULNIK, votre petit MACRON, votre petit MELENCHON, votre petit journaliste de FC (avec ses expressions-slogan) , votre petit MARX, votre petit ENTHOVEN etc Faites un concours de déplacements de montagnes. Répandez la croyance, inventez des causes. Il suffit pour cela de ne jamais se poser honnêtement les questions 1 est-ce que ce phénomène existe bien, est-il avéré ? 2 Est-ce que la cause est bien la cause , l’a-t-on démontré ? -Ou bien continuez à vous faire empapaouter, c’est à dire Franc-culturiser, cyrulniker, macroniser, melenchonniser, papefrançoisiser, enthoveniser, marxiser etc en les laissant parler en votre nom d’idées générales qui vous ignorent complètement. ,

Croyance…dans ce cas oui «  le langage est un moyen de transformations «  (Paul VALERY)

crois

 

 

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