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7 septembre, 2017

ÊTES-VOUS SOCIOLOGISABLE

Classé dans : Sociologie — inconnaissance @ 13:16

A l’occasion, vous vous êtes peut-être dit que ce que vous regardiez ou que la pensée que vous inspirait un aspect du monde était du genre à être un lien social, un truc qui fait sens pour tout le monde, un jugement commun. (traverser dans les clous ou hors des clous hi hi..interrompre son interlocuteur ou ne pas l’interrompre, penser à un homme politique ou une star ou ne pas y penser….. à quoi cela répond-il?)

N’importe quoi peut entrer dans la catégorie de ce qui est collectif – un geste, une tenue vestimentaire, un mot, une pensée, un désir etc. Dans la mesure où vous participez à la manifestation et à la perpétuation de ces éléments collectifs, (qu’est-ce qu’il y a comme série américaine ce soir) vous êtes sociologisable.

Mais commençons par des choses plus simples et plus gaies. Un sociologue est un drôle de type. Un individu ne l’intéresse pas. Il lui faut trouver des groupes ou des catégories sociales.  Là il se réveille. Ah ah, vous êtres du troisième âge, vous êtes chrétien pratiquant, vous êtes un célibataire, vous êtes un amateur de science-fiction, vous vous êtes suicidé (DURKHEIM) …bingo ! Des cases sont cochées. On va vous caractériser. Mais c’est le B-A BA. Grâce aux outils dont on dispose aujourd’hui, on peut affiner énormément les groupes ou catégories, et on peut pousser très loin les caractérisations. Ces dernières pouvant devenir des catégories (comme les habitudes alimentaires.) Ces outils permettent de disséquer, radiographier n’importe quel milieu, de transformer en courbes, en paramètres, en statistiques en probabilités tout ce qui le caractérise. ( il n’y a pas que les sondages ou les enquêtes il y a les mesures, les données recueillies dans le passé, l’espionnage ou « observation »)

Et tac ! Si vous avez porté quelque intérêt à quelque chose de sensible ou si vous avez manifesté une ou deux fois telle réaction – peut-être que certains le savent - vous pouvez entrer dans ses grilles. Remarquez que le sociologue, lui, ne rentre pas dans une catégorie, le comportement des sociologues quand il font des études n’a pas fait l’objet d’une étude sociologique. Vous, vous êtes un exemplaire, vous faites partie d’un échantillon. Lui, il est au-dessus.

Donc, beaucoup de choses peuvent être isolées et sociologisées. Pourquoi devriez-vous être sociologisable ? Considérez-vous cela comme un devoir  ? Êtes-vous porté à correspondre aux critères sociologiques ?

Le marketing va de pair. Pauvres jeunes, victimes des sociologues, des commerçants, des multinationales, des médias.

Autrefois, ils étaient sous la coupe étroite de la famille, de l’Eglise, de l’Etat. Le pouvoir de ces trois instances s’est notablement relâché, affaissé (surtout celui des deux premières) . Mais le tyrannie a changé de visage. C’est la mode, la culture des jeunes, qui exercent une pression terrible sur eux. Seuls les plus intelligents et les plus forts s’en dégagent. Les autres sont victimes et tyrans.

« Le pluriel ne vaut rien à l’homme et sitôt qu’on

est plus de quatre on est une bande de cons » (BRASSENS) 

L’idéal du sociologue est le mouton de Panurge. L’importance et le pouvoir de la sociologie permettent de mesurer à quel point une société est totalitaire.(mais c’est un totalitarisme moderne, avec des moyens modernes, plus soft et qui passe par l’adhésion de la population. )

Ce qui est porté à la connaissance du grand public est peu de chose par rapport à toutes les études qui se réalisent, c’est le résultat de quelques sondages, de quelques enquêtes. . Mais ces enquêtes, sondages, questionnaires nous familiarisent avec l’approche sociologique, ça nous amuse. Comme ce questionnaire entre-aperçu dans un magazine féminin et qui s’intitulait : êtes-vous une salope ? Cochez les cases. J’existe puisque je suis une salope ! Tiens je crois que Fanny l’est un peu aussi.

J’existe puisque je fais ceci que tout le monde fait en sachant que tout le monde le fait mais en ne remarquant pas que je fais comme tout le monde.

J’existe puisque je suis habillé comme cela et que c’est la mode, je sais que c’est la mode, mais je ne remarque pas que je porte cela pour être comme tout le monde

J’existe puisque je cite telle idée que tout le monde cite, en sachant que tout le monde la cite mais en ne remarquant pas que je la cite pour faire comme tout le monde.

J’existe puisque les autres sont racistes avec moi en sachant que je suis victime du racisme mais en ne remarquant pas que je le dénonce pour faire comme tout le monde.

J’existe puisque je réclame la même chose que tout le monde, en sachant que je réclame la même chose que tout le monde mais en ne remarquant pas que je le fais pour faire comme tout le monde.

Je suis éminemment sociologisable.

Toujours « Le pluriel » de BRASSENS :  «  Dieu ! que de processions, de monômes, de groupes, Que de rassemblements, de cortèges divers, Que de ligu’s, que de cliqu’s, que de meut’s, que de troupes ! Pour un tel inventaire il faudrait un Prévert. « 

Sur France-culture : Gabrielle dit : « Je n’ai pas de mal à dire que je suis grosse, j’ai arrêté de nier qui j’étais » Très bien. Avant, elle faisait partie de la catégorie de ceux qui souffraient de leur obésité et qui la refoulaient. Maintenant il y a des chances pour qu’elle fasse partie de la catégorie bien connue et estimée de ceux qui s’acceptent comme ils sont. (case no 436 b ) Qu’aurait-elle fait si cette dernière idée (s’accepter comme on est) n’avait eu aucune valeur, aucune existence dans la société.

Soit une chose a la valeur que l’opinion publique lui donne, soit elle prend la valeur que je lui donne sans tenir aucun compte de l’opinion publique.

A chaque fois que l’on trahit le fait que l’on est occupé par un sujet, une question, on court le risque de tomber sur quelqu’un qui s’est fait une spécialité de traiter ce genre de cas. Et il y a beaucoup de gens spécialisés et des tas de domaines couverts. Vous dites que vous avez mal ici ou que vous avez tel problème et tac, vous tombez sur quelqu’un qui sait quoi faire avec votre bobo ou votre problème. Vous dites que vous avez du mal avec votre adolescent, et tac vous avez un psychologue qui est au service de la psychologie à cette occasion ou un philosophe qui connaît bien ce que la philosophie dit de l’autorité. .Pourquoi ? Parce que votre bobo, votre problème, votre préoccupation courent les rues. Pourtant, on n’avait rien demandé, on n’avait fait que de s’exprimer sans poursuivre aucun but, mais on ne va pas se déjuger si quelqu’un prend la balle au bond et nous dit que notre problématique peut trouver une réponse. .C’est un lien social. Sortez des cas répertoriés, vous verrez la différence..

« Ma bouche sera la bouche des malheurs qui n’ont point de bouches. «  dit Aimé CESAIRE sur France-culture. (c’est beau !)Attendez, est-ce que j’ai dit que j’étais dans le malheur ou que je m’intéressais à ceux qui sont dans le malheur ? Quoi ? ! ! Vous ne vous intéressez pas à ceux qui sont dans le malheur ? Mais vous ne pouvez pas ne pas faire partie de la catégorie de ceux qui compatissent au malheur des autres. ! Bon…si vous y tenez, alors supposons que je compatisse aux malheurs des autres. Case 332 c. Mais je n’ai pas dit que je faisais partie de ceux qui veulent soulager les malheurs des autres (vous prenez vos désirs pour des réalités là) , peut-être que je préfère être soulagé de la peine que me cause le spectacle du malheur des autres. Désolé, mais je ne suis pas dans votre grille.

Imaginez les problèmes que posent des idées générales toujours plus nombreuses et contraignantes quand on sait que chacun les comprend ou les interprète à sa façon. Faut-il passer sa vie à obéir à ces innombrables idées établies ?

Mais revenons à notre mouton de Panurge.

Vous faites des recherches sur internet, sur youtube par exemple. Est-ce que youtube vous propose des choses récurrentes que vous ne regardez jamais ? Est-ce qu’il vous propose de revoir des trucs que de toute façon vous avez notés parce qu’ils vous ont plu ? Est-ce qu’il vous propose des trucs qui n’ont aucun rapport avec votre recherche  ? A mon avis la réponse est oui, oui, oui.  . Est-ce qu’il vous propose des choses à la mode ou que beaucoup de gens regardent (le système) ou des choses rares mais qui correspondent à vos goûts ? 1ere solution. Il veut vous influencer et non pas vous servir.

Etant donné la puissance des outils d’aujourd’hui, tout ce qui est collectif est répertorié.et utilisé .Grâce à toutes les catégories, nul besoin de faire partie d’un syndicat, d’un club, d’un parti etc pour être répertorié. Non seulement nos comportements collectifs mais tout ce qui les détermine est passé au crible. La sociologie est en mesure de nous révéler à nous-même en exposant tout ce qui fait lien, tout ce qui est collectif. On voit qu’on y participe pour être comme tout le monde. Ensuite, la société peut être organisée en privilégiant tout ce qui convient aux décideurs et en entravant tout ce qui les gêne. Les différentes données portées à la connaissance de la population ou les différents jugements de la part des décideurs s’appuyant sur des tendance déjà existantes peuvent devenir des normes, des doxas, des modes, des opinions.

Pour se reconnaître dans le monde des pensées et des sollicitations qui nous tombent dessus, il faut pouvoir se poser les questions suivantes et y répondre :

De qui est-ce le but ou l’intérêt  ? Du vôtre ou pas ?

Pourquoi ce but ?

Avoir affaire à quelqu’un qui a des convictions, à un professionnel (un plombier, un enseignant, un journaliste, un médecin etc) , au membre d’un groupe quelconque, la question se pose dans ce cas : sert-il l’intérêt de son parti, de sa profession, de son groupe ou cherche-t-il à satisfaire notre demande à nous ? Répond-il à notre demande ou à une idée en vigueur ? Il vaut mieux le savoir. pour ne pas être le dindon de la farce. Et si on n’a aucune demande, aucune attente, pourquoi ferait-on appel à eux ? Et si on en a une, il vaut mieux la connaître.

Tout le monde fait ceci. Faire ceci était le but de qui ? Quelle est la raison d’être de ce que tout le monde fait ? Est-ce que c’est bien ?

Voilà une vertu estimée. C’est l’intérêt de qui  ? Du vôtre ? Quelle est sa raison d’être ?

Vous ne trouvez pas bizarre de constater que vous avez le plus grand mal à satisfaire des demandes précises et personnelles et du mal à échapper à des propositions ou des pressions pour satisfaire des demandes que vous n’avez jamais faites. Il paraît qu’on veut nous rendre service, mais est-ce le cas ? Plus on s’occupe de nous et moins nos demandes sont satisfaites. Ce qui est atteint, c’est le but de quelqu’un d’autre, satisfait, c’est l’intérêt de quelque organisation..

Tout ce qui semble exister sociologiquement, tout ce qui semble collectif peut être vu comme un moyen d’exister, d’avoir une identité, une substance. Ce qui est unique n’est pas sociologisable, mais alors vous n’existez plus….socialement.

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