LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

4 octobre, 2017

LA CONFUSION MENTALE

Classé dans : Libre-arbitre — inconnaissance @ 11:03

C’est croire qu ’un mot peut désigner quelque chose de réel qui ne serait pas un objet sensible. Les caractéristiques de ce qui existe ne peuvent pas dépendre des opinions, des désirs et des croyances des hommes. Le mot »migrant » ne désigne rien à part un certain nombre de caractéristiques qu’une certaine opinion publique a voulu attribuer. Il désigne une opinion, une croyance. (à propos de « homme » par exemple) La confusion mentale, c’est d’abord de croire que l’on peut faire d’un jugement de valeur un substantif et de ce substantif quelque chose de réel.

Notre histoire a commencé bien avant notre naissance. Peut-on nous le reprocher ? Puisque nous sommes nés dans tel couple, telle famille, tel milieu, nous avons des ancêtres avec notamment des caractéristiques génétiques particulières. Peut-on nous le reprocher ? ; Le milieu en question a des caractéristiques particulières, une façon de penser particulière. Peut-on nous le reprocher ? Nos parents étaient ce qu’ils étaient, ils étaient différents d’autres parents. Peut-on nous le reprocher ? Depuis notre naissance, et même un peu avant, nous interagissons avec le monde qui nous entoure. Peut-on nous le reprocher ? L’effet sur nous est fonction de la nature de ce monde Peut-on nous le reprocher ? Marcher dans une rue large aux maisons claires et ensoleillées n’a pas le même effet que marcher dans une rue étroite, obscures, aux maisons sombres. Être au milieu de gens détendus et souriants n’a pas le même effet qu’être au milieu de gens menaçants.Surtout pour un enfant. A chaque instant on réagit ou on apporte une réponse, mais on ne sait pas ce qu’on mémorise, ce qui s’imprime. Peut-on nous le reprocher ? Tout dépend du sort de cette réponse et des réactions éventuelles de l’entourage. Peut-on nous le reprocher ? On ne connaît pas – ou si peu – le résultat de toutes ces interactions tout au long de ces années. On ne sait pas à quel point on a été touché etc Peut-on nous le reprocher ? En tout cas, on l’a été, sans arrêt. Nous sommes des êtres sensibles. Peut-on nous le reprocher ?

On est devenu ce qu’on est. Et c’est l’individu singulier que nous sommes. Peut-on nous le reprocher ? Les choses auraient pu être différentes, à un autre moment, dans un autre contexte, et si nous avions été différents. Mais il en est ainsi.  L’infini variété du monde, ses changements incessants, l’infini variété des formes de vie font que nous sommes différents de tous les autres hommes et que notre rapport au monde est différent du rapport au monde de tous les autres hommes. Peut-on nous le reprocher ?

D’autre part, la conscience des états dans lesquels on se trouve successivement n’est pas autre chose que les états dans lesquels on se trouve successivement. Où avez-vous trouvé un état dans lequel vous vous trouvez qui ne soit pas la conscience de l’état dans lequel vous vous trouvez ?De même que le chant d’oiseau que j’entends ne peut être distingué du chant de cet oiseau, la sensation ne peut être distinguée de la conscience de la sensation. Ce que l’on nomme peur, envie, colère, pitié, etc n’est qu’un ressenti qui n’est pas autre chose que la conscience de ce ressenti. Quelque chose que je touche n’est pas différent de la sensation du toucher à ce moment-là. Pas de conscience (coma) , pas de phénomène. Pas de phénomène, pas de conscience. Pour nous, pas de conscience qui ne serait pas notre conscience, c’est à dire un état qui ne serait pas notre état..Peut-on nous le reprocher ?Untel est comme ceci, telle chose est comme cela. « Chais pas »Je ne connais pas. Je ne suis conscient que de ce que vous me dites ;

Or, tous ces états, tous ces ressentis, tous ces rapports au monde sont singuliers. Ce sont les miens, conséquence de ce que nous avons dit au-dessus. Peut-on me le reprocher ?

S’il y a un oiseau qui chante, une chaleur torride, des gens menaçants, la conscience que j’en ai est différente de la conscience que vous en avez du fait que notre rapport à ce chant, à cette chaleur, à ces gens est différent. Reste quand même qu’il y a un phénomène extérieur qui a sur tout le monde un certain effet. Il y a bien une source commune que l’on peut essayer d’explorer en échangeant les résultats de notre travail. On peut même en tirer des lois.

Que nomme-t-on peur, envie,, jalousie, haine, courage, bonté, fidélité, assurance, liberté etc etc ? Est-ce un état d’esprit, une nature humaine qui seraient tels qu’on les reconnaîtrait chez un certain nombre de personnes ? Est-ce que tout d’un coup, le singulier disparaîtrait et qu’on aurait là, bien identifié, quelque chose de commun, d’identique ? On aurait comme cela un grand nombre d’éléments humains absolument communs puisqu’il y a un grand nombre de mots qui prétendent étiqueter les états de conscience des hommes. Et qui fait ça ? Des consciences singulières incapables de pas êtres singulières. C’est complètement aberrant !

Ces mots ne désignent que des éléments sensibles, des comportements particuliers, typés, bien caractérisés, auxquels on a donné des noms particuliers. Si un robot, programmé pour le faire, pouvait être pris pour un humain, vous ne verriez pas la différence. .Un robot peut donc être programmé pour être qualifié de bon, courageux, peureux, jaloux. Nous aussi. Nous savons très bien faire cela. (il y en a, d’ailleurs, ça les met en fureur) Mais notre état de conscience reste inconnu et singulier. Ce n’est pas quelque chose dont on peut faire une généralité.

D’ailleurs quoi. La bonté, kesako ? C’est gazeux, liquide, profond, dense, mouvant, transparent, opaque, rouge, bleu, ondoyant  ? Personne n’en sait rien et c’est pareil pour tous les termes de ce genre. On désigne une qualité dont on ne peut strictement rien dire. On ne peut pas parler d’une source commune que nous pourrions étudier les uns les autres. En fait, on ne désigne que tel comportement qui peut répondre aux critères en question et on infère qu’il y a une nature humaine qui en serait la cause et qui serait commune à un certain nombre de personnes sans rien pouvoir dire de cette nature. Eh oui, il faut bien que la généralité (bonté) désigne une généralité. .Mais comment peut-on affirmer une chose pareille alors que l’existence de la relation de cause à effet entre l’état de conscience et le comportement n’est pas avéré, et que l’on ne sait rien de cette cause ? Et pourtant, tout le monde y croit. Tout le monde croit pouvoir correspondre mentalement, psychiquement, psychologiquement, profondément à une nature humaine donnée, qui entraînerait un comportement collectif donné, celui-là même que tous les dictateurs ont voulu instaurer, nous contraindre à adopter.

Tous pareils, et pas n’importe comment. Mais que faites-vous de notre diversité et de notre incapacité à être autre que ce que l’on est ?

- Je vais vous expliquer. .Il y a le personnel personnel.

- Quoi ?

- Eh oui ! C’est le libre-arbitre. 

Mais vous savez ce que c’est, c’est ce qu’on appelle dans le langage courant ; le mérite, la responsabilité, le péché, l’immoralité. Je suis l’auteur, la cause de ce que je fais, de ce que je dis, parce que je – le libre-arbitre – est la cause, l’auteur de ce que je suis. . Il y a un individu particulier, singulier, soi parmi des milliards d’individus, d’accord, mais il y a quelqu’un qui a le pouvoir de décider ce que sera cet individu singulier, c’est à lui qu’on peut attribuer le mérite ou la faute de ce que fait ou dit cet individu. L’individu en question est mauvais, ou bon parce que l’auteur ou la cause est mauvais ou bon.

- Ah bon ?

- Oui. Le mérite est personnel, le péché est personnel, l’immoralité est personnelle car le choix ou le libre-arbitre est personnel.

- Mais cela conduit à faire de tout une affaire personnelle. Donc la condamnation est personnelle. On imagine bien tout ce qui pèse sur les épaules de ce pauvre responsable. Tout peut être matière à jugement. N’importe quoi, la plus petite broutille peut faire l’objet d’une condamnation puisqu’il y a un auteur, un libre-arbitre pour tout, un super-dictateur interne qui a pouvoir sur tout ou qui devrait avoir un pouvoir sur tout. Et s’il n’a pas un pouvoir sur tout, il est coupable de ne pas avoir un pouvoir sur tout car il doit exister et fonctionner. . C’est le moyen rêvé de faire un inhibé, un obsédé de la faute ou pour mettre une énorme pression. Mais cela ne peut pas être. Pour exister, le libre-arbitre doit se trouver en face d’un choix, d’une alternative, d’un dilemme. Où est-il en absence de choix ? Nulle part. Voilà un libre-arbitre totalement dépendant des pensées qui se présentent. Il faut d’abord qu’il y en ait, puis il s’exercera en fonction de ces pensées-là. Quelqu’un d’autre, dans la même situation, aura d’autres pensées. Donc son choix est encore conditionné par les pensées conditionnées. Et ces pensées n’ont pas un pouvoir sur tout et elles n’ont pas la nature que l’on voudrait qu’elles aient.

- Balivernes ! C’est beaucoup plus simple. La perfection existe, d’ailleurs tout le monde y fait référence. Vous devez y tendre et utiliser votre libre-arbitre pour vous améliorer, vous purifier, vous convertir. Vous trouverez sur votre chemin des guides qui vous aideront, qui vous mettront sur la bonne voie, des gens de bien que vous reconnaîtrez car ce qu’ils diront pourra être résumé en un « Ah si « (exemple sur France-Culture «  il faut que la peinture soit une joie (David HOCKNEY) Ah si la… »Une école démocratique et de qualité est possible « (Michel LUSSAULT) Ah si l’ec…..Compris, j’ai dit : ah si)

- Autrement dit, utiliser la violence, être borné, être crédule, cela produira de bons résultats ?

- Comment cela ?

- Je vais vous expliquer

Le libre-arbitre suppose que l’on se résolve à suivre consciemment une raison plutôt qu’une autre, que l’on choisisse en connaissance de cause. On dédouane d’ailleurs ceux dont on peut prouver qu’ils n’avaient plus leur faculté de raisonner. Mais il ne vous est jamais venu à l’esprit que la plupart du temps, on agit sans raison consciente ? Les cas où l’on délibère, où l’on hésite, où l’on soupèse le pour et le contre ne sont pas si fréquents. La violence commence avec le juge qui veut à toute force trouver aux actions de quelqu’un des raisons de son cru qu’il essaiera de lui faire adopter par un moyen très simple : il supposera que son interlocuteur donne aux mots qu’il utilise le sens que lui-même leur donne. France-Culture voudrait bien que ses lecteurs ou auditeurs donnent au mot migrant le sens que lui même lui donne, et voient dans ce que désigne ce mot une réalité et non pas un parti-pris. C’est pourquoi il répète, insiste, martèle, rabâche. (Niet ! Mon état de conscience n’est pas obligé par les rumeurs que vous colportez )

Le juge vient nous accuser de ne pas avoir obéi à des pensées ou d’avoir obéi à des pensées différentes de celles qu’il aurait voulu que nous ayons. Mais si on n’a pas obéi à ces dernières, c’est qu’elles étaient absentes sur le moment. Il faudrait tenir un livre ouvert pour justifier toutes les pensées ou raisons que nous avons suivies ou n’obéir qu’aux raisons qui sont acceptées par les juges à condition de les connaître. En attendant, on est par nature coupable, parce que par nature, on ne peut pas correspondre aux attentes du juge. . Le juge vient nous accuser de ne pas avoir obéi à des pensées qu’on avait pas eues ou à des pensées qu’on avait mais que nous n’avons pas retenues.

Autrement dit, il faudrait que le libre-arbitre soit toujours là (alors que ce n’est pas les cas) et qu’il obéisse scrupuleusement aux raisons que la société ou un système aura décidé de trouver bonnes (alors que nous pouvons les ignorer ou les trouver mauvaises ou incompréhensibles) .

Vouloir toujours être l’auteur de sa vie, et vouloir être irréprochable, c’est vouloir réaliser les deux conditions ci-dessus. .Le pouvoir de ces accusateurs  ne réside évidemment pas dans la justesse des règles ou des raisons en question mais dans notre volonté de nous diriger nous-mêmes, et dans notre supposé pouvoir de le faire.

Cependant, avec tous les jugements qui se succèdent, avec tous les « ce qui devrait être » successifs, les préoccupations, les scrupules, les doutes, les regrets, les tourments, les interrogations etc qui sont les nôtres montrent seulement que ce qui compte, ce n’est pas l’événement auquel on aurait pris part ou dont on serait l’acteur, ou auquel on aurait pu prendre part, ou à propos duquel on aurait pu se positionner, mais ce qu’on se dit, ce qu’on se raconte à propos de cet événement. (car l’instant de la réaction à un événement nous échappera toujours) On s’acharne à se trouver de bonnes raisons parmi toutes celles que l’on a emmagasinées ou à trouver les raisons auxquelles on n’avait pas pensées mais qui pourraient être utilisées contre nous. . (« ma Cathy m’a quitté », ce n’est pas le fait seul, objectif et son effet objectif qui m’occupe, c’est le sens qui peut lui être donné, ce que les autres vont penser, ce que ça signifie en ce qui me concerne, comment je vais l’expliquer etc) On le voit régulièrement, c’est évident, c’est au nom de, en référence à, sous prétexte de, raisons comme celles qu’on se donne et qui sont censées faire partie des mœurs, au nom de croyances qui sont censées être partagées, que l’on tombe dans le drame. C’est parce qu’on n’a pas l’indépendance nécessaire pour s’assumer. Un régal pour les psy.

Le libre-arbitre est une vrille qui n’en finit jamais de nous percer douloureusement. C’est une pétition de principe qui fait des ravages. Si vous n’appelez pas cela de la violence et si vous pensez que cette violence n’aura pas de funestes conséquences !

Rien ne peut faire que le libre-arbitre ne soit pas coupable. On ne peut empêcher personne de titiller son sentiment de culpabilité intrinsèque. On peut porter un jugement sans savoir de quoi on parle, il est même préférable de ne pas prétendre le savoir, pour pouvoir invoquer l’usage, la tradition, la culture, la doctrine, la Révélation, les mœurs etc tout ce qui peut passer pour évident, tout ce qui est entré dans les mœurs (voir article précédent) On atteint toute personne qui veut être irréprochable à leur égard. Nul ne peut, fut-ce un bref instant, ignorer les mœurs, les usages etc et nul ne peut y contrevenir car le libre-arbitre est conçu pour être éclairé et tout puissant tout le temps. Il est conçu pour se confondre avec ce qu’il y a de plus personnel, de plus authentiquement soi-même.

Le but de la socioculture est de vous faire vous comparer à ses critères après vous les avoir inculqués, et uniquement à ses critères, critères qui découlent naturellement d’un certain nombre de valeurs et de concepts fondamentaux comme ceux que nous avons cités précédemment. Valeurs et concepts fondamentaux qui ne sont que des créations de l’esprit, des opinions.

En attendant que cette perfection soit réalisée, que l’on soit devenu tout à fait conforme aux valeurs en question – et cela risque de prendre un certain temps – que fait-on de tout ce qui n’est pas conforme, de tout ce qui est différent, de tout ce qui contredit ces valeurs,. Être borné, c’est ne rien vouloir en savoir, ne pas les admettre, ne pas les prendre en considération. Que fait-on de ce que l’on désignera comme le contraire de ce qu’il faut être ? Se mettra-t-on des oeillères ? Décidera-t-on que cela ne doit pas exister , fera-t-on usage de la violence physique ? Rien à faire, cela existe tandis que votre monde idéal n’existe pas. Pire encore, le chemin du paradis est toujours en construction. Sinon, on l’aurait tous emprunté. Tandis que si les choses sont ce qu’elles sont, il y a de bonnes raisons à cela, c’est qu’elles ne pouvaient pas être autrement. On peut trouver des raisons logiques à ce qui est, on ne peut en trouver à ce qui n’existe pas.

La crédulité. Combien de gens s’engagent sur ce chemin sans savoir s’il n’est pas obstrué, sans savoir s’il mène quelque part. Ils ne sont pas prêts à admettre que la bonne intention (croyance que l’idéal peut être atteint) n’est pas une raison suffisante pour agir. Pourtant, elle est peut-être inappropriée, contre-productive, inutile, néfaste. C’est la compréhension juste d’une situation qui compte, et l’interrogation qui s’ensuit concernant notre désir d’intervenir .

Faire d’un jugement, d’une opinion, un substantif et croire que ce substantif désigne du réel, c’est faire d’un jugement, d’une opinion, une nécessité.Et tac !

Cela conduit à prendre ses opinions sur ses opinions pour des vérités ou à penser qu’attenter à des choses irréelles est coupable.Le libre arbitre, c’est la liberté pure d’une personne, une liberté exempte de toute influence, de tout déterminisme, complètement indépendante. Même si on a été obligé d’admettre que certains facteurs restreignent beaucoup l’exercice de cette liberté, même si cette liberté devient minime, cela suffit, c’est le principe qui compte. La responsabilité individuelle et le jugement sont sauvés. Ouf !

Non ! Désolé ! Liberté ne désigne rien de réel.

Tant que l’on croira en l’existence de ces objets non-sensibles qui représentent des opinions, des jugements, des croyances, on ne pourra pas refuser que des gens essaient, par tous les moyens, de forger ces opinions, qu’elles plaisent ou qu’elles déplaisent.

La confusion qui règne dans notre esprit est la conséquence logique et directe de la violence que l’on s’inflige, de l’étroitesse d’esprit et de la crédulité qui vont avec. Du fait de notre croyance en l’existence d’un libre-arbitre et de la responsabilité qui lui incombe de nous forger de telle sorte que l’on soit conforme aux valeurs fondamentales qui sont les nôtres, du fait de notre croyance dans l’existence et dans le pouvoir de ces créations mentales que sont les valeurs fondamentales dont nous avons parlé, du fait de notre besoin absolu d’être conforme à ces valeurs et de croire en leur existence, nous ignorons complètement l’individu singulier que nous sommes et nous nous rêvons éveillés.

 » Où vont tous ces enfants  » (Melancholia)

conf

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