LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

11 octobre, 2017

NE COMPTER POUR RIEN

Classé dans : Croyance — inconnaissance @ 20:04

Il ne faut pas s’étonner que le jugement soit partout dans le langage humain, sous de multiples formes. C’est probablement ce qui nous différencie des animaux. Il faudrait étudier ce que les formes de langage ou de communication chez les animaux évolués peuvent comporter en plus de leur caractère purement informatif.

Il ne faut pas s’en étonner car s’il y a bien une chose qui nous laisse perplexe, et même sans voix, c’est bien l’existence. (l’existence, par exemple, par opposition au néant) L’existence, on ne sait pas ce que c’est. Que veut dire exister ? Quelque chose ne commence à exister vraiment, à pouvoir être pris en considération, que lorsqu’on peut s’en faire une idée. Parfois, on n’a que ça. L’idée de Dieu confère une existence à Dieu. Ce qui existe, alors, c’est l’idée de l’existence, l’idée de l’existence du libre-arbitre par exemple comme si le mot, le concept ou l’idée désignait forcément quelque chose qui existe . Et ce qui est censé exister aura la valeur que l’on accorde à l’idée. Adorer l’idée de Dieu., c’est adorer Dieu. Aimer la morale, c’est aimer l’idée de morale . Méprisez l’idée, et vous verrez. Car vous ne pourrez pas retourner à la source – elle n’existe pas – pour faire renaître votre jugement. (comme réécouter un morceau de musique pour faire renaître votre goût pour lui)

Les jugements entrent en concurrence, les jugements sont jugés, les jugements c’est la grande bataille pour faire reconnaître l’existence et l’importance de toutes sortes de choses. Quand on ne sait pas, on croit. Juger, c’est croire, c’est aussi inventer un monde.

Si on écrase sans la moindre hésitation un insecte, c’est parce que l’idée que l’on se fait de soi-même et de ce qui en fait partie a infiniment plus de valeur que l’idée d’insecte, comme les civils d’une nation ennemie ont infiniment moins de valeur que la cause que l’on sert en les écrasant sous les bombes. (la métaphysique chère à certains disparaît en service commandé. Rendre un grand service à un individu dans le besoin, non, mais obéir à une idée abstraite consacrée, oui, quel courage !) ) L’existence de l’insecte ou l’existence de ces civils ne compte pour rien, on ne sait pas ce que c’est. Mais l’idée oui, et elle permet beaucoup de choses. De même, ce que l’on peut éprouver n’existe pas au regard du fonctionnement d’une institution quelque peu importante. Qu’est-ce que l’existence de notre état d’esprit comparée à l’idée d’institution et à la valeur qu’on lui a attribuée. Il est convenu de penser que les états d’âme d’un enfant n’existent pas comparés à la volonté d’un adulte, l’idée que l’on se fait des premiers est sans valeur comparée à celle que l’on se fait de la dernière. Mais qu’est-ce que la volonté ? Que dire de son existence ?

Comme personne n’est capable de dire ce que c’est que l’existence de quelque chose en dehors de l’idée que l’on s’en fait, personne n’est capable de la défendre , de l’affirmer indépendamment de l’idée que l’on s’en fait. Mais l’idée que l’on se fait de Dieu, ou du libre-arbitre etc où voulez-vous la prendre sinon dans la socioculture où l’on se trouve. Quelle valeur lui accordera-t-on en dehors de la valeur que la socioculture ( les autres, le groupe, la culture ambiante, la société) lui attribue ? D’où la poursuite de la richesse, du pouvoir, de la célébrité, de l’autorité si estimés par la société.

‘Je pense donc je suis «  ah ah ah ah ..Mais comment sais-tu que tu penses , René ? Et qu’est-ce que c’est que ce savoir  ou cette conscience de penser ? Allez ..

Ne compter pour rien = l’idée de soi ne compte pas ou n’a pas de valeur (pour les autres ou pour soi quand on a bien intériorisé les idées des autres) Pas difficile de prévoir les conséquences.

Une société peut être définie à travers les rapports de force, ou les rapports de valeur entre les différentes idées qui circulent, qui sont en vigueur. Telle idée-valeur par rapport à telle idée-valeur.- (On peut faire un jeu rigolo : on mettre sur un plateau d’une balance l’idée de liberté de penser et sur l’autre plateau l’idée d’ordre public etc il y a énormément de possibilités)

Mieux vaut faire partie d’une catégorie – une catégorie est une pure idée – puis obtenir de la société qu’elle accorde de la valeur à cette catégorie, parfois même qu’elle la sacralise. Le blasphème, parait-il, n’est pas un délit. Mais il y a des catégories qu’on a tellement sacralisées que les attaquer est passible de poursuites.

- Bonjour, j’ai été victime en tant que faisant partie de telle catégorie

- Ah bon, on va voir, mais je vous préviens, cette catégorie n’est pas très cotée à l’argus ;

- Bonjour, j’ai été victime aussi, mais en tant que faisant partie de telle autre catégorie

- Ah oui, là, oui, on va mobiliser tout le monde.

Quand a commencé cette course à la victimisation de catégories particulières qui fait fureur aujourd’hui ? .

On fait tout ce qu’on peut pour obtenir de la société qu’elle accorde une grande valeur à une idée qu’on partagerait avec d’autres.

On cogite, parfois, terriblement pour trouver des idées en vigueur, des idées reconnues capables de contrebalancer ou d’annuler l’idée et la valeur de quelque chose que l’on va devoir affronter. Mais si ce quelque chose est une idée qui a plus de valeur que tout (l’idée d’autorité, une cause supérieure, l’intérêt supérieur de l’Etat etc) , on n’a plus rien à dire

Ainsi, on vient au monde, on est tiré du néant paraît-il, mais qu’est-ce que c’est que cette nouvelle existence. ?

poupon

On voit bien un nouveau-né. C’est un objet pour les sens, les sens de tous ceux qui sont en sa présence. Mais au-delà de cela. C’est un mystère sur lequel on va pouvoir plaquer tout ce qu’on veut. (Et ce qu’on plaque n’est pas toujours très reluisant. Cela se confirme par la suite.)  

Se situer sur le terrain des idées, dans la vie courante, dans sa vie personnelle, c’est toujours solliciter l’autorisation, la permission, l’approbation, l’onction, des idées qui ont cours dans la société, c’est toujours l’élève qui lève le doigt poliment. C’est toujours attendre d’idées supérieures que l’on ne remet pas en cause le droit pour sa propre idée d’exister et de s’affirmer ; « J’apporte du bonheur aux gens » dit Jean ROCHEFORT sur France-Culture. Traduction : je suis légitime à faire ce que je fais puisque je travaille pour l’idée de bonheur que tout le monde chérit. .Ou bien aussi « Le Capital, toujours utile pour penser la question économique et sociale «  Traduction : penser la question économique et sociale est l’idée-valeur qui octroie au « Capital » le droit d’exister parce qu’en ce sens il est utile. Ou bien encore : « Féminisme : l’écriture inclusive pourrait-elle favoriser l’égalité entre les femmes et les hommes ? »   L’idée-valeur en vigueur c’est : l’égalité femmes-hommes. SVP, l’ écriture inclusive, c’est bien pour ça  ? Vous voyez que France-Culture, c’est amusant ! C’est un peu, pour les idées en cours, la Samaritaine. Aujourd’hui, 11 octobre, en promotion, vous avez : « apprendre à regarder l’autre », « la sociologie », « LENINE », «  homme de théâtre » « l’humain » «  féminisme » »espèces menacées » .

Bah, c’est dans la continuité de l’art de la conversation : faire référence à des idées en circulation, attendre que cette référence soit reconnue et obtenir une réponse, sous forme de références à d’autres idées qui circulent, à la façon que l’on a de se situer par rapport à ces idées. Rien de plus.

Si tout le monde souscrit à l’idée d’autorité, de libre-arbitre, d’amour, d’Homme, de Dieu, de morale, de vie et de mort , d’éducation, de paix etc si on compte sur ce fait, si tout le monde utilise ces idées-valeurs et s’en réclame, c’est une certaine société qui est ainsi instaurée. On collabore alors tellement à ce type de société qu’on pourrait les remplacer par le mot société. Mais il suffirait de changer ces idées-valeurs ou de ne plus y souscrire pour vivre dans une société différente. C’est une façon de faire de la politique. Car les lois et les gouvernements devront en tenir compte. (Contrairement à ce que certains ignorants affirment, Jésus a passé son temps à faire de la politique ainsi, mais sans créer de parti et sans s’occuper du pouvoir politique en place)

Cela, c’est la dimension collective, c’est ce que l’on peut appeler : une humanité générale. .Chacune de ces idées-valeurs créent une humanité générale et semble lui donner une réalité. Mais c‘est la croyance qui est réelle et collective, ce que ces idées sont censées désigner n’existe que grâce aux idées.

Car pour compléter le tableau, il faut aussitôt ajouter que cette croyance n’est constituée que d’idées personnelles, toutes différentes les unes des autres. L’idée d’autorité n’est pas générale ou collective, l’idée d’éducation n’est pas générale ou collective, l’idée de morale n’est pas générale ou collective etc Soudain, il n’y a plus rien de général. Mais il y a la croyance, collective, que la diversité, la pluralité ne règnent pas. Chacun croit que les autres croient et a besoin de croire que les autres croient à la même chose. Si vous ne croyez plus que les autres croient, c’est terminé !

Et le populo croit, sans s’apercevoir que la croyance en l’existence de toutes ces choses et la croyance que tout le monde croit en la même chose feront qu’il ne comptera pour rien. Chacun ne comptera pour rien en comparaison des idées-valeurs auxquelles tout le monde croit. Chacun sera prié de se soumettre à la volonté générale, c’est à dire à la croyance que les autres croient à la même chose. Le populo est juste bon à s’échiner pour que ses maîtres et leurs sous-maîtres (bien traités) , prospèrent. et mettent l’argent où bon leur semble. Il ne sait pas pour qui il travaille c’est à dire où vont tous les impôts et taxes qu’il paye, et il n’est pas question qu’il le sache, ce serait probablement l’émeute. .Malheur aux gentils, aux confiants, aux sincères. Ils ne veulent pas voir qu’au-dessus d’eux la roublardise, l’hypocrisie, le vice, la méchanceté, la crapulerie, la rapacité, la cupidité règnent.

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Qu’est-ce qui existe ? Pas l’autorité, pas le libre-arbitre, pas la solidarité, pas l’union, pas la justice etc pas le caractère collectif de l’idée d’autorité ou de libre-arbitre etc. Juste une croyance. Il eut été plus juste (mais plus délicat) que CYRULNIK écrive : que pour trouver leur voie, les jeunes ont besoin de croire. (mais le pouvoir de rêver, c’est plus chic)

Être champion pour persuader les autres de croire en certaines idées, être champion pour passer pour le porte-parole de la société ou de la collectivité, c’est contribuer notablement à mettre en place une certaine société. C’est inventer du (pseudo) réel. C’est ce que les médias et les politiques essaient de faire à longueur de temps. Ils parviennent à nous faire croire qu’ils parlent au nom d’idées-valeurs qui ne seraient pas leurs opinions de ces idées-valeurs mais un truc objectif. Et grâce à cela, ils parviennent à nous faire croire qu’on devrait substituer cette connaissance soi-disant objective ou partagée des choses  à notre connaissance des choses Exemple : «La sociologie nous rend-elle irresponsables ?’ écrit Gérald BRONNER  sur FC Qui est nous ? Ce que vous savez de la sociologie vous rend-il irresponsable, vous  ? Mais non ! La question est : la sociologie déresponsabilise-t-elle certains ? Certains, ce sont surtout certains sociologues. Mais pourquoi des idées générales de ce genre nous concerneraient-elles  si on ne fait pas de sociologie ? Qui a des problèmes de responsabilité ? Vous ? On ne va pas se juger et décider en fonction des idées sur la sociologie de mr BRONNER. Ce serait irresponsable.

Les questions soulevées seront sans fin parce qu’elles partent d’un savoir qui n’en est pas un, de croyances qui ne s’avouent pas comme telles.

Heureusement, l’Etat veille. Tous les avantages que pourraient vous apporter des croyances que vous auriez réussi à faire accepter au point de devenir un centre d’intérêt notable (dans le domaine politique, intellectuel, économique, religieux) sont impitoyablement taxés, ou passés dans la moulinette des lois et règlements promulgués à cet effet. L’Etat veille soigneusement sur les croyances qui circulent. (vous n’imaginez pas que quelqu’un puisse être plus célèbre et plus homme de bien que le Président de la République et exprimer des idées contraires à celles du président de la République !) La courtisanerie fait rage.

Quand on change quelque peu les idées-valeurs, on change aussi les boucs-émissaires (qui symbolisent le contraire de ces idées-valeurs) La droite a tendance à rendre responsables ceux qui ont mal agi à l’égard de ceux qui ont bien agi ; tandis que la gauche a tendance à rendre responsables ceux qui n’ont pas bien agi à l’égard de ceux qui ont mal agi.

Mais que pourrait-on répondre à quelqu’un qui lancerait : votre idée, c’est rien, elle n’existe pas. La volonté générale, c’est bidon, c’est un aveuglement général. Hein ? Essayez de lui prouver que le libre-arbitre existe indépendamment de l’idée qu’on s’en fait et que tout le monde a la même idée à son sujet. Essayez de lui prouver que la conscience, l’amour, existent indépendamment des idées qu’on s’en fait et que tout le monde a la même idée à leur sujet . Et bon courage ! Vous n’y parviendrez pas. Nous n’avons pas autre chose à nous mettre sous la dent que les idées diverses et variées qui circulent, les croyances qui circulent, les idées et les croyances qui circulaient autrefois à leur sujet et les idées et les croyances qui circulent à propos des idées et croyances qui circulaient autrefois.

Joli signifiant que C R O I . Idée géniale du christianisme (on sait à quoi elle est associée Fuyez). Comme dit l’autre : au train où vont les choses, aux choses où vont les trains…

La seule chose qui ne se soumet pas aux idées en vigueur, à la valeur qui leur est attribuée, au degré d’existence qui est la leur, c’est l’état de bien-être, le ressenti, le plaisir ou le déplaisir éprouvés. Ces choses-là ne s’autorisent de rien d’autres que d’elles-mêmes. Ces choses existent par elles-mêmes, tandis que toutes les idées ont besoin que l’on croit en elles. Puisque rien ne peut prouver l’existence des idées en vigueur, il faut y croire. Il faut croire en l’existence de l’idée de bonheur, de la pensée économique et sociale, ‘de l’idée d’égalité hommes-femmes, de l’idée d’autorité, de l’idée de libre-arbitre, de l’idée d’amour, de l’idée d’Homme, de l’idée de Dieu, de l’idée de morale, de l’idée de vie et de mort , l’idée d’éducation, l’idée de paix etc Mais ce que l’on ressent on le ressent indépendamment de toutes ces belles et grandes idées, le désagrément ou la souffrance éprouvés se passent de l’approbation de ces idées. (En passant, quel droit possède sur nous quelqu’un qui promeut une idée qu’on n’a même pas sollicitée ? Absolument aucun. Elle aura la valeur que l’on voudra bien lui accorder si on souhaite lui en accorder une. Quelle valeur peut avoir quelqu’un qui se fait le porte-parole d’une idée-valeur en vigueur, si ce quelqu’un n’est qu’un concept, une fonction sociale abstraite qui ne s’engage en rien vis à vis de nous  ? Aucune valeur. Un représentant d’une Eglise par exemple n’a strictement aucune valeur, il n’en a que pour l’Eglise qu’il sert. On devrait organiser régulièrement des processions où l’on promènerait au bout de hauts porte-manteaux les uniformes et tenues spécifiques de toutes les professions. notables Et en tête, on aurait un Polichinelle)

Mais, juste retour des choses. Puisque depuis notre naissance on a passé son temps à nous bourrer le crâne de croyances dont beaucoup nous causent bien des problèmes (qui nous font vivre dans un monde illusoire) mais dont on a un mal fou à se débarrasser, on peut très bien, à notre tour, répandre dans la société des croyances opposées ou détruire toutes celles qui se présentent encore à nous. Les croyances sont sans foi ni loi. Les croyances dans les idées ci-dessus sont sans foi ni loi. Elles n’ont cure de la vérité, de leurs effets sur les hommes, de leurs méthodes, de leurs résultats. Pas de scrupules avec elles. Des croyances sans foi ni loi n’ont aucun reproche à faire à d’autres croyances sans foi ni loi. Et si en plus cette destruction de croyances répond à une colère, à un sentiment d’injustice profond alors que les croyances elles-mêmes ont été maniées délibérément et savamment par ceux qui nous les ont inculquées, aucune pitié ! A fond !

Le but de la socioculture est de vous faire vous comparer à ses critères, et uniquement à ses critères, critères qui découlent naturellement d’un certain nombre de valeurs et de concepts fondamentaux En fait, des problèmes qui seraient dus à ces idées-valeurs que la socioculture a réussi à nous faire adopter mais qui ne sont pas réelles ne sont pas de vrais problèmes, même si les tourments, eux, sont réels. Les problèmes qui seraient dus à ce qu’on a cru à propos de la morale, de l’autorité, du libre-arbitre, de l’amour, de l’éducation, de l’égalité hommes-femmes ne sont pas de vrais problèmes puisque ce sont les problème de l’être social, et que cet être social est le produit de la double croyance mentionnée plus haut.

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