LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

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21 janvier, 2018

UN CAUCHEMAR DANS LE PLACARD

Classé dans : Inhumain — inconnaissance @ 10:26

Le cauchemar absolu serait probablement celui-ci : vous êtes à la merci d’un robot perfectionné obéissant à une intelligence artificielle, sans aucun espoir de vous échapper. Vous êtes totalement en son pouvoir et vous ne savez pas ce qu’il a prévu de vous faire. Pas d’humanité, c’est aucune chance de le toucher, de l’émouvoir. Rien. Vous pouvez raisonner mais votre raisonnement lui est étranger. Comme je l’ai indiqué dans l’article précédent, l’intelligence artificielle ne ressent rien, elle ne jouit pas, ne souffre pas. Elle peut tomber en panne, mais elle ne fait pas d’erreur. Même les signes de vos émotions deviennent chez elle de simples informations à traiter . Elle accomplit sa tâche imperturbablement.

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Sauf si. on a prévu qu’elle puisse dire : NON ! .

Une autre chose terrifiante serait d’être ce genre de robot c’est à dire d’être totalement commandé par ce genre d’intelligence conçue par d’autres et qui pourrait nous faire faire n’importe quoi.

Parce que l’on est « conscient de soi » (?) , parce que le monde est autour de soi, parce que tout finalement se ramène à soi, on fait facilement l’erreur de croire que soi, dans notre existence, est une base fiable, une donnée sur laquelle on peut compter, d’autant qu’il semble doté d’une certaine continuité.

Quand nos pensées arrivent, nous ne sommes pas toujours très conscients de la valeur qu’on leur donne ou de l’importance qu’elles ont pour nous. Que se passe-t-il ?

De même – c’est pareil – on n’est pas toujours très conscient de la valeur qu’a pour nous ce dont nous sommes consciens. Que se passe-t-il ? t.

A quel point nous tenons au monde qui nous entoure, à tout ce qui le constitue, à tout ce qu’on rencontre, à quel point tout cela nous est agréable ou désagréable, nous ne le savons pas très bien.

Nous ne savons pas à quel point on tient à la vie et pourquoi.

Nous ne sommes pas toujours très conscients à quel point nous tenons aux jugements que nous portons. Nous ne sommes pas toujours très conscients de la force ou de l’importance de nos désirs, de la durée qu’ils auront.

Nous pouvons mettre un certain temps à comprendre que la philosophie du faible ou du timoré est une philosophie qui justifie la faiblesse ou la crainte en général, que la philosophie du fort est une philosophie qui justifie la force en général, que la philosophie de celui qui a besoin d’amour est une philosophie qui justifie l’amour en général, que la philosophie du cupide, de l’avare, de l’ambitieux sont des philosophies qui justifient la cupidité, l’avarice, l’ambition en général, que la philosophie du moraliste intransigeant est une philosophie qui accorde une grande importance à la morale en général, si on croit en Dieu, c’est qu’on manque d’assurance, c’est qu’on est paumé.. ( bon c’est juste un témoignage respectable de ce qu’on est, il ne faut simplement pas avoir le moindre pouvoir d’imposer sa philosophie aux autres.) On réalise qu’il en est ainsi quand on commence à se connaître vraiment. Alors les concepts, les raisonnements, les valeurs de sa philosophie perdent de leur sens. On se trouve bête quand on repense à tout ce qu’on a fait pour la réussite de sa propre philosophie et que l’on se rend compte qu’elle ne servait au fond qu^à se justifier, qu’elle n’était que le résultat involontaire de ce que l’on était. L’ego en prend un coup !

Quel était donc cette idée de soi sur laquelle on pouvait compter si on est si peu conscient de ce qui fait notre vie, si peu lucide sur ce que l’on est en réalité ? Vie et idée, c’est un peu comme si elles étaient passablement étrangères l’une à l’autre. D’ailleurs on craint, on fuit nos réactions intempestives, on voudrait être celui que l’on croit être.

La bêtise, personne n’y échappe tout à fait. Elle consiste par exemple à se revendiquer de raisons qui ne sont pas les nôtres mais que l’on cite ou que l’on utilise parce qu’elles sont communément admises ou parce qu’elles plaisent (sinon que deviendrait la publicité?) ou parce qu’on les a entendues exprimer avec succès par d’autres notamment par des gens qui font autorité. (là, c’est particulièrement valable pour ceux qui ne veulent pas répéter ce que répète le commun des mortels. Il leur faut citer de grands auteurs) Elle consiste à porter des jugements parce qu’ils font partie de ceux que l’on entend généralement dans le but de montrer qu’on est bien conforme aux valeurs en vigueur. (alors là, il suffit d’écouter les politiques) C’est un moyen de faire croire qu’on sait des choses, alors que ce n’est que de la répétition. (une pétition répétée) La bêtise commence toujours par une abdication. On abandonne l’idée de ne dire que ce que l’on sait personnellement, que ce que l’on a expérimenté pour dire ce que l’on attend que l’on dise.(A moins que ce soit juste un jeu).

La bêtise est en effet complète lorsqu’il n’y a pas de jeu du tout et que l’on s’investit totalement (intellectuellement et affectivement) dans la démarche qui consiste à plaire aux autres, à être conforme à la norme. Il y a d’ailleurs des personnes très zélées pour faire respecter tous les codes possibles et imaginables. Elles sont aux aguets.

Attention danger : on risque d’agir conformément à ces bêtises.

C’est différent de l’obéissance à des codes ou des raisons qui n’ont aucune valeur pour nous, qui ne disent rien sur nous, qui ne nous engagent en rien, qui deviennent des automatismes pratiques, et auxquels on ne tient pas plus qu’à notre première chemise ( ah ici on roule à gauche ? D’accord ; Ah les surgelés ont été déplacés, d’accord ; Ah il faut faire ceci pour saluer, D’accord)

Donc la bêtise consiste à dire que ceci ou cela est bien parce que tout le monde dit que c’est bien, à affirmer que cela va sauver le monde parce que tout le monde dit que ça va sauver le monde (que telle vertu ou tel comportement, c’est bien, ça va sauver le monde) , à porter des jugements sur des groupes entiers parce que tout le monde porte ce genre de jugements. Alors qu’en fait, honnêtement, on n’en sait rien. La démonstration n’a jamais été faite. Que sait-on ? .

La question n’est pas de savoir si ce que l’on fait est utile à un sentiment commun, à une cause commune, à une croyance collective, à une vision commune de la société, mais de savoir si c’est utile à soi, profitable à soi . ( à soi, pas au moi qui n’est que le produit d’une socioculture. Le moi n’a que les désirs que la société désire qu’il ait , il n’aime que ce que la société aime, il prend à témoin. L’individu ignore les désirs de la société, il se moque de ce que la société ou les autres aiment, il ne prend personne à témoin ) En effet, quelle différence y-a-t-il entre être bête et être utile à un sentiment, une croyance, une cause, une vision qui circulent ?. On se rend utile en imitant les autres.

De toute façon, ce que l’on croit commun n’est qu’un malentendu. Est commun ce qui est répété. Quant à savoir si ce qu’on répète est vrai, ou si tout le monde pense à la même chose, c’est une autre affaire. Non, c’est encore alléguer des raisons ou des jugements communément admis. Si on devait se justifier ou interroger les autres, il serait question de sentiments communs, de cause commune, de croyances collectives, de vision commune de la société propagées ou colportées. Ce serait bien de la bêtise.

Le cauchemar se rapproche quand la bêtise progresse. Le cauchemar se rapproche quand des idées sorties du chapeau de gens malades ignorent les lois de la vie, les aléas, fluctuations, surprises de la vie, quand un système est insensible à ce que les individus peuvent éprouver . Le cauchemar, c’est d’avoir affaire à des monstres froids que rien ne touche, qui poursuivent imperturbablement leur objectif. ..Ce n’est pas demain la veille qu’une intelligence artificielle puisera en elle-même l’énergie et les voies de son propre développement

Vite, vite, venez tous vous mettre sous les ordres des intelligences artificielles.

Certains grands penseurs qui mettent au-dessus de tout la culture, les trésors de la création artistiques (et c’est vrai qu’on peut adorer ces derniers) vont s’insurger devant l’attention, l’importance croissantes accordées aux animaux, même aux animaux supérieurs (vertébrés, mammifères) Il va certainement y avoir des excès. Mais faut ce qu’il faut. Plaider, défendre la vie et les différentes formes qu’elle peut prendre, c’est plaider et défendre l’humanité. Français, encore un effort si vous voulez tenir compte de l’évolution des espèces et de la longue histoire de l’homme et oublier définitivement la Genèse (Bible) .

Qui risque d’être le plus sensible à votre situation particulière, un loup ou un technocrate dans l’exercice de ses fonctions ? Quand on représente un concept, une fonction, on n’est pas porté à être très humain.

Le commun est une case que l’on imagine, un malentendu ou une croyance que l’on entretient. On s’adresse presque toujours à quelqu’un en l’intégrant dans un schéma de pensée, un cadre, et c’est en fonction d’eux conformément à eux qu’on lui parle. Que vous vous soyez mis vous-même dans un cadre défini ou que celui qui s’adresse à vous vous mette dans le cadre au nom duquel il parle, c’est pareil.

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 Ben zut alors !

Prenons l’exemple des médecins , il concerne tout le monde et il touche à quelque chose de très profond. Pour le médecin, vous êtes essentiellement un patient. Un patient, c’est quelqu’un qui compte sur le médecin pour régler son problème de santé, il compte sur un savoir et un savoir-faire qu’il ne possède pas, dont il ignore à peu près tout. Mais un patient, ce n’est pas qu’une pathologie particulière propre à un individu particulier. Ce que le patient ignore, c’est que le médecin s’inscrit dans une politique de santé du gouvernement à laquelle il collabore, dans le cadre d’une institution médicale puissante qui n’est pas désintéressée, dans le cadre du rapport particulier du médecin avec cette maladie, dans le cadre de la vision que le médecin a de la mort, dans le cadre du rapport professionnel que le médecin entend avoir avec son patient.

Le patient est envisagé sous le feu croisé de tout cela. Lui qui venait avec sa gueule enfarinée, plein d’espoir, il ne sait pas où il tombe.

Il est impossible, pour la pensée, de concevoir un objet sans le mettre immédiatement dans un décor, un lieu, une situation, .un schéma. C’est un tableau. ( – je vous ai vu à tel endroit, avec..oui, et alors?)

Tout est agencé, ordonné pour donner un sens à l’objet. Les éléments du tableau ont donc la fonction désirée. La pensée n’arrête pas de penser le monde. La pensée passe donc son temps à concevoir des cadres ou des tableaux dans lesquels elle compte mettre les objets ou individus prévus comme des potiches sur une étagère. Elle passe son temps à essayer de faire correspondre les objets ou individus aux tableaux. (ne voulez-vous pas entrer dans mon cadre. Nous avons les moyens de vous faire entrer dans le cadre) Elle passe son temps à croire que tout le monde est dans le même cadre. Les mots généralisent..

Dans ces conditions, vous commencez par être un objet de pensée figé. Il y a défi dès qu’on commence à bouger, à nuancer son point de vue, à le rectifier, à évoluer au cours de la conversation ; Tout le monde a connu des situations où il était quasiment impossible de se démarquer de la position où on nous mettait et de se faire comprendre. Interdit d’élucider le cadre, le schéma de pensée. Quand tout est impersonnel, abstrait, prévu à l’avance, cela devient cauchemardesque.

Je crains qu’on ne continue encore longtemps à nous servir de ces trucs apparemment communs (symboles, mots d’ordre, valeurs, thèmes rebattus, slogans etc) pour nous ennuyer avec une philosophie qui, elle, a des ambitions dangereuses.

Le commun ou le malentendu, c’est l’idée que tout le monde est dans le même cadre, que tout le monde perçoit le même cadre. Un seul cadre pour tous.

Il y a donc des gens qui ont embrassé complètement la cause du cadre, du tableau, du schéma de pensée -ils sont à leurs ordres – et dont le seul objectif est de vous faire entrer dans le moule pour faire de vous des objets de pensée parfaits.

Allons-nous faire preuve d’empathie à l’égard de ces schémas ou arrière-plans de pensée qui font de nous des objets figés, à l’égard de personnages sociaux en train de se camper, à l’égard de gens qui se prennent pour leur fonction sociale, à l’égard de gens qui accomplissent imperturbablement la tâche qui leur a été confiée  ? Et puis quoi encore ! !

- Mais il y a un être humain derrière la fonction

- Eh bien qu’il se montre.

En fait, jamais on ne pourra traiter les gens exactement de la même manière, leur appliquer exactement le même traitement, ils sont tous différents, ils réagiront différemment parce qu’ils auront des rapports différents au cadre. .Il y a lutte.

Donc la bêtise consiste à dire que ceci ou cela est commun parce que tout le monde dit que c’est commun, (commémorer mai 68 !..Commémorer quoi ? Kesako ? Une commémoration – une sorte de cérémonie collective pour… ?? le signifiant peut-être : mè-soi -sante- uit) à porter les mêmes jugements que tout le monde parce que tout le monde les porte, à répéter les mots des autres. .

Mais vous savez, c’est le doute, l’incertitude, l’espoir quant à ce qui pourrait être réellement compris de la même manière par les autres qui nous fait parler. Demain, après-demain, si ..on va se comprendre. Sans ce doute ou cet espoir…

Vous pouvez déclencher ce morceau de MENDELSSOHN   https://youtu.be/ze-4MT4_Vy4?t=525

et l’écouter en regardant en même temps ce film (dont le son aura été coupé)

https://youtu.be/3YLTjdefi1Y?t=33

désolé pour les légendes « tartes » qui sont justement des exemples de ce qui n’est pas commun.

 

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