LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

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13 janvier, 2018

WORLD WORD

Classé dans : Pensee — inconnaissance @ 14:26

Le monde et les pensées, c’est pareil. Vivre dans le monde et vivre avec ses pensées, c’est pareil. On ne vit pas dans LE monde – Le monde, cela n’existe pas, la société, cela n’existe pas – on vit dans son monde, celui que nos pensées décryptent ou interprètent et celui que nos pensées nous remettent à l’esprit ou imaginent quand il n’est pas devant nos yeux. Le monde ne vous poursuit pas sous vos draps, il ne surgit pas à l’improviste quand vous êtes tranquillement chez vous, il ne pose pas de problème a priori, il ne vous harcèle pas, n’insiste pas, ne dit rien, ce sont seulement les pensées qui le font.

Vous ne prenez conscience du monde qu’en vous séparant de lui – sinon vous en faites partie intégrante, partie intégrante du monde des atomes et des particules, partie intégrante de la vie qui est apparue sur terre il y a plus de 3 milliards d’années. Et c’est la pensée seule qui permet cette séparation, la pensée seule qui permet la naissance en soi d’un sujet et d’un objet. Tous deux faisant partie du fonctionnement involontaire du mental. Le monde a été pensé et organisé par les hommes. Chacun essaie de comprendre cette organisation en pensant comme il faut qu’il pense, en se pensant .

Le monde est donc comme nos pensées nous le présentent. Nos pensées, c’est toute notre histoire, notre condition, notre sort. Elles nous y plongent et replongent Quand on meurt, on ne quitte pas le monde que l’on n’a jamais rencontré , on quitte notre univers mental. Le sujet et l’objet. Sujet et objet s’évanouissent peu à peu ou rapidement ensemble. Si vous aimez votre univers mental, c’est dommage pour vous. Si vous ne l’aimez pas, bon débarras !

« Ô vous les arracheurs de dents, tous les cafards, les charlatans , les prophètes, comptez plus sur oncle Archibald pour payer les violons du bal à vos fêtes « (BRASSENS)

Les facultés intellectuelles varient avec les individus, elles obéissent à des lois et dépendent de certaines conditions. Tout ce qui est émotion, sentiment, conviction perturbe ou gêne le fonctionnement de ces facultés. On devine ce qui se passe si on est complètement dans ce monde-là.  L’intelligence artificielle ne connaît pas ce genre de problème. Elle n’est pas vivante. Elle fonctionne comme fonctionne notre organisme habituellement : au mieux de ses capacités.

Les relations humaines sont parfois sentimentales, affectueuses, et parfois elles ne le sont pas. Le grand défi consiste justement à savoir quand on peut avoir des sentiments et quand il est préférable de ne pas en avoir ou quelle dose de sentiments on peut mettre. C’est dans cette zone intermédiaire, mouvante, floue, mais importante que beaucoup de nos relations se jouent. Entre deux purs intellects, pas de problèmes. Entre deux amants unis, pas de problème . Dans la zone en question, autrui trouve qu’on ne lui a pas manifesté les sentiments qui lui étaient dus selon lui ou il trouve que les sentiments qu’on a montrés étaient superflus ou inappropriés etc C’est le bazar introduit par les fonctions sociales et le statut social. (j’aime mon percepteur un peu, beaucoup, passionnément…).

Il y a une expérience facile à faire ou à imaginer. Pour bousculer notre univers mental particulier fait de raisons et de sentiments particuliers, pour donner un coup de pied dans le flot de pensées qui se fait passer pour le monde, il suffit de supprimer tout sentiment à l’égard d’autrui et de lui être indifférent (- bonjour, nous sommes partenaires d’EDF – Très bien, continuez, c’est tout droit) Pourquoi serait-ce lourd de conséquences ? Justement parce que conformément à notre conditionnement, autrui est un centre de projection de toutes nos valeurs, de toutes nos idéalisations, de tous nos fantasmes, de toutes nos croyances. Autrui a toujours été au cœur de notre éducation à un point qu’on devrait être incollable.

Donc ce qui est immoral est moral. (ou inversement) C’est cela qui est terrible. Immoral : traiter autrui ainsi. Moral : permet à nos facultés intellectuelles de bien fonctionner et à celles d’autrui aussi. Immoral : jouissance de la domination quand autrui est émotif. Moral : sortir de la niaiserie, des tourments Que je sache, nous ne sommes pas responsables de cet état de fait.

On désire une chose parce qu’on s’est pris d’affection pour cette chose, pas parce que cette chose nous paraît bonne « Nous ne désirons pas une chose parce que nous la jugeons bonne, mais nous la jugeons bonne parce que nous la désirons «  SPINOZA a raison pour le moral.  L’organisme, lui, sait très bien ce qui lui est agréable ou désagréable. Se prendre d’affection, c’est le sort des êtres sensibles, de certains animaux au moins, et des hommes. Vous savez comment c’est, les hommes, par nature, s’attachent. Ils s’attachent à leur chez soi, ils s’attachent à leur entourage, ils s’attachent à leurs habitudes, ils s’attachent même à leurs outils de travail, même si ce travail est pénible. Ils s’attachent aux mots qui leur permettent d’être conscient de tout ça. (C’est comme ça qu’on a fait subir ou qu’on a fait faire aux hommes à peu près n’importe quoi. On savait qu’on pouvait compter sur le fait qu’ils sont capables de s’attacher à n’importe quoi, même à une tranchée puante et boueuse pendant la guerre 14-18, à cause des camarades. C’est moral ou immoral ? Les enfants martyrs restent même attachés à leurs bourreaux avant de succomber. Si par un coup de baguette magique, leurs père et mère ne portaient plus ce nom, si ces enfants étaient frappés d’amnésie, ce ne serait plus pareil. Le conditionnement est multiséculaires)

Mais puisqu’il en est ainsi au moral, cela signifie que la société aura comme principal objectif de nous faire désirer ce qu’elle veut qu’on désire, de nous faire aimer, comme il convient, ce qu’elle veut qu’on aime. Martelez, bourrez les crânes, il en restera toujours quelque chose. Elle ne s’intéresse pas à ce que nous pensons et à ce que nous savons  Pour maintenir le lien social, les croyances collectives, il faut contrôler que nous aimons bien ce qu’il faut . Il ne s’agit pas seulement de nos relations avec nos proches, il s’agit de nos relations avec tout ce qu’elle a jugé, avec tout ce qu’elle aime ou déteste. Et c’est particulièrement le cas lorsqu’il s’agit des choses humaines : des catégories humaines, des groupes, des institutions, des fonctions sociales, des symboles, des croyances, des grandes valeurs humaines.

Tout cela est nommé.  Il faut que nous ayons avec les mots en question le rapport affectif voulu car ce sont ces mots et la façon dont ils sont investis qui formateront, détermineront notre conscience du monde. (dites le contraire de ce que vous pensez, pour voir l’effet sur vous. Allez contre la morale commune pour voir l’effet sur les autres.  Non je plaisante !) Notre affectivité appliquée à tout cela est sérieusement réglementée, contrôlée, normalisée. Les sentiments indésirables à cet égard sont condamnés par la société tout entière. Alors attention à ce que vous dites et surtout à la façon dont vous le dites ! Certains sont prêts à avoir des crises d’épilepsie si vous parlez mal. En tout cas, combien de psychodrames ? ( voir FC qui vise à émouvoir et à appeler à l’investissement.quand il s’agit de migrants ou d’immigrés, des femmes, de certaines minorités opprimées surtout si elles sont musulmanes , des homosexuels ) La victimisation, les plaintes sont d’ailleurs à la mode.

Donc notre éducation, notre conditionnement se concentrent surtout sur notre affectivité, sur notre rapport sentimental, affectif au monde, aux autres.  Il ne s’agit pas de prouver, mais de convaincre. C’est bien discutable pourtant. Ce n’est rien de garanti, de fiable.  On peut changer de partis-pris. On peut changer ses hobbys. On peut cesser de supporter une équipe de football et en supporter une autre.  On peut abandonner un parti politique, un leader politique et en soutenir d’autres. On peut changer de compagnon ou de compagne. On peut changer de religion. On peut cesser de s’investir pour telle idée, pour telle image de la réussite sociale. On peut changer un peu sa morale.  On désirait le succès d’un leader, d’un club de football, d’une religion, d’une idée, on désirera le succès d’un autre parti, d’une autre idée etc

C’est ballot de croire que nos choix sont personnels, libres, éclairés. Il y a toujours un arrière-plan affectif en fonction duquel on envisage les choses. Ce n’est pas seulement le fait de prendre ses désirs pour des réalités, ce n’est pas seulement le fait de rapporter le monde à un objectif, ce n’est pas seulement le fait que tout est matériel pour le matérialiste, spirituel pour le spirituel, religieux pour le religieux, politique pour le politique, etc c’est que les mots incrustés, ancrés, enracinés et l’investissement dont ils bénéficient déterminent notre rapport au monde. Ce que l’on a appris à aimer via les mots que nous aurons investis, nous le désirerons, nous le trouverons bon., nous le choisirons. On prend conscience du monde grâce à la pensée, on prend conscience de notre opinion du monde grâce à la pensée.

On est donc malheureux quand on fait ce qu’on peut pour aimer ou désirer ce que la société, les autres, le groupe veulent qu’on aime ou désire et qu’il n’y a pas de retour  (c’est pas juste, je ne suis pas socialement comme les autres, c’est à dire pareil que les autres pour la société) C’est la raison pour laquelle, dans la grande majorité des cas, tout le monde peut le constater, les sentiments s’adressent au moi, ils sont plein d’égard pour le moi et ses constituants, pour l’être social et ses désirs conformes à la société, pas à vous.

Si le monde, ce sont nos pensées, notre rapport au monde est notre rapport à nos pensées. Nous attristent-elles ou nous réjouissent-elles, nous tracassent-elles ou nous enthousiasment-elles, nous aiment-elles ou nous détestent-elles,  sommes-nous contents ou mécontents de les retrouver ? Quel effet ont-elles généralement sur nous ? On ne se pose pas souvent la question. On ne s’occupe guère de savoir si ceux qui s’adressent à nous, qui ont ou ont eu le pouvoir de nous inspirer des pensées ou de déposer en nous des pensées qui seront récurrentes, ont un effet bénéfique sur notre humeur, notre état d’âme ou le contraire. Que ferait-on avec ceux qui font plutôt notre malheur si on en prenait conscience ? Serait-ce moral ou immoral de les envoyer voir ailleurs ? (Je préfère parler avec Amélia, elle au moins, est toujours aimable…non je plaisante)

ameli

Ceux qui réfléchissent sur les progrès et l’avenir de l’intelligence artificielle n’ont pas encore pris conscience d’une chose pourtant essentielle, dérangeante. A partir du moment où ce qui nous différencie le mieux de cette intelligence, ce sont les émotions, les sentiments, le plaisir  que l’on peut éprouver; pas l’intelligence requise pour remplir les tâches que nous impose la société (voir le reportage de France 2 sur Amelia)  ; pas la culture non plus. (C’est bête parce que nos élites culturelles mettaient le paquet pour essayer d’objectiver, de rationaliser la valeur de la culture – il y a des critiques littéraires, des musicologues, – pas pour mettre en évidence son effet sur nous.) que devient la conception de l’homme dans notre civilisation ? Emotions et sentiments ne rapportent rien, ne sont pas monnayables. Que faire de cela ?

On ne se révolte pas quand on nous inspire des pensées attristantes ou perturbantes. On est habitué à endurer les pensées attristantes. Elles sont le résultat d’une comparaison. avec un « ce qui devrait être » ou un « ce qu’il faut » ou un monde plus beau, plus heureux. (l’idée de bonheur , l’idée de justice, l’idée de paix, l’idée d’amour, l’idée de vertu rendent malheureux. Ces idées suscitent le désir qui suscite le manque) Les bonimenteurs vous proposent une voie pour être heureux ou plus heureux. Mais en attendant, il faut prendre de la peine. N’allez pas leur dire que vous savez comment être heureux maintenant. Les moralistes comme ceux cités plus haut vous proposent de faire quelque chose pour rendre les gens plus heureux, n’allez pas leur dire que vous faites partie des gens et qu’il convient de ne pas commencer par vous rendre malheureux. Ils font du tort à quelqu’un maintenant en vue d’un bien qui pourra peut-être être fait plus tard . Non on est habitué à donner asile à des pensées attristantes pour mériter le ciel. On ne remerciera jamais assez Dieu pour cette vie grâce à laquelle on est en danger de manquer le ciel et d’aller je ne sais où.

On ne refuse pas les pensées attristantes parce que l’on est intimement convaincu qu’on a une dette du fait de vivre ou d’exister. Une dette insolvable envers le monde, la société, les autres. Et s’il faut prendre de la peine, en baver pour payer cette dette, on ne refuse pas. On est même responsable des conséquences fâcheuses de décisions que nous n’avons pas prises. Est-ce que ce n’est pas le contraire, est-ce qu’on n’a pas une dette insolvable envers nous pour nous avoir mis au monde et mis dans ce monde-là, celui que nous venons de décrire ?

Mais disons plus précisément en quoi il consiste, quel est son principe de base. Nous sommes tous (ou presque) persuadés qu’il y a une Vérité de la Vie. A partir de là, tout s’enclenche. S’il y en a une, la Vie ne suffit plus. S’il y en a une, il faut la trouver. S’il faut la trouver, on se demande comment la trouver. On va chercher de l’aide, on cherche partout, on essaie toutes sortes de choses, on gobe les fables, les mensonges, on se reproche de ne pas la trouver . On en vient à conclure qu’on a raté sa vie, qu’on ne vaut rien.. On se dit que s’il faut en baver pour expier cet échec, c’est justice. Ne pas le faire serait terriblement égoïste.

L’existence c’est souvent de la peine et peu de consolation.

cauch1

https://youtu.be/C1QU3cjHUho?t=777    Suggestion : aller jusqu’au bout du mouvement

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