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8 février, 2018

LIEUX COMMUNS

Classé dans : Homme — inconnaissance @ 13:46

Lieux communs, idées reçues, programmation.

J’hésite entre acheter un chien et un robot humanoïde. Le robot peut parler, me parler, un chien ne le peut pas . Oui mais un chien montre sa joie et vient se faire caresser, un robot ne le fera pas. Oui mais un robot peut effectuer de nombreuses tâches pour moi, un chien ne le peut pas. Oui, mais un chien peut protéger les enfants, la maison, un robot ne le fera pas. Oui mais un robot humanoïde me ressemble, pas un chien. Lequel va m’écouter davantage, puisque l’écoute est à la mode ? .Ah là là, je suis embêté.

Donc il faut que je réfléchisse : qu’est-ce qui est le plus important pour moi, de quoi ai-je le plus besoin ? Qu’est-ce que je veux au fond ? Quelque chose pour mon coeur ou pour mon esprit, avoir de l’affection ou me libérer de mon besoin d’affection ? Dans le premier cas, c’est sûr que rien ne vaut un bon vieux toutou affectueux et fidèle. Oui mais si je trouve que je suis trop sensible, trop émotif, trop empathique, trop sentimental….enfin vous voyez, un robot humanoïde va pouvoir me rendre service ; Mais il faudrait qu’il parle, qu’il sache faire ma connaissance et ait des réponses assez humaines. Paro, un chien robot compagnon de vie, sait gémir si on le frappe. Il me faut un robot qui joue le jeu de la sensibilité..

Oui, ça c’est bien ! Il a l’avantage de rester un objet, une machine, Tout ce qu’il fait est le résultat de logiciels ou du fonctionnement de ses circuits. Une chose n’est qu’une chose. Et en même temps, il sera capable de communiquer voire de réagir comme un être humain. Nous communiquerons par la parole, et comme avec un être humain, je donnerai un sens à ce qu’il dit, je projetterai sur lui des facultés humaines, une sorte d’intelligence. Comme avec un être humain, j’interpréterai ce qu’il dit en fonction de mes catégories de pensée et façons de penser. Et lui interprétera ce que je dis en fonction de ce qu’il aura acquis comme connaissances.

C’est comme cela, en partie, entre deux vraies personnes. On ne peut pas lire dans les pensées de l’autre. On n’a que ce qu’il dit pour le comprendre, et ce qu’il dit n’est que notre interprétation personnelle de ce qu’il dit, cette interprétation diffère du sens que l’autre pense avoir donné à ce qu’il a dit. 

Le petit problème, c’est que je serai capable d’être ennuyé si le robot humanoïde ne comprend pas bien ce que je dis ou si je ne comprends pas ce qu’il dit ; Lui, non. .

De même, l’empathie, la pitié sont en partie une affaire de projection ou d’identification. Je projette sur l’autre ce que je ressentirais si j’étais à sa place ;(et évidemment, plus j’ai tendance à m’apitoyer sur moi-même, plus je serai porté à m’apitoyer sur les autres.) Je serais capable d’avoir de l’empathie pour un robot 

Je ne peux pas espérer qu’il aura de l’empathie pour moi, ce sera toujours faux

Je ne peux pas espérer qu’il voudra me plaire en intégrant dans ses connaissances mes arrières-plans de pensée, ce sera faux. Il ne connaît pas ce genre de sentiment ;

Mais il m’invitera à croire le contraire.

Je ne peux pas espérer qu’il me donne des idées nouvelles, qu’il sorte des clous

Et en plus il servira peut-être de mouchard.

Comment réagir, vais-je sévir , m’en prendre à lui s’il est en mon pouvoir ?

La parole du robot ou de l’IA est une arnaque. Ce petit conte permet d’introduire le sujet. Au moment de choisir, on navigue entre de vraies raisons et des lieux communs. Un robot est un modèle parfait : il ne fait que poursuivre l’objectif qu’on lui a assigné en prenant en compte des données venues de l’extérieur. Il n’a pas de ressort interne, de vitalité, de liberté. C’est l’idéal pour une société ;. Un robot obéit toujours, un chien pas toujours. Le concepteur du robot prévoyait que tout le monde se servirait du robot de la même manière, jusqu’à un certain point au moins, que tout le monde utiliserait les fonctions prévues. Il y a une bonne façon de s’en servir et il était prévu qu’on la respecte. En ce sens, le concepteur du robot a programmé ses utilisateurs.

De la façon dont évolue notre monde, tout ce qui n’est pas objectivé ou objectivable et rationalisé (tout ce qui échappe à la pensée) doit disparaître . Une IA est une fonction comme toutes les autres fonctions que l’on trouve dans la société. Elle a vocation à les remplir . Pas davantage de chance de remettre en cause l’organisation sociale pour encadrer la montée en puissance de l’IA que de remettre en cause le système économique pour lutter contre le péril qui menace la planète. De la même façon, la richesse du monde est de plus en plus accaparée par une minorité et le pouvoir de décider sera de plus en plus le monopole d’une minorité. On n’arrêtera pas Thanatos. En attendant, c’est vous qui allez écoper ! La morale, c’est pour vous. Qu’est-ce que le peuple ? C’est le destinataire de la morale.

Le choix est toujours entre  : faire ce qu’il faut – ce qu’il faut étant défini par d’autres – et satisfaire son propre désir. Le devoir ou le plaisir. On se lève le matin, et on a : soit des devoirs en vue, soit des plaisirs en vue, soit un mélange des deux en proportion variable. Qui décide des proportions ? On passe son temps à rendre des comptes intérieurement ou extérieurement, ou pas, ou plus ou moins. Alors, vie de plaisir ou vie de devoir ? Ah là là, j’hésite. Voyons, feuilletons mon dictionnaire de lieux communs.

On ne sait pas, n’est-ce pas, ce que pense autrui. On ne sent pas ce que sent autrui. On ne désire pas ce que désire autrui. On utilise les connaissances que l’on a reçues pour mettre un nom sur ce que l’on voit, entend etc On utilise le langage pour communiquer. Mais on ne donne pas le même sens à ce que l’on voit entend. dit etc Pour se comprendre un minimum dans la conversation, pour parler à peu près de la même chose, on se sert de références communes. Deux sortes de références communes  : ce qui est accessible à tout le monde par les sens, et les lieux communs. Les lieux communs sont des idées qui circulent, qui finissent par être familières, par passer pour des évidences. On sait qu’en les utilisant, les autres les reconnaîtront Mais ce n’est pas avec ça que vous allez pouvoir savoir ce qu’il se passe exactement chez autrui ou faire savoir ce qu’il se passe exactement chez vous. Alors, contribuer au lien social ou être fidèle le plus possible à soi ? Être superficiel ou être plus profond ? Ah là là, j’hésite.

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- Mais qu’est-ce que vous faites ?

- Je rends un culte à ce qui vous relie

- De l’air

Il y a toutes sortes de lieux communs ou d’idées reçues ; Il y a le savoir sur le monde que l’on ne vérifiera jamais. (la lumière se propage à près de 300.000 km par seconde. Idée reçue mais la vérification n’est pas impossible) Il y a les jugements que l’on ne vérifiera jamais. (Dieu est bon) Il y a des existences que l’on ne vérifiera jamais (n’importe quelle vertu ) Il y a les désirs que l’on est censé avoir (avoir des enfants) Il y a les effets que l’on ne vérifiera jamais. ( éviter les digressions, c’est pas bon pour le lecteur) .Pas grave, les lieux communs ne proposent pas du savoir, ils servent à la cohésion du groupe. Ce sont des signes de reconnaissance. Si le différent, l’étrange vous gênent beaucoup, si vous avez besoin de vivre dans un monde très familier, entrez dans une secte, une communauté, un clan, une caste, un groupe restreint et soudé ; Vous aurez plein de lieux communs, plein de rites, plein de savoirs, de jugements, de croyances communs. « Very confortable ! » Il y en a beaucoup plus qu’on ne croit Un bon premier indice pour les trouver : ils ne se remettent jamais en cause. C’est ça le sectarisme.

On est bien obligé d’utiliser les mots de tout le monde, mais on peut accorder plus ou moins de valeur aux idées reçues qui circulent, à la cohésion des groupes. On peut même se soucier de participer à la cohésion de la société comme d’une guigne, ne rien attendre d’autrui quand on lui dit quelque chose et ne chercher que sa propre satisfaction dans ce qu’on dit ou écrit.

Les lieux communs servent à nous programmer.

Les idées reçues, ce qui passe pour être commun c’est ce avec quoi on pense aussi malheureusement les autres, et c’est ce à quoi on suppose que les autres souscrivent; . Autrement dit, comme c’est commun, comme l’idée est reçue par tout le monde, on peut penser tout le monde sans demander l’avis de personne, intégrer tout le monde dans un certain schéma de pensée. (celui des professionnels, celui des représentants de, celui des militants, celui des altruistes collectivistes de tous poils etc)

-Si vous avez du cœur

- si vous êtes un enfant de Dieu

- si vous voulez vivre

- si vous voulez fonder une famille

-  si vous êtes frères

- si vous admettez que je vous suis supérieur parce que je suis noble ou j’ai des diplômes ou je suis président etc

Puisqu’on vous le dit ! Comment ? Tu n’as pas ta carte ? Comment ? Tu ne veux pas donner ?

Vivre sous la coupe d’idées reçues, c’est vivre sous la coupe de ceux qui sauront manier ces idées reçues, et c’est vivre en attendant que ses propres idées reçues soient prises en compte par les autres. Même si ce n’est pas généralement tragique,c’est ballot. L’individu est noyé dans des systèmes en ce sens qu’on le pense et qu’il se pense à partir de ces idées reçues, de ces lieux communs auxquels il est supposé souscrire, évitant de penser qu’il est libre de choisir. («  vous n’avez pas le monopole du coeur » )

Le résultat de tout cela, c’est qu’on ne fait qu’alimenter l’histoire que l’on se raconte tous à notre insu, les croyances qui circulent dans une société. Et c’est gratifiant les croyances.

Exemple « Europe, la vague populiste est-elle de retour ? » s’alarme FC. Les idées reçues sur le populisme vont suivre. Avez-vous le droit de penser le populisme autrement  ? Si ce n »est pas le cas, vous serez catalogué populiste ; En histoire, ça rigole pas. C’est tabou. Le pouvoir idéologique est là car le présent doit (lieu commun) être le dépositaire du passé (on comprend pourquoi certains, dont la philosophie a comme ressort essentiel certains événements du passé sont vent debout contre le présentisme.) . Faut-il étudier l’histoire à l’école  autrement dit instruisons-nous les élèves ou les bourrons-nous d’idées reçues en vogue dans une société ?

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(Autres lieux communs sur FC : « L’universel féminin » qui existerait. Faut-il parler de l’universel féminin dans les cours d’instruction civique ? «  le migrant est aussi une personne » Ah bon ! c’est un scoop ! ça y va à la manœuvre !

Ce qui était au départ utile à la communication devient un mode de vie, une façon de penser  quasiment une ontologie; Non seulement on finit par s’attacher à ces idées reçues, mais on nous presse de nous y attacher ; Les médias en font leurs choux gras. On comprend pourquoi l’individu est l’ennemi mortel de la société, il doit disparaître, se résorber dans un tissu de croyances, se calquer sur la société . Alors, détruire les idées reçues ou les entretenir ? J’hésite.

Si vous ne vous êtes jamais demandé si vous aviez envie de faire ce que vous faites, si vous êtes vraiment d’accord avec les raisons que vous vous donnez pour le faire, vous obéissez à des lieux communs ou des idées reçues . Si vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi vous portez tel et tel jugement , si vous êtes vraiment d’accord avec les raisons que vous vous donnez pour juger, vous obéissez à des lieux communs ou des idées reçues. (c’était ma petite contribution à l’existentialisme) Quel genre de personnes vous invitera plutôt à conserver ces idées reçues et quel genre de personnes vous aidera à vous en débarrasser ?

‘Se libérer du connu » proposait Jiddu KRISHNAMURTI. Ce n’est pas demain la veille.

Ce à quoi vous faites référence dans le but d’être d’accord avec ceux à qui vous vous adressez est soit un savoir éprouvé, soit un lieu commun. « Valéry LARBAUD, citoyen du monde » (FC) Citoyen du monde ?

- Moi aussi je veux être citoyen du monde, je pourrai voter partout, ce sera génial.

- Mais ce n’est qu’une image.

- Ah. Une belle image autorisée par opposition aux images interdites ?.FC est un beau livre d’images.

Chercher à plaire, chercher la reconnaissance du groupe n’est pas sans inconvénients. Cela nous conduira à faire un usage intensif, excessif de ces lieux communs ; Et faire cela , c’est devenir stupide ; (voir MILGRAM : pouvoir des idées reçues quand elles sont assumées par quelque représentant) A vous de voir. Si vous voulez brûler les étapes en ce sens, utilisez le plus possible de mots ou concepts qui sonnent à la fois comme du savoir, du jugement, de l’existence de ce qui n’existe pas, du désir, de l’effet supposé. Genre amour, égalité , responsabilité etc Vous savez, l’égalité, je suis égal, tu es égal, nous aimons l’égalité, nous désirons l’égalité, l’égalité c’est bon pour l’égalité.

On peut donner l’impression d’être instructif, enrichissant, reste à savoir si en même temps on n’augmente pas le nombre d’idées reçues ou si on ne consolide pas les lieux communs déjà existants.

La qualité des lieux communs dans les oeuvres de fiction, dans les discours font la qualité des œuvres ou des discours. Les lieux communs primaires dans les discours politiques sont pour les nigauds. Dans certaines émissions de télévision, certaines fictions ou certaines chansons, ces lieux communs sont bêtes à pleurer.

Un autre lieu commun qui règne chez ceux dont nous avons dénoncé les prétentions dans l’article précédent, c’est qu’on va prendre leurs propos pour des vérités. (Question d’ego) Les débats citoyens, par exemple, sont trop l’occasion de réduire encore les libertés individuelles en légiférant toujours plus en détail au profit de toutes les formes de structures encadrantes qui ne demandent que cela pour gagner en importance. (Les « belles personnes «  qui écoutent écoutent-elles vraiment et exaucent-elles les demandes ou s’écoutent-elles écouter. ? On peut se poser la question. Se méfier quand un verbe transitif devient intransitif tel qu’il est utilisé)

Mais par définition, il n’est jamais impossible de remplacer des lieux communs ou des idées reçues par d’autres idées reçues. Ce n’est pas la réalité qui gêne. Elle n’existe pas. C’est juste une affaire de persuasion et de sentiments. De même qu’une religion est une secte qui a réussi, un lieu commun est une opinion qui a réussi (peut-être qu’ici ou là on trouvera que c’est la même chose) A partir du moment où un mot n’a pas d’autres sources de sens que la phrase dans laquelle on le trouve, c’est la possibilité de faire de ce sens, un lieu commun. (exemple « égalité » en dehors des mathématiques)

Or on se pense avec ces idées reçues. Gare aux conséquences. ! A bas le relativisme entend-on. Il ne faut pas tout mettre en doute, si tout est relatif, cette affirmation n’est pas relative, si tout se vaut alors rien ne vaut etc Vous connaissez la chanson. Régulièrement elle devient campagne. Mais d’accord, chiche ! Alors sur quels critères décidera-t-on que ceci peut être relativisé, et cela ne peut pas l’être ? Attention ! Gare aux lieux communs, aux idées reçues au moment de choisir ces critères. Car par définition, ces idées reçues, ces lieux communs peuvent être relativisés, mis en doute.

C’est l’histoire de rendre des comptes, on nous a appris à rendre des comptes très tôt pour tout ce que nous faisions ou étions. Il s’agit de ne plus en rendre à aucune pensée et la pensée est le monde. Chaque fois que l’individu avancera, la société basée sur les idées reçues reculera.(et inversement)

Allons, toute cette histoire était courue d’avance. Les droits de l’homme, ce sont les droits de personne en particulier. Homme est le lieu commun ou l’idée reçue par excellence. (Une phrase a eu beaucoup de succès, elle est citée régulièrement, mais tirons-en la substantifique moelle : on ne naît pas humaniste, on le devient) Donc ce sont les droits d’une idée creuse, d’une pensée justement qui tire son sens ou sa légitimité seulement des phrases où on la trouve.  Mais pas n’importe quelle pensée ou n’importe quelle phrase, pas la pensée ou la phrase de n’importe qui. C’est clair non ?

https://www.youtube.com/watch?v=rZQp9rQrBek

https://www.youtube.com/watch?v=04YmzdmTUSI

c’est d’autant plus éclatant que les doigts sont merveilleusement vifs et agiles : https://youtu.be/hoTdKWOVGVs?list=PL13C549F0D870B769&t=139

 la simultanéité, comme indiquée dans la 1ere video de BARENBOIM, devient une fête : https://youtu.be/xo5AFX0216A?list=PL13C549F0D870B769&t=437

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