LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

28 février, 2018

LA SEULE QUESTION QUI VAILLE

Classé dans : Altruisme — inconnaissance @ 17:27

Celle qui fait le vrai partage, est celle-ci : est-ce que je veux contribuer à servir l’intérêt général ? Si la réponse est oui comme cela semble naturel, toutes sortes de formes d’intérêt général se présenteront à nous continuellement. Ces formes font partie de l’air que l’on respire. Si la réponse est non, on verra en fin d’article.

Tendre les bras vers….tourner le regard vers….Être sous le regard de….Attendre de….c’est la vie sociale, mais c’est aussi, en même temps, ce qui se passe en soi. . Toute la vie sociale se trouve dans cet espace-temps, ni avant, ni après.

Dans le monde, sensible au monde, le percevant, on le reflète en même temps qu’on manifeste sa propre réaction au monde de multiple façons. Donc ce reflet est le reflet du monde et de soi, est la manifestation du monde et de soi. 

De quelle nature est cet espace-temps ? L’espace, c’est celui entre le monde et soi, les autres et soi. Qui peut le mesurer ? Une personne éloignée peut être proche, une personne proche, éloignée. Le temps, c’est celui de l’attente. Là, non plus, ce n’est pas une question de minutes ou d’heures.

Que suis-je si je ne suis pas celui que les autres sont censés connaître et que je m’efforce d’être, si je ne suis pas celui qui peut être montré, présenté aux autres – comme il y a un rite religieux pour cela. ? Je suis alors le reflet ou la manifestation de moi-même plus que le reflet ou la manifestation du monde.

Je suis donc une sorte de miroir dans lequel les autres se regardent et me regardent. Un animal de compagnie, c’est plus expressif qu’une pierre, et un être humain, plus expressif qu’un animal de compagnie.

Qui suis-je encore si je ne suis pas celui qui seconde après seconde, minute après minute, heure après heure, du matin au soir et du soir au matin, nettoie, astique, arrange, interroge, le miroir, le reflet, la manifestation ? Et je fais cela par la pensée, n’est-ce pas ? La pensée serait comme une mère qui n’en aurait jamais fini d’habiller, de peigner, de brosser, de rectifier son enfant avant de le laisser sortir. Lassante, fatigante cette pensée ! Certains sont prêts à tout pour que l’image ne soit pas défigurée ? Même les fortes personnalités, même ceux qui ont de la trempe, même ceux qui semblent intouchables s’agenouillent, demandent pardon, se déculottent, se renient, si un reproche moral peut leur être fait. Mais ce qui les met dans cet état, ce n’est pas le préjudice particulier qu’ils auraient causé à une personne particulière, c’est la crainte que leur belle image ne soit abîmée.

Les paroles des autres, les médias et leur tsunami ininterrompu de messages et d’images me permettent de me distraire, c’est à dire d’oublier ces pensées. Malheureusement, les autres et les médias pour ne citer qu’eux – et les médias sont vicieux – alimentent le reflet , ajoutent d’autres pensées aux pensées existantes, d’autres pensées qu’on fuira en écoutant d’autres gens bavarder etc (c’est un remède qui aggrave le mal. C’est un cercle vicieux)

Maintenant je vous dis : s’il se passe ceci, ceci a telle signification. (vous avez le choix parmi des milliers d’exemples ou d’interprétations invérifiables) La conséquence, si vous acceptez cette affirmation, c’est que dès que vous prenez conscience de ceci, vous lui attribuez cette signification ou du moins vous pensez que ceci peut avoir cette signification. Maintenant, je vous dis ce genre de phrase des dizaines de fois par jour, pour des tas de raisons, dans toutes sortes d’occasions, et vous les acceptez. A chaque fois : reflet du monde et de soi, manifestation du monde et de soi, travail de la pensée pour rendre présentable cette manifestation de soi. Résultat ? ? ?

Mais présentable, pourquoi, comment, à qui ? Rappelez-vous bien la question initiale : est-ce que je veux contribuer etc

Il y a eu une abomination, l’abomination chrétienne, c’est à dire une culture, une Culture si vous voulez – une Culture, une Civilisation – qui a voulu se substituer à la nature, qui a voulu dire la nature, la nature des hommes notamment , comme ces abominables idéologies que sont le nazisme et le communisme. Elles n’ont fait que reprendre le principe : ne doit exister, ne doit apparaître que ce qui est attendu, que ce que la culture prévoit. Logique. Dieu a créé le monde et l’homme. L’Homme. C’est à dire sa nature. France Culte est d’accord avec ça, et vous ? Doute ? Hésitation ? Pas récusation totale donc poison persistant. La première abomination, c’est de nous avoir convaincu que c’était vrai. Nous voilà avec un sacré mystère, un sérieux problème quand on pense à soi.

D’accord, s’est fait discret dans ses manifestations et ses miracles le pépère. Il est dans une EHPAD. Il n’est plus que le Président d’honneur ou le fondateur illustre et lointain de ce système. Est devenu une affaire culturelle, sociétale. (on parle maintenant de richesse de la civilisation truc ou machin) Cela ne nous arrange pas. Qui a créé le monde et l’Homme maintenant ? Et voilà : le christianisme a rendu un immense service à la Société, à l’Etat, en lui confiant, après les avoir bien conditionnés, bien abêtis, des hommes persuadés qu’il n’y a que la Culture, des hommes prêts à rentrer sous terre, à disparaître, à se renier si la Culture leur fait quelques reproches.

Mais qui a envie de baiser une femme qui n’est devenue une femme que grâce la culture ? Qui a envie de vivre avec quelqu’un pour qui rien n’existe qu’au moral, c’est à dire , que pour la pensée , et la pensée éthique bien sûr, s’autorisant de raisons supérieures ?

Le destin de ceux qui se veulent entièrement culturels – entièrement le produit de leurs pensées , et de pensées telles que nous les ont insufflées, inspirées, inculquées au fil des siècles le christianisme et tous ses soutiens – est de vivre dans la fausseté car jamais la nature n’est ce qu’on veut qu’elle soit, n’est conforme à cette origine surnaturelle. La fausseté, c’est une structure sociale constituée d’invraisemblances et de mensonges.

Prenons l’exemple du caritatif qui fait fureur aujourd’hui, qui est un grand sujet. On peut être ému par le sort ou la détresse de quelqu’un et agir comme on l’entend, mais c’est déjà bizarre de vouloir que les autres soient émus de la même façon.. C’est pire quand on utilise ce fait, cette détresse, qu’on en fait une pièce probante de son idéologie pour essayer de la propager . L’idéologie devient plus importante que le fait. C’est grave enfin quand l’émotion elle-même que le fait devrait susciter à l’identique chez tout le monde et l’adhésion à l’idéologie deviennent indissociables. Si on n’adhère pas, c’est très mal vu. Si on s’oppose, on ne fait pas partie de l’humanité. On est donc pressé de contraindre ce que l’on ressent, de renoncer à ses propres convictions et de se laisser manipuler et culpabiliser .

Quand cette façon de faire ou de raisonner de plus en plus partagée est installée, elle sert de religion d’Etat,. L’Etat s’en sert comme il l’entend et l’impose.

Le schéma de pensée qui préside à tout cela, car il en faut un, est le suivant : on est invité à se demander ce qu’on ferait, ce qu’on devrait faire, décider, dans tel cas de figure, dans telle situation engageant sa conscience. C’est déjà faussé, car cela suppose d’abord qu’il y a un principe à établir et à adopter, une sorte d’engagement à prendre pour l’avenir qui ignore que tout peut changer, le monde comme soi-même, que la diversité règne. Cela suppose aussi que l’on a des comptes à rendre, et à quelqu’un. Elle est bien bonne. «  Notre système de santé va craquer en 2040 «  (déclare FC) Quelle conclusion va-t-on en tirer, que va-t-on vous raconter à votre avis ? Vous ne devinez pas ?

Tout est fausseté, la civilisation est bâtie sur la fausseté, sur la parole qui est fausseté, sur le sujet de la parole qui est fausseté, sur l’existence d’entités morales invraisemblables, sur la conscience morale qui est fausseté. Tout est comédie, simagrées, faux semblant Pourquoi ?

C’est l’autre aspect de l’abomination. Tout repose sur un énorme mensonge : le vrai est faux, et le faux est vrai. L’intérêt personnel n’est pas dans notre nature, l’altruisme est dans notre nature, donc cette dernière façon de vivre, seule, peut nous rendre heureux.

La comédie est permanente pour montrer qu’on est content d’être altruiste, que c’est naturel chez soi. La dévastation n’est pas que le résultat d’armes de guerre, elle peut aussi être le produit d’une guerre contre soi-même telle qu’elle détruit l’être après l’avoir défiguré. On se déteste quand une force supérieure – ici l’altruisme – nous oblige à faire quelque chose que l’on déteste ou qui va contre notre conviction intime, et nous enjoint d’être content par-dessus le marché. Il n’y a que les cyniques qui tirent leur épingle du jeu, c’est à dire ceux qui trouvent de l’intérêt à travailler pour le succès d’une idéologie, ou pour l’accroissement de leur petit pouvoir. On peut voir scintiller dans certaines émissions leur petitesse, leur frivolité, leur mesquinerie, leur petit ego, ou s’étaler, dans d’autres, leur suffisance et leur vacuité. Quant à ceux qui sont sincères, qui cherchent honnêtement à incarner cet altruisme, qui croient que tout le monde fonctionne ainsi, ils se font rouler dans la farine par ceux qui y ont renoncé depuis longtemps, par tous les bonimenteurs qu’ils croiseront. . Ils ne veulent pas admettre que le monde est une arène où l’on se livre un combat sans merci, ou une comédie, une farce où tout est faux.

Cet idéal est irréalisable mais ils s’en rendent responsables. Et cet échec peut mal tourner.

L’altruisme, c’est donc cette obligation où nous sommes de ne rien faire que l’on ne nous a pas demandé de faire, de ne rien désirer qui ne soit pas le désir de la société, de ne rien éprouver qui ne soit pas validé par la société, Tout est fait pour complaire à quelqu’un ou quelque chose au moins en partie. Le système altruiste nous dit ce que l’on peut et doit ressentir, éprouver. Il nous dit que l’on doit être heureux et que si nous ne le sommes pas, c’est parce que nous sommes mauvais. C’est le sens, la raison de : tendre les bras vers….tourner le regard vers….Être sous le regard de….Attendre de…. Cette laideur-là, on la retrouve reflétée par le miroir que nous sommes tous.

Qui se plaint et pour quelles raisons ? Qui est content et pour quelles raisons ? Pour des raisons de correspondance réussie ou ratée avec les autres ou le monde j’imagine.

De plus, le général, dans l’intérêt général, l’autre ou les autres n’existent pas, (pas plus que n’existe l’élève pour un enseignant, le fils ou la fille dans une famille, le patient pour le médecin, le consommateur, le citoyen etc ) ce n’est qu’un concept abstrait, une idée générale. Pour prendre conscience de la chose, il vous suffit (oui, je sais que c’est impossible à certains) de cesser un instant, et complètement, de vouloir travailler pour un modèle de société ou pour l’Etat. Chacun -le parent, le psychologue, le scientifique, l’ingénieur, le politique, le médecin, le travailleur social, l’enseignant, le journaliste de FC – travaille pour un modèle de société, pour l’Etat, pour sa branche ou sa fonction sociale, pour lui-même éventuellement. Chacun illustre les trois aspects de l’exemple que j’ai donné au-dessus. en manipulant des concepts censés mobiliser tout le monde, c’est à dire des raisons supérieures qui leur donnent tous les droits. Raisons supérieures : Sainte Vie,Sainte Santé Sainte Sécurité, Sainte Humanité, Saint Lien social, Sainte Morale, Sainte Culture, Saint Modernisme, Sainte Tradition religieuse, Saint Progrès scientifique et technique, Sainte Education, Sainte Famille. Attitude méprisante comme vous méprisent, mais pour des raisons différentes, la personne à qui vous faites la charité pour quelque façon de penser préétablie, et la personne qui parvient à vous rallier à sa cause après vous avoir ému avec ses exemples. ! La peste soit des esprit-prêtres. Car enfin, qui est en vérité ce concept humain auquel ils s’adressent : l’élève, le fils ou la fille, le patient, le citoyen, l’humain etc si ce n’est celui que les autres sont censés connaître et que l’on doit s’efforcer d’être en se rendant présentable ? Oui, mais on peut ne pas avoir envie de servir de faire-valoir à leur altruisme pourri.  (et pour en pâtir en plus) 

C’est ça votre intérêt général ?. Que voulez-vous penser de ces concepts-là sinon ce qu’on vous a appris à en penser ? On a donc une sainte raison supérieure qui accouche d’un intérêt général qui se propose à votre contribution. Quand on vous demande de contribuer à l’intérêt général, (lutter contre le réchauffement climatique par exemple ou mesurer votre vigilance au volant) c’est à dire de vous engager pour l’avenir sur un principe conformément à ce qu’on vous a appris, c’est comme si on vous demandait de renouveler vos vœux tous les jours. Quand on les entend plaider, on se demande parfois : qu’est-ce qui leur prend ? D’où ils sortent ? A quoi jouent-ils ?

Le reflet du monde en soi ne peut que nous enlaidir. On ne peut pas plonger dans la boue dans se couvrir de boue. On ne peut pas parler avec un faux-cul invétéré sans se compromettre. On ne peut jamais être honnête avec soi-même quand l’idée que l’on veut absolument incarner est impossible à incarner. Alors voilà une forme d’intérêt général que l’on nous présente. C’est beau sur le papier. Mais en vérité, ce n’est qu’une idée, et voulons-nous nous engager à adopter une position de principe chaque fois que l’on rencontrera ce genre d’idée, et voulons-nous rendre des comptes à quelqu’un ? Avions-nous demandé quelque chose pour qu’on nous relance ainsi ? 

Et si je ne veux pas contribuer à l’intérêt général ?

Il y a une innocence ou une sincérité qui n’ont rien à voir avec celles dont on parle, rien à voir avec celles que la culture décrit dans le cadre de son système, elle sont inhérentes à l’existence d’un espace inviolable, d’un espace que la pensée ne peut atteindre, d’un espace sans pensées, d’un espace où les autres n’existent pas. Derrière le miroir. Ce qui serait – ou est- une offense grave, inexcusable, c’est de ne pas être un miroir, c’est de ne pas être un reflet. Que le reflet existe, peu importe, aucune importance.  Se soucier de ce qu’il est c’est faire droit à ce qui l’a provoqué, comme combattre ou critiquer une opinion ou un jugement, c’est lui accorder du crédit, ou détester une personne, c’est lui reconnaître du pouvoir sur soi.

Depuis cet espace, il est inimaginable de vouloir plaire à qui que ce soit, d’être autre chose que soi. Le cinéma est fermé et le producteur des films a été chassé à coups de pieds dans le cul. 

 

I

I

I

 

Pas de commentaire »

Pas encore de commentaire.

Flux RSS des commentaires de cet article.

Laisser un commentaire

CGT-Energie Anjou 49 |
Bella et le syndrôme " BALBOA" |
Jeunes dans la ville |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Pensée..!?
| targuist
| Gabon, Environnement, Touri...