LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

6 mars, 2018

ORDRE DE MISSION

Classé dans : Missionnaire — inconnaissance @ 15:54

Il y a des gens qui, toute leur vie, voudraient se comporter comme des parents à l’égard des enfants que seraient les autres hommes en leur enseignant ce qu’ils doivent aimer ou détester, admirer ou mépriser. Ils semblent avoir une mission C’est à dire qu’ils veulent gouverner la part la plus naturelle, spontanée des hommes – la réaction de plaisir ou de déplaisir.. Tout suscite plus ou moins de plaisir ou de déplaisir, instantanément.

Les sentiments doivent obéir à un système. On commence très tôt à dresser les enfants de telle sorte qu’ils perdent complètement l’habitude d’être vrais. (et puis on leur reproche d’être menteurs ou hypocrites) Leur rapport au monde, aux autres, à l’origine innocent et direct, doit être le résultat d’un travail de la pensée, le fruit d’une pensée. Tout cela pour respecter les sacro-saintes mœurs, les sacro-saints principes, ceux que les adultes énoncent aussi machinalement qu’un chien se gratte. Et après, des bonimenteurs font leur beurre avec des slogans du genre : être soi-même, s’accepter., retrouver la sérénité, découvrir son univers intérieur etc C’est que l’être humain est mauvais par nature. Autre héritage du christianisme solidement ancré, et bien relayé par FREUD. C’est vrai, l’être humain est mauvais, mais pas forcément avec ses congénères – cela est encore à démontrer – il l’est avec les structures sociales, mais comme il est très difficile de s’en prendre à elles, il se venge sur ce qu’il a sous la main.

Le lien social, c’est l’effort réciproque pour rendre sa réaction présentable, ce sont des raisons partagées de faire cet effort. Ces raisons supposées partagées sont en très grande partie déjà là, depuis longtemps en chacun, Elles nous dirigent à notre insu. .

Le déjà là, eh bien c’est tout ce qu’on a l’habitude de faire et que l’on fait sans se poser de question, sans se demander si on a toujours envie de le faire, si c’est toujours justifié de le faire, comme par exemple ces gens habitués à être économes et qui, riches, continuent à faire attention au prix de ce qu’ils achètent, ou qui votent toujours de la même façon sans se demander s’ils sont contents de leurs candidats et de leurs résultats, ou qui mangent toujours la même chose sans se demander s’ils ne trouveraient pas plus de plaisir ailleurs , ou qui restent toujours fidèle à la même communauté. ou qui restent obstinément fidèles à une image d’eux-mêmes à laquelle ils croient correspondre, ou que certaines choses insupportent sans s’interroger sur les raisons objectives de cette allergie, ou qui disent toujours la même chose, portent le même jugement, dans les mêmes circonstances ou qui aiment toujours le même type d’homme ou de femme etc C’est en cela que notre passé nous conduit, au sens où son action est constante et méconnue, choyée et défendue.

Le reflet du monde en soi, involontaire, révélateur, que l’on essaie d’arranger, de rendre présentable, c’est ce que l’on veut que les autres voient, c’est ce que l’on croit pouvoir être pour les autres. Il y en a de toutes sortes. On peut passer sa vie à essayer de trouver des raisons de rendre présentable ce qu’on est  et à perfectionner cette présentation. On peut vivre pour les autres, pour le regard des autres.

Le lien social, c’est l’accord autour de principes, d’idées, de comportements. Le fait de penser qu’on est d’accord, est une forme d’union ou de fusion mentales, c’est la création d’une sorte d’esprit commun, c’est la croyance que cet esprit existe bel et bien. C’est le début de la religion. Les sentiments sont l’ennemi de l’objectivation au sens de cerner, de comprendre en partant de la propre conscience de soi, de soi dans sa totalité. 

On peut vivre entièrement pour le lien social, n’exister, n’agir que pour coller à ce que semblent être les valeurs en vigueur dans le milieu où on est. Peu importe lesquelles. Deux personnes qui se rencontrent n’ont souvent rien de plus pressé que de créer un lien social constitué de repères communs enrobés de sentiments. Je te vois tu me vois. On peut aussi rompre le pacte, ne donner aucun gage, aucun témoignage, ne restituer aucun des codes , des signaux convenus que les autres attendent. L’effet de déstabilisation ou de désorientation des autres est garanti. On peut naviguer entre les deux selon ce qu’on veut.

Fusionner dans des idées, des cultes, des sentiments, des groupes, des comportements, des causes permet de renoncer à son indépendance, à l’initiative individuelle pour vivre selon cet esprit commun. Dans l’affaire, le lien social devient autre chose. Il y a du chemin entre le respect de quelques codes de bonne conduite servant de cadre à la vie en société et la fusion dans un esprit commun plus ou moins grandiose et exaltant. Mais on peut le parcourir sans s’en rendre compte Cela vient de loin. 

Quel enfant ne croit pas naïvement que les adultes savent où va le monde et pourquoi. Quel enfant ne croit pas naïvement que les adultes savent ce qu’ils font, savent ce qu’ils disent et pourquoi. Quel enfant ne croit pas naïvement que les adultes savent pourquoi ils s’adressent à lui comme ils le font. Il croit qu’il peut avoir confiance. Quel enfant ne croit pas naïvement que les adultes l’ont mis au monde pour une bonne raison. Alors que n’importe quel imbécile peut faire un enfant par inadvertance. Il ne sait pas que les adultes sont possédés. Il ne sait pas que le monde dans lequel il veut entrer n’existe pas.

Tout ce qui est censé faire le bonheur de tous ou plaire à tous ou satisfaire tout le monde en dehors des besoins fondamentaux de l’espèce humaine (se nourrir, être en sécurité, aimer, s’instruire, agir) est une illusion. Le plaisir ou le déplaisir, cela ne se prévoit pas et ne se commande pas. La réaction à un stimulus, cela ne se commande pas et ne se prévoit pas. Les sentiments ou émotions suscités par le monde n’ont aucune raison d’être identiques chez tous les hommes. Les problèmes que chacun de nous a à régler n’ont aucune raison d’être les mêmes. Le bien commun, en dehors des besoins fondamentaux, cela n’existe pas. Et si cela n’existe pas, il n’y a aucune raison que l’on nous présente quelque valeur que ce soit comme étant un bien indiscutable et incontournable.

Il faut être naïf ou crédule pour y croire. Donc, fonder une éthique, une idéologie, là-dessus est une sottise. Et vouloir imposer ce genre d’éthique ou d’idéologie à tous est une ignominie. C’est pourtant ainsi que cela se passe continuellement : on nous reproche notre attitude, nos paroles, nos actes au nom de valeurs censées être communes.

Dans une société, il est nécessaire que nous croyions en l’existence de véritables valeurs communes pour nous mettre à son service, puisqu’elle est censée être bâtie sur elles. Elles sont donc très nombreuses Maintenir l’altruisme. Les valeurs d’une société vont du grand mythe aux petits signes de réussite sociale. .Malheureux, ne vous attaquez pas à l’objet de croyance de tout le monde, quoi que cela puisse être..

Ces valeurs sont peut être adaptées à un certain modèle de société, elles font peut-être l’affaire de ceux qui la dirigent, mais pas la nôtre. .Or, combien de concepts ne sont pas présentés comme des valeurs communes, combien ne prétendent pas nous toucher dans notre vie et de façon positive, bénéfique, combien ne veulent pas passer pour des valeurs incontournables qu’il ne serait pas correct de rejeter ? Mission : les servir. De nombreuses organisations comme France Culte sont là pour réactiver, sans cesse ces valeurs, leur donner plus d’actualité, et entretenir la flamme de valeurs trop méconnues ou chancelantes.. C’est pourquoi les politiques passent leur temps à faire référence à ces valeurs – ces objets de foi – censés recueillir l’accord de tous, mais leurs jugements ne sont jamais suivis d’effets. Là n’est pas la question. Un gouvernement qui déciderait de résoudre un problème social et qui le ferait, cela n’existe pas. Ce serait vraiment un gouvernement et non un gouverneVent.

Mais dans quelle mesure pouvons-nous réagir librement à chacune de ces valeurs, dans quelle mesure nous falsifions-nous ? .Est-ce qu’une civilisation peut être fière d’elle si elle est fondée sur la fausseté, sur le déni de ce qui est  ?

Les valeurs grandes ou petites qui ont été validées depuis longtemps et transmises de générations en générations, qui ont fini par être engrammées ou par être enseignées partout, forment le lien social. L’image de soi qu’il faut renvoyer aux autres ou le reflet de soi que la pensée doit travailler à produire. pour que tous puissent voir en tous la confirmation de leur croyance. Cette confirmation est le seul moyen dont nous disposons pour nous convaincre que ces valeurs sont justifiées et efficaces Le spectacle de gens qui vivraient autrement serait fatal. (Après il ne faut plus venir se plaindre.)

Ce lien social est facile à mettre en évidence, il suffit de le brutaliser un peu. Par exemple, si vous répondez :

Est-ce que je vous ai demandé quelque chose ? (suite à une offre, un conseil qui surfe sur une de ces choses censées nous intéresser)

Et pourquoi je ne voudrais pas cela ? (suite à l’exclusion d’un choix qui serait opposé à nos valeurs)

Que comptez-vous pouvoir faire ? (suite à une leçon, un enseignement que l’on voudrait nous donner à propos d’une valeur qu’on n’aurait pas respectée)

Pourquoi faudrait-il que je vous fournisse une raison de portée générale ? (suite à une demande de justification quand la raison d’un acte ou d’une décision n’a pas un rapport évident avec une valeur commune)

Qu’est-ce que vous en savez ? (suite à une phrase du genre : il ne vous est pas venu à l’esprit  que X avait de bonnes intentions)

Toutes ces réparties, n’est-ce pas, nient l’idée qu’il y a des valeurs communes à tous et donc forcément bonnes pour soi. A la question : que me voulez-vous, à moi , combien de gens seraient forcés de montrer qu’ils s’adressent au reflet que l’on devrait leur renvoyer. (citoyen, consommateur, croyant, patient potentiel, parent etc etc) Pourquoi ce qui n’est qu’une concession faite par nous momentanément dans un but pratique (un modus vivendi) devrait-il devenir une sorte de religion imposée ?

Mais l’autre façon de secouer le lien social, c’est justement de ne manifester aucun des sentiments que l’on attend de nous à propos des valeurs, qu’il s’agisse donc des grands mots comme ceux que nous avons cités en tête de l’article « Putain de sacré », qu’il s’agisse des qualités morales, des normes sociales, ou de ce qui fait partie de nos coutumes. L’indifférence est une preuve de liberté par rapport à elles. Avant, on ne s’assumait pas, on était simplement mu, agi par un conditionnement, on était le jouet de ces principes, après on s’assume.

Il n’y a aucune raison que les pensées ne circulent pas dans le cerveau comme le sang dans les veines et les artères, l’air dans les poumons, la trachée etc, c’est une fonction organique naturelle sans cesse en activité étant donné que tout est stimulus autour de nous et en nous. Mais il y a assurément des parties de cette fonction qui ont pour tâche de canaliser, tamiser, mettre en forme les pensées qui pourront être conscientes et donc être portées à la connaissance du public, voire être mises en paroles. Les autres doivent pouvoir constater que l’on respecte la culture, les mœurs en vigueur, ils doivent pouvoir assister aux efforts faits pour rendre cette vie psychique acceptable et se reconnaître dans les principes pris en compte. C’est le jeu de miroirs comme dans une cérémonie, un rite, tout est convenu, tout a le sens prévu, tout doit honorer la culture et les mœurs en question. Cette fonctionnalité particulière , c’est le juge, le jugement, qui invente un responsable de tout ce qui vient à la conscience, c’est l’idée que c’est soi qui fait tout cela, au lieu de voir tout cela comme un processus ordinaire sans auteur. S’il y a l’idée que l’on est responsable de ce que l’on pense ou de ce qu’on sent, c’est que la machinerie mentale impliquée dans la fabrication d’une image de soi acceptable, est à l’oeuvre. S’il y a juge, jugement, idée d’un responsable, c’est que l’autre ou les autres ont fait irruption, soit réellement, physiquement, soit mentalement.

Ô temps suspends ton vol :   https://youtu.be/IrVERH_Tkv8?t=1465

Les pensées et les paroles qui s’appuient sur ce qui est prouvé et vérifiable ne sont pas mises en danger quand un hurluberlu s’amuse à énoncer des contre-vérités ou à critiquer ceux qui expriment ces vérités, en revanche, tout ce qui est croyance ne supporte ni contestation ni attaque, ni affirmations contraires, le risque est trop grand qu’une croyance remplace une autre croyance. Et c’est le déferlement de haine.

On est empathique à l’égard de la société, on tremble pour les valeurs de la société, on prend la défense des valeurs de la société, on montre sa fidélité aux valeurs de la société, on souffre pour la société, on se démène pour réparer les torts faits aux valeurs de la société, on vilipende ceux qui s’attaquent aux valeurs de la société, on sert les valeurs de la société, on les arbore ostensiblement comme on arborait autrefois les statuettes et banderoles religieuses lors des processions, on se rend malheureux pour ne pas déplaire à la société.  On est des saints et des héros. Au final, faire ce qu’on nous demande de faire, vivre en fonction des autres devient une solution de facilité. On ne s’occupe plus de son propre désir. L’altruisme triomphant, c’est la victoire en soi des valeurs des autres. C’est un oubli de soi tout à fait évangélique.

Vous croyez peut-être que ce qui donnera du prix à votre vie ne peut être trouvé que par une réunion de personnes qui se mettent d’accord ? Vous citerez peut-être en exemple : une assemblée nationale, un conseil d’administration, le comité de direction d’un parti ou le comité de rédaction d’un organe de presse ? Ha ha ha ha….Non seulement ces assemblées tendaient à être vides de sens, mais aujourd’hui, elles sont en plus vides de pouvoir.. Et ce sont des gens très distingués et intelligents qui les défendent !

L’altruisme est une chose absolument merveilleuse, c’est une invention comme on n’en vit jamais de pareilles. Si on sait s’en servir..ah.. quel pouvoir ! On peut faire faire des sacrifices à A pour que le sort de B, C, D etc s’améliore. On peut faire faire des sacrifices à B pour que le sort de A, de C de D etc s’améliore Car il n’y a jamais d’audit. A, B , C D etc ne vont jamais voir A, B , C D etc pour savoir si leur sacrifice a servi à quelque chose. On peut sacrifier tout le monde à tout le monde sans problème grâce à ce principe..

Posséder l’esprit des hommes, c’est à dire savoir comment les convaincre et les manier, arriver à faire en sorte qu’ils ne s’occupent plus de leur propre désir mais seulement de celui qu’on leur notifie, n’est-ce pas formidable ? La seule raison dont on s’autorise pour vous imposer, de gré ou de force, un traitement ou une solution quelconque, c’est l’altruisme, c’est l’idée que ce traitement ou cette solution est bonne pour tout le monde. Vous n’avez pas le droit de ne pas être tout le monde. Vous devez être ému ici, comme tout le monde, vous devez être respectueux là, comme tout le monde, vous devez admirer ici, comme tout le monde, vous devez agir là, comme tout le monde, vous devez obéir ici, comme tout le monde, vous devez être content là, comme tout le monde, vous devez supporter ceci, comme tout le monde, vous devez croire cela comme tout le monde, vous devez rigoler ici, comme tout le monde, vous devez désirer cela comme tout le monde, vous devez être habillé comme ceci, comme tout le monde, vous devez vous sacrifier pour cela, comme tout le monde, vous devez avoir du plaisir de cette façon comme tout le monde. Penser en masse, agir en masse, sentir en masse.

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La globalisation, qui implique la standardisation des mœurs, des produits, des comportements l’exige. Des esprits-prêtre fanatiques, d’innombrables parasites vivant entièrement à vos crochets par ces temps de vaches maigres, vous surveillent. Les plaies de notre époque qui veulent que l’on gobe de vieilles idées mâchées et remâchées comme de vieux chewing-gums. 

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