LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

28 mai, 2018

SORTIR DE L’AMBIGUÏTE

Classé dans : Ambiguite — inconnaissance @ 19:55

 

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Quand c’est flou…

On ne sort de l’ambiguïté qu’à ses dépends parait-il, quand on a créé soi-même cette ambiguïté. Mais quand on est victime d’une ambiguïté, il vaut mieux en sortir. C’est le cas avec des expressions comme «lien social» ou «  vivre ensemble «  (cette dernière étant devenue un substantif : le.)  A priori, tout le monde a envie d’entretenir de bons rapports avec les autres, d’être socialisé, d’avoir de nombreuses relations. Si c’est ainsi que l’on comprend ces expressions, on se fait avoir.

S’agit-il d’augmenter nos facultés ou notre envie d’avoir des relations et d’occuper une place dans la société ? S’agit-il de favoriser les occasions de faire des rencontres et d’établir des liens ? Non ! Il s’agit de se mettre au service de codes ou de causes préétablis autour desquels ou grâces auxquels des relations devront pouvoir s’établir. Ce qu’on fait en faveur du vivre ensemble ou du lien social, c’est à dire en faveur de ces codes ou causes, consiste à augmenter la pression qui va s’exercer sur chacun. Ce qui doit nous relier, la façon dont on doit être relié, c’est de cela qu’il s’agit avec ces expressions. C’est toujours au nom du bien qu’on fait le mal ;

De la même façon, il semble que tout soit fait pour protéger la vie, favoriser la vie, respecter la vie. De quelle vie s’agit-il ? S’agit-il de votre vie, de la vie qui est en vous, en moi, est-ce elle que l’on veut favoriser ? Non ! Il s’agit de la vie de la société, de la vie de tout ce que l’on appelle le social, le collectif, les valeurs, le groupe etc Votre vie doit être mise au service des ces vies-là. Et s’il faut, pour cela, qu’elle se rétrécisse, pas de problème.

Il ne s’agit pas de votre vie, vous ne devez pas considérer que la vie, c’est votre vie ou la vie de X ou de Y. La vie dont il est question est au-delà de vote vie. D’autres que vous s’en occupent.

Quel devoir a-t-on à l’égard du lien social ou du vivre ensemble tels qu’ils ont été définis plus haut ?

Faut-il nous précipiter dès qu’apparaît, dès que point à l’horizon, une règle, une coutume, une convenance, une bienséance, une norme, une mode, une habitude, une tradition, quelque chose de collectif pour y participe  ? Faut-il passer son temps à parcourir le monde ou les journaux, les magazines, les émissions, les nouvelles pour les découvrir afin de faire société ? A-t-on à ce point soif de ce qui est collectif pour ne pas pouvoir vivre sans avoir à chaque instant à l’esprit une question sociale, culturelle, politique etc ? N’existe-t-on que par et pour la société ? L’allégeance des autres à tous les repères sociaux, la mobilisation des autres pour toutes les causes sociales d’actualité, doivent-elles obligatoirement nous concerner, nous impliquer ?

C’est la question de savoir si c’est sa propre vie que l’on veut augmenter ou la vie de quelque forme collective (qui, d’ailleurs, aura changé de nature demain) la question de savoir si on veut être commun ou hors du commun.

On veut être commun  ? (ordinaire + pareil)

Forger l’opinion publique, la façonner, alors, c’est très important, cela permet d’avoir une grande influence sur ce que chacun de nous pense, fait si on est accroc au lien social, si on est soucieux de participer à toutes les formes de coutumes, convenances, bienséances, modes, normes qui se mettent en place, si l’opinion des autres comptent beaucoup pour nous. Les médias, les politiques, des intellectuels font donc tout ce qu’ils peuvent pour cela.

L‘idéal pour Dieu comme pour la société, c’est que nous n’ayons aucun désir, aucune volonté personnels en rapport avec notre singularité, c’est que nous n’ayons d’autres désir ou volonté que ceux que Dieu ou la société nous prescrivent. A aucun moment, pour aucune raison, il ne faudra émettre quelque souhait ou quelque plainte que ce soit s’ils ne sont pas dans la ligne. Tout devra donc être accepté. : même la responsabilité ou la culpabilité pour des dégâts que nous n’aurons pas causés, même les souffrances pour des torts que nous n’avons pas eus. C’est cela le bon rapport individu/Dieu ou individu/société. Dieu est bon, la société c’est la vérité, tout ce qui est mal vient de nous. (l’enfer ou les guerres, c’est nous qui les avons voulus et créés)

Un tel renoncement, c‘est la sainteté, la perfection, l’abnégation totale. C’est l’idéal. Mais comme personne n’en est là, comme personne n’a complètement renoncé à ses désirs ou volontés personnels, comme personne n’a totalement renoncé à lui-même, ces désirs ou ces volontés importuns doivent être neutralisés, détournés, leurrés grâce aux ambiguïtés. Pour que fonctionne cette emprise de la société et de ses représentants sur chacun d’entre nous, il faut créer et développer des ambiguïtés . Ambiguïtés dans la nature de nos rapports avec le monde.

On nous donne à penser que notre désir ou notre volonté sont compris, pris en compte, on entretient cet espoir chez nous tout en poursuivant de tout autres objectifs que ceux auxquels nous étions en droit de penser, mais sans nous le dire, en le cachant ou en le maquillant adroitement. Ainsi, un politique nous fait croire qu’il connaît et prend en compte nos désirs, qu’il va en partie les exaucer, tout en ayant bien l’intention de poursuivre d’autres objectifs. Un journaliste nous fait croire qu’il nous informe de façon honnête puisque c’est ce que nous attendons de lui, mais il agit en faveur d’un parti, d’une idéologie, (voir France Culte) Un médecin remplit une mission que l’on ignore, qu’il ne nous dit pas, il n’obéit pas à la demande que nous lui faisons et pour laquelle nous le payons. Mais il en est de même de tous ceux qui exercent une fonction sociale dont l’objectif est l’intérêt de la société ou d’une certaine société et non le nôtre.

Le rapport doit être ambigu. Celui qui exerce la fonction sociale au service de la société est un faux-cul professionnel. Il nous donne à penser qu’il va répondre à notre demande mais il ne le fait qu’en partie ou pas du tout. Il y a d’autres priorités.

On reconnaît ceux qui sont au service d’une certaine société et non à notre service en ce qu‘ils n’ont jamais une obligation de résultats comme un plombier, un maçon, un boucher ou un chauffeur de taxi . Ils n’ont pas de comptes à nous rendre. .

Ils sont toujours dans leur rôle et voudraient ne s’adresser qu’aux rôles correspondants chez les gens.

De toute façon, quand on travaille pour la société, on est toujours dans un rôle.  Quand nous fonctionnons conformément à des concepts conditionnés (père, mère, citoyen, chrétien socialiste etc) nous travaillons pour la société, nous sommes dans un rôle. . Quand nous exerçons un emploi, nous travaillons pour la société, nous sommes dans un rôle. Quand nous transmettons et vantons toutes les valeurs en vigueur, nous travaillons pour la société, nous sommes dans un rôle. Quand nous renvoyons à la société l’image de nous-même qu’elle attend, nous travaillons pour la société, nous sommes dans un rôle. Quand nous participons à un de ses innombrables groupes reconnus, nous travaillons pour la société .nous sommes dans un rôle. Quand nous respectons les lois, les coutumes, les fonctions sociales, nous travaillons pour la société, nous sommes dans un rôle. Quand nous volons au secours de quelque corporation, quelques catégories en difficulté, nous travaillons pour la société, nous sommes dans un rôle. Quand nous assistons aux fêtes, cérémonies officielles, nous travaillons pour la société en les cautionnant, nous sommes dans un rôle. Quand nous tenons à donner raison aux mots pour dire la vie, quand nous objectivons, conceptualisons des ressentis, nous travaillons pour la société, nous sommes dans un rôle si ces mots nous échappent parce que nous transformons du singulier en général. Quand nous tenons à donner raison à un parti, une idéologie, une cause pour dire ce que nous voulons, ce que tout le monde veut, nous travaillons pour la société, nous sommes dans un rôle. Quand nous aimons ou désirons ce qu’elle nous a appris à aimer ou désirer et non ce que nous aimons ou désirons réellement, nous travaillons pour la société, nous sommes dans un rôle. Quand nous poursuivons ses buts et non nos buts, nous travaillons pour la société, nous sommes dans un rôle.

Nous sommes dans le rôle du porte-parole d’une forme collective, d’une des idées générales qui constituent la société . Nous travaillons pour la réussite de cette forme collective ou de cette idée générale. Nous sommes dans l’ambiguïté et nous en sommes victimes si nous pensons pouvoir nous adresser à quelqu’un quand on s’adresse à un rôle. S’adresser à un rôle, c’est s’adresser au personnage d’une pièce.

C’est ainsi que le désir ou la demande qui étaient les nôtres et que nous voulions satisfaire en faisant appel aux services de gens que nous payons sont détournés de telle façon qu’ils servent les intérêts de Dieu ou de la société. (intérêts d’une idéologie en odeur de sainteté, de corporations, d’institutions, de pouvoirs divers et variés) Depuis que le monde est monde, le peuple a toujours été le dindon de la farce. Il a toujours payé pour les erreurs des décideurs, il a toujours été coupables des dégâts causés par les décideurs, il s’est toujours dévoué pour servir les intérêts des décideurs, il a toujours été trompé par les discours des décideurs.  Dans les émissions matière à penser sur France Culte, on trouve récemment :

« La charge de la Cour nationale du droit d’asile est quasi-surhumaine «  Vous y êtes pour quelque chose dans ce droit d’asile et cette charge ? Vous y pouvez quelque chose ? Vous pouvez juste faire ce que vous demandent ceux qui sont responsables du problème.

«  Quel enjeux pour nourrir 9 milliards d’êtres humains en 2050 ? 9 milliards d’êtres humains à nourrir, en 2050, au milieu de ce siècle. C’est à dire demain. Le temps presse, les Nations Unies ont fixé des objectifs, il n’est pas certain qu’ils soient atteints. Les vraies questions.  : de quelle alimentation s’agira-t-il ? «  Vous y êtes pour quelque chose dans cet accroissement, dans la surnatalité de l’Afrique ? Vous y pouvez quelque chose ? Juste faire ce que les responsables du problème vous demandent de faire.

«  La Relation est tout sauf une évidence facile. La Relation, elle fut imposée aux Africains déportés en esclavage ; elle est encore porteuse de violence «  Vous y êtes pour quelque chose dans cet esclavage ? Vous y pouvez quelque chose ? Juste faire ce que les descendants des esclavagistes vous demandent de faire.

«  C’est le propre de toute société que d’essayer de légitimer son propre ordre social afin d’assurer sa pérennité. En Occident, ce sont longtemps les dieux qui ont servi à légitimer les pouvoirs en place jusqu’aux guerres de religion où il est apparu que la référence à Dieu n’était plus capable de fonder l’autorité politique. (sic ndr) C’est alors la science qui a pris la relève. «  Vous y êtes pour quelque chose dans cette propagande religieuse ou scientifique ? Vous y pouvez quelque chose ? Juste faire ce que les propagandistes vous demandent de faire. Et ainsi de suite. 

On dirait que vous êtes bel et bien responsable des méfaits des décideurs . Vous êtes priés – voire obligés – de payer à leur place. Vous êtes instamment appelés à vous démener pour servir le profit qu’ils comptent tirer des conséquences funestes de leurs actes. (la dette, c’est de votre faute, la colonisation, c’est de votre faute, les discriminations et le racisme, c’est de votre faute, le chômage, c’est de votre faute, les attentats, c’est de votre faute, l’immigration, c’est de votre faute, la crise dans tel secteur, c’est de votre faute, les atteintes aux droits de l’homme là-bas, c’est de votre faute, la famine en Afrique, c’est de votre faute, la guerre, c’est de votre faute, les problèmes de l’UE c’est de votre faute, les problèmes des institutions, c’est de votre faute etc)

Il s’agit de vous instrumentaliser. Victimes de l’ambiguïté, on vous instrumentalise ou on vous utilise sans vous le dire.

On voit bien que l’on est submergé de sujets, de questions, de problèmes qui ne sont pas de notre ressort. Submergés par les catastrophes, les tragédies, les crises politiques, les problèmes de telle et telle catégorie de personnes, la crise des valeurs, les problèmes dans tel secteur d’activité, etc On ne veut pas que vous vous en mêliez personnellement on veut forger votre opinion, on veut forger une opinion, l’opinion prévue, calculée pour que les décideurs (au niveau collectif) s’appuient dessus pour continuer leur politique funeste. On crée en vous les sentiments mêmes qui ont toujours servi aux décideurs pour perpétrer leur sale politique. (Ne rien changer, mais nous faire supporter les conséquences) .

Nous sommes donc doublement victimes si on ne prend pas conscience de l’usage qui est fait de cette ambiguïté, de l’instrumentalisation à l’oeuvre, victime d’une société qui nie l’individu unique, singulier, et victime d’une société qui rejette sur nous ses propres torts.

Quand on héberge en soi, à la fois, le sentiment de culpabilité de ne pas être dans la norme, dans le stéréotype et le sentiment d’être responsable de tous les malheurs du monde, on peut dire que l’on passe son temps à se faire du mal à soi-même. . On dirait qu’une fatalité, qu’un sombre destin pèse sur nous : https://youtu.be/ScqeArnDoaE?t=39

L’ambiguïté, c’est de ne pas savoir qui veut quoi, qui décide quoi, qui est responsable de quoi. Le doute nous nuit.

Quand nous croyons être en rapport avec le monde, avec les autres, nous sommes en fait en relation avec nos pensées ou nos connaissances du monde ou des autres; (C’est le B.A. BA du nominalisme) Et il se trouve que ces pensées ou ces connaissances nous posent souvent des problèmes, nous font parfois souffrir. C’est ballot d’héberger en soi tous les instruments nécessaires pour nous pourrir la vie. Bien sûr, la société essaiera toujours de vous faire croire que ces pensées ou ces connaissances sont la réalité, mais il n’en est rien. Comme ces pensées ou ces connaissances n’ont pas été trouvées, expérimentées, vérifiées par nous mais sont issues du milieu, de la culture où nous vivons, elles expriment et représentent ce milieu ou cette culture. Ainsi, on peut s’apercevoir que les objets de notre vie quotidienne, que notre environnement immédiat, que les personnes avec lesquelles nous sommes en relation, que les idées qui circulent se présentent comme des tâches ou des devoirs à accomplir, des conditions à réaliser, du travail à faire, des corrections à apporter pour que la société soit contente. C’est ce que les pensées ou les connaissances en question nous font savoir. Pour cela, il y a tout ce qui se présente comme un bien en général, les jolis mots de la morale souvent d’inspiration chrétienne résonnent dans votre tête et vous mènent par le bout du nez en vous évitant de réfléchir. Ces jolis mots, ce sont ceux dont s’autorisent, ceux qu’utilisent les élites pour présenter leurs projets, leurs intentions. Vous ne pouvez qu’y adhérer puisque vous voulez ce que ces gens semblent vouloir. C’est la grande arnaque qui fonctionne depuis des siècles. Tant qu’on sera dépendants, soumis à ces concepts, mots, idées censés représenter le bien en général, on sera piégés. Ecoutez les discours et vous constaterez bien qu’ils en arrivent toujours à invoquer ces jolies chimères. C’est de cette façon qu’ils arrivent à nous faire croire qu’ils veulent la même chose que nous  et que nous pouvons vouloir ce qu’ils veulent. Quand est-ce qu’ils livreront la marchandise ? Jamais !

Il faut être attentif aux effets sur soi de tout ce que nous voyons, entendons. Ou il faut comparer le rapport au monde des enfants avec le nôtre. Même si je vous dis : roman, film, musique, il y a des chances pour que des sentiments de choses à faire ou à savoir surgissent dans votre esprit. Avec la société, n’espérez pas la tranquillité, la tendresse, la compréhension, elles seront vite interrompues par son tumulte : https://youtu.be/YLod6Ra6f08?t=68

 

 

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