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4 juin, 2018

LA PURIFICATION DES SENTIMENTS

Classé dans : Sentiment — inconnaissance @ 15:22

Il n’y a pas que la purification ethnique.

Contrairement à ce que l’on entend souvent, les règles et lois propres à une société ne sont pas uniquement destinées à permettre le vivre-ensemble, à assurer le lien social, à garantir la tranquillité de ses membres. Elles dessinent et prétendent leur imposer une nature, presque une ontologie, standard. Ils doivent tous essayer de correspondre à un modèle d’individu, d’homme. Si bien que tout ce qui ne collerait pas aux réactions souhaitées de ce genre de modèle n’a pas droit de cité. Si le surveillant ou le gendarme était à l’extérieur, on aurait juste à surveiller son propre comportement quand il apparaît.  » Jamais nous n’avons été plus libres que sous l’occupation allemande  » (J.P. SARTRE)

Mais le gendarme ou le surveillant a été intériorisé, si bien que chacun se surveille, se réprime, refoule. C’est qu’on a le culte de la société comme autrefois on avait le culte de Dieu. Une fracture de plus en plus grave a eu tendance a s’installer en chacun entre des exigences toujours plus nombreuses et ces réactions intempestives, entre un soi vrai et un soi agissant pour le compte de la société. . Selon le système, l’idéologie, la philosophie, la doctrine, la religion, ce soi agissant pour la société s’appelle le Père, la Loi, le surmoi, la Vérité, Dieu ou autre chose. Ce sont des élucubrations savantes et fumeuses destinées à justifier et fonder l’idée que la société (pas forcément une société particulière, mais l’organisation en société et le bien de la société) , c’est la Réalité, la Nécessité, la Vérité et que les hommes sont mauvais.

Dans ces conditions, l’individu a toujours tort, et la société toujours raison. Et quand un parti prétend être social, défendre la cause des opprimés, il défend une société partielle (une classe, un sexe, une catégorie de gens) et vise à mettre en place une autre forme de société . (la dictature du prolétariat, la dictature de la religion, la dictature du sansfrontièrisme, la dictature des financiers etc) ,Et rien ne change dans le principe. (pas difficile de trouver quels genres de groupes sont à l’honneur, ouvrez les yeux ou les oreilles, ces partis les désignent sans cesse en mettant l’accent sur leur pauvre sort : voir par exemple France Culte. GRAUPROBLEME. Sortez les mouchoirs)

Tu aimeras la société de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit, et ton prochain comme toi-même.

L’objectif qui nous est assigné depuis que nous sommes sur terre, la tâche qui nous incombe, c’est de purifier nos sentiments. Il faut qu’ils expriment notre amour de la société. Les sentiments négatifs à son égard ne sont pas tolérés.

Perdu dans la forêt des mensonges.

Je détestais, il fallait dire que j’aimais. Je ne voulais pas, il fallait dire que je voulais et inversement, J’étais mécontent, il fallait dire que j’étais content et inversement . J’étais triste, il fallait dire que j’étais gai, et inversement. J’avais peur, il fallait dire que je n’avais pas peur.  J’avais honte, il fallait dire que j’étais serein. Je ne savais pas, il fallait dire que je savais ; J’étais perdu, il fallait dire que j’étais sûr de moi ; J’avais de la peine, il fallait dire que cela ne me touchait pas. Cela ne me touchait pas, il fallait dire que j’avais de la peine. Je n’avais pas envie de faire ceci, il fallait dire que j’en avais envie. Le cœur a ses raisons que la société ne connaît pas, que les autres ne connaissent pas. Entre mentir aux autres et se mentir à soi-même il n’y a qu’un pas, ou à peine l’épaisseur d’une feuille de papier à cigarette si nous avons très envie de plaire aux autres et à la société qui ne cesseront pas de faire pression. .

Il faut être sincère dans ses sentiments pour la société et pour ses visages, quitte à se falsifier, à refouler, à se renier, à se mentir, à se réprimer. Mais c’est douloureux et les faits sont têtus. Double tâche. Réprimer sa propre nature, sa propre spontanéité, bafouer sa propre innocence, et dissimuler le hiatus qui existe entre celui que l’on paraît être et celui qu’on est. Tout ce trouble est pénible, mais il faut le cacher.

Mais quoi la haine, quoi la peur, quoi la colère, quoi la détestation, quoi la jalousie, quoi l’ignorance, quoi la honte, si cela existe, cela existe. Cela fait partie de la nature humaine, la vraie, alors que l’autre est une création de l’esprit. Que deviendront la haine, la peur, la colère, la détestation, la jalousie, l’ignorance, la honte, si elles s’attirent la haine de tout le monde. Si on ne cesse de purifier ses sentiments, ses émotions pour les rendre toujours plus semblables à l’image idéale qu’on s’en fait, on se soumet à des créations de l’esprit qui n’existent que dans l’imagination. La loi de nature et la loi de culture ne s’accordent pas. La seconde, fondée sur les symboles, les créations de l’esprit et la première, biologique, organique, anthropologique, s’ignorent au moins au moment où on vit.

Les sentiments qui circulent dans les discours et qui seraient ceux de tout le monde doivent devenir les nôtres (allez, vous reprendrez bien un peu de bons sentiments!) En effet, les mots sont généraux, non seulement ils sont utilisés par tout le monde mais ils sont destinés à tout le monde ou à des collectivités, ils concernent tout le monde ou des collectivités. Les utiliser, c’est se faire le porte-parole des autres , c’est se présenter comme un simple monsieur tout le monde ou comme un membre standard d’une collectivité : le genre de personne que les mots ont désignées ; . Ce qui est valable pour des mots comme Français, chômeur, femme, musulman, l’est aussi pour les concepts de valeur dont on se réclame. Nous voulons donc nous modéliser nous-même et modéliser les autres en nous réclamant de sentiments BCBG,  nous voulons leur faire allégeance et nous voulons que les autres en fassent autant.

Les hommes sont mauvais, il se battent pour s’emparer de toutes sortes de choses. Mais qui a donné une valeur générale à ces choses  ?

cent

Les hommes sont égoïstes. Mais qui leur garantit qu’ils auront, eux et leurs proches, tout ce dont ils ont besoin pour vivre ? Les hommes sont durs. Mais qui les a blessés, humiliés, maltraités,abandonnés, trompés ? Les hommes sont méfiants. Mais qui les a trahis, dupés ? Les hommes sont méchants. Mais qui leur a donné l’exemple de la méchanceté ? Les hommes sont bêtes, ils se ruent ce qui est à la mode, sur ce qui plaît. Mais qui les a convaincus qu’ils étaient des moins que rien ?

Les hommes sont sales, mais qui les a plongés dans la boue ?

Suite à cette purification forcée, beaucoup d’éléments émotionnels douloureux ou problématiques sont là, en soi, prégnants.

Qu’est-ce que la vie ? Une succession de notes de piano. Enfin souvent plus que des notes, des séquences courtes. Chocs (tout ce qui vient du monde et des autres) et vibrations (échos, ébranlements, répercussions etc) Le monde nous percute, nous impacte, nous atteint et ce qui s’ensuit, nos réactions, sensations, émotions, sentiments – ce qui est décrit ci-dessus – c’est notre vie affective et émotionnelle. Il y a un choc d’abord . L’organisme vivant, sensible, est percuté et troublé dans son équilibre ou sa plénitude.

Pourquoi le piano ? Le violon a une puissance d’expression supérieure au piano. Mais par nature, il est dans l’extériorisation. Le piano intériorise, il réveille un univers en sommeil. Un sommeil agité. Ce sont toutes les émotions, réactions, tous les sentiments qui ont été rejetés dans les ténèbres intérieures, qui sont restés comme en souffrance.

Il est alors précieux de trouver les musiques adaptées à nos besoins personnels, à notre cas personnel. Là, il ne s’agit plus de jouer les admirateurs d’un compositeur, les érudits en matière de musique, les critiques éclairés, les experts en matière d’interprétation, les médecins légistes d’un morceau, et autres façons de briller en société. Les précieuses arguties des musicologues ne sont plus de mise. Pas de pitié : tout ce qui permet de redonner vie à cette sensibilité dormante est bon à prendre.

belleb

Pas de préjugés. Mais de l’exigence. Ces sentiments, parce qu’ils sont enfouis, complexes et endoloris, ne sont ni superficiels, ni frivoles, ni exhibitionnistes.

Parfois, on a besoin d’être secoué, parfois caressé, parfois chatouillé, parfois apaisé, parfois aimé, parfois consolé etc Cela dépend de notre était du moment. Mais on a besoin de tout.

A la nature du son correspond la nature de l’élément émotionnel. A la façon de toucher le piano correspond la façon de toucher ces éléments émotionnels. A chacun ses éléments émotionnels et à chacun la bonne façon de les toucher.Voici quelques exemples, mais je vous préviens que cela pourrait être dur de passer d’une séquence à l’autre, mais tenez-vous en aux séquences indiquées SVP. Savourez. Laissez-vous aller. Laissez remonter.

gout

Oser les sentiments avec ses nuances et l’écoute. (Séquence jusqu’à 2mn 03 sec) : https://youtu.be/NN38dzzP_D0?t=104 (Je pense qu’il faut souhaiter le plus de douceur possible dans la façon de jouer)

Arrête de pleurnicher et de te plaindre comme ça dit le BCBG qui n’aime pas les épanchements (aller jusqu’à 13 min 45) https://youtu.be/o-MpNQ2ojjQ?t=757 (JING’ER XU semble justement pouvoir faire traîner ses notes comme des plaintes. C’est bien)

BEETHOVEN joue avec nos nerfs, il passe de l’impatience, de l’énervement, à la gentillesse (aller jusqu’à 5 min 20)

https://youtu.be/hoTdKWOVGVs?list=PL13C549F0D870B769&t=270  (là, il faut pouvoir changer rapidement de toucher comme le fait Aimi. Le plaisir est dans ces sautes d’humeur mal considérées en société)

Touché. ! Il m’a trouvé dans mes sphères. Je suis troublé, travaillé, mais il me berce ; et même à mon âge, j’aime bien être bercé. (aller jusqu’à 9mn 40 sec)

https://youtu.be/UF4J3A_Wxx4?t=535    (jouer le début de la phrase avec encore plus de délicatesse et de légèreté)

Fichez-moi la paix ! Laissez-moi seul ! (aller jusqu’à 15 minutes, 15 secondes) https://youtu.be/18XtkpYb_EI?list=PLZKXelXrbMWmJtbw8C-Aji2QEejRRROdy&t=860 (tout est dans les espaces qui doivent être habités.  Et je pense qu’il faut de la douceur)

Prière ou supplique humble ; assez rare à ce point chez MOZART (aller jusqu’à la fin du mouvement) https://youtu.be/Ha5XepY9y94?t=1067 (il faudrait des touchers à la fois délicats et graves ; facile, n’est-ce pas.)

Des milliers ! Le problème, c’est que ça va trop vite, on n’a pas le temps de prendre la mesure de chaque instant musical. Dans l’idéal, la musique doit cesser d’être de la musique – plus de séparation – et doit être l’expression même de nos éléments émotionnels.

.Il ne faut pas confondre l’extériorité intérieure et l’extériorité extérieure. Pour soi, depuis soi, depuis le cœur de soi, les pensées (et l’instance qui semble en être l’auteur et vouloir imposer sa loi), c’est l’extériorité intérieure.  Pensées et instances sont extérieures à soi. Pour soi, depuis soi, le monde et les messages qu’il envoie, c’est l’extériorité extérieure. (notamment l’imprévu qui nous impacte) La différence, c’est que l’on peut être capable de faire taire ou de faire disparaître l’extériorité intérieure, alors qu’on ne peut faire disparaître l’extériorité extérieure.  Une autre différence, c’est que l’extériorité extérieure a somme toute, dans les conditions courantes, assez peu de pouvoir sur soi, tandis que l’extériorité intérieure peut en avoir beaucoup, énormément. Or, toute la machinerie sociétale a pour but de nous faire confondre ces deux extériorités, de façon que le monde et l’extériorité intérieure fassent un. Autrement dit : il faut poursuivre et consolider l’intériorisation du monde en .le décryptant conformément au modèle sociétal

Il faut les dissocier pour que cesse cet affermissement constant de l’extériorité intérieure, et démystifier l’extériorité intérieure restante pour que cesse son pouvoir.

Vous voulez rejoindre les autres, les retrouver, vous avez besoin de tout ce qui fait lien, de tout ce autour de quoi les autres se rassemblent. C’est ça qui fait court-circuit entre l’extérieur extérieur et l’extérieur intérieur ; c’est le désir de rejoindre le groupe .Car il suffit que quelqu’un se présente comme un exemplaire des autres en général, d’une collectivité, qu’il exerce une fonction sociale et joue son rôle, qu’il soit le porte-parole d’une idée commune, pour que nous ayons envie de lui faire plaisir , car c’est faire plaisir à la collectivité; nous unir à elle. C’est ce sens du général qui est à l’extérieur et à l’intérieur. Plus que ce sens encore, c’est l’idée que ce général existe. C’est lui qui nous piège du fait de notre désir de le rejoindre. Mais la société ? Elle n’est nulle part, c’est une idée, un futur. Qui t’as fait ça ? C’est personne ! La société, c’est personne (comme disait le Cyclope dans l’Odyssée)  Le gouvernement, c’est personne. Les représentants et mandatés, c’est personne. Qui t’a rendu envieux, violent, dur, égoïste, qui t’a dépouillé, trahi, rabaissé, dupé ? C’est personne.

Vous n’avez aucun besoin de rejoindre les autres, nous n’avez nul besoin de souscrire à tout ce qui fait lien. Tous ceux donc qui se réfèrent sans cesse aux valeurs, à la morale, aux règles etc montrent leur besoin des autres et leur désir que nous en ayons besoin aussi. Si vous dépendez de ces éléments communs, c’est votre affaire, mais laissez-moi en dehors de tout cela, ne me demandez pas d’être aussi désireux que vous de coller à la collectivité. Tout ce qui est commun dans la culture m’indiffère à partir du moment où c’est commun. J’en fait un usage strictement personnel. Tous ces faux-culs qui voudraient sauver la société, ou faire son bien mais qui ne l’avouent pas et qui prétendent penser à mon bien me font rire .

Ne comptez pas sur moi pour me soucier du sort de la société, pour m’inquiéter de ce qui lui arrive. Je serais d’ailleurs bien stupide puisque tout est organisé pour la détruire de l’intérieur et à l’aide d’éléments venus de l’extérieur. En conséquence, peu importe ce qu’il arrive à ses constituants : les institutions, les groupes organisés, les catégories représentatives, les causes collectives, les valeurs et repères collectifs, les éléments du lien social (codes, traditions, mœurs etc) C’est déjà trop d’être obligé de faire des choses qui ne me seront pas favorables. Ne comptez plus sur moi pour sauver la mise de FREUD ou de LACAN, de BOURDIEU, de MARX etc, et je ne sais quelle idéologie. Ne comptez pas sur moi pour faire de la psychologie, de la sociologie, de la morale etc .J’en ai fini de commenter ou de vouloir comprendre les aventures des constituants, de la société (des questions pour les médias et je m’en bats l’oeil) , de m’inquiéter de savoir quel effet, quel impact je peux avoir sur ces constituants.

La mondialisation : il y a longtemps, on voulait sauver son village. Puis on a voulu sauver sa patrie. Aujourd’hui, une foule de gens veulent sauver le monde. C’est la mode. Ils sont les porte-parole de l’univers, rien que ça !

Vos références constantes aux sentiments convenables et aux valeurs convenues qui prouvent que vous tremblez à l’idée de froisser, si peu que ce soit, le sens commun, et de ne plus appartenir au groupe, je m’en bats l’oeil.

Alors au fait de ne plus faire aucun sentiment avec simplement des propos, des paroles, des idées générales il faut ajouter le fait de ne plus rougir d’avoir des sentiments ou des émotions non voulus par la société, les autres. De toute façon, la société est un monstre d’hypocrisie et de bassesses. Tout ce qui est vrai est révolutionnaire.

Absence d’aspérités ?

https://youtu.be/B3LmIEi-Bzc?t=30

 

 

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