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12 juin, 2018

SAVOIR ET PREVOIR

Classé dans : Personne — inconnaissance @ 13:00

Savoir, on est pour. Savoir donne du pouvoir. C’est l’antienne. Mais savoir peut aussi ôter du pouvoir, de la liberté. Tout dépend de la nature du savoir. Le premier est un vrai savoir avéré dont l’utilisation va se révéler efficace. Le second est un faux savoir dont l’utilisation va se révéler problématique et dommageable.

Il y a une chose à laquelle on s’est habitué si bien qu’on n’y fait plus guère attention, ce sont les pensées qui défilent dans notre esprit, qui entrent chez nous comme dans un moulin. Ce que l’on remarque davantage, c’est leur diminution ou leur augmentation. Dans le premier cas, on éprouve un sentiment de détente, dans le second le sentiment d’être harcelé. Et il n’y a pas moyen de porter plainte. On peut avoir envie d’en comprendre la cause.

La cause ? Elle est à chercher du côté de notre tendance profonde à vouloir prévoir. (anticiper, calculer, planifier etc)

Et il ne s’agit pas de prévoir des événements grâce à nos connaissances, il s’agit de prévoir les relations humaines. Il s’agit de notre rapport aux autres. La vraie raison de ces cogitations et des tourments qu’elles nous créent, ce n’est pas ce qui risque précisément d »arriver ou le fait en question, c’est ce que les autres, les proches, les connaissances, les gens de rencontre pourraient en dire et en penser. C’est ce que nous pourrions leur répondre. Nous avons besoin de donner un sens à tout ce qui nous arrive parce que les autres, eux, vont le faire et qu’on aura affaire à eux. .Ce n’est pas l’empire des sens, c’est l’empire du sens, de plus en plus prégnant au fil du temps.

Vous ne vous tourmentez pas pour les conséquences d’un échec ou d’un malheur quelconque, vous vous tourmentez à propos de ce que les autres vont en penser et des explications que vous aurez à leur donner. Vous ne vous tourmentez pas pour la façon ridicule ou inappropriée dont vous vous êtes comporté, vous vous tourmentez pour ce qu’on va penser de vous et pour la façon dont vous pourriez assumer ce comportement. Ce n’est pas la façon dont vous agissez, dont vous vous comportez, dont vous mangez, parlez qui suscite des pensées, c’est ce que les autres vont penser et dire à propos de ce que vous avez fait, à propos de votre façon de vous comporter, de parler, de manger, d’être habillé etc C’est le monde social. 

Ce qui vous tourmente, ce n’est probablement pas le fait d’avoir été plaqué(e) ou d’avoir un problème de santé, c’est d’être celui ou celle qui a été plaqué(e) ou d’être celui ou celle qui est malade, pour les autres,

Vous ne vous tourmenteriez guère d’avoir été plaqué(e) si vous ne teniez pas vraiment à cette personne ou si personne ne savait que vous la fréquentiez. Vous n’aurez pas à penser beaucoup si vous échouez au concours d’entrée à une école que vos parents vous contraignaient à passer contre votre gré.

Et comme on l’a dit, très souvent, la remarque qu’un de vos proches vous fait n’est que le copier/coller de la remarque que les autres pourraient vous faire. Il n’est qu’une marionnette, ce n’est pas lui qui parle..

Donc, on aura compris que ce qui est à l’origine de ces pensées pénibles, c’est la préservation de notre image de nous-même, de notre personnage social (ce qu’on est pour les autres, ce qu’on pense qu’on est pour les autres) . Il y en a qui se suicident pour cette image. Vous vous tourmentez pour un sérieux accroc à ce genre d’image parce que vous avez travaillé à la quête et à la constitution de cette image comme les autres ont travaillé à la quête et la constitution de leur image. ( un bon mari ou une bonne mère, quelqu’un d’honnête ou quelqu’un de généreux un bon écologiste etc) Prévoir. Qu’allez-vous dire ? Le personnage doit se préparer, chercher ses arguments.

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Mais on peut dire aussi que ce qui est à l’origine de nos pensées obsédantes, c’est l’importance, le prix que nous accordons aux autres. (c’est la raison pour laquelle, comme le christianisme est une religion de l’ego – ou de la parole si vous voulez - il accorde beaucoup d’importance aux autres) L’Autre, aujourd’hui, s’idéologise à volonté.

Le lien social ( avoir les mêmes buts, les mêmes comportements, les mêmes valeurs etc) ce n’est pas seulement une occasion de se rencontrer, il ne fait pas que vous relier aux autres, il vous ligote.

Et pour reprendre les exemples de l’article précédent : ce n’est pas votre haine, votre peur, votre colère, votre détestation, votre jalousie que le public découvre qui vont vous harasser de pensées, si vous vous fichez complètement de les éprouver ou si l’opinion des autres vous est parfaitement indifférente.

Plus votre image de vous-même est développée,, importante pour vous, plus vous y tenez, plus vous en avez fait votre carte de visite, et plus vous risquez d’être poursuivi par des pensées. Le hiatus entre l’image et la réalité vous crée bien des soucis. De quoi alimenter vos conversations, vos plaintes  : est-ce que c’était si important, est-ce que je suis vraiment coupable, est-ce qu’on a raison de m’accuser, est-ce que je vais remonter la pente, qu’est-ce que je dois faire, etc direction, le psychologue -pilier de l’ordre établi. Et là, votre vie va encore se compliquer pour rien.

Même en absence de sérieux problème, les pensées sont nombreuses qui travaillent à prévoir ce qu’a pu donner les petits accrocs à notre image et les façons de la préserver dans les circonstances ou les situations qui vont se présenter.

Nous sommes poursuivis par la pensée des autres (les autres n’étant qu’une pensée), mais des énergumènes viennent vous dire que vous ne pensez qu’à vous ! Leur avez-vous demandé ce qu’ils entendent par « vous » ? Ils ne le savent pas. Eh bien vous ne pensez qu’au personnage social entièrement dévoué à la vie sociale. Vous appelez cela de l’ego-centrisme ? Moi pas. L’Occident est complètement malade avec ça. Aujourd’hui, c’est ce personnage qu’on appelle : l’individualiste pour jeter le trouble. La montée de l’individualisme, n’est rien d’autre que la place de plus en plus importante prise par le personnage social.

Quoi gentille société ? Vous souhaitez que je sois responsable, que j’agisse pour l’intérêt général ? Volontiers, je suis sympathique, mais sortez d’abord de mon esprit. Je ne traite pas avec quelqu’un qui a un complice derrière mon dos.

Que devons-nous faire aux gentils gens qui soit se focalisent sur le personnage que nous voulions être (sournoisement peut-être) , soit se flattent de n’avoir pas notre problème ? Non, pas la colère, (pas de dérapage, pas de clash sauf si vous êtes une vedette des médias, pas de franchissement de la ligne jaune)

La continuité du personnage social, comment ça marche ? D’abord un exemple anodin, quasi inoffensif. « Depuis plusieurs siècles, il y a un pèlerinage des saintes aux Saintes-Maries-de-la-Mer fin mai tous les ans. J’y suis allé une première fois et j’ai été sublimé par l’événement, je n’étais pas mystique ou fervent catholique mais j’ai trouvé ça d’une beauté et d’une communion exceptionnelle, principalement la ferveur religieuse des pèlerins gitans. «  déclare par exemple, Kkrist MIRROR (?!) sur France Culte. Je n’ai rien contre. Je ne connais pas. Je veux juste relever que pour dire : beauté, communion exceptionnelle, et ferveur religieuse, il faut partir de l’idée que beauté, communion, et ferveur religieuse sont des choses que l’on estime, qui sont dignes de respect. Qu’est-ce à dire ? Cela risque de constituer des critères de jugement dans la vie quotidienne, Ces critères préconçus et efficients orienteront notre façon de pensée de façon systématique et automatique dès que l’occasion se présentera de les activer. Solution d’abord (critères de jugement) , conformer nos pensées à ces solutions. Voilà le savoir qui nous ôte notre pouvoir, notre liberté, et qui n’est pas un savoir. Communion ? Bien sûr ! Beauté ? Bien sûr ! Ferveur ? Bien sûr. Ce que ces mots désignent n’a aucun secret pour personne. Bien sûr que si. Alors comment concilier des choses floues, incertaines et une façon de penser automatique et systématique ? Cette façon de penser ne devrait-elle pas être aussi incertaine, ouverte ?

Plus grave. Là, on ne rigole plus ; Il s’agit de prendre au sérieux les idées qui serviront de critères de jugement. C’est France Culte avec ses énormes sabots : « La Retirada, « retraite »en espagnol, désigne l’exode des 465 000 républicains, guerilleros et civils (170 000) qui, au cœur de l’hiver 1939, franchirent les Pyrénées à la suite de la chute de la Seconde République espagnole et de la victoire du général Franco. Face à ce flot, la France improvisa des camps dans lesquels 350 000 de ces républicains furent internés dans des conditions particulièrement précaires « camps, internés, précaires. Voilà, par opposition ce qui va déclencher les pensées attendues, car qui ne prend pas ces mots comme des repoussoirs, des chiffons rouges, et ne réveille pas les valeurs correspondantes, celles dont on fait aisément son identité, celles qui sont capitales pour son image, celles qui nous détermineront . ? (prétendu savoir d’abord, réaction conditionnée)  Toujours des idées générales qui appellent les sentiments correspondants ;Notre personnalité sociale en rapport avec les valeurs évoquées trouvera certainement, dans l’actualité, l’occasion de se manifester, de s’affirmer, voire de se mobiliser. N’est-ce pas ? Il s’agit de nous remonter comme un jouet à ressort.

Les sentiments véhiculés par tous les propos de ceux qui étaient dans un rôle (service d’un concept, d’une cause, d’une fonction etc) et qu’ils n’éprouvaient pas sincèrement, sentiments auxquels par naïveté, imprudence ou faiblesse, on a eu le tort d’adhérer, font partie de notre culture, de ce qui agit, nous influence, nous amollit en nous donnant l’impression qu’on est dans le bien. C’est même ce qui nous rend crédule et manipulable à l’envi.

Il y a beaucoup de gens qui ne comprennent pas, qui n’imaginent pas que l’on puisse penser le lien social autrement, que l’on puisse ne pas respecter ce qui pour eux représente le sens commun.

Il y a des gens encore plus gravement atteints. Non seulement ils pensent que leurs belles idées doiventrégner, être efficaces, mais en plus ils voudraient les imposer à tout le monde. Ils ne supporteront pas qu’elles soient bafouées ou qu’on ne s’en soucie pas.

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C’est logique, les éléments culturels contre lesquels on ne peut rien, dont le pouvoir est sans partage, doivent s’imposer aussi bien à soi qu’aux autres.Dans la Caverne, il est impossible d’imaginer la vie de quelqu’un qui est dehors.

On a fréquemment affaire à des groupes, à des gens qui semblent communier dans certains sentiments pour des idées – et pas que dans l’armée. Va-t-on se laisser happer par cette communion ? On a affaire à des gens qui se permettent de nous interpeller au sujet de quelques belles valeurs qui doivent – le sens commun l’exige – nous faire réagir d’une façon précise. Va-t-on se laisser faire ? On a affaire à des gens qui savent mettre en valeur leur personnalité sociale ou qui savent se réclamer des valeurs générales de la société. En foule ils se pressent.On ne leur demande pas de comptes. On est invité à se donner quelque importance en se positionnant face à des problèmes sociaux. Tout le temps, notre personnalité sociale est invitée à se manifester, à s’affirmer. L’ennui, le vide que nous ressentons sont aussi à mettre sur le compte d’une image de nous-même qui devait être associée à de grandes, importantes ou belles choses alors que la vie semble banale, dérisoire. Et les pensées nous disent que ce n’était pas ainsi que nous avions prévu de nous présenter. On tombe dans le piège. On sera victime de ce qui a été décrit plus haut.

C’est une question d’objectifs. Le personnage social est sous la coupe d’un objectif général et de ses dérivés. C’est sa raison d’être.

On a intériorisé les objectifs que nous fixait la société ou la culture, ils ne sont plus discutés. On est à leur service. Ces objectifs sont en rapport direct avec notre conditionnement, notre éducation, la société, le milieu dans lesquels on vit. Nos parents et notre entourage ont été à peu près conditionnés de la même manière Leur déclenchement, leur effet est automatique, indépendant de notre volonté. Ils sont comme un savoir auquel il faut donner raison. Si dans les relations avec les autres, l’objectif est d’être empathique, compréhensif, gentil, aimant, on le sera avec tout le monde et tout ce qui vient des autres, les sentiments et la proximité seront les instruments privilégiés., et on attendra la réciproque.  Ce qui fait qu’on sera aveugle aux objectifs différents des autres. (supériorité et domination ou vénalité ou utilisation au service d’une idéologie comme pour France Culte)

Ces objectifs discutables sont une source permanente de jugements discutables.

Qu’est-ce qui préside aux phrases que nous prononçons, de quels objectifs sont-elles l’expression.  ? Quel sens donnons-nous à notre vie : aux tâches domestiques, aux loisirs, au travail, à l’éducation des enfants, aux relations sociales,etc Ce sens contente qui ou quoi ? Quel est le but ? Il faut réaliser qu’on est bel et bien aux prises avec quelque chose de réel : le pouvoir des pensées conditionnées. Il s’agit au fond de choisir entre des pensées articulées autour d‘objectifs préconçus, et sa propre conscience du moment , son propre état.

Si notre monde ou notre vie sont bourrés à craquer de ce genre d’impératifs ou d’objectifs, ils sont bourrés à craquer de devoirs. Et on vient nous dire qu’on n’en fait jamais assez pour la société;. Les décideurs nous demandent de payer pour les dégâts qu’ils causent sous prétexte qu’ils auraient agi en notre nom ou qu’ils nous représentaient.

Tension no1La vie : espoir (tenace) et lutte (la video jusqu’à la fin du combat, pourrait être passée exactement en même temps que la musique)

 https://youtu.be/09SORLKo5qc?t=2617

https://youtu.be/QAe3m937pd8?t=37

Doit-on consacrer sa vie à ces objectifs et ignorer complètement les nôtres ? Non a priori. ? Se dévouer pour des choses qui se sont constituées en dehors de nous, et en partie contre nous puisqu’elles nous ôtent notre pouvoir et notre liberté d’action, c’est absurde On peut comprendre la peine et les problèmes que ces objectifs engendrent chez les autres, mais faire plus pour ceux qui ont des objectifs différents, se tourmenter pour eux n’est pas de mise.On a déjà assez à faire avec les nôtres.

Dans quelle mesure savons-nous si c’est le fait lui-même qui les plonge dans l’épreuve ou si c’est l’opinion des autres et les exigences de leur personnage social ? Qui sommes-nous pour évaluer le malheur des autres en fonction de nos critères à nous ? Qui sommes-nous pour prétendre savoir la nature et l’origine de leurs peines ? Est-ce que nos pensées à leur sujet n’est pas au service de notre personnage social, ce personnage qu’ils savent exploiter à fond ayant compris toutes les ficelles de son fonctionnement en rapport avec notre société ? C’est quasiment l’exploitation de l’homme par l’homme.

Ces gens ne nous appartiennent pas, ils ne sont pas sous notre tutelle, (du moins, pas sous la nôtre) ils sont indépendants, ils décident et doivent assumer leur vie et les conséquences de leurs choix de vie et de leurs décisions. Ce n’est pas parce que j’ai des besoins, que cela me donne des droits sur mon voisin. (Je ne vois pas pourquoi on parle souvent d’hypocrisie à propos de l’attitude des pays européens à l’égard des migrants, toute posture morale mène directement à l’hypocrisie si elle n’est pas déjà hypocrite – à moins qu’elle ne soit une tactique habile au service d’une idéologie) Combien de temps des idéologues moralisateurs  vont-ils nous mener en bateau ?

Plus on se hait soi-même, en tant que personne ou en tant que nation, et plus l’Autre différent ou étranger trouve grâce à nos yeux.

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Pourquoi le fait de prendre du plaisir rend-il insignifiants les problèmes des autres ou les prescriptions de la société ? ….Parce que c’est un retour à soi, un enracinement en soi qui nous délivre du personnage social qui n’est qu’une création mentale.

En musique, tout est permis puisqu’on ne risque pas d’être condamné ou d’avoir un procès pour un mot de travers , pour une catégorie de gens qu’on aurait offensée : il n’y a pas de mots.

Tension No2 : Excitation croissante jusqu’à un paroxysme (monter le son) : séquence de 40 secondes. https://youtu.be/n-gCf0nmDH8?t=1710.

On ne se pose plus la question, on obéit parce qu’on n’envisage pas le côté relatif, arbitraire de ces objectifs qui servent de critères de jugement et parce qu’on n’imagine pas que les valeurs d’une société ne méritent pas qu’on leur soit fidèle ; Ce qui est commun s’impose Si tout le monde fait comme ça, pense comme ça, il faut en faire autant. Mais ce n’est pas parce qu’on dit d’une chose qu’elle est culturelle qu’elle devient sacrée. Ah, ce culte du collectif ! C‘est la dimension sociétale qui la rend sacrée. Pour discréditer une idée, un comportement, on lui enlève son caractère collectif et on en fait quelque chose d’individuel ou de très gouspusculaire. L’individu est haïssable.

Pour être différent, il faudrait que la société et ses constituants ne soient plus automatiquement notre référence et que nous n’ayons plus besoin de faire partie du groupe ;Il faudrait que l’idée : «  les autres » ne soit plus présent dans notre esprit. Il faudrait ignorer l’idée de groupe ou de société. 

C’est quand on éprouve le besoin d’exprimer des choses personnelles qui viennent du fond de soi que le moment est propice pour écouter de la musique . Les notes peuvent alors faire partie de soi, être ce que l’on est, et jaillir spontanément de soi. Ce n’est plus de la [ « musique » ] Détente, lâcher-prise. https://youtu.be/GKc_1XsXwbs?t=170

Deux « Conversations scientifiques «  sur France-culture qui contiennent quelques idées intéressantes : « Qu’est-ce qui se cache dans le néant » et «  Que fait-on lorsque l’on pense »

 

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