LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

23 juillet, 2018

CENT PEURS ET CENT REPROCHES

Classé dans : Peur — inconnaissance @ 8:32

La peur fait partie de la vie. L’enfant, généralement – s’il ne tombe pas dans une famille qui le tient dans une insécurité permanente – a peur par intermittence. Nous, la peur nous accompagne assez régulièrement, mais elle est aussi, le plus souvent, plus secrète, plus enfouie, plus sourde. Coutumière et sournoise, elle est moins consciente. C’est comme la gravité, on n’y fait plus attention.  La peur est une donnée tellement fondamentale de l’existence, et ses effets sont si assurés, qu’il est fréquent de la provoquer pour obtenir certains comportements, des œuvres de fiction jouent avec et permettent de se connecter à l’inconscient, tout en jouissant d’une sécurité assurée. .

La peur de l’adulte a ceci de particulier qu’elle dépend beaucoup d’idées qui sont bien implantées dans son esprit. Il ne craint pas seulement pour sa vie, pour son intégrité physique, il ne craint pas seulement le pouvoir de l’autorité, il ne tremble pas seulement pour ses proches, il craint pour le personnage qu’il est devenu. 

La peur éprouvée par les parents se laisse plus facilement détecter . La peur a un grand rôle ou une grande importance dans l’éducation d’un enfant On peut dire que parfois, la peur est l’éducatrice. Certains parents vivent dans la peur et agissent par peur.

Ils ont la trouille du qu’en-dira-t-on si leur enfant ne montre pas l’image qu’il faut.

Ils ont peur des jugements ou remarques qu’ils auraient à affronter si la société et ses représentants trouvent à redire à certains comportements de l’enfant.

Ils ont peur de la comparaison qui pourrait être faite entre leur enfant et les enfants des autres. Ils ont peur que leur enfant ne réussisse pas.

Ils ont peur que leur façon d’éduquer ou d’élever leur enfant ne plaise pas à l’entourage.

Ils ont peur de l’échec, des problèmes qu’ils pourront rencontrer et qui mettraient à mal leur idéal et leur belle image de bons parents. 

Ils ont peur des reproches que leur adressent leurs propres pensées, leurs idées du bien.

Ils ont peur de ce que leur imprévisible enfant va inventer.

Bref, l’idée de parent est une idée terriblement conditionnée, culturelle (parent, cela n’existe que dans l’esprit et nulle part ailleurs) élever un enfant est un comportement terriblement conditionné. Ce conditionnement, qui parle par leur bouche, doit réussir, coûte que coûte, donc l’échec est insupportable . Une autre façon de dire que l’idée de parent est terriblement conditionnée ou purement culturelle est de dire que l’éducation consiste à inculquer à l’enfant toutes les valeurs, les normes, les codes de la société et à lui faire comprendre que le but, la priorité, c’est la satisfaction de la société et non la sienne. .

On comprend alors mieux les colères, les réactions agressives, violentes des parents à l’égard de leur enfant. Car soit les parents intériorisent leur peur, leurs problèmes, leur culpabilité, ils les endurent seuls, soit ils les extériorisent. Ils s’en prennent à l’enfant pour l’échec, les souffrances endurés, et ce d’autant plus que l’enfant semble étranger aux regrets et ignorant de la peine des parents. Ils le rendent responsable, lui si proche, de leurs souffrances ou de leurs problèmes. Et puis c’est une façon de se déculpabiliser que de mettre des mots sur ces problèmes, et de châtier lenfant .

spankx

Inutile de dire que plus les parents sont dépendants de l’idée du bien, des normes sociales, plus ils sont saisis de la peur de mal faire, et plus leurs réactions seront violentes. Dur, dur d’être un relais ou un serviteur. (sans compter les parents qui se rêvent parés d’une grande autorité et qui se rabattent sur la seule personne avec laquelle ce rêve peut devenir réalité : l’enfant)

Qui dit règles, normes sacrées, dit dressage. Avouons-le. Disons même à l’enfant qu’il n’y a rien de personnel dans l’éducation et qu’on le dresse. Dura lex sed lex. Oui, je sais, cette loi laisse énormément à désirer, mais c’est la loi. Dans nos civilisations imprégnées de christianisme, on met du cœur, de la conscience, et cela complique les choses.

L’enfant qui n’est pas en mesure d’appliquer toutes les règles est puni, l’adulte qui les enfreint (pour de subtiles raisons) et qui pourtant est en mesure de les appliquer ne l’est pas. C‘est mal de mentir. Et dire qu’il y a encore des millions de Français qui n’admettent pas encore que les politiques sont des menteurs.  Ces derniers savent très bien qu’ils ne sont pas ce qu’ils prétendent être et au nom de quoi ils font la leçon à tout le monde.  Ils savent très bien qu’ils ne tiendront pas leurs promesses. Des millions de Français n’ont pas compris que les journalistes savent très bien que les politiques sont des menteurs et qu’ils perpétuent l’idée qu‘ils ne le sont pas. (Remarquez que lorsque des journalistes sont obligés d’admettre que des politiques ont menti, on ne sait jamais s’ils mettent en cause le menteur en question ou l’imprudence qui a fait que ce mensonge a été découvert. )

Après tout, tout ceci est assez banal, assez fréquent. Et d’autre part il n’y a pas que dans l’éducation des enfants que l‘on trouve de la peur. La peur annihile la vitalité, paralyse l’énergie. La peur que l’on ne peut expliquer, qui s’incruste, est la peur d’un fantasme, de l’irrationnel, d’une fantasmagorie.  Ce n’est pas pour rien que le christianisme a inventé l’enfer. Ce n’est pas pour rien non plus que l’on fait tout pour alimenter l’imaginaire, le fantasme quand il est question de choses ou de personnes qui, dans la société, doivent être craintes, idéalisées, magnifiées. Ce n’est pas pour rien que l’on a inventé les images pieuses, les icônes, les peintures grandioses. Ce n’est pas pour rien qu’on a inventé les légendes et aujourd’hui, ce n’est pas pour rien que les médias peaufinent les images des choses et des personnes importantes socialement. Il s’agit de foutre de l’irrationnel et du sacré partout. La peur est là quand le fantasme est là. On ne peut pas lutter contre un ennemi mystérieux et insaisissable. La peur s’estompe quand on prend conscience de la présence du fantasme. Comme autrefois, c’est une question de conformité, mais comment être tranquille, comment être soi-même quand on doit être en adéquation avec un fantasme, une image irrationnelle ?

Les parents ou les maîtres tenaient à enseigner à l’enfant quoi être, comment être, les adultes ont besoin qu’on leur dise quoi être, comment être, ils sont en quête de modèles. Ces modèles seront organisés autour de qualités abstraites, spirituelles, transcendantes. Et ils leur inspireront la peur de ne pas être en conformité. Et ils ne le seront jamais. Sans modèle, sans exemple, ils sont perdus. Car on leur a appris à ne pas se référer à eux-mêmes mais à quelque chose d’extérieur . Tout ce qui est grand, supérieur, doit rassembler. C’est ainsi que dans la vie quotidienne, on pense à un plaisir pris ensemble, mais du coup on dépend des autres pour trouver ce plaisir.  On pense à un jugement partagé, à une opinion répandue, mais du coup on dépend des autres pour que ce jugement ou cette opinion soit bonne ou juste.  On pense à un désir partagé mais du coup on dépend de ce que les autres auront ce même désir. Or, chacun son idée de ce que ferait le modèle.  Sur France Culte, il est beaucoup question de ce qui rassemble : « Le double en partage » «  Communautés chrétiennes » «  l’écologie sociale en héritage » « l’amour qui nous attache aux beautés éternelles » car c’est toujours le mythe, la légende, la croyance, le culte, l’idéal, qui rassemblent les hommes.

J’existe, la société et ses valeurs n’existent pas. Je n’existe pas, la société et ses valeurs existent.  Il faut choisir. Les généralités existent, je n’existe pas. J’existe, les généralités n’existent pas. Il faut choisir. Il faut prendre les généralités comme un jeu de l’esprit ou une référence, des modèles. Mais il faut vraiment choisir. On ne peut pas sérieusement être athée et prêcher pour une certaine société soi-disant plus belle. . 

Les mots de France Culte : partage, enfant, écologie sociale, amour, beauté, éternité, masculin, féminin etc c’est évidemment, à chaque fois, de l’essentialisation . Mais les choses qu’ils sont censées désigner sont-elles transcendantes ou pas ? Elles nous impressionnent par leur majesté ou leur nature spéciale ou pas ? Elles existent indépendamment de nous ou pas ? Ce sont des modèles en puissance ou pas ? On leur rendra des comptes ou pas ? On aura peur de ne pas leur être fidèles ou pas ? Attention, il y en a des milliers comme ça.. Si la réponse est oui, il faudra passer souvent pour voir ce qu’elles deviennent et si on peut faire quelque chose pour elles. Sinon, on pourrait cesser de faire comme si ces choses avaient une réelle existence comme tout le monde. On pourrait cesser de prétendre vouloir prendre au sérieux ces choses véhiculées par la culture comme tout le monde. On pourrait cesser de croire que c’est nous qui accordons de la valeur à ces choses alors que le plus souvent nous ne faisons cela que pour faire plaisir à la société. On pourrait cesser de prétendre vouloir être le personnage que la société voudrait qu’on soit parce que ce n’est pas sincère. On pourrait cesser d’avoir peur de ce qui n’existe pas, de ce que seule la croyance collective a décidé de faire exister.

L’intérieur se projette à l’extérieur. Dans nos sociétés, on projette l’âme dans tous les modèles à suivre en ce que ces modèles consistent à donner vie à des entités abstraites, à des esprits supérieurs, transcendants. Le langage et l’imagination sont faits pour ça. . Si vous ne croyiez pas à l’âme vous ne projetteriez pas des esprits transcendants partout. Si vous ne croyiez pas à l’âme, vous ne rêveriez pas que la personne que vous avez en face de vous est un esprit, vous ne fantasmeriez pas à son sujet, vous ne tenteriez pas d’incarner à tout bout de champ un modèle en voyant dans chaque situation l’exemple type où ce modèle peut être incarné, vous réagiriez en fonction de ce que vous comprenez et en fonction de vos intérêts.

Je n’aime pas écouter les jeunes violonistes, aussi talentueux ou précoces qu’ils soient, ils me cassent les oreilles, c’est trop grinçant, trop rêche. (y compris une certaine lauréate du concours de la Reine Elisabeth). Mais là, j’ai été ébahi par la maturité de cette très jeune Chloé CHUA  (11 ans)  : https://youtu.be/dacAUD8YhtA?t=80

https://youtu.be/DzYzM9j74bs?t=328

https://www.youtube.com/watch?v=I90VWN8vlVQ

 

 

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