LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

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9 août, 2018

INCONNAISSANCE INNOCENCE

Classé dans : Inconnaissance — inconnaissance @ 13:10

Il est impossible de trouver une raison à sa propre existence, et à l’existence du monde tel qu’il se présente sauf à considérer qu’il n’y a là qu’un contingent de hasard.. On peut tout penser, sauf cette absence de raison. . Le mystère de sa propre existence est aussi, le mystère de la vie. Pourquoi la vie ? Qu’est-ce que la vie ? Comme on ne sait pas ce que c’est exactement que la vie, comme on ne sait pas quel sens elle peut avoir si elle en a un . (cela se résume-t-il à durer et à se reproduire?) comment pourrait-on savoir ce qu’est la mort, le sens qu’elle peut avoir ? Cela fait beaucoup de choses inaccessibles à la pensée. Partout où il n’y a pas de pensée, il y a du vide. Le vide, c’est ce qui ne se pense pas. S’il ne se pense pas, il échappe à toute connaissance. Et pourtant, je dépends de la raison de ma propre existence. Je suis peut-être un enfant de Dieu, je suis peut-être un enfant de Satan, je suis peut-être un produit du pur hasard…etc En fait, je n’en sais rien ;

Si on était conséquent, on pourrait assister à ce dialogue :

- Qui êtes-vous ?

- Je n’en sais rien

- Qu’est-ce qui a de la valeur pour vous ?

- Je n’en sais rien.

- Que pensez-vous que vous allez faire ?

- Je n’en sais rien.

« Mal nommer les choses c’est ajouter au malheur du monde «  disait CAMUS. Mais quand on ne peut pas nommer ? (comme la cause de mon existence) Eh bien on nomme quand même. Et on ajoute au malheur de ce monde puisqu’on ne peut pas dire la vérité.

Être, vie, existence, mort, je, homme sont des mots (qui supposent que l’on sache de quoi on parle) et on leur attribue un sens. Comment peut-on faire une chose pareille ? C’est la cause qui donne le sens. Ou l’origine (ce qui a précédé) Car la nature, le mode de fonctionnement de la chose désignée en dépend. Ce sens est lui-même défini par des mots du même genre dont le sens est tout aussi chimérique, et qui ajoute au malheur de ce monde. Ces derniers mots ont un sens etc Comment peut-on donner un sens à Homme ? Le faire, c’est prétendre à tort savoir, c’est ajouter au malheur du monde.

Qui peut se dissimuler le tragique qu’il y a à s’occuper de concepts en rapport ou concernant l’être ou la vie ou l’homme etc et à en faire des repères dans sa vie ? « Ma vie est une succession d’inspirations «  déclare Marie-Agnès GILLOT sur France Culte. Oh ! Ah ! Inspirations. On est peut-être en train d’admirer cette belle idée, de s’y voir. Qu’est-ce que l’inspiration ? A quoi cela se rapporte-t-il , A l’organisme ? Au structures sociales ? A la matière ? . A quoi ? A la vie ?  Quelle vie ?

Et puis comment être inspiré ? L’inspiration, ce n’est pas une réalité connue que l’on retrouve chez nombre de gens, C’est la subjectivité de GILLOT qui a donné naissance à cette idée et cela reste son truc. Sinon, nous voilà avec une notion à problème, nous voilà dans le tragique. L’objectivation, c’est le drame dans le cas qui nous occupe. Qui peut lire, par exemple les béatitudes, les prendre au sérieux, et ne pas aussitôt plonger dans un univers tragique ? Pourquoi ? Parce qu’elles sont bâties sur l’ignorance. Parce que les problèmes soulevés par ce genre de mots sont insolubles et graves étant donné qu’on n’a pas les connaissances pour les résoudre. .

L‘organisme vivant ne se demande pas : pourquoi j’existe ? . Quel sens ai-je ? L’animal non plus. La science se pose des problèmes auxquels elle peut répondre (problèmes scientifiques circonscrits) . Le reste de la culture se pose des problèmes auxquels elle ne peut pas répondre parce qu’elle parle au nom de choses qu’elle ne connaît pas. Elle répand le malheur selon CAMUS, elle jette le trouble pour le moins. Elle nous égare. .

Alors pourquoi accepte-t-on cela ? Parce que l’inconnaissance nous est insupportable. Elle est devenue de plus en plus insupportable au fur et à mesure que la pensée a cru en importance et en pouvoir. 

Si on n’était pas si désireux de trouver une raison d’être, on enverrait tous les bonimenteurs balader. Mais, c’est le contraire qui s’est passé. Le nombre de mots à problèmes, de questions insolubles, tragiques a augmenté et a fait boule de neige. Qu’est-ce qui s’est développé ? Les grandes doctrines religieuses, fadaises ! Les grands discours idéologiques de la politique, fadaises ! Les échafaudages de la psychologie, fadaises !, Les systèmes plus ou moins abstraits ou métaphysiques de la philosophie fadaises ! La morale sociale fadaises ! Autant de pourvoyeurs de concepts fumeux, irréels et problématiques. C’est ce qui nous conditionne. Et tout cela gorge sous formes de pensées, d’idées qui se moquent de la vérité, qui s’autorisent de connaissances sur l’être, la vie, l’homme, la mort, le je, le bien qui n’en sont pas. 

Nous nous pensons avec cela et nous sommes une entité imaginaire en dialogue permanent, en rapport avec ces concepts problématiques, tragiques car arbitraires qui requièrent notre mobilisation. Et ce dialogue a lieu dans un espace à lui.

A l’opposé de tout cela, rien de spécial, il y a ce qui est, ex abrupto, du point de vue de la conscience. Mais aussitôt la pensée vient présenter un monde plus glorieux, plus exaltant, plus fascinant. Et le fossé se creuse entre les deux, d’autant plus grand et profond que le rêve est grand. Ce fossé, c’est le vide d’être. La pensée postule de l’être, mais un être mythique. Ce qui est, on n’en connaît pas la nature. Alors la pensée travaille assidûment pour essayer de combler ce fossé qu’elle a elle-même créé, ou trouver un chemin, entre un supposé savoir – le sien – et une évidente ignorance. . Mais le vide est impossible à combler entre le réel et l’imaginaire. L’un ne peut pas être l’autre et réciproquement. On n’en sort pas.

Essayer malgré tout de combler ce vide, pour échapper au tragique, à l’ignorance. . On trouve des adjuvants, des solutions de secours, des subterfuges. Nombreux, variés. .Soit c’est l’autre qui donne tout son sens à ce qu’on fait et on l’accepte, (obéir, ne pas se poser de question. Plus de tragique. Pour qui serait-il ? ) soit on se trompe sur le sens de ce qu’on fait, on croit qu’on lui donne du sens alors que cela n’a de sens que pour l’autre. (la mode par exemple) C’est qu’on était sous l’emprise d’un sens qui voulait que ce soit soi-même qui comble ce vide pour en recueillir soi-même le mérite (et mériter, par exemple, le paradis)

Si on réalise que le sens de ce qu’on faisait venait des autres et n’était que pour eux, tout est fichu en l’air. (on travaille toute sa vie pour un intérêt général supposé, en étant convaincu de ce qu’on fait, et convaincu qu’on agit selon ses propres idées, et puis, à la fin, on est obligé d’admettre que cet intérêt général n’en était pas un et qu’on refusait de l’admettre) C’est avec amertume que l’on comprend que ce n’était pas nous qui faisions cela, et donc qu’aucun mérite ne pouvait nous être attribué.

Le degré de culpabilité dépend beaucoup moins de la gravité de la faute ou des conséquences, toujours difficiles à établir, d’un acte, que du degré de croyance dans son propre libre-arbitre, alors même qu’on était déterminé par des raisons que l’on ignorait . C’est même à cela que l’on reconnaît un croyant monothéiste, il a tendance à faire de tout une affaire personnelle, un cas de conscience, qu’il se reconnaisse comme tel ou pas. 

Autre façon d’échapper à notre ignorance, ou aux effets tragiques de la pensée sous l’égide de ces concepts aberrants : être sans cesse occupé. Soit être dans l’action, soit penser, penser, à leur sujet, au sujet des problèmes qu’ils posent en produisant de nouvelles formes culturelles. Occuper l’esprit pour ne pas se retrouver face au vide, face à l’ignorance irréductible Et cela permet de garder l’espoir qu’un jour, peut-être, on trouvera la solution. Tant qu’on cherche, on garde l’espoir . Tant qu’on marche, on a l’impression d’avancer et de s’éloigner du point de départ. Cet espoir fait de nous des proies (anagramme)

Mal nommer les choses, c’est affirmer, c’est conclure, c’est juger, c’est faire comme si on avait compris comment tout fonctionne, comment tout doit fonctionner, quelle est la nature de toute chose, alors qu’on ne sait pas . Le Tragique, c’est s’enferrer dans ce refus d’admettre notre ignorance. L’innocence, c’est admettre cette ignorance et ne pas prétendre savoir. Si on ne s’était pas mis à compter sur un certain sens du monde qui suppose aux autres une certaine nature, on ne serait pas gravement déçu et malheureux quand ce sens est bafoué ou quand les autres nous déçoivent.

Veut-on vraiment passer sa vie à essayer de se mettre en adéquation avec ce genre de pensées qui n’ont d’autre effet que de nous mettre en difficulté et qui ne présentent aucune garantie ? Veut-on vraiment être créé par elles et être leur dupe dans un rapport incessant et purement mental ? Veut-on rester enfermé dans ce rapport entité virtuelle/monde imaginaire du fait que les problèmes posés par ces pensées sont insolubles, mais que nous nous entêtons à vouloir les résoudre. Veut-on vraiment continuer à donner de la valeur à des concepts gratuits ?

Le cœur de l’histoire, le grand fantasme, c’est de croire que l’on peut acquérir un savoir sur la vie, sur l’être etc que certains le possèdent et qu’ensuite on peut vivre conformément à ce savoir et du coup, combler ce vide, être réalisé. C’est ainsi que semblent fonctionner bon nombre de spirituels, de philosophes, de psychologues : ils trouvent des « vérités », ils appliquent ces vérités dans leur vie, ils évaluent les effets de ces vérités, ils cherchent d’autres vérités qui corrigeront les défauts, les échecs des vérités précédentes. Leur jeu consiste à faire la publicité des petites vérités qu’ils rencontrent. Fantasme, parce que qui dit savoir, dit permanence. (un savoir n’est pas un savoir pour une journée) Comme si la vie, les êtres humains n’étaient pas fluctuants, évolutifs. Comme si la vie, l’être pouvaient faire l’objet d’un savoir forcément dépendant d’une culture, d’un état des connaissances, des croyances d’une époque, et forcément structuré par une langue. C’est le ravage de l’écrit qui a donné lieu aux enseignements plus ou moins sacrés.

Si c’était ce genre de connaissance qu’il y avait dans l’arbre de l’eden, il valait mieux, en effet, ne pas en manger. Mais le coupable, c’est celui qui a créé et apporté cet arbre. Le Dieu de la Bible a effectivement créé le mal.

En attendant, on met la vie au service d’une pensée. .On connaît la suite au niveau individuel et au niveau mondial.

C’est dur d’aller à contre-courant de toute une culture, de tout un conditionnement, d’une façon de faire et de penser générale et de rejeter catégoriquement l’idée qu’un savoir peut exister. C’est dur parce que les concepts de valeur usuels seront critiqués bien avant que l’on ne remette en cause le fait qu’ils sont communs, collectifs, donc connus des autres et, à ce titre, devenus un savoir. On peut remettre en cause, à l’occasion, pour certaines raisons l’idée d’hospitalité, mais on ne remettra pas en cause le fait que cela fait l’objet d’un accord quant à ce que c’est, comme s’il existait «une « hospitalité » générale, reconnaissable chez tout le monde. Mais qu’est-ce qui est hospitalier ? Si on croit en la réalité de ces généralités sous prétexte que la collectivité en a fait un savoir, et qu’on les colle, imprudemment sur des gens, on est cuit. Si vous pensez que LA « hospitalité » existe et que vous projetez sur quelqu’un cette qualité, vous tombez dans la sujétion. Ce n’est pas parce que tout le monde fait une bêtise que c’est quelque chose de bien.

Quelle que soit sa façon de vivre, qu’elle corresponde à une échelle de valeurs en vigueur ou pas, elle est peut-être erronée, on ne sait pas.

En revanche, on n’a pas besoin de savoir pour continuer à vivre, à fonctionner et à se rendre compte quand quelque chose nous est agréable ou désagréable.

Fonctionner….A écouter les solistes, on croit deviner que certains essaient de coller à une conception idéale d’une interprétation, conception qui vient de l’extérieur, qu’ils se sont forgés en écoutant ou lisant tel ou tel genre d’expert , d’autorité, de spécialiste, de critique etc toute une clique ou en développant leur savoir, toujours en rapport avec des discours extérieurs à eux. De toute façon, les critères utilisés sont ceux d’une époque, d’un lieu, d’un milieu, d’une tendance. Cela passera. Mais ils objectivent. C’est grave de faire d’un art, quelque chose d’objectif. Séparation garantie avec le public. Le challenge, pour un soliste classique qui a répété et joué un nombre incalculable de fois un morceau, c’est d’éviter le recuit. A coup sûr, lorsque la musique sort du compositeur, ce n’est pas recuit.

C’est réussi ou pas réussi ? ? https://www.youtube.com/watch?v=CQZZOQY9Niw&index=9&list=PLkLimRXN6NKw8ON1VVX45WIwWclf2mre-  ? ? votre avis ? Là aussi, au milieu, il y a du tragique.

Le challenge pour un soliste très jeune, ce n’est pas d’éviter le recuit, c’est d’éviter le scolaire, les imperfections, les faiblesses, les maladresses, l’effort, la pauvreté etc Mais s’il arrivait que pour l’un d’entre eux, imperfections, faiblesses, maladresses, effort, pauvreté soient dépassés, que la maîtrise, la richesse, le relief, la personnalité soient au rendez-vous, aucun soliste adulte -aucun -  ne pourrait l’égaler du point de vue du public sincère. (D’ailleurs, les pianistes de plus de 50 en tout cas 60 ans, notamment, n’ont plus rien à faire sur une scène. C’est du recuit de recuit) Ah oui, le côté scolaire ? Savez-vous que des pianistes renommés de 35 ans et plus ont encore un professeur dont ils suivent gentiment les conseils comme d’éternels étudiants. Ils ont besoin qu’on leur tienne la main. Comme à 10 ans. (il n’y a sans doute que les professeurs qui n’ont pas de professeurs).

 duodc4

Alexandra DOVGAN et Chloé CHUA en concert à Singapour  (*)

( * erocne sap )

  

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