LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

21 septembre, 2018

A CELUI QUI N’A RIEN

Classé dans : Malheur — inconnaissance @ 8:22

Ce qui fait une société, succinctement, ce sont d’abord les croyances et objectifs communs à une communauté d’individus, c’est le sens que l’on donne à l’ensemble des individus (vous avouerez qu’aujourd’hui, le concept homme a tendance à supplanter voire remplacer le concept citoyen)  De cela dérive les valeurs morales ou sociales qu’elle se donne comme modèles ou idéals. De cela dérivent les lois, mœurs et coutumes quelle respecte. (donc métissage culturel ou multiculturalisme, communautarisme = multi-croyances, multi-objectifs, multi- valeurs, multi-lois, multi- moeurs, l’anarchie). Cette dernière partie est la partie émergée de l’iceberg. En tout état de cause, une société est essentiellement dans les têtes. Et ce qui se trouve dans les têtes se transmet, automatiquement, en partie, de générations en générations.

Dans cette longue et vaste histoire, il y a des perdants et des gagnants, des exclus et des nantis, des favorisés et des défavorisés, des forts et des faibles, des victimes et des bourreaux, des cassés et des indemnes, des acteurs et des suiveurs. Il y a toutes sortes de cas. Mais tout ceci ne tombe pas du ciel, c’est en grande partie le fait d’une histoire lourde de conséquences .Une histoire aveugle, amorale. Personne n’est là pour sauver le chien de paille du sacrifice. Et le chien de paille fait des petits.

Croyances, objectifs, idéals, modèles, valeurs, mœurs, coutumes, conception des individus, il n’y a pas de mystère : tous les jugements dont on est l’objet, qu’ils soient portés par les autres ou par nous-mêmes, procèdent de la société . Il n’y a pas d’autre juge que la société ou la culture. C’est la référence et le but. Dieu n’existe qu’à travers ce qu’une culture en fait, à travers ce qu’une société accepte de retenir. Hors de la société, point de Dieu. Sans une société organisée, Dieu n’est rien.

D’ailleurs, la société ou les puissants se sont tellement autorisés de Dieu, qu’on a de la peine à penser que Dieu, s’il existe, ne se sert pas des puissants pour mettre sans cesse à l’éprouve la populace.

L’individu peut-il se poser, exister indépendamment de la société ? Peut-il rejeter une société ? (pas à moitié ou pour faire mine : vraiment) Peut-il s’élever au-dessus de la société ? Les perdants, les exclus, les défavorisés, les cassés, les faibles, les victimes, les suiveurs pourraient en avoir envie. Cela suppose que l’individu puisse exister indépendamment de ce dont il était question ci-dessus .

Cela suppose l‘absence de tout système valable en fonction duquel on pourrait juger ce que l’on est.. Pas d’opinion, de jugement à propos de tout ce qui apparaît en soi. Pas de système de valeurs préconçu. Tout ce qui infériorise, rapetisse, rabaisse, humilie, doit disparaître. Car si la question de notre être apparaît, si une pensée intervient pour donner un sens à notre être, c’est sous l’éclairage d’un tel système. Se penser, c’est s’évaluer. Si le système de pensée qui a été le nôtre pendant toute notre existence a fait de nous un faible, un exclus, un petit, un déshérité, un chien de paille du sacrifice, il n’est plus possible de l’utiliser.

Le passé se prolonge ainsi dans le présent, encore et encore. Les expériences du passé, prennent vie dans la présent. Fatum, fatum. La tristesse ne cessera jamais dit finalement VAN-GOGH.

Que les chanceux se pensent tant qu’ils veulent, qu’ils raisonnent tant qu’ils veulent , les autres ont tout intérêt à s’en dispenser autant qu’ils peuvent. ( « celui qui n’a rien se verra enlever même ce qu’il a « parabole des talents) Ces derniers n’ont aucun merci à exprimer, aucune dette à payer, aucune reconnaissance à avoir. Ce serait bien le comble ! C’est plutôt le contraire . Sans eux, que seraient devenus les nantis, les favorisés, les forts ? Vous n’allez quand même pas dire merci.

Qui a envie de s’investir pour suivre, pour obéir, pour subir, pour pâtir  ?

Chaque fois que l’on porte un jugement, quel que soit son objet, on imite la société, on s’identifie à elle, on approuve son effet néfaste sur soi. Chaque fois que l’on porte un jugement, on réactive un système de pensée qui servira à nous juger. Sauf si….

Il y a ceux à qui les jugements profitent -d’une façon ou d’une autre -  ce sont toutes les catégories possibles et imaginables de juges installés. Et il y a ceux qui sont les victimes des jugements, les jugés. Il y a ceux à qui le malheur du monde profite (et qui, le plus souvent, en sont la cause) et il y a ceux que l’on rend responsables du malheur du monde quoi qu’ils en pâtissent.

La meilleure façon, la plus efficace de s’émanciper quand on est un déshérité, c’est de ne porter aucun jugement et de n’accepter aucun jugement. 

Dire qu’il y a toutes sortes de cas d’individus dans le contexte d’une société, c’est aussi dire qu’il y a ceux qui en sont victimes mais qui ne le savent pas, il y a ceux qui en sont les tyrans, mais qui ne le reconnaissent pas, il y a ceux qui se dévouent pour elle, mais qui ne s’en aperçoivent pas, il y a ceux qui se défendent d’elle, sans le reconnaître. Ce n’est pas du tout étonnant dans la mesure où la société est d’abord dans nos têtes. Tout dépend donc de notre lucidité par rapport à nos pensées. Tout dépend de la conscience ou de la connaissance que nous avons de ce qu’a été notre rapport à nos pensées (voir article précédent) (nos pensées incluant les paroles prononcées par les autres, parce que ces paroles deviennent nos pensées. Elles ne restent pas en l’air)

Vous rentrez chez vous, vous fermez la porte, vous retrouvez le confort de votre intérieur. En principe, c’est votre vie privée, intime. Elle est protégée. Sauf que si la société est très présente et très active dans votre esprit, il n’y a pas beaucoup de différences avec la vie en société. Et si en plus vous avez fait entrer une personne qui est une militante des normes, des coutumes, des moeurs, de la morale et des codes sociaux, alors là, la différence est infime. Mais pour couronner le tout, vous allumez la télévision ou vous écoutez France-Culte qui ne fon que vous inculquer à longueur de journée, la bonne façon de penser.

Il y a donc des choses qui devraient nous faire trembler du haut en bas, nous anéantir, nous terrasser, c’est que l’on nous accuse d’immoralité, d’anormalité, de délinquance sociétale (comme ça, hors cas concret présent et avéré) , avec quelque qualificatif terrible, surtout si les autres sont au courant, si celui qui nous accuse à quelque importance, si le mot est insoutenable pour notre conscience. On se décompose, sauf si les autres, la société n’ont plus aucune valeur pour nous, si nous n’avons aucune espèce d’intention de leur plaire, si aucun système de pensée à l’origine de tout jugement n’est valide.

Qu’est-ce qui pourrait bien nous atteindre si on est en paix avec nos pensées parce qu’elles sont indépendantes de notre volonté, indépendantes de nous,  et qu’on les voit objectivement, comme des faits, sans les juger.

Autant déjà être franc. Si on n’aime pas cette société, inutile de faire semblant de l’aimer. Si on n’aime pas cette société, inutile de s’attrister quand elle a des problèmes.  Si la société ne nous fait pas envie, inutile de lui faire des compliments. Si on n’aime pas cette société, inutile de lui venir en aide. Si on n’aime pas cette société, inutile de se dévouer pour elle dans l’espoir qu’elle nous réhabilitera. Si on n’aime pas cette société, inutile d’attendre quelque chose d’elle.

Tyrannie du bonheur et tyrannie du bien : de quoi faire en sorte que les chiens de paille restent des chiens de paille ou de quoi continuer à se dévouer pour la société, sans s’en apercevoir, sans le vouloir, sans pouvoir s’arrêter. Et à notre détriment.

On les aime, n’est-ce pas, nos valeurs morales, on y tient à nos convictions, on l’aime notre monde spirituel, on chérit nos rêves d’un futur heureux . C’est très important, peut-être le plus important dans nos vies. Que deviendrait-on si on n’avait plus la beauté de notre rêve ou de notre idéal pour nous consoler, pour nous donner de la valeur ? Mais à cause de cela, pour ne pas leur faire du tort, pour ne pas les désavouer, pour ne pas perdre toute la valeur qu’ils nous donnent, pour ne pas s’avouer notre échec,  on cache notre misère, notre souffrance, notre misérable condition. On le cache d’autant plus qu’on est environné de gens qui soit sont à peu près dans le même état que nous mais n’arrêtent pas de se vanter, de faire la promotion de leurs propres rêves, de leurs propres idéals à eux , soit qui ne sont pas du tout dans cet état et profite bien de notre sottise.

marion

Puisqu’on vous dit que la société est admirable et qu’elle nous permet à tous d’être heureux ! (nos vénérables évêques sont si près de Dieu qu’ils pratiquent la pédophilie à tour de bras) Et d’ailleurs elle encourage le rêve.

Quel fardeau, que ce déni de réalité, que ce déni de soi qu’il faut préserver coûte que coûte. . Il y en a peut-être beaucoup, comme ça, des valeurs que l’on ne veut pas contrarier, des valeurs qui sont devenus les nôtres, et qui nous empêchent de voir la réalité comme elle est. On ne va pas avouer que l’on est le contraire de ce qu’on veut être. On ne va pas s’avouer que nos valeurs suprêmes ne nous rapportent que dalle ! On sait tous ce qu’il se passe quand on essaie de coller un rêve sur la réalité, quand on s’attend à ce que la réalité se conforme au rêve.

Voilà pourquoi il faudrait faire leur sort (un sort peu sympathique) à tous ceux qui entretiennent chez les déshérités, le rêve et les illusions. C’est les abêtir encore, renforcer leur servitude. Cela frise le crime. 

On peut imaginer ce qu’il se passe, quand un faible, un petit, un brisé, un déshérité, qui n’a pas réalisé quelle était sa condition, entre en relation avec un fort. Il ne peut que se plaindre au nom du rêve dans lequel il est encore, au nom des lois du rêve qu’il croit devoir appliquer à la réalité. Il ne peut être que le dindon de la farce.

On peut imaginer ce qu’il se passe dans la tête d’un déshérité, d’un perdant, d’un faible, d’un chien de paille du sacrifice quand il réalise qu’il a toujours été tout cela et qu’il le sera toujours. ( « Je suis le Ténébreux, le Veuf, l’Inconsolé, le Prince d’Aquitaine à la Tour abolie. Ma seule étoile est morte, et mon luth constellé, porte le soleil noir de la mélancolie «  (NERVAL)

  https://www.youtube.com/watch?v=ooIt_I1ETpk

On peut imaginer combien il a envie de rencontrer des forts. des gagnants, des nantis, des favorisés.  On peut imaginer combien il aimera que ceux-là lui rappellent sa faiblesse.

On peut imaginer sa réaction quand il rencontrera des gagnants, des nantis, des favorisés, des forts qui essaieront de le terroriser avec ces jugements de valeur qui ont causé sa perte. .

On peut imaginer ce qu’il se passe dans la tête d’un petit qui a réalisé qu’il le sera toujours quand des forts qui convoitent le pouvoir et veulent croître encore en force, exploitent les éléments et la logique du rêve dans lequel il a vécu pour son malheur.

On peut imaginer ce qu’il se passe dans la tête d’un chien de paille du sacrifice quand il réalise qu’on l’a soigneusement tenu dans l’ignorance de sa condition et des raisons de sa condition.

On peut imaginer ce qu’il se passe dans la tête d’un faible, d’un démuni, d’un déshérité, quand il comprend qu’on a toujours exigé de lui qu’il affirme sa force. qu’il se comporte comme un fort,

On peut imaginer la réaction d’un chien de paille du sacrifice quand on lui demande encore de se dévouer, de faire preuve d’abnégation, de modestie, encore et encore.Et encore et encore.

On peut imaginer ce qu’il se passe dans la tête d’un chien de paille du sacrifice qui a réalisé ce qu’il était quand un fort croit pouvoir compter sur l’ignorance où il est de sa condition.

On peut imaginer à quel point le sentiment de dette ou de reconnaissance d’un déshérité est fort.

 https://youtu.be/y73i8YejSCU?t=41

 p.s. A propos de l’affaire SY, il apparaît bien que, comme disait quelqu’un de bien informé, la télé rend fou. Dans une conversation de la vie quotidienne, dire que tel prénom est une insulte pour la France n’aurait pas fait scandale. Mais à la télé, la parole est magique,  ce qui est dit devient la réalité. La télé c’est plus qu’un discours de candidat à la présidentielle, c’est l’histoire qui se fait. Eric mon ami, ne donne pas tes perles aux pourceaux. Choisis tes interlocuteurs et le contexte. Sinon le terrorisme intellectuel te tuera.

Pour mention :  https://www.valeursactuelles.com/societe/info-va-victimisation-lucratif-comment-hapsatou-sy-premedite-son-clash-avec-eric-zemmour-99167

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