LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

28 septembre, 2018

L’INSOLENCE

Classé dans : Universalisme — inconnaissance @ 14:05

Le permanent nous pourrit la vie. Le permanent qui nous pourrit la vie, c’est surtout le jugement de valeur qui doit être vrai demain, après-demain, dans un mois, toujours. C’est le jugement de valeur vrai qui nous intime l’ordre de le confirmer et de le servir, de toute façon, en toute occasion, nous ôtant, du même coup, la liberté d’être sensible à la nouveauté et de respecter sa propre évolution. Cela devient une idée fixe. C’est une idée fixe qui nous conduit à poursuivre , sans pouvoir faire autrement, certains objectifs .

- Mais tu ne veux pas passer par là, c’est plus court et plus agréable

- Non. Moi je passe toujours par là

- Mais pourquoi ?

- Parce que c’est par là qu’on m’a dit de passer.

Addiction à une drogue, addiction à une passion, addiction à une idée. C’est pareil. L’idée est fortement ancrée dans notre esprit, et elle a beaucoup de valeur. Qu’elle soit fortement ancrée signifie qu’elle va se présenter aussitôt qu’elle en aura l’occasion, (jugement) qu’elle ait beaucoup de valeur signifie qu’elle a beaucoup d’emprise, de pouvoir sur nous, et qu’elle va nous déterminer. Triomphe de PAVLOV. C’est fou le nombre d’idées fixes que l’on nous propose d’adopter dans tous les domaines.

Fixe, permanent, c’est synonyme.

Être sans recourir au savoir être, c’est le seul moyen de ne pas s’autoriser de ce qui se dit, de ce que l’on a entendu, de ce qu’on a lu, de ce qu’on a appris, de l’autorité de quelqu’un d’autre, de ne pas chercher l’approbation des autres, de ne pas renforcer le dialogue intérieur incessant, de ne pas dépendre de qui que ce soit, de ne pas se tracasser à propos de soi, de ne pas être influencé par la nature de notre interlocuteur,  d’échapper à l’emprise d’un savoir conditionné, de ne compter que sur soi en se faisant confiance, de faire droit à ce qu’on est, ce qu’on ressent, d’entrer en contact avec des individus qui étouffent sous les couches et les couches d’obligations et de devoirs sociaux, psychologiques, moraux et souvent administratifs.

Vous avez peut-être vu ces enfants qui échafaudent des structures de sable sur la plage en laissant couler de leurs doigts du sable fin trempé. Cela devient un monticule de dégoulinements. La société, est le résultat de flux, de mouvements qui se sont figés et qui ont durci.

Ne pas tenir compte des jugements de valeur institués, c’est cela l’insolence.

Porter cette permanence, (tout ce qui a été institué, toutes les vérités établies, toutes les formes d’autorité non discutables) c’est porter un sacré fardeau. Comment la vie pourrait-elle entrer systématiquement dans les plans de jugements de valeurs préconçus, de vérités préconçues ou établies sur la vie ? Comment la spontanéité, les réactions immédiates pourraient-elles se couler dans des moules tout préparés ? Comment ne pas gâcher sa vie quand il faut la contraindre d’emprunter certains itinéraires et de passer par certaines portes ? Comment être tranquille quand la vie est à ce point inconciliable avec tout ce qui a été décrété permanent : les sentiments permanents, les convictions permanentes, les pensées permanentes, les jugements permanents Et puis quoi encore ? Être un esprit libre n’a jamais consisté à s’identifier à une cause qui parle de liberté.

L’insolence est une réponse à l’arrogance de ceux qui s’autorisent de ces structures, à l’arrogance des détenteurs d’une autorité qui s’identifient à cette autorité. L’arrogance, c’est la prétention à la permanence. (Tiens, quelque temps plus tard, ils n’exercent plus cette fonction, alors, qu’est-ce qu’ils sont ? Qu’est-ce qu’ils sont quand ils ne sont plus un reflet des structures d’une société ? Ce qu’ils ont toujours été ) Mais ce n’est pas parce que l’on reconnaît à certains mots, certains concepts la vocation d’être permanents, durables, que le sens qu’on leur donne, lui, est permanent. Les femmes, les femmes , répète en boucle France Culte et bla bla bla Quel sens a ce mot aujourd’hui ? Quel sens avait-il ? Quel sens aura-t-il ? Qu’y a-t-il à garder ? Quelle idée fixe avoir ? Aucune. Surtout aucune. 

Si, quand on écoute un morceau de musique, on sait d’avance, parce qu’on est un expert, tout ce qu’on doit trouver et le plaisir exact que cela doit nous procurer, c’est triste pour la musique. On sera insensible aux effets non prévus, insensibles à la nouveauté, insensibles à l’évolution de nos goûts. Car même des fragilités, des doutes, des écarts avec l’orthodoxie, des styles singuliers peuvent être musicalement précieux, pourvu que l’expressivité soit au rendez-vous, Les auditeurs sont des êtres humains , pas des traités.. La musique est , au moins en partie,quelque chose d’intime, ce qui est intime ne s’objective pas . GINZBURG, par exemple, ne donne pas l’impression de dérouler, de produire du recuit. https://www.youtube.com/watch?v=F59msiD8jaY

Une idée n’est rien tant qu’elle ne trouve pas à être incarnée. Deux façons : on lui obéit, contraint par une force extérieure, on l’incarne parce qu’elle fait partie de soi. Sinon, c’est du vent.

Il y en a qui excellent à semer une pagaille énorme et inextricable, ce sont ceux qui ont assez de pouvoir pour imposer à tous un système de pensée. On pourrait croire qu’au contraire, l’entente règne entre tous ceux qui vivent selon ce système. Il n’en est rien, sauf si le chef règne sans partage et si tout le monde obéit sans discuter. Sinon, on instaure l’idée qu’il est légitime d’instaurer un système de pensée que l’on imposera à tout le monde. Le chef tire son prestige de cette façon de faire. Tous ceux qui ont quelque ambition, quelque prétention, quelque foi dans leur faculté de penser, croient pouvoir en faire autant sur le modèle du chef. Puisque la mode qui consiste à concevoir et imposer un système de pensée (penser le monde, la vie, les hommes) vient d’en haut, elle est hautement estimable.

La pagaille s’installe aussitôt que, selon ce principe, on croit pouvoir parler au nom des autres et agir au nom du bien des autres. Plus éventuellement légiférer en conséquence.

Le bon sens, la justice, la vérité consisteraient à se plaindre d’un tort qui nous a été fait auprès de celui qui nous l’a causé. Et si échec il y a, recourir alors aux juges pour faire établir que telle personne nous a causé tel tort et obtenir réparation.

Mais là il ne s’agit pas du tout de cela. Dans le cadre d’un système très détaillé et exigeant, tous les aspects de la vie quotidienne des hommes sont passés au crible, et on peut être condamné pour n’avoir rien fait, n’avoir causé aucun préjudice à personne.

Tout le monde connaît la description du jugement dernier qu’a faite Jésus quand Dieu trie les élus et les condamnés «  j’étais ;..et tu n’as pas, j’étais et tu n’as pas «  Il s’agit de punir ceux qui n’ont pas agi conformément à un système de pensée.

Sur ce modèle, on peut, dans une société donnée, s’en prendre à des gens qui n’ont pas agi d’une certaine manière avec les autres alors même qu’ils ne leur ont causé aucun préjudice sauf celui de ne pas répondre à une attente – si on peut appeler cela un préjudice – si les autres raisonnent en fonction de ce système de pensée. Quoi, vous n’avez pas fait ceci ? Non, et alors ? Quelle insolence ! On ne vient pas encore vous mettre en prison parce que vous n’avez pas donné d’argent à un soi-disant organisme caritatif qui s’occuperait de porter secours à des gens à l’autre bout du monde, cela viendra peut-être, mais en attendant, on vous prélève de l’argent pour cela et on vous juge sévèrement si vous déclarez que ce n’est pas votre problème.

Hélas, même chez les fidèles d’un système, les attentes diffèrent parce que les conceptions, les interprétations du système de pensée diffèrent. Tout cela est problématique, mais généralement pas tragique.

En revanche, ce qui l’est c’est la permission de s’autoproclamer juge universel, et au nom de cette autopromotion parfaitement arbitraire, de se livrer à toutes sortes d’exactions sans rendre de comptes à personne. Sur le modèle de Dieu, c’est à dire sur le modèle du juge autoproclamé et intouchable. Le mal s’en donne à cœur joie. Tout ce que l’on fait, c’est pour le bien (commun, général, universel) ben voyons !

A ce compte-là Jésus aurait dû la fermer quand un soldat l’a giflé au lieu de répondre «  si j’ai mal parlé, témoigne de ce qui est mal, mais si j’ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu ? «  (Jean, 18) . Non seulement parce qu’il a fait le contraire de ce qu’il préconisait pour tout le monde (tendre l’autre joue) , mais en plus parce qu’il demandait au soldat de lui dire quel tort exactement était le sien. Or, au nom du principe ci-dessus, le soldat peut très bien gifler Jésus au nom de l’idée générale qu’il se fait du bien sans avoir aucun compte à rendre « j’étais…tu n’as pas…tu as mal parlé ;..et hop)

Comment veut-on qu’un tel arbitraire, une telle tyrannie puissent ne pas être ravageurs. Les adorer dans leur principe, c’est mortel.

Mais les monothéistes sont devenus locaux, c’est à dire relatifs. C’est à dire qu’on ne peut plus considérer que les paroles de Dieu sont absolues. Il est ridicule de rêver d’une restauration dans ce domaine. Ce n’est pas sérieux. Le rêve d’universalisme s’envole. Il fallait faire quelque chose pour sauver le juge arbitraire, absolu et intouchable. Il fallait lui trouver une raison d’être. On a remplacé le Dieu monothéiste par l’Humanisme.

En chacun, il y a quelque chose qui s’appelle l’Homme. Quoi ? A quel endroit ? Dans la glande pinéale ? De quelle nature est cette chose ? Est-ce liquide, gazeux ? Est-ce spirituel, psychologique, génétique ? Qu’est-ce qui n’est pas l’Homme ? Non, ce n’est qu’un rêve que l’on plaque sur tous les individus. Si l’Homme est si précieux, il ne faut en supprimer aucun. Si on parle de l’espèce, ce n’est qu’une classification qui n’implique aucun jugement de valeur. Et la disparition de l’espèce nous replacerait quelques milliards d’années plus tôt. Et alors ? Je devine que si Dieu n’est plus ce qu’il était, on tient encore mordicus à l’idée d’image de Dieu. Tout le monde est à l’image de Dieu. Superstition toujours.

Les similitudes sont frappantes.

A la base, deux idées chimériques : Dieu et l’Homme.

Deux façons de procéder semblables : convertir à Dieu par la force, convertir à l’humanisme par la force.

L’intérêt de Dieu ou l’intérêt de l’humanisme priment sur tout, excusent tout.

Juges autoproclamés qui ne rendent de compte à personne, qui ne se repentent jamais et ne reconnaissent pas leurs fautes.

Les peuples sont à leur dévotion pour leur type d’entreprise et doivent assumer les conséquences funestes de leurs erreurs.(en commençant par celles de la colonisation -forme adoucie de la conquête – soi-disant civilisatrice)

On croyait que tous les hommes étaient des enfants de Dieu, maintenant on croit que tous les hommes sont des incarnations de l’Homme. Vous avez déjà fait l’amour avec l’Homme vous ? (ou la Femme – prononcez : l’Affâmme)

On pourchassait les mécréants, les hérétiques, on pourchasse ceux qui ne sont pas humanistes, qui ne sont pas pour les droits de l’Homme. Les insolents. On dit qu’ils sont inhumains. 

« Je suis venu apporter non pas la paix, mais l’épée » et je vous condamnerai si vous ne faites rien en faveur des victimes de l’épée.

Enfin, on voit bien que ce n’est pas tout un chacun qui s’empare de ce genre de système de pensée pour ces grandes entreprises, ce sont toujours les puissants. Combien de temps allons-nous payer pour eux ? Combien de temps, par sentimentalisme et naïveté, allons-nous gober les « hommélies » de ces nouveaux prêtres qui les servent, homélies destinées à nous culpabiliser alors que la faute ne nous revient pas  ? Combien de temps encore allons-nous être les victimes de ces gens qui se permettent tout sans jamais en pâtir ? Ils accumulent les torts à l’égard de leurs propres compatriotes et à l’égard de ceux auprès de qui ils interviennent, mais ils s’en fichent. Combien de temps allons-nous supporter que ces gens-là nous fassent la morale – c’est un comble ! Combien de temps encore les vers luisants et frétillants des médias, avec ou sans plumeaux, avec ou sans paillettes, vont-ils nous en faire accroire ?

macr

MACRON et sa bande.

Peut-être qu’un jour, on inventera un autre moyen de fonctionner de la sorte, c’est à dire : le règne aussi absolu que possible de l’arbitraire, l’existence d’un juge suprême imposant sa loi . Et personne jamais pour juger ce juge pour les désastres humains qu’il a provoqués. 

L’athée est insolent par nature dans un tel monde de culs-bénis et d’esprits-prêtres qui n’a d’yeux que pour ce qui est étranger (pas n’importe quel étranger) . .Je peux comprendre que si votre vie est organisée autour des sentiments que les autres doivent avoir pour vous, vous vous sentiez en devoir de renvoyer ces sentiments, mais si ce n’est pas le cas, comment pouvez-vous accepter que des gens somme toute assez douteux vous fassent un devoir de manifester certains sentiments. ?.

1ere :  https://francais.rt.com/magazines/interdit-d-interdire/54225-interdit-dinterdire-premiere-economie-europeenne-est-elle-trop-liberale-ou-pas-assez

 La musique, c’est bien plus qu’un langage qui ne vous blesse pas, ne vous fait pas de mal, c’est une communication réussie, directe, parfois intense, qui prouve qu’elle n’a pas besoin de mots, d’un logos d’un verbe etc :  https://youtu.be/AKrO7lzx-nk?t=520

 

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