LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

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18 octobre, 2018

EMMENEZ-MOI AU BOUT DE L’AMER

Classé dans : Affects — inconnaissance @ 14:09

Personne n’ira imaginer que je suis, en fait, Frédéric LORDON. Trop invraisemblable. Il est tellement plus intelligent, plus cultivé, plus brillant que moi. Mais je dis cela après avoir écouté ceci sur France Culte. Eh oui, parfois, des émissions échappent à la propagande, elles ne sont pas outrageusement biaisées. Autant en profiter :

https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-2eme-partie/que-valent-les-valeurs

La phrase de SPINOZA, est très marquante : «  On ne désire pas une chose parce qu’elle est bonne, c’est parce que nous la désirons que nous la trouvons bonne «  mais elle a ses limites. Le philosophe définit ici avant tout le monde sans doute, ce qu’est un désir qui doit tout à la société, au conditionnement. C’est un désir que l’on a contracté et qui justement découle d’une pensée à laquelle on a appris à donner de l’importance. On peut dire qu »elle a fait l’objet d’une fixation  . Eh oui parce qu’on peut se mettre à adorer ses propres pensées. Dieu en est la preuve. (ou à en avoir peur) Les hommes sont capables de s’entre-tuer simplement pour des idées.

Quand on a vraiment faim, on aura envie d’un plat qui se présente. Le désir est organique, le plat n’attire pas parce qu’on l’a préalablement investi . De même, lorsqu’un certain besoin tout à fait naturel se manifeste, une personne sera sexuellement attirante. Mais cette personne n’est pas désirée parce qu’on lui aura donné du prix . Quand on a mal, on ne désire pas un calmant parce qu’on l’a trouvé bon, on le désire parce que le besoin d’apaiser sa souffrance commande.

A l’inverse, le désir d’enfant des homosexuelles est-il social ou naturel ? En fait, et c’est très significatif, on parle aujourd’hui, de « projet » N’est-il pas clair que si ce « projet » existe, c’est en grande partie ou tout à fait parce que dans la société, avoir un enfant, élever un enfant, être mère sont des choses socialement très estimables ? (Alors on ne naît plus enfant, on le devient. C’est un projet) Les biens de consommation, les signes marquants de réussite sociale, les comportements moraux etc sont des pensées, des concepts qui ont la valeur que la société leur donne. Quand on rencontre l’objet correspondant, on le désire.

Mais si la culture ou la société change et que ce sont d’autres idées qui sont valorisées, on désirera ce qui correspond à ces idées. En temps de paix, tuer est mal. On temps de guerre, tuer est bien. La même personne peut devenir un ennemi.

Entrez dans n’importe quel groupe (sportif, politique, religieux, humanitaire etc etc) il est clair que si vous voyez tous les membres de ce groupe faire une chose qu’un responsable leur aura demandé de faire, vous le ferez aussi.  C’est quasiment sûr.

On pourrait réécrire la phrase de SPINOZA : «  On ne désire pas une chose parce qu’elle est bonne, c’est parce que tout le monde la trouve bonne que nous la désirons »

La question est donc de savoir si nos désirs ont été contractés, si c’est le groupe, la société qui nous les ont greffés ou pas, si nous ne faisons que désirer ce qu’on nous aura appris à désirer ou pas. Certains bouddhistes (comme LIN-TSI) ont été très loin dans la démarche qui consiste à se libérer de tous les désirs dus à la société. 

L’amour de ses congénères vient-il de la société ou pas ? Si c’était le cas, et si on s’en affranchissait, cela voudrait dire que le désir de s’intégrer, de se socialiser, n’aurait plus lieu d’être. Si c’était le cas, rien de ce que font, et aiment les autres n’aurait la moindre influence sur nous.Et donc nous cesserions de désirer ce que tout le monde aime.

La société est un roman, un immense roman qui ne finit jamais. Mais un roman que l’on vous lit ou raconte à longueur de temps.

 C’est tout ce qui se raconte sur les croyances, les objectifs, les valeurs, les vertus, le lien social, les mœurs, les lois, les institutions, les fonctions sociales. Non seulement toutes ces choses sont dans les têtes de tout le monde, non seulement tout le monde est influencé par ce que dit tout le monde sur ces choses, mais en plus elles sont l’objet de toutes sortes d’affects, de sentiments, de passions, d’enthousiasme, d’hostilité. Ces affects parcourent la société tout entière. Et toute personne qui veut convaincre les autres fait usage d’affects, de sentiments. Parce que c’est contagieux. C’est un appel continuel, parfois pressant, à un partage de sentiments, que cela vienne de personnes que l’on connaît, de professionnels de toutes sortes ou des discours des médias : Au coeur des propos les plus neutres en apparence, il y a du jugement, du sentiment, de l’affect, comme : » Classes sociales : un concept en voie de disparition « ( FC) En voie de disparition = à sauver ; Disparition = mort. C’est terrible ! En voie = ça se passe sous vos yeux et vous ne faites rien. Sortez vos mouchoirs puis réagissez.

Tant de migrants ont péri noyés.  Il y a un fait, et il y a une réduction infinitésimale d’une population. Là n’est pas la question. Notre cœur doit se mettre à battre plus fort. Mais on pourrait se focaliser sur autre chose. (voir à quelle vitesse les moments d’émotion passent dans les médias)

Alors les affects peuvent être une invitation, à l’exemple de ceux qui jouent à en avoir. Les sentiments, les affects sont une occasion d’être le dindon de la farce, de participer à l’aveuglement humain.

Précieux médias, ils mettent en évidence de façon criante le fait que ce sont les émotions, les sentiments qui comptent et qui sont déterminants ; Ce sont ces derniers qui déplacent, mobilisent, font réagir les foules. Ce ne sera pas notre cas si les sentiments collectifs nous laissent indifférents.

Tous ces affects pour des pensées, des idées, des symboles, des concepts, des images, des figures dont on a hérité, et qui se réveillent à la moindre occasion, sont la cause du fait que l’on est désappointé, déçu, : on a porté préalablement un jugement, et la réalité ne correspond jamais à ce qu’on voulait. L’effet de l’objet sur soi ne correspond pas à celui que l’on était en droit d’attendre en fonction de ce qu’on nous avait fait croire. Amertume. Exemple le plus évident et facile : l’idéalisation de quelqu’un quand toutes les forces sociales se liguent pour en faire une personne extraordinaire.  Et plouf ! Il s’avère à l’usage, qu’elle n’était pas ce qu’on croyait. On nous fait l’article à propos de ..et plouf. On est déçu ! De la même façon que la crainte est inséparable de l’espérance, l’amertume est inséparable de la croyance .

Il ne reste rien des désirs que la société nous a fait contracter quand on ne tient compte que de l’effet sur soi (corps et esprit) maintenant La musique, par exemple, c’est maintenant. Le plaisir qu’elle vous offre effectivement, réellement, sincèrement, n’a rien à voir avec le plaisir que vous vous promettez d’avoir en prenant en considération le baratin de je ne sais quel beau parleur  PERGOLESE, l’étoile filante : https://youtu.be/-IKDFFz83D8?t=1642

L’organisme est toujours dans le présent, les objets de pensée sont toujours dans un autre lieu et un autre temps. (tel endroit si je n’y suis pas) Et en plus cet autre lieu et cet autre temps, pour certains d’entre eux ,sont toujours imaginaires. Dieu par exemple.

Même l‘amour est aimé par tout le monde. Serait-il possible de ne pas aimer parce que c’est la mode ?

Qu’est-ce qui vous conduit à aimer vos semblables ? Combien d’entre eux continueriez-vous à aimer si vous vous amusiez à mettre sur les plateaux d’une balance d’un côté, les tracas, les ennuis, les peines, les problèmes qu’ils vous causent, et de l’autre, le bonheur, le plaisir, la joie, la lumière qu’ils vous apportent ? De quoi est donc constitué cet amour ? Est-ce vous qui aimez ou est-ce quelque chose en vous qui n’est pas vous, quelque chose qui n’existe que parce qu’on vous l’a transmis ?

C’est la question que l’on peut se poser dès que l’on entre en relation avec quelqu’un. Ëtes-vous plus l’auteur, l’acteur de cette relation que le jouet ou l’inverse ?

L’amour que nos parents nous portaient étaient-ils convenu, social ou personnel ?

Ce ne sont pas seulement les valeurs qui n’ont pas de fondements -comme je ne cesse de vouloir le montrer-c’est toute la société Quelle garantie au sujet d’autrui, quelle garantie au sujet de vous-même, quelle garantie au sujet de la société ou des fonctions sociales auxquelles vous avez affaire, quelle garantie au sujet du bien et du mal ? Bref, quelle garantie au sujet de toutes les idées, pensées, connaissances de ces choses ?

Donc le plus important, la base, c’est d’arriver à donner du prix aux collectivités. Tout en dépend. Cela consistera alors à donner forme et substance à des généralités. Genre FC « Gauche, droite : d’où viendra la prochaine révolution ? »

Ce qu’on doit retenir, c’est que si les valeurs que l’on donne aux choses n’ont pas de fondement :

1 il ne faut pas faire comme si ses propres valeurs en avaient

2 il faut admettre que la seule chose qui reste, ce sont les valeurs que l’on s’est collectivement donné parce qu’elles nous plaisaient.

On a le choix. CAMUS écrivait dans L’étranger  « J’ai compris alors qu’un homme qui n’aurait vécu qu’un seul jour pourrait sans peine vivre cent ans dans une prison. Il aurait assez de souvenirs pour ne pas s’ennuyer. Dans un sens, c’était un avantage. »Pour ne prendre que la musique, MOZART est mort à 35 ans, SCHUBERT à 32 ans, CHOPIN à 39 ans, PERGOLESE a 26 ans, MENDELSSOHN à 38 ans. Ils auront laissé plus d’empreinte que les légumes qui parviennent à 90 ans. Question d’époque, aujourd’hui, n’importe qui est sacré (enfin surtout ceux que le système privilégie) , il doit pouvoir devenir un légume.

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