LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

24 octobre, 2018

L’ECRAN LARGE

Classé dans : Sentiment — inconnaissance @ 13:19

L’écran, c’est le monde. Ce qu’on appelle parfois le mental, parfois la mémoire, parfois le conditionnement socioculturel, c’est le film qui est projeté sur l’écran.

On peut ignorer ou ne pas vouloir savoir que toute cette connaissance préexistante se projette sur le monde pour lui donner un sens.

On peut l’avoir compris et ignorer que cette projection se déroule à notre insu et selon des modalités qui nous échappent.

On peut avoir repéré que le sens que l’on donne au monde révèle notre personnalité, nos tendances, nos limites mais ignorer en quoi ce sens est fautif et dommageable.

On peut avoir découvert le côté dommageable et fautif de ce sens sans avoir réalisé qu’il nous est impossible de le changer, du moins rapidement ;

On peut avoir réussi à corriger certains aspects de ce sens et ignorer qu’on a toujours ignoré, depuis le début, qu’on était ignorant, dupe, impuissant .

Puis vient le jour où on réalise qu’on n’a jamais su, qu’on ignorait qu’on ne savait pas et que l’on continue à ignorer ce qui nous meut. Cette inconnaissance profonde, fondamentale rend ridicule, absurde, la vie, puisque, quelle qu’elle soit, ce n’est pas du tout la nôtre, mais qu’on est quand même obligé de la vivre, quelle qu’elle soit.

Bien sûr, arrivé là, on détecte assez bien ceux qui font partie de la première catégorie (les naïfs ou les sots), de la deuxième catégorie ( les téméraires), de la troisième catégorie ( les narcissiques et les egocentriques) de la quatrième catégorie ( les pessimistes) de la cinquième catégorie (les philosophes) de la sixième catégorie (les aquoibonistes)

Mais il y a un moyen d’échapper à ce parcours, il consiste à vivre le plus possible pour les autres, à la place des autres, par procuration. Cela évite ces prises de conscience ayant comme raison d’être : sa propre existence..

On connaît la phrase de JF KENNEDY : «Ne demandez pas ce que le pays peut faire pour vous, mais ce que vous pouvez faire pour votre pays.» Cette phrase aurait pu être prononcée par n’importe quel curé, par exemple, lors d’une homélie, en remplaçant simplement « pays » par « les autres » Et ce n’est pas difficile, depuis toujours tout nous enjoint à faire ainsi, à ne pas s’occuper de soi mais des autres. .

Au début, on n’avait pas de sentiments, juste des émotions passagères . On ne savait que penser de ceci et cela ?  Les autres n’étaient plus dans ce cas. Leurs sentiments, ce qu’ils aimaient, détestaient, leurs goûts, leurs opinions nous assiégèrent, nous envahirent. Difficile de s’en défendre. Surtout que ne sachant pas qui nous sommes, ce que nous faisons sur terre, il était trop tentant d’imiter les autres. Imprégnation et exemple à suivre. Et puis ainsi, on était aimé par eux.

D’abord, avoir du plaisir, naturellement. Ensuite aimer ce qui nous donne du plaisir (que ce soit une personne, un objet, une activité) puis en faire un système. Commencer par attribuer une valeur durable aux choses, puis élaborer un système de valeurs. Les émotions, spontanées, innocentes, sont devenues des sentiments quand l’imagination et la pensée s’en sont emparé. Amour = toujours.

Emotion ?  https://youtu.be/vVRGOSV4dmQ?t=1735   (zéro problème inside)

C’est alors le sujet de la pensée est content, il a des valeurs, il s’identifie aux valeurs, il est aimé parce qu’il a les mêmes valeurs que les autres. Il est le produit de ses jugements. .

Les valeurs, c’est toujours ce qui est bon ou bien pour les autres. C’est toujours l’intérêt des autres. (ne demandez pas…) Ce sont des sentiments à l’égard des autres, de leur cause.  Ce sont des sentiments pour leurs sentiments, leurs émotions. C’est comme ça qu’on nous appris à vivre. 

Tout sécroulerait si on avait affaire à des enfants sans sentiments. C’est déjà le cas pour un certain nombre d’adolescents. Eux, ce sont les sentiments de la société qu’ils rejettent. On voit comme elle est désemparée.

Cette structure mentale, ce pli que l’on a pris, c’est le système (lumière, lentille), le moteur qui permet de projeter les images sur l’écran, on projette sur les autres tout ce qu’on a appris sur les autres, et surtout des sentiments. Dans un film, on s’identifie aux personnages, on partage leur vie. Dans la vie, on s’identifie aux autres, on vit à leur place.,

Si on ne se souciait pas de se mettre à la place des autres, on ne projetterait rien sur eux. Evidemment, ce qu’on projette est totalement conditionné. C’est exactement ce qu’on nous a appris, ce qu’on a été habitué à éprouver au fil du temps, dans notre milieu. La projection est automatique, on n’y pense pas. On ignore les effets de cette projection sur soi et sur les autres.

On peut prendre conscience, notamment dans les relations, que les sentiments viennent d’abord, ils sont là d’emblée, la raison, les réflexions viennent ensuite, elles s’inscrivent dans ces sentiments, elles les confirment, elles tenteront de les justifier. Quand les sentiments sont forts, raison et réflexion abdiquent. Et l’esprit critique est congédié.

Avec les sentiments, on crée de la proximité, de la familiarité, presque de l’intimité avec n’importe qui, même avec un inconnu total. C’est mental, imaginaire.Mais peu importe.

C’est ainsi que globalement, on fonctionne, que l’on ait appris à jouer avec ces sentiments ou pas . Il en est toujours ainsi aujourd’hui.  Tout le monde exprime ses sentiments. Tout le monde fait appel à nos sentiments = tout le monde veut que l’on ait les sentiments attendus. Surtout, ne froissez pas les autres avec des sentiments imprévus, insolites ou en vous montrant dépourvus de sentiments. Discutez, raisonnez, analysez tant que vous voulez, mais les sentiments doivent être à peu près communs,

On fait main basse sur notre part d’humanité. (elle doit être comme ci ou comme ça)

Cela évite de parcourir les étapes ci-dessus, car pour autant qu’il est question de plaire aux autres, c’est qu’on se met à la place des autres, c’est qu’on pense vivre leur vie. La leur, pas la nôtre. On fait ce qu’on nous a appris à faire depuis toujours.

Parce que le sujet des pensées s’empiffre de grandes, belles, nobles, sublimes, généreuses causes, il croit qu’il a une âme, qu’il est d’essence spirituelle, quasi divine.

Tout ce conditionnement aux sentiments pour les autres, à l’empathie suppose forcément qu’il existe quelqu’un, une instance, une autorité suprême, transcendante, qui représente le monde ou la société et qu’il faut servir. (Par exemple, la Justice, quelle adresse ? Quel numéro de téléphone ? Combien de divisions ? ) Car si elle n’existait pas, s’il n’y avait que les hommes avec leur propre histoire et leur propre destin, quels devoirs nous resterait-il ? C’est le statut de l’autre qui changerait.

D’abord, tout vient du fait qu’il y a, quel que soit le cas, un demandeur qui serait, d’une façon ou d’une autre, dans l’embarras Automatiquement, on se met à sa place, on projette notre conditionnement sentimental. Il y a un problème, il y a un désagrément, il y a un appel, une démarche gratifiante pour le destinataire de la demande. Il y a un défi à relever, il y a une confiance en nos sentiments.

Mais qu’est-ce qui justifie cette demande ? Elle fait référence à l’idée qu’il faut se soumettre à l’autorité d’un intérêt général, d’un bien général. Le demandeur s’autorise non pas d’un désir purement personnel, mais d’un principe général. Il ne s’adresse pas à nous en particulier, mais au sujet de pensées généreuses, nobles etc Et si ce n’est pas lui, c’est quelqu’un qui défend sa cause. Mais si on réalise qu’on n’a jamais su, qu’on ignorait qu’on ne savait pas et que l’on continue à ignorer ce qui nous meut., on sait aussi que les autres n’ont jamais su ce qui les meut. 

Sentimentalement, on répond oui et on prend en considération la demande, c’est à dire les conditions, les attendus de cette demande. La demande n’est pas toujours explicitement formulée, il suffit de se prendre pour le destinataire des propos et de s’émouvoir devant le problème posé ; Exemple sur sur France. Culte. : « Santé mentale des migrants : la grande oubliée «  Cela vient de sortir. Sortez vos mouchoirs !  (le mieux, c’est qu’ils retrouvent leurs racines !)  Ils ont intérêt à vous émouvoir pour vous éviter de chercher à connaître les causes du problème.Sur l’écran large, c’était beau et émouvant comme ça devait l’être. La projection de sentiments fonctionne à plein quand on se met à l’écoute de ce genre de discours.

On ne peut exister, alors, qu’autant qu’on aime et qu’on est aimé. C’est le sens profond et général que l’on donne à sa vie. C’est ce qui nous rend heureux ou malheureux. C’est l’arrière-plan qui gouverne notre vie. Il n’est plus question de se demander ce que vaut tout cela et quelle réalité peut avoir ce sujet des pensées.  On ne dépasse guère l’étape 2 décrite plus haut.

Et quand le monde s’écroulera du fait des décisions désastreuses et irresponsables de nos dirigeants, qu’est-ce qu’on vous demandera ? Aurez-vous assez de mouchoirs . Faites des stocks. Combien de temps va-t-on se laisser instrumentaliser ?

On y vient. Il y a une contradiction flagrante et lourde de conséquences entre les discours sentimentaux et poisseux à la France-Culte. ou autres et la tournure que prend la société où l’individu (seule réalité vivante, sensible et réelle) est méprisé au plus haut point par le système et où la compétition la plus féroce s’installe. Afflux de sentiments d’un côté, absence de sentiments de l’autre. Attention à la schizophrénie, c’est grave. C‘est aussi contradictoire que les discours sur la citoyenneté et le vivre ensemble et la désintégration et la disparition voulue, programmée de la communauté nationale. On se moque de vous, pour le dire courtoisement.  Allons les sincères, ne vous cassez pas la tête, plus rien ne tient. Et nos dirigeants sont tellement faux et creux qu’ils n’ont plus aucune substance.

ça, c’est pas uniquement mental :  https://youtu.be/w_z9oSn-eIM?t=4

plus enveloppé  :  https://youtu.be/AlnYSsRauAY?t=20

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