LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

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13 novembre, 2018

CA CHAUFFE

Classé dans : Servitude — inconnaissance @ 13:23

Le principe est le suivant : faire accepter une cause à la population, faire en sorte qu’elle l’épouse, c’est lui faire accepter toutes les décisions, toutes les mesures que l’on prendra en faveur de cette cause. On ne cherche pas à savoir si on est d’accord avec la nature de la cause, on ne cherche pas trop à savoir si ces décisions ou mesures seront efficaces, et surtout il n’est pas question de se demander si les sacrifices, les désagréments que cette population aura à assumer sont bien justes, si c’est bien elle qui est à l’origine du problème et qui en est responsable. Mais légitimité des décideurs + accord avec la cause à soutenir = soumission. On le voit en ce moment avec la lutte contre le réchauffement climatique. La société industrielle de production effrénée de biens de consommation – objets que l’on accuse de tous les maux -est-elle une invention de notre part ? Avions-nous la possibilité de faire autrement ? Non et non. Les coupables sont-ils mis à contribution ou doivent-ils changer de comportement ? Non plus. Mais cela ne fait rien les innocents doivent payer pour les coupables.

Et comme le résultat ne sera pas au rendez-vous, on tient là un moyen constant de nous persécuter . Un gouvernement ne se soucie pas du bien, des intérêts présents de son peuple , il dit se soucier du bien, des intérêts futurs de son peuple, et en attendant, il agit contre le bien et les intérêts présents de son peuple. Il est son ennemi. Son but est, peut-être, de casser du Français.(du fonctionnaire, du gréviste, des petites gens, du retraité, de l’automobiliste etc) Mais quelle idée du pouvoir peut bien se faire un Président qui agit ainsi ?

Ce principe s’applique dans de très nombreux domaines. Pour la dette (comme si c’était celle des ménages que les gouvernements ont dû prendre en charge), pour l’accueil des migrants ( parce que bien sûr les gens ordinaires ont eu l’idée de coloniser des pays lointains et de les exploiter pour s’enrichir) la défense de la patrie (parce que bien sûr la politique étrangère et les relations internationales, c’est eux.) Des soldats comme ceux de 1914, on n’est pas près d’en revoir. Ils venaient principalement des champs et des usines où les conditions de travail étaient très dures. Et c’était une foule de gens simples et modestes, malléables et corvéables à merci, toujours prêts à dire comme le chante BREL : « oui, notre monsieur, oui notre bon maître » A celui qui n’a rien on lui enlèvera même ce qu’il a. Tout à fait différent est le sort des as de l’aviation. Pour funeste qu’il ait été très souvent, c’est un autre monde et ce sont des duels homériques qui étaient à l’ordre du jour. Des épopées personnelles  

https://www.arte.tv/fr/videos/067795-002-A/la-guerre-des-as-2-2/

(excellent doc pour une fois. On ne parle pas au conditionnel et on ne répète pas 10 fois la même chose)

avia

Toujours le principe :  » La guerre, un massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent mais ne se massacrent pas. «   (Paul VALERY)

(entre parenthèses, je soutiens l’Europe de la défense proposée par M. : parce que j’aime bien les blagues. Défendre quoi ? La culture à l’heure du multiculturalisme ou métissage culturel – encore mieux – triomphant ? L’économie et les finances à l’heure de la globalisation avancée ? Le territoire quand toute personne qui met les pieds dans l’UE est inexpulsable ? (chut, dites pas ça aux Chinois) Non, pas les institutions de l’UE? … c’est une plaisanterie. Alors il y a un coup fourré. Trouvez lequel….même argument que pour l’abandon du franc, la disparition de la …?)

Autres causes : le sauvetage de l’euro, l’aide humanitaire, l’intérêt d’un parti, les médias et organes de presse (qui font du détournement d’argent public) et qui sont à sauver etc Tout est de notre faute, et si c’est de notre faute il ne faut pas regarder ailleurs.

Ce sera comme cela tant que l’on pourra compter sur la population pour réparer ou payer les dégâts. C’est de vous que dépendent la paix dans le monde, la résolution des problèmes du monde, la réduction de la dette, la survie de certains, le sort de l’UE, etc Vous avez épousé ces causes, vous devrez accepter tout ce qu’on vous demandera pour elles, même si vous n’êtes pour rien dans les problèmes qui se présentent.

On devrait bien faire attention avant d’embrasser une cause, il s’agit de savoir ce qu’on nous demandera pour la défendre, à quoi on s’engage, et si ceux qui compteront sur nous sont bien légitimes à le faire.

A quelles conditions une cause peut-elle exister et être défendue ? La réponse dans l’article précédent. Il faut que chacun pense automatiquement à l’idée que tout le monde se fait de la cause. Il faut que chacun croit que les autres soutiennent cette cause. Il faut que pour chacun, la cause soit celle de tout le monde. Ma façon de penser, c’est la façon de penser en vigueur. Ce qui caractérise une cause, c’est le fait que son sens, sa signification, son importance sont à chercher hors de soi, dans la collectivité, le groupe, ou la communauté.Ainsi, la réflexion, la connaissance sont congédiées. Quand il s’agit du réchauffement climatique, on doit pouvoir compter que c’est un enjeu pour les autres, quand c’est l’accueil des migrants, on doit pouvoir compter que c’est un enjeu pour les autres. C‘est le discours ambiant qui donne son sens à ces sujets, le sens auquel on aura recours. On pourrait, avouez-le, se demander ce que l’on sait vraiment de ces sujets, et ce qu’on désire vraiment soi-même, et quelle responsabilité on se reconnaît. Mais non, rien de tout ça. On se joint à la supposée pensée collective D’où l’empressement des médias et des sondeurs à nous mettre sans arrêt sous le nez de supposés opinions générales. Cela ne peut que nous influencer. C’est toujours une affaire d’imagination, parce que ce consensus n’existe pas. Pas besoin de gratter longtemps pour le découvrir.

Par exemple l’espoir, si cher à ce monstrueux christianisme, suppose la participation des autres, la bonne volonté des autres, les bonnes intentions des autres. C’est l’espoir de ce que peuvent nous apporter Dieu, le monde le groupe etc L’espoir ne résiste pas dans un milieu franchement hostile.. La cause commence à exister et à recueillir des adhérents quand elle joue le rôle d’un prêt à penser, d’un signe de reconnaissance.

On compte alors secrètement, automatiquement sur ce que doivent penser les autres, pour essayer de nous y conformer ? Toujours le même principe : ce n’est pas à notre avis sur la question que l’on pense, c’est à l’avis qui court. Qu’est-ce que le réchauffement climatique, l’égalité homme-femme, l’aide humanitaire, l’accueil des migrants, la réduction de la dette, la réforme de la France, le progrès, rien d’autre que l’idée que l’on se fait de l’opinion des autres.

Notre besoin plus ou moins important d’être dans la norme, d’être comme il faut, d’être accepté, reconnu, aimé par les autres, de faire partie d’une collectivité ou d’un groupe nous fait imaginer que ce groupe, cette collectivité existe, et qu’il existe un consensus, une communion d’esprit qui s’exprime à travers des mots, des signes divers. Le besoin n’est pas de savoir, il est de coller. . Les jugements, tout particulièrement, ont besoin d’être ceux de tout le monde. C’est l’occasion soit d’en produire qui soient conformes, soit d’en épouser pour être accepté. Les jugements ne sont que cela : c’est un usage, c’est la collectivité qui leur donne leurs lettres de noblesse. Tout jugement a besoin d’être l’expression de la collectivité. Sinon, il ne vaut plus rien. En faire une opinion purement personnelle lui enlève toute sa puissance. Juger, c’est revendiquer son appartenance à un groupe et il suffit de le faire croire. Mais à propos de ce qui est jugé, on ne se demande pas : qu’est-ce que j’en sais , qu’est-ce que je désire vraiment, en quoi suis-je impliqué ? Mais non, ce serait se soustraire à la sorte de fusion, de communion dans laquelle on se plonge.

Les concepts de valeur répétés, chéris passent pour recueillir l’adhésion de tout le monde. Leur importance, c’est l’importance que l’on croit que les autres leur donnent. Quand on en parle, c’est par référence à ce qu’en disent les autres, pas pour exprimer un savoir. C’est comme des causes qu’un certain nombre de gens soi-disant légitimes nous ont fait embrasser.

A contrario, l’absence de désir de faire partie de la collectivité et de lui plaire a pour conséquence la disparition de la croyance en un sens collectif .

Entre se fondre et exister individuellement, il faut choisir. Ceux qui se laissent captiver par de grands mots vagues, des niaiseries du genre : la paix oui, la guerre, non, la patriotisme oui, le nationalisme non, ont choisi. (qu’est-ce que le patriotisme sans la nation , Un prétexte pour tuer des Syriens, des Afghans, des Maliens au nom de la démocratie, de la liberté ou des droits de l’homme ? )

Combien de temps dure le supposé soutien collectif aux idées, aux concepts, aux valeurs quand on commence à redescendre sur terre ? Ce genre de discours est vraiment la manifestation éclatante que l’on prétend faire allusion au consensus, au sens que tout le monde donne aux mots employés.

Les mots qui semblent recueillir l’adhésion de tout le monde, exprimer l’opinion de tout le monde (quand on se borne à rêver et qu’on de cherche pas plus loin) sont aussi des généralités, c’est à dire qu’ils sont utilisés par tout le monde pour désigner tout le monde. De cette manière, la généralité un peu vague semble prendre vie. Et c’est très puissant. « 13 novembre. 3 ans après, quelle place pour la mémoire dans le quartier du Bataclan » (FC) Bien sûr, mémoire ici ne signifie pas simplement : ne pas avoir oublié les événements. Cela signifie bien plus. (hommage + peine + pensée etc) Ce mot « mémoire » est utilisé par tout le monde et désigne tout le monde. (comme si tout le monde l’utilisait dans le même sens) et il faudrait qu’il existe un investissement commun du souvenir auquel chacun puisse faire référence. De quoi organiser des cérémonies où tout le monde communiera dans le même esprit, en ne sachant rien d’autre que ce qui s’est dit et écrit à ce sujet. Le mot existe comme occasion d’imaginer, de rêver, de s’émouvoir.

cowb

https://youtu.be/gjUuri84-jk?t=1260

 

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