LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

20 février, 2019

LA PAROLE LIBEREE

Classé dans : Spontaneite — inconnaissance @ 15:14

Les culs-bénis convaincus voire militants refusent l’espèce humaine telle qu’elle est, ils la veulent sainte, sans défauts. Ils refoulent, répriment, rejettent leurs propres désirs et leurs propres sentiments s’ils ne sont pas assez saints. Ils se recroquevillent sur ceux qu’ils ont réussi à sauver. Ils ressemblent à la description de Jacques BREL : « elles vieillissent d’autant plus vite qu’elles confondent l’amour et l’eau bénite…..bigotes qui préfèrent se ratatiner « de pieux désirs en bons sentiments. Ils ont une parole qui va avec. C’est que le jugement de Dieu approche et ils veulent aller au Paradis. En attendant, ils font leur devoir scrupuleusement et surveillent leurs paroles, préférant s’en tenir aux paroles convenues. Et ils ont raison puisque le langage est un instrument de transformation comme le dit Paul VALERY ou comme le sait n’importe quel nominaliste. (Ne serait-ce que parce que les mots généralisent et que les jugements associés aux mots jugent ces généralisations. Alors si influence il y a…) Si c’est la transformation d’une façon de penser, des mœurs, de la société, cela fait des vagues.

Il est beaucoup plus facile de faire un tri dans le passé, de se forger une mémoire sélective, que de faire un tri dans le présent. Le présent, c’est la spontanéité, c’est la réaction à l’imprévisible, à l’incontrôlable. .Je conseille fortement aux culs-bénis invétérés de ne pas écouter de musique, ou alors, s’ils le font, de s’en tenir à une écoute superficielle ou intellectuelle ou conforme au discours établi, ou d’écouter toujours la même chose. .

La musique nous plonge dans une autre temporalité disais-je. Cela signifie qu’on ne vit plus au rythme de ses pensées et des tracas qu’elles véhiculent, mais au rythme du temps physique et des micro ou mini ou macro émotions et sensations qu’il scande. Là c’est assez bien décomposé et compréhensible :

https://youtu.be/oI48vPIwMos?t=410

Les éléments sont assez détachés pour exprimer d’abord la circonspection,, des sentiments contenus, un fond de tristesse, de regret. Ce qui était intérieur avec le piano s’extériorise et s’affirme avec le violon. Les montées expriment ce qui monte du fond de soi. Les insistances montrent qu‘on n’a pas renoncé. En creusant un peu, on peut relier cela à des séquences dans les relations où les échanges ressemblaient à cela. Faites comme si tout cela sortait de vous, avec, pratiquement, les mots au bord des lèvres. .

C’est ce qui explique, selon moi, qu’on peut avoir été quelque peu ennuyé par un morceau qu’on a écouté, et en être nostalgique, quand même, après,.. On regrette cette temporalité qu’elle avait su créer. La pensée vient du passé, ce sont des idées, des événements, des connaissances du passé. La musique nous ramène au présent, à la spontanéité.

Donc une mémoire sélective, une mémoire faite pour se donner bonne conscience ou pour choisir les fautes que l’on veut. Repentance pour ceci, mais pas pour cela. La repentance aussi est une valeur qui peut permettre de recouvrer une dignité morale (voir les repentances à répétition de l’Eglise ou des coupables dans les affaires de pédophilie) C’est valable pour les individus comme pour les Etats. .

Des devoirs donc. Mettez quelque chose ou quelqu’un ou acceptez que l’on mette quelque chose ou quelqu’un au-dessus de vous, et vous vous retrouvez avec un devoir.

Moeurs et déterminismes. Les mœurs évoluent, les déterminismes aussi. Il y a quelques dizaines d’années,le mariage était quelque chose d’important socialement. C’était une institution respectable et on lui consacrait sa vie au prix de certains sacrifices. Sa sauvegarde passait avant les désirs et opinions personnels. Bref, on faisait de sa réussite, de sa sauvegarde, une priorité. Ce qui comptait, c’était le bien de l’institution « mariage » Cette idée et la valeur qu’on lui accordait déterminait notre comportement, nos décisions. Déterminismes inconscients.

mariag

Aujourd’hui, le mariage n’a plus cette aura ou cette valeur, et on se comporte différemment. Changement de décors à ce sujet. Ce qui doit inspirer notre respect, c’est la diversité croissante des mœurs.

Ceux qu’on a gravement condamnés autrefois parce qu’ils ne respectaient pas cette institution, ne le seraient pas aujourd’hui. Il en va de même pour bien d’autres institutions. Et il n’y a aucune raison de penser que les institutions politiques soient d’un genre différent et tiennent leur caractère du ciel. Pas la peine de se crisper. Ce que je dis pour le mariage est valable pour n’importe quelle idée dont on a fait une institution, une valeur sociale fondamentale. Ce que je dis du déterminisme de l’un est valable pour les déterminismes des autres.

En tout cas, cela devrait nous apprendre que l’on consacre assez souvent sa vie à la réussite, au progrès, de certaines causes, de certaines institutions, de certaines valeurs, sans que ce soit les nôtres, sans que l’on sache pourquoi on le fait, sans que l’on se rebelle contre la peine ou les malheurs que nous apportent l’échec de ces institutions. auxquelles on s’est identifié.. Hier, un divorce était honteux, aujourd’hui non. Hier, honte aux « filles mères » aujourd’hui on n’en est quand même plus là. Mais d’autres valeurs fondamentales, d’autres institutions ont pris le relais. Elles seront demain, caduques.

C’est normal, tout cela ne dépend pas du ciel. Tout est culturel. C’est le produit d’une société donnée à une époque donnée. La parole libérée, décriée aujourd’hui, ne le sera plus demain.

L’autorité morale, autre institution toujours très opérante. On peut comprendre que quelqu’un fasse autorité dans un domaine parce qu’il a plus de connaissances et de compétences que les autres, mais l’autorité sur la vie des hommes est une aberration.

Seul un peuple est habilité à se donner des lois, à choisir les lois qu’il respectera. Au lieu que là, on a le pouvoir d’un seul qui invente, crée, modifie, annule des lois selon son humeur, son désir, sa volonté, ses goûts. Il peut prendre de l’argent à ceux-ci (qu’est-ce que ça peut foutre qu’ils soient déjà à la peine, ils sont sans défense. Il suffit de se prévaloir d’un devoir à la mode, tiens l’écologie) pour le donner à ceux-là (déjà nantis) , car tel est son bon plaisir. Il n’a pas de compte à rendre sur le plan moral . En effet ,,celui qui crée la loi est au-dessus de la loi (au sens au moins de plus grand que) parce que le créateur est toujours plus que sa création. (alors qu’un peuple ne peut pas être plus grand que lui-même) Il est au-dessus du peuple. Quoi que fasse, quoi que décide quelqu’un que l’on considère comme la suprême autorité morale, c’est bien. Le bien est le bien d’une culture. Celui qui a autorité sur une culture ou une société, représente le bien. Il peut demander n’importe quoi. Il ne perd son pouvoir qu’à partir du moment ou le peuple ne le considère plus comme une autorité morale. (voir comment on appelait Marie-Antoinette avant la Révolution : catin entre autres )

A une parole libérée mais sincère, les gardiens du temple préféreront toujours une parole respectueuse et hypocrite. Ce que cette parole libérée exprime, c’est moins le contenu de ce qu’il y a dans l’âme, que la force des affects qui s’y trouvent. Bien sûr, les gens du système vont en faire un système et ce système n’est pas tenable. Mais on sait bien qu’il n’est pas question de cela. SARKOZY n’aurait jamais accroché D. de VILLEPIN à un croc de boucher.

En période de crise morale et de désordre social comme aujourd’hui, le moindre mot de travers, et les gens du système, les parasites,  pissent dans leur froc. Ils sont déjà très nerveux.

Et vous voudriez que je fasse comme si ce n’était pas vrai, que je pleure aujourd‘hui, alors que je sourirai demain, uniquement pour faire plaisir à l’ordre établi actuel , aux mœurs actuelles Et vous voudriez cela, justement au moment où on a entrepris de liquider tout ce qui ressemble à une communauté nationale, une histoire nationale, en vue d’instaurer un foutoir pas possible ? Il faudrait passer aux oubliettes telle valeur mais se lever pour défendre telle autre ? Et demain, ce sera quoi, quelle mode nouvelle sortie des cartons des bonimenteurs ? A quel croisement culturel ou lobbyiste ou communautariste doit-on s’attendre ?

https://youtu.be/3hKgEylk8ks?t=87

En toute logique, cette désintégration devrait toucher tout le monde, tous les secteurs, la société du haut en bas. Précarité pour tout le monde, y compris pour les plus hautes institutions et les postes prestigieux. Plus rien de sacré. Rien. C’est l’égalité. Main non, il y a des choses sacrées auxquelles on ne doit pas toucher, et d’autres qui sont promises à la destruction.

Les freins à la spontanéité, à la libération de la parole .

On attend des idées auxquelles on croit, que l’on sert, qu’elles remplissent notre vie, qu’elles lui donnent une épaisseur, cette vie dont on ne saura jamais pourquoi elle existe. Cette existence dont l’existence, pour le moins, nous interroge. On cherche des moyens d’avancer, de faire quelque chose qui ait un sens, et en faisant cela, automatiquement, on fait appel aux idées déjà là. Le passé nous donne des solutions. .C’est ainsi que l’on fonctionne quand on pense, agit, décide. Le dialogue intérieur n’est rien d’autre que l’expression de ce besoin d’une altérité, qui servirait de référent. On est en quête de vérités objectives stables, C’est parfaitement conditionné, pour la créativité ou le neuf, vous repasserez.

Ce qui gâche la vie, ce qui tue notre joie de vivre, c’est de vouloir avoir une bonne raison d’agir. On ne croit pas être convenable si on ne s’en remet pas à des raisons qui, à coup sûr, ne sont pas vraiment les nôtres et qui ne seraient pas issues de vérités collectives. Mais quand on fait cela, à tous les coups, notre créativité en prend un coup, notre liberté aussi. Ce n’est pas parce que l’on fait quelque chose sans raison, sans justification, que c’est mal. Cela répond sans doute à un besoin que l’on ne connaît pas. Comment pourrions-nous vivre si nous devions, à chaque instant, être conscient des raisons de notre action ou de notre comportement ? .

On ploie sous le poids de tous ces devoirs que l’on a contractés par affection pour les autres et pour être intégré dans ce monde. Autre voie possible : ne se sentir engagé, attendu par aucune valeur établie, n’avoir aucun devoir. Le genre de devoirs, le nombre des devoirs dépendent du type de société dans laquelle on vit ou au nom de laquelle on a été éduqué. Il faudrait faire un audit.

https://www.youtube.com/watch?v=um4CMBK12J0

P.S. Faut-il envoyer tous les grands penseurs, tous les grands intellectuels au bûcher ? La question se pose sérieusement parce que, érudition et patrimoine obligent, ils se réclament tous de certains grands écrivains du passé. Or, quand on fouille un peu dans la vie et les oeuvres de ces lumières d’autrefois, on s’aperçoit qu’ils sont tous coupables de quelque sympathie pour des courants de pensée aujourd’hui honnis. (exemple : ONFRAY-PROUDHON et l’antisémitisme) Si ces grands du passé vivaient aujourd’hui, ils seraient condamnés. Donc je m’interroge. Moi qui, tout en citant certains penseurs, ne me réclame d’aucun – étant  assez grand pour haïr une idéologie tout seul sans utiliser les ismes courants : fascisme, nazisme, antisémitisme, stalinisme, négationnisme, salafisme, racisme, pétainisme, extrémisme, colonialisme etc -  je m’en amuse. 

 

Pas de commentaire »

Pas encore de commentaire.

Flux RSS des commentaires de cet article.

Laisser un commentaire

CGT-Energie Anjou 49 |
Bella et le syndrôme " BALBOA" |
Jeunes dans la ville |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Pensée..!?
| targuist
| Gabon, Environnement, Touri...