LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

10 mars, 2019

LE DERNIER JUGEMENT

Classé dans : Morale — inconnaissance @ 20:28

Peut-on agir sans se dire que c’est bien ou sans s’occuper de savoir si c’est bien ou mal  ? Dans la raison à laquelle on se range la pensée du bien doit-elle toujours être présente ? C’est la question pour vous rendre perplexe.

Faire le bien, parfois est une obsession. B.A. C’est très souvent un souci. Différents cas.

On peut se contenter du sentiment de bien faire ou de faire le bien. On peut avoir besoin de vérifier ou qu’on nous dise qu’on a fait le bien. On peut être obsédé, hanté par le besoin de trouver du bien à faire. On peut être extrêmement susceptible au sujet du bien que l’on pense avoir fait. La question d’être bien ou de faire le bien peut être au coeur, au centre de notre vie. On peut ne vivre, ne penser que sous l’emprise de ce besoin de faire le bien et ne pas pouvoir se passer de la certitude d’avoir fait le bien. Bref ! Dans quel cas sommes-nous ? Cela dépend des circonstances, des situations, des cas ? Quelle autre raison nous détermine la plupart du temps dans la mesure où nous subissons constamment la pression affective, psychologique, morale de tout l’entourage ?

L’idée du bien est intimement liée à la conscience de soi. (bonne conscience, ma conscience pour moi) Il est difficile de séparer les deux, comme si être conscient de soi, d’exister, de ce qu’on fait consistait essentiellement à être conscient du bien. Il n’y a que dans le sommeil ou la pure spontanéité qu’il n’en est pas ainsi. (ou la folie pas douce) Et d’un autre côté, qui dit conscience de soi, dit conscience des autres. (soi-pas soi) Le bien, ce sont aussi les autres, c’est autrui, c’est le prétendu intérêt général. On n’a pas le sentiment de faire le bien quand on se fait du bien. On est plus libre de ce souci de faire le bien quand on est seul et qu’on est occupé. Mais cela veut dire que si la pensée du bien nous hante, nous taraude, on est esclave des autres. (les autres nous hantent, nous taraudent)

Conscience de soi/autrui : cela porte un nom : le moi, le personnage social , l’être au monde. C’est lui seul qui est concerné. Il s’est identifié à la société, aux autres en général. La nature est amorale, la spontanéité est innocente, le plaisir est naturel ..

Les affres de notre conscience morale témoignent simplement de notre dépendance à la société. (C’est sûr que ça complique) Ainsi, l’idée du bien peut nous faire beaucoup de mal. Mais on a dit que cela ne comptait pas. Dans l’intérêt général , on n’est pas inclus. L’individuel, le particulier, le singulier, c’est bas ! …Le général, le collectif, c’est B.A.

Mais peut-on faire le bien sans concevoir un modèle de société et agir pour lui. Le bien que l’on conçoit découle de la vision du monde que l’on s’est forgée, c’est une pensée conditionnée que l’on projette sur le monde. C’est comme pour la tentation au Jardin d’Eden, souvent, le bien est préempté par ceux qui sont en position de formuler leurs conditions comme on pose la première pierre à un édifice. Après tout s’enchaîne. Manger = mal Ne pas manger = bien. Voter pour untel = mal, voter pour untel = bien. Donner de l’argent = bien ; ne pas en donner = mal.

Plus subtilement, quelle sorte de sens donne-t-on aux liens, aux rapports, aux logiques, aux cohérences que l’on imagine entre les éléments du monde ? ( un décors ici, plusieurs personnes là, des gens dans un contexte ici) sinon un sens d’autorité que l’on nous a enseigné ? Quand les choses sont bien claires, telles que la société les conçoit, c’est évident  ( un patron dans son bureau, une queue à la poste) Bien faire, c’est s’inscrire docilement dans ce cadre.

Dans les médias, on trouve beaucoup de clash, de dérapages et de lignes jaunes. (Une vraie bd pour ados)

Mais de quel droit dessiner une ligne jaune là, de quel droit décide-t-on que ceci est un clahs et ceci un dérapage. Je peux aussi bien trouver que tout est normal. ( France culture, tout feu tout femme en ce 8 mars 2019 . les femmes ont-elles encore le droit de critiquer le féminisme, et les prostituées de défendre leur métier ? )

A celui qui décrète que ceci est un bien, ceci est mal, qui porte un jugement , on peut dire : dites-moi de quoi il s’agit, ne me dites pas ce que je dois en penser.

Les pensées ont ce rôle : nous indiquer du bien à faire, c’est pourquoi nous en avons besoin. Sans elles, il nous resterait deux solutions. Solution 1 : quêter auprès des autres les raisons nécessaires d’agir (ah l’obéissance !) Solution 2 : Consulter notre sentiment du moment, être à soi-même le référent

Pendant les événements de mai 68, il y avait un slogan : métro, boulot, dodo. La vie d’un bon citoyen bien policé peut devenir monotone. Quoi la vie, ce n’était que cela ?. On pouvait espérer plus grand. Traduction : j’aspirai à faire un plus grand bien. Servir de grandes causes, de grands projets, poursuivre de grands objectifs, pour qu’elle soit passionnante. Comme au cinéma ou dans certains livres quoi…Ou comme on se prend à rêver quand on entend un beau discours. 

Mais peut-on confondre les objectifs, les projets, les grands hommes, les valeurs de la société avec le bien ? On sert le plus souvent des organismes, des partis, des idées, des causes, des institutions , des leaders etc Combien de fois ne nous a-t-on pas reproché plus tard d’avoir fait quelque chose que tout le monde nous encourageait à faire à l’époque . On a besoin de jugements pour savoir ou se dire qu’on fait bien, qu’on fait le bien. Ce besoin étant impérieux, on ne cherche pas trop à savoir si les jugements sont justes, fondés. Pourrait-on le savoir ? On ne sait pas si tout cela sera utile, bénéfique puisqu’il est convenu, admis, que l’on doit s’abstraire, ne pas se prendre comme sujet d’expérience. Donc on ne sait pas. On croit. Croire et s’abstraire, c’est la même chose. Les pieds sur terre, enraciné en soi, on ne croit pas.

Même des sujets sérieux comme la physique quantique, appréhendés déjà par le grand public mais pas que , devient une autre conception du monde. Une croyance. Et pour certains ce sont des particules alimentaires.

Même les partis-pris les plus subjectifs ( j’adaaoare!) cachent une raison plus idéologique ou morale, quelque chose qui a une dimension collective, du général. C’est l’objectivation d’une valeur qui satisfait le besoin de se dire qu’on est bien. Tant que c’est comme cela, l’idée du bien est ce qui anime la conscience de soi. Le subjectif pur est rare. L’idée du bien est indissociable d’une préférence pour un modèle de société. En cela, elle est arbitraire.

Le bien depuis toujours, est une idée problématique. Si on ne peut pas compter sur la satisfaction de demandes précises de la part de ce qui fonctionne comme une autorité (ne pas manger du fruit de l’arbre, faire usage de mots courtois, respect des lois – 1 oui, 0 non) on ne sait jamais si on est bien, si on a fait le bien . Le bien moral, spirituel, métaphysique est un sujet de recherche et de pensée inlassable. Si la conscience de soi se confond avec la conscience de ce bien, c’est notre propre personne qui devient un problème .On a trouvé un truc pour se gâcher la vie et ce sera dommageable. Conscience de soi perpétuellement inquiète, et ce d’autant plus qu’il n’y a pas de rapport entre notre questionnement existentiel (dans quel état j’erre?) et les demandes de la société. Ô mon dieu, que j’ai du mal à faire le bien ! Elle pose des questions, à travers des jugements ou pas, mais elle n’a pas la réponse. Il est inutile de la chercher puisque c’est le fruit d’une question gratuite et oiseuse.

Inquiétude métaphysique : https://youtu.be/6bAYlnJlNG0?t=1

Les demandes, les jugements, les valeurs peuvent ainsi se présenter comme un modèle d’être. On n’y prend pas garde, et pourtant on accepte, on supporte des gens qui se comportent avec nous comme des autorités morales auto-proclaméesou officielles -genre saints prélats catholiques ou politiques exemplaires -et qui passent leur temps à interpeller notre conscience. Là où ça fait toujours mal. Le moyen sûr et efficace de nous mettre mal à l’aise. C’est vicieux parce que c’est un moyen d’avoir du pouvoir sur nous. ( conscience morale touchée mais pas coulée ) Ben oui parce que bien malin qui est sûr de la réponse donnée à un problème moral d’envergure. On est fatigué par tous ces trous du cul qui se prennent pour la conscience morale de leur époque.

Seul moyen d’être immunisé : ne vouloir ni bien ni mal avoir une conscience de soi dépourvue de ces questions. Indifférent au bien ou au mal présent dans tout jugement. C’est possible puisque c’est juste le produit d’une éducation. D’ailleurs, c’est parce que vous avez accordé beaucoup d’importance à ceux qui vous ont dit que tel idéal était capital que vous l’avez adopté, vous auriez pu accorder beaucoup d’importance à un idéal que vous auriez choisi vous-même, de quelque nature ou genre qu’il soit (même dirigé vers vous : artistique, art de vivre ou autre) cela aurait fonctionné de la même façon.

Le bien comme substance de la conscience de soi ? C’est comme si notre simple existence, le fait que nous soyons là sans que nous y soyons pour rien, avaient besoin de justification. Faire son job et faire attention à son entourage ne suffit pas. Personne ne sait ce qu’est la vie, n’est-il pas insensé de vouloir qu’elle soit ceci ou cela, comme ceci ou comme cela ?

Ne vouloir ni le bien ni le mal, est donc un super challenge. C’est un prisme qui disparaît.

Non, nous n’avons certes pas de justification à fournir pour exister, ce serait bien le comble alors ! Autant demander à un otage de justifier sa présence dans une geôle. Non, ce n’est pas parce que nous savons ou pouvons trouver du plaisir ou de la joie dans l’existence que nous devons quelque chose . Nous ne le devons qu’à notre capacité à les éprouver et à la nature d’un monde que nous n’avons pas inventé. Non, nous n’avons rien à voir, initialement, avec les systèmes de pensée ou les cultures dont découle tout ce qu’on appelle : le bien. Non, la conscience de soi n’a nul besoin d’être liée à l’idée d’un bien, loin de se gâter, elle s’améliore au contraire . Il n’y a que les idéologues qui s’en plaindront.

Allons nous promener. Il suffit de passer le pont et la nature s’offre à nous. Ce petit chemin sent la noisette. Doucement. Nous avons le temps. Comme il est doux de badiner quand tout s’agite derrière nous. Doucement. Ecoute.

https://youtu.be/Aw4kMpi9B1I?t=672

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