LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

19 avril, 2019

NULLEMENT NECESSAIRE

Classé dans : Necessite — inconnaissance @ 14:14

Quelle légitimité a-t-on de parler de l’avenir, de le prévoir ? Y-a-t-il correspondance, adéquation entre la façon que l’on a de parler de l’avenir et le degré de probabilité que cet avenir prévu se réalise ? Des phrases du quotidien comme : « tu vas prendre froid » ou « ça va encore nous tomber dessus » ou « il n’est pas du genre à «  montrent assez combien on est léger ou présomptueux. Qu’avons-nous fait toute notre existence ? Nous avons espéré, envisagé, supposé, rêvé, prévu, cru. Sur quelles bases ? Qu’avons-nous connu toute notre existence ? Des parents, des éducateurs ou des maîtres, des religieux, des patrons, des moralistes, des politiques qui nous faisaient des promesses, qui nous faisaient miroiter des choses.

Aujourd’hui, après toutes ces années de vie d’adulte, on a, sans se l’avouer, le sentiment bien enraciné que la vie ne tient pas ses promesses. Qui n’est pas désenchanté, désabusé ? Mais ce n’est pas la vie qui ne tient pas ses promesses, ce sont les promesses que l’on nous a faites qui ne se réalisent pas. La marchandise n’est pas livrée et pourtant on a payé. Et des promesses non tenues dans lesquelles on a cru sont désolantes, affligeantes.

Il y a de nombreuses façons de nous faire espérer des choses sans le dire explicitement

Tout ce que l’on nous dit, nous fait comprendre, qui nous permet de nous projeter dans l’avenir en mieux, en plus heureux, en plus grand etc est une promesse. Quelqu’un parle ou écrit et nous donne l’occasion de nous projeter. Cette occasion découlait de ce qui était dit ou écrit.

Nous sommes bien disposés à son égard ou, mieux encore, on a confiance en lui. On est bien disposé à l’égard de ce moment de l’existence. On éprouve même de la gratitude. Et , sans que nous en soyons conscient sans doute, un sentiment de manque, d’insuffisance nous taraude. C’est parti. La vie est envisagée sous l’angle de cette promesse qui se réalisera. Notre confiance, notre candeur voire notre naïveté, notre optimisme, notre générosité, supplantent complètement le doute qui pourrait nous venir sur la faisabilité de la chose, l’efficacité du moyen que l’on nous propose ; (qu’il s’agisse d’une qualité religieuse, morale ou psychologique à acquérir, d’un sentiment à avoir, d’une sagesse ou philosophie à embrasser, d’un groupe à rejoindre, etc)

Si on faisait le compte de tout ce en quoi on a cru, de tout ce dont on a attendu quelque chose, et en regard, de tout ce qu’on a obtenu de cette manière, on serait certainement catastrophé.

On ne veut pas renoncer aux promesses en tous genres qu’on nous a faites, à tout ce qu’on nous a raconté, parce que cela a donné un sens à notre vie, à notre existence personnelle qui n’en avait pas. Le but crée le sens. D’abord une direction, puis une raison de vivre. Cela signifie que si on cessait complètement de croire que notre vie a un sens, vraiment, la croyance en ces promesses n’aurait plus lieu d’être. Mais ce n’est pas envisagé. Et pourtant

Deux personnes ont copulé, elles ont fait un enfant, c’était vous, c’était moi. L’auraient-elles fait une minute plus tard, un autre enfant aurait pris notre place. L’existence de ce que vous êtes, de ce que je suis n’est nullement nécessaire. Elle ne s’inscrit dans aucun dessein, c’est la conséquence du hasard. Vouloir que soi, ait un sens est ridicule. Quel sens voulez-vous donc donner au numéro qui sort dans un tirage du loto ? Il y a beaucoup trop de tirages du loto en Afrique. 

Ensuite, stimuli-réactions. stimuli-réactions. La réponse se forme et se déclenche dans notre esprit avant que nous en ayons conscience. Et ce travail fournit même l’idée d’un soi décideur qui collera parfaitement avec la réponse qui sera donnée, c’est à dire avec le choix qu’on aura cru faire. En nous appliquant un traitement approprié, on nous fait devenir autre chose. De toute façon, c’est la vie et ses aléas qui nous font devenir ce que nous devenons. La vie et ses aléas, une question de hasard.  

Deux personnes font un enfant. Il se trouve que ces deux personnes se haïssent elles-mêmes à un point inimaginable. Elles reportent leur haine sur leur enfant ou elles lui font subir un équivalent de ce qu’on leur a fait subir au nom du bien. Et comme elles n’ont pas remis en cause ce bien, elles ne savent pas faire autrement. Cet enfant va mourir sous leurs coups. Fin de la séquence. Il ne pouvait leur échapper. Un autre enfant aurait subi le même sort. Nécessité ?  

Oui, on peut se connaître assez pour donner un sens à notre comportement. Mais notre existence, à nous personnellement, n’est pas nécessaire, donc elle n’a pas de sens. Puisque….. 

L’existence d’une culture ou d’une société donnée n’est pas nécessaire non plus. Elle est le fruit du hasard, des événements divers et variés, inattendus l’ont menées là où elle est. En tant que telle, on l’a vu, elle n’existe pas. Elle n’est que l’ensemble des réactions des gens qui la composent, certains ayant plus de poids que d’autres. .Vous cherchez, vous regardez partout, dans l’espoir de lire ce sens dans le monde qui vous entoure. En vain.

Des parents ou des enseignants font la morale à un enfant. Ce faisant, ils répètent ce qu’on leur a appris, ils ont un comportement conditionné qui veut que telle leçon doit être donnée à un enfant dans tel cas (stimulus-réaction) , et en même temps ils lui suggèrent l’idée qu’il a quelque chose à gagner en prenant ces qualités morales comme objectifs. Ils lui font croire qu’ils connaissent le sens de la vie.

En réalité, cet enfant a infiniment moins de défauts, il est bien plus pur et moral que les adultes qui lui font la leçon. Il a affaire à des automates lourdement programmés et il ne le sait pas.

Des enseignants qui essaient de former des types de citoyens donnés sont des crétins puisqu’ils pourrissent la vie des gosses en faisant de conceptions en cours et anecdotiques de la citoyenneté, venues entre autres d’un gouvernement donné et passager, l’objet d’une promesse qui ne sera pas tenue et dont personne ne répondra.Les enfants ne sont pas à l’école pour jouer aux gentils animateurs.

Une société fait la leçon à la population en lui enjoignant de se comporter comme ceci et comme cela. Cette leçon est la façon dont elle réagit, l’expression de son besoin. En réalité, elle ne s’engage pas, et les promesses qu’elle semble faire n’engagent que ceux qui les écoutent.

Le malheur, la souffrance, sont absurdes. On met en prison ceux qui commettent des délits pour assurer la sécurité de la population, on devrait en faire autant avec ceux qui répandent le malheur et la souffrance..  

Les hommes, surtout, adorent passer pour des autorités, comme s’ils connaissaient le sens de la vie. De sacrés baratineurs. Ils se sont identifiés à la société ou à un modèle de société. Ils se sont auto missionnés défenseurs et promoteurs de cette société ; cela veut dire que le sens de la vie ne leur serait pas inconnu. Ce sont des plaies ou des agités du bocal..  

Notre existence tout entière , à nous personnellement, n’est pas nécessaire, donc elle n’a pas de sens puisque même le sens que l’on peut donner à notreortement quand on se connaît assez est entièrement fonction de la société et du milieu dans lesquels on tombe et dont l’existence n’a pas de sens..

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