LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

10 mai, 2019

SUR CETTE PIERRE

Classé dans : fantasme — inconnaissance @ 11:47

Si nous ne recherchions pas toujours, de toutes les façons, notre bien, notre bonheur, nous ne nous soucierions pas à ce point de bien apprendre tout ce qui est nécessaire pour bien fonctionner en société et être accepté par elle. Si le principe de plaisir n’était pas, en fait, le principe de réalité (et le principe de réalité, le principe d’irréalité), la société n’aurait aucun pouvoir sur nous et ne pourrait pas vendre ses illusions comme des vérités.

Tout n’est qu’une question de temporalité. Il suffit de voir ce qu’il se passe depuis la prime enfance jusqu’à la vieillesse. Le petit enfant veut être satisfait maintenant. Sur le champ. Et bon nombre de personnes âgées ne mettent plus leur espoir que dans un avenir qui ne leur appartient plus. On n’apprend pas seulement à différer, ce qui est tout à fait réaliste et souhaitable, mais aussi à conditionner. Et tout le problème, c’est justement la nature de ces conditions.

Il y a une énorme différence entre : tu n’auras les cadeaux du Père-Noël que le 25, après son passage, et tu n’auras les cadeaux du re-Noël que si tu es sage.Les adultes ont appris à se plier à cette deuxième sorte de mise à distance.

Il y a ceux qui profitent de toutes les occasions qui leur sont offertes pour prendre du plaisir, (sans nuire à personne) il y a ceux qui font ce qu’il faut, avec leurs propres moyens, pour obtenir les sources de satisfaction qu’ils désirent, et il y a ceux qui acceptent de satisfaire les conditions que d’autres prévoient pour obtenir quelque plaisir, il y a ceux qui tirent leur plaisir de l’opinion que les autres auront sur eux, il y a ceux dont le plaisir dépend du plaisir qu’ils procurent aux autres, il y a ceux qui comptent sur la satisfaction future des désirs de tout le groupe pour pouvoir en bénéficier, et il y a ceux qui font ce qu’il faut pour obtenir la félicité promise au paradis. Plaisir que l’on obtient en agissant ou plaisir différé et soumis à conditions ou plaisir tiré de la pensée que l’on mérite d’être récompensé selon les critères correspondants. De toute façon, qu’on le reconnaisse ou pas, c’est le plaisir que l’on recherche. Il y a juste qu’il faut développer en soi une montagne de raisonnements tortueux, de refoulements, d’hypocrisie pour refuser de l’admettre .

On est aidé sur la voie du déni de réalité par le fait que c’est une réalité qui ne dépend pas de notre choix, de notre bon vouloir. Donc, on peut toujours se dire : je…n’ai pas voulu. Mais qui est le vrai soi : le je ou sa nature fondamentale  (« Le désir est l’essence de l’homme »…vous savez qui a dit cela..)

Sur cette pierre, la pierre nommée déni de soi, hypocrisie, fausseté, ignorance, fourvoiement, la société a bâti son Eglise. Et cette Eglise s’appelle : fantasme. (C’est normal pour une Eglise)

Fantasme : attendre quelque chose sur la base d’une compréhension ou d’une connaissance erronée.

Raisons du fantasme. La première qui vient à l’esprit : prendre ses désirs pour des réalités, tout rapporter à eux. Ou alors désirer quelque chose ou quelqu’un à cause de la valeur, ou des qualités qu’on leur a attribuées. Oui, mais…peut-être nous a-t-on savamment laissé croire que notre désir serait réalisé. Il suffisait de le connaître. Peut-être que personne ne promet réellement, que c’est seulement un automate ou un perroquet qui parle. Peut-être que celui qui promet n’a pas l’intention ou pas la possibilité de tenir sa promesse (pas de maîtrise spéciale des conditions à réaliser) . Peut-être qu’on s’est mis à désirer quelque chose dont on nous a fait croire à l’existence alors que ce n’est pas le cas. Peut-être nous a-t-on inoculé ce désir pour mieux pouvoir nous diriger.

Tout est fait pour nous induire en erreur au sujet de nous-même et de la nature des hommes. La société ne vit que d’illusions. Le mariage a longtemps été considéré comme sacré par la religion et la société le tenait comme une des valeurs fondamentales. Il se trouve que cette idée ne correspond pas à ce que sont les hommes. Leurs sentiments, leurs désirs passent et changent. On ne peut pas changer la nature, elle peut seulement, dans certains cas, s’accommoder. Que de faux-semblants, de dénis de soi, de ruses etc n’a-t-on pas dû développer pour sauver coûte que coûte les apparences. Que de fantasmes sur ce qu’on a fait croire à l’autre, que de méprises concernant soi-même, que de fantasmes chez l’autre. On a pris son désir d’être honorable pour un désir de fidélité. On a confondu valeur des sentiments conjugaux et valeurs authentiques de nos sentiments. On a confondu approbation des autres et approbation de nos relations de couple.

Ce qui est vrai pour le mariage est vrai pour tout ce que la société a érigé en valeurs humaines générales. Ces créations de la culture auxquelles il a été donné une incontestable et objective valeur ne peuvent coller à la réalité des hommes.

Mais cela réussira plus tard, ..si…quand….et après tout l’intérêt de la société prime, l’intérêt de l’autre prime, et on ira au paradis après notre mort. Heureusement que la renonciation à la satisfaction de nos vrais désirs est quelque peu récompensée par quelques satisfactions sociales et quelque satisfaction d’amour-propre.

Mais à quel prix ?  

On ne voulait pas divorcer parce que c’était une honte, à cause du qu’en-dira-t-on. Mais soi-même, on est vu presque en permanence par un grand nombre de gens. On sait ce qu’il en est des jugements communs, des opinions répandues, des convenances, des modes, des conventions, des mœurs etc Les autres n’ont pas souvent besoin de nous les rappeler.  Nous les avons intériorisés. Et nous nous appliquons à montrer que nous sommes en conformité avec tout cela. Il faut cogiter pour cela. Est-ce que cela correspond, convient, rend service à notre nature ? Est-ce que la vérité fondamentale de notre être qui est la recherche de notre bien, de notre plaisir sont reconnus, par ces règles ou doit-on faire mine d’être quelqu’un d’autre comme un mari ou une femme qui jouent le rôle du parfait époux ou de la parfaite épouse en société  ? Lorsque les autres comprennent et reconnaissent notre comportement, ils voient non seulement notre corps, mais il ont aussi l’impression de nous voir à l’intérieur. Si notre comportement n’est pas celui attendu, s’ils ne le comprennent pas, ils voient bien notre corps , mais ils ne voient plus l’intérieur.

Soi-dit en passant, si on tient à vivre selon sa propre culture, ses propres traditions, ses propres croyances quand on arrive dans une autre culture, il ne faut pas se mélanger, s’intégrer dans la population d’origine, elle ne comprendrait pas , cela poserait des problèmes. Il faut rester entre soi, à part. Cependant, ce droit nouveau de conserver sa culture et ses modes de vie ne devrait pas être réservé à certaines catégories de population. Un droit, c’est un droit. C’est pour tout le monde. Multi, multi, multi… 

Est-ce que notre but est la sauvegarde d’une institution ou d’une société tout entière ?

Il faudrait que cette dernière paraisse être ce qu’elle est censée être de la même manière qu’un couple paraisse être ce qu’il est censé être  …grâce à nous. On peut passer toute sa vie à essayer de rendre crédibles, vraies des illusions, par habitude, par fidélité, par faiblesse, par résignation, par obéissance, par conformisme.

Un enfant qui vient au monde est le fruit du hasard,  pas l’effet d’un sens (c’est simplement une loi biologique impersonnelle et une loterie) . La société, le milieu dans lesquels il arrive sont aussi le fruit du hasard, le résultat d’un grand nombre d’événements, de paramètres inconnus et imprévisibles. Deux voitures se percutent à un carrefour, on ne va pas donner un sens particulier à cet événement qui aura des conséquences.(il y a juste que les conducteurs sont responsables de la même manière que ceux qui font un enfant sont ceux par qui un enfant est mis au monde) Qui sait comment seront le monde ou la France ou ses proches dans 10 ans. Toute sa vie, ce nouvel être va essayer de s’adapter à ce milieu et à ce monde. L’adaptation d’un individu de hasard à un monde de hasard ne peut pas être autre chose que provoquée par le hasard. C’est complètement absurde de vouloir donner un sens à un hasard (ces cogitations nécessaires dues au hasard n’ont pas un sens personnel ) absurde de vouloir que sa propre vie ait un sens personnel.

Cependant, puisque le principe de plaisir commande, rien ne peut nous motiver davantage que la perspective d’un mieux être. C’est le désir.

La société peut ainsi proposer des images, du rêve, des conditions, des objectifs sociaux, psychologiques moraux, spirituels censés apporter un mieux-être ; rien de tout cela ne remplit le contrat. C’était de l’ordre : tu auras les cadeaux du Père-Noël quand tu seras devenu sage. Aucune des promesses n’est tenue en ce sens que si on veut bien revenir à tout ce qu’on avait à l’esprit quand on les a crues, on s’aperçoit que c’était un fantasme. Il nous reste un plaisir volé, grappillé, détourné par-ci par-là quelque fois non sans éprouver de la culpabilité ;

Il y a la catégorie immense des moutons de Panurge qui transmettent, diffusent, propagent ces promesses , ces leurres sans en retirer d’avantages (parents, éducateurs) il y a ceux dont le discours est assez compatible avec ce grand charlatanisme, ce grand mensonge et, qui peuvent le diffuser à plus grande échelle soutenus par le système, et il y a ceux qui concoctent, mettent au point les promesses en question. Ils ont même peut-être la possibilité d’accroître notre mal être pour fortifier notre désir ou de nous empêcher par tous les moyens d’acquérir par nous-mêmes les moyens de notre mieux-être. . Mais si vous retirez ce point d’appui, ce ressort au monde et aux pensées – notre désir d’un mieux être – ou si vous refusez que la société donne un sens à votre désir, que lui reste-t-il ?  La force (la violence)

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