LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

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2 août, 2019

LE MOYEN POUR LA FIN

Classé dans : Essence — inconnaissance @ 20:29

Si vous avez lu le roman de Ayn Rand « La grève » (Atlas shrugged) vous savez que les créateurs de richesse, les créatifs des USA ont un jour décidé d’arrêter de jouer les vaches à lait et les boucs émissaires, et sont partis s’installer dans un lieu inconnu. Il s’en est suivi une déroute dans le pays socialisé.

C’est très actuel. Nous servons de vaches à lait (les richesses produite servent de moins en moins à la communauté nationale. Y a comme qui dirait de l’évasion fiscale. ) et de boucs émissaire. Il faut nous culpabiliser pour justifier les prochaines mesures de taxation et d’extorsion. (exemple l’écologie) Sauf que le socialisme-humaniste décrié de Rand a quelque peu changé de visage et que le contexte est différent. D’autre part, son roman devient vraiment fiction, invraisemblable quand elle décrit le monde où se sont réfugiés les grévistes. Si une grève devait être organisée à une grande échelle, elle devrait prendre une forme tout à fait nouvelle. Elle ne serait plus corporative, sectorielle, partielle. Il faudrait qu’elle s’appuie sur une vision du monde consensuelle. Elle pourrait commencer par la grève des essences de telle sorte que tous les beaux discours que l’on nous sert depuis si longtemps tombent à l’eau.

De quoi s’agit-il ? De les abandonner, de les ignorer purement et simplement de telle sorte qu’elles n’aient plus aucun pouvoir, aucun effet sur soi. Abandonner quoi exactement ?

On sait comment sont les imbéciles : à tout problème humain, ils répondent par une des solutions toutes faites que prévoit leur religion, leur morale ou leur psychologie. Il y a le cas, et la solution prévue. Champions en nosographie en quelque sorte. Ainsi, ils se donnent bonne conscience. (exemple : l’idée de justice est excellente quand on se plaint d’une injustice. Ou bien : il y a de la haine ? Il faut de l’amour) C’est pratique, c’est facile.

Ceux qui ne sont pas des imbéciles essaient de comprendre le problème particulier qui leur est posé, et suggèrent des remèdes qui en tiennent compte, en sachant que leur compréhension est limitée, et qu’ils ne sont pas sûrs du résultat, si bien qu’ils sont ouverts à la correction..

On met les individus dans des catégories qui ne sont rien d’autre que des créations du mental. On les classe. Le classement est une opération mentale. Puis on fait de ces catégories ou de ces classements des réalités a part entière, indépendantes des cerveaux qui les ont conçues, puis comme elles sont abstraites et qu’elles se prêtent très bien à ce jeu, on leur donne des qualités spirituelles et on en fait quelque chose de transcendant. C’est l’essence. Un service rendu dans des circonstances données, et en connaissance de cause, sera nommé, classé, deviendra moral ou spirituel, et acquerra une existence indépendante comme : la charité. Et on en fera un système, une solution générale toute faite pour les imbéciles.

Est-ce que, parce qu’on a mis certains félins dans la catégorie chat, cela confère, de ce fait, à ces félins une nature spéciale ? Est-ce que cela doit les conduire à se surpasser pour correspondre aux fantasmes qui sont venus s’accrocher à cette idée chat ? Non.

Est-ce qu’un tableau ou une musique acquièrent automatiquement une aura, une qualité spéciale parce que quelqu’un déclare que c’est de l’art ? Et un autre tableau ou une autre musique n’auraient pas cet aura parce qu’ils ne seraient pas classés ? Cela doit-il changer notre point de vue ? C’est ridicule. Il y a contact, rapport entre lui et l’individu et c’est tout. Il ou elle ne peut donner que ce qu’il ou elle a.

Il ou elle prennent naissance dans l’observateur ou l’auditeur. Est-ce qu’un jugement d’autorité extérieur doit ajouter ou retrancher quelque chose ? Aucune raison si on veut être sincère..

Les classements sont utiles, mais ce ne sont que des classements. Les catégories créées ne renvoient à rien d’autre qu’à une opération mentale, et certainement pas à une réalité indépendante des hommes.

Où le trouver, le chat ? Où le trouver, l’art ? Où la trouver, la femme ? Où la trouver, la beauté ? Nulle part. Ces catégories sont des instruments pratiques et rien de plus. Être un imbécile, c’est vouloir en faire des vérités dans les cas considérés.

Les imbéciles ont dans la tête des tas de généralités qui sont devenues des essences, des essences auxquelles ils croient dur comme fer, et ils proposent à leurs interlocuteurs de faire d’elles des modèles. Il faut leur ressembler le plus possible. Renoncer à vouloir que les images ou représentations de ces essences dans notre esprit deviennent visibles, c’est faire la grève des essences. L’image de la pauvreté n’est pas un pauvre, l’image de la charité n’est pas un service rendu, l’image du courage n’est pas un acte qui sort de l’ordinaire, l’image de la police n’est pas le policier etc Il y a ce bonhomme, il y a cet acte, c’est tout. L’intemporalité de ces choses est une illusion. Les essences ne sont que des généralités ou des catégories devenues idées fixes, et auxquelles on a donné un grand prix, et ceci de générations en générations. Nommer, instituer, chérir et retour vers ceux qui nomment. . Elles n’ont pas toujours existé, elles n’existeront pas toujours.

Certaines professions profitent énormément – et pas les artisans vous devinez bien – de notions métaphysiques, de certaines essences d’une grande importance censées les inspirer. Elles en parlent avec autorité comme si un quelconque savoir pouvait exister dans ces matières. (la vie, l’homme, Dieu, la société, la conscience, la liberté, le bien etc) Exercer une profession où on peut jouer sur les deux tableaux : être payé par sa clientèle et être agent de l’État, c’est cool ! Cela me rappelle une savoureuse réplique de Dagny Taggart dans « La grève » au représentant syndical.  : « vous voulez avoir barre sur vos hommes en vous servant de moi grâce au travail que je leur donne, et avoir barre sur moi en vous servant de vos hommes «  (représenter sa clientèle quand on s’adresse au gouvernement, représenter l’Etat quand on s’adresse à sa clientèle. Et gagner sur les deux tableaux. )

Un ou une de nos plus grand(e)s …;écrivains, peintres etc qu’est-ce que c’est que ce jugement ? Pourquoi ne pas laisser les gens libres de leurs opinions ? Qu’est-ce que La grandeur ? Quelques personnes s’arrogent le droit de repérer la grandeur dans…comme s’ils savaient ce que que c’est que la grandeur. Comme si cette essence « grandeur » était quelque chose que certains connaissaient. Grandeur : classement, catégorie, généralité dont on a fait une réalité à part entière devenue transcendante. L’essence grandeur est née.

Dans certaines organisations ou certaines associations, la catégorie devenue essence est l’objet d’un discours officiel. Cela veut dire que vous vous pensez comme une essence – l’essence ceci, l’essence cela selon la catégorie à laquelle vous appartenez. Attaquez la catégorie, c’est attaquer l’essence à laquelle vous vous êtes identifié. Vous êtes un (ou une)… et cela représente tout le monde. . L’essence est proche du symbole. S’attaquer, d’une façon ou d’une autre, à un député, c’est s’attaquer à un représentant de la nation, des Français. Du jour au lendemain, le jour de l’élection, cette personne qui n ‘était qu’elle-même, qui n’en savait pas plus que les autres, se met à parler et agir pour les Français. Sapristi ! Quelle métamorphose ! Mais ce n’est pas réel, c’est symbolique, comme le drapeau français. S’attaquer à elle c’est s’attaquer à la démocratie, au symbole d’une démocratie qui n’en est plus une. Quel dommage qu’un symbole ne puisse pas nous nourrir. Chaque essence peut, éventuellement, avoir son symbole. L’image d’un homme et l’image d’une femme, tels des symboles, les symboles de l’essence homme et l’essence femme, ont été envoyés vers d’hypothétiques extraterrestres.

On se dévoue pour elles. Des milliards de victimes. On donne sa vie pour Dieu. Il y a des croyances chez les gens. Elles diffèrent plus ou moins, on les a fait entrer dans une catégorie appelée Dieu et alors là… .

Peut-on faire quelque chose sans être au service de quelque essence tapie au fond de notre esprit, de quelque essence qui aurait la particularité d’être intemporelle et d’être une forme supérieure du bien ? La cause du foot, de l’État, du socialisme, du sport, de la science, de la philosophie, de l’UE, de telle vertu etc  ? 

C’est toujours une sorte de création de l’esprit dont on a fait une sorte de réalité indépendante, transcendante, que l’on doit servir Jusqu’à preuve du contraire : un chercheur ne vaut pas plus qu’un boucher. Jusqu’à preuve du contraire, les services rendus aux hommes par un plombier ne sont pas forcément inférieurs à ceux rendus par un député. Il faut comparer les individus ou comparer l’effet du travail de ces personnes. Mais on a donné bien plus de prix à l’essence « député » ou à l’essence « chercheur » 

La catastrophe, c’est quand l’instrument devient un but, une référence, au lieu de rester un instrument, de la même manière que le parti qui devait être au service des hommes, devient pour les hommes quelque chose qu’ils doivent absolument servir inconditionnellement. .Quand le moyen devient la fin, cela permet à ceux qui semblent contrôler ce moyen, qui semblent en être les gardiens, d’en arriver à ce que tout le monde se mette à leur service. Comment le bien pourrait-il être autre chose qu’une amélioration ressentie par des individus bien réels, en chair et en os, et de leur propre dire ?

Des gens vivent sur un territoire. Quelqu’un vient pour le diriger, pour en être le chef, et prendre les décisions applicables partout sur le territoire. Du coup, les gens du territoire commencent à avoir une histoire relativement commune. Ils sont tous impactés par ces décisions et impactés par les réactions des étrangers à ces décisions. Et voilà qu’ils sont obligés de se sacrifier pour préserver l’unité à laquelle on a donné un nom et créée de cette manière. Mais c’est pour ceux qui ont créé cette entité et qui la gouvernent qu’ils se battent.

Voilà une hérésie par rapport à une religion, un parti, mon dieu ! La haine est suscitée. A bas l’ennemi. Mais ce n’est pas pour eux que les gens se battent, c’est pour ceux qui dirigent la religion ou le parti.

Alors il est intéressant de savoir ce que l’on veut de nous quand on nous demande quelque chose. Les demandes, on vit dedans. Ce sont les injonctions, les appels, les sollicitations, les ordres etc etc Veut-on que nous servions une essence (la science, l’homme, le pauvre, le migrant etc) , veut-on que l’on se dévoue pour une catégorie dont on fera une essence ? Ou veut-on que l’on fasse quelque chose pour des individus singuliers ? Sachez que si vous voulez servir une catégorie, une essence, la cause de certains, vous servirez ceux qui dirigent des partis, des corps, des institutions, des organisations censés défendre la cause en question, mais dont le principal ou unique objectif est de préserver et de renforcer leur pouvoir et l’organisation dont ils s’occupent sans trop s’occuper du reste. Il est clair qu’au départ, la République était un mieux pour les Français : plus de libertés, plus d’égalité, plus de services sociaux. Ces bénéfices étaient sa raison d’être. Aujourd’hui, elle est à elle-même sa propre cause, il faut la défendre (quoi donc, on ne sait plus) indépendamment ou au détriment des Français. Quelle République ? Quelle démocratie ? Des mots ! Qu’est-ce que ça nous rapporte ? Voilà un pays qui n’est pas démocratique. Ah bon. Et si on étudiait tout dans le détail. Victimes des essences chéries, sacrées, qui ne sont rien d’autre que le résultat de l’opération mentale de quelques uns.

On reconnaît une essence en ce qu’elle est, à elle-même, son propre but. Il n’y a qu’elle qui compte. Les symboles que sont les députés sont aussi des godillots. Ils sont plus obéissants, plus dociles que des enfants de 7 ans parce qu’il y a l’essence : discipline. Cela ne se discute pas. On lui est nécessairement soumis. (il faudrait donc aussi ne pas attaquer un député parce que ce serait attaquer un symbole de la sacro-sainte discipline. Ce sont des minus) Si un chercheur vaut plus qu’un plombier, c’est qu’on a magnifié l’essence science parce que c’est une idée de la société que l’on glorifie. C’est tout.

Alors pourquoi remonter à ces essences pour considérer quelque chose ou quelqu’un ? Pourquoi attendre de quelque chose ou de quelqu’un le genre de qualités ou de dons que l’on prête à l’essence. C’est mortel . Il n’y a pas de démocratie, il n’y a que des preuves de démocratie. Il n’y a pas de pauvre, il n’y a que des preuves de pauvreté. Il n’y a pas de justice, il n’y a que des preuves de justice. Et ces preuves sont à examiner pour ce qu’elles sont.

En effet, pour exister, on n’a pas besoin de rentrer dans une catégorie. On n’a pas besoin d’être une essence. On n’a pas besoin de mettre les gens dans des catégories pour faire leur connaissance. Ce n’est pas en les mettant dans une catégorie qu’on approchera la vérité de ce qu’ils sont. C’est une erreur d’attendre des gens ce que l’on attend des catégories où on les a mis, ce que l’on attend des essences dont ils seraient des incarnations. Incarnation de la sainteté, de la justice, du désintéressement et puis quoi encore ? A-t-on besoin de faire partie de la catégorie père ou mère, soigneusement définie pas la société pour élever son enfant ? A-t-on besoin de le mettre dans des tas de catégories pour le comprendre ?

Si les qualités, les vertus, ne sont plus des essences qu’il faut rendre visibles à travers nous en tâchant de les incarner, mais de simples étiquettes pratiques que l’on pose momentanément sur des comportements, on peut enfin respirer.

On ne se rend pas compte à quel point ces essences nous possèdent. Elles sont les mythes d’une époque, d’une société. Elles passeront et des gens écriront des livres savants à leur sujet. .

D’où l’impératif de mépriser les essences. Sinon , n’importe quel gugusse à qui on aura donné le droit de parler pour une de ces essences voudra faire la loi chez vous. Ces essences permettent de nous raconter des histoires à dormir debout, de nous faire vivre dedans. . Hissons-nous au-dessus de ces croyances et mythes d’une époque ou d’une culture donnée, laissez les églises entretenir l’obscurantisme, les chapelles comme France culture oeuvrer pour des formes actualisées de ces mythes. Quand quelqu’un croit pouvoir représenter une de ces essences, il ne peut être honnête, désintéressé avec vous. Il défend ses intérêts, son pouvoir, en ne s’adressant pas à vous d’égal à égal. 

C’est pourquoi, il y a quelque chose de terriblement efficace et qui tue toutes les illusions – certains le savent – c’est de supprimer toute trace d’essence chez un interlocuteur (il n’en représente plus aucune, on n’a aucune image allant dans ce sens) et de ne voir en lui que ce qui reste sans complaisance aucune. Il n’est plus que lui-même.

P.S.  : Petit mot à l’adresse de mes amis hongkongais. Il paraît que  » ceux qui jouent avec le jeu périront par le feu  » Eh bien moi, je dis, que tôt ou tard, ceux qui jouent aux dictateurs, périront comme des dictateurs, de façon minable conformément à leurs idées minables, comme des minables qu’ils sont. 

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