LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

30 septembre, 2019

LA RACE DES SEIGNEURS

Classé dans : Valeur — inconnaissance @ 20:11

Pitié Seigneur, car nous avoonnns péchééééé.

On déteste ce qui préexiste, le déjà là, le cadre imposé, et en même temps on l’adore. On est, en même temps, réformateur ou révolutionnaire, et conservateur ou réactionnaire. On veut rejoindre, et on ne veut pas. On veut être libre, indépendant, et on ne veut pas. Le degré zéro, ce sont ceux qui non contents d’être des inconditionnels de leurs propres pensées conditionnées sont accrocs au buzz, à l’actualité parce que c’est le buzz ou l’actualité.

Posons le problème crûment. Si on se fichait éperdument de ce que les autres pensent de nous – tous les autres, quels qu’ils soient – et si on n’en avait strictement rien à faire de ce que les autres voudraient qu’on soit – tous les autres, quels qu’ils soient – on vivrait certainement sur une île déserte, car alors, on n’aurait plus aucun problème avec soi-même, mais un tas avec la société.

Tout ce que la société nous a inculqué, tout ce qu’on a épousé, adopté comme idées, valeurs venant d’elles, et qui était pour nous une source de problèmes, de cogitations, de questions, de soucis, de sentiments de culpabilité divers aurait disparu puisque devenu sans pouvoir, sans influence. C’est comme cela, ce qui nous gène, nous dérange est écarté si on n’y tient absolument pas. Tout ce qui serait conflit, incompatibilité, désaccord entre ce qu’on est et ce qu’il faudrait être selon elle aurait disparu. Toutes les façons de penser et d’être des autres auraient perdu leur pouvoir sur nous sans que nous perdions la possibilité de nous y intéresser le cas échéant.

Mais c’est inimaginable. Cette indépendance n’est pas dans l’ordre des choses. C’est un fait. Le rapport entre soi et les autres n’est pas libre

Les hommes sont des êtres très sociaux, pas toujours sociables, mais toujours sociaux, même seuls. Ils existent par, en fonction, pour la société, les autres. Ce que n’ont pas manqué de professer ou d’enseigner les psychologues. Il y a cependant des degrés dans cette interdépendance, preuve qu’il ne faut pas en faire un bien inconditionnel.

Pourtant, peu importe le conditionnement, peu importe l’interdépendance, après tout, s’ils ne nous posent aucun problème, s’ils ne sont source d’aucun tourment, s’ils nous sont bénéfiques, profitables. Ils sont probablement le résultat d’une longue histoire.. .

Alors finalement, la question est : l’enjeu, le désir. Qui dit enjeu, qui dit désir (et objet de désir) dit valeur En quoi consistent-ils ? C’est un enjeu ou un désir pour qui ? Si c’est un enjeu social, nous conduit-il à accepter tout ce que l’on voudra nous faire, tout ce que l’on voudra décider pour nous.

Ah les valeurs ! On a quand même bien remarqué combien on aime faire l’éloge, la promotion de ceci ou cela, celui-ci ou celle-là, se vanter de posséder ou de connaître ou de pratiquer ceci ou cela, se réclamer de telle idée ou conviction. Tout cela étant censé avoir de la valeur. Il y a tellement de choses auxquelles tout le monde accorde de la valeur. Pêle-mêle : certains objets, certains biens de consommation, Les personnes du présent ou du passé dont on a coutume de faire l’éloge. Des événements (le beau temps , la baisse des prix etc) Les réussites, exploits découvertes, performances de certains. Les qualités physiques morales, intellectuelles, esthétiques, sont des valeurs. Les sentiments, les émotions, les convictions, les produits du travail humain, de la créativité humaine comme la science, l’art, les institutions politiques, les situations et catégories sociales, les grands idéals, les grandes notions telles que le progrès, l’humanité, la vie …..tout cela pour dire que nous sommes immergés dans les valeurs, aussi immergés en elles que le poisson peut l’être dans l’eau. Il est quasiment impossible de penser sans y mettre de jugement. Même le scientifique dans une science dure qui étudie, observe , calcule froidement, rigoureusement, sans parti-pris, sait qu’il exerce un métier louable, et que les résultats de son travail lui vaudront des compliments et une certaine reconnaissance de la part de ses pairs et du public. Son activité est valorisée.

Qui peut soutenir l’idée qu’il ne donne jamais aucune valeur à ce qu’il fait ou ce qu’il dit ? Qui peut penser sans être inspiré par l’idée que cela doit aboutir à une valeur ? On est censé aider, apporter, améliorer, progresser, être utile etc Mais cela ne suffit pas, on tient à le dire, à le faire savoir, à en convaincre les autres. Nous voulons tous être des bienfaiteurs de l’humanité ou, au moins, de ceux de notre milieu. L’attitude et l’affirmation comme quoi on n’a aucune valeur à proposer est quasi inimaginable.

Alors ici il faut noter deux choses d’une grande importance. Premièrement : puisque tout le monde baigne dans ce courant des valeurs, puisque c’est un tropisme formidable, il est possible d’en profiter, d’utiliser ce besoin, ce désir collectif. Deuxièmement : d’où viennent ces valeurs ? Qui les fixent ? Si on est agacé par ce qui est déjà là en même temps que ravi, c’est parce qu’on est agacé par des valeurs déjà fixées, déjà imposées, en même temps que friand d’elles. Tout se passe comme si c’était la société, et même les autres, qui avaient fixé ces valeurs Et tout se passe comme si on épousait, adoptait, embrassait ce qui nous était imposé. . On arrive sur terre, et on se trouve immédiatement et pour toujours environné de gens qui agitent des colifichets, qui montrent des directions, qui se prosternent devant des idoles. Les valeurs en question. Publicité, publicité, publicité ;.Que vaut, que valent tous ceux qui font cette publicité ? S’ils ne valent rien les valeurs ne valent rien.

Il y a ceux qui exploitent ce besoin absolu de valeurs, et il y a ceux qui, sans les inventer, les fixer, (quoique tout en haut, il y a le bon plaisir, la volonté gratuite, Dieu ne s’autorise que de lui-même) passent pour des autorités, des maîtres en la matière. Ce sont les mêmes, c’est la race des Seigneurs. Pitié, Seigneurs, car nous avooonnnns péchééé.

Alors il y a une autre chose qu’il faut noter, j’en parle en pensant tendrement à certains de mes compatriotes, c’est qu’on peut être très dévoué, très soucieux, très engagé, dans le respect et le témoignage de ces valeurs, au point d’être un super dindon de la farce, la victime de ceux qui prennent toutes sortes de libertés par rapport à elles. Il y a tous les degrés. Mais je ne peux que me sentir proche de tous ceux pour qui les valeurs de la société sont la vérité, et qui passent leur vie à essayer de les comprendre, de les appliquer, de se corriger pour leur correspondre. . Ils sont les super-idiots utiles du système. (une enseignante de Pantin, à bout, s’est suicidée : qu’est-ce qui était VRAI dans ce qu’on lui a raconté sur sa mission et ses responsabilités ?)

Ce courant de bienfaisance s’incarne de différentes manières, dans les personnes, organisations, institutions qui nous entourent et à travers leurs demandes dont l’alibi, le prétexte est toujours le bien. Ce courant se manifeste dans la façon dont fonctionne une société.

Mais, ah, ce n’est pas de chance, que se passe-t-il ? Les problèmes, les dysfonctionnements, les échecs, s’accumulent. Celal ne donne pas les résultats attendus. Pourtant, par définition, une valeur n’est jamais une non-valeur, une valeur est au-dessus de tout soupçon. Certains les trahiraient-ils, les dénatureraient-ils ? Les mépriseraient-ils ? La race des seigneurs par exemple, ceux pour qui le fric et le pouvoir passent avant tout.

Quand ils ont quelques problèmes, ils cherchent du sang neuf, des énergies nouvelles pour effectuer des réparations ou des modifications, mais sans jamais rien changer d’important. On va tous mourir étouffés, sur une planète désertique, mais pas question de renoncer à la publicité. C’est le nerf de la guerre. Publicité, propagande, endoctrinement, c’est tout un. 

Le courant du bien est apparemment approuvé et mis en pratique par tout le monde. Et on aime faire comme tout le monde, pour être comme tout le monde. Et puis ainsi, pas besoin de réfléchir.

Travailler pour lui, c’est travailler pour toute la collectivité. Alors on s’emploie un peu partout à répondre aux demandes qui nous sont faites par bien des politiques, bien des religions, bien des psy, bien des scientifiques, bien des écologistes etc

Posons la question qui fâche histoire de mettre certains points sur les i.

Qu’est-ce que c’est qu’une valeur, qu’est-ce que le bien ? Par rapport à quoi, à qui ? Et c’est quoi ce quoi, c’est qui ce qui ? Inutile de poser la question, vous ne saurez jamais. On ne peut pas prouver qu’un bien est un bien, qu’une valeur est une valeur. Le poisson n’a pas inventé la rivière dans laquelle il nage, il est dans le courant, le courant est là et l’entraîne un point c’est tout. C’est la culture qui est ainsi pour l’homme, il naît et évolue dans un courant de valeurs qui l’entraînent. La meilleure réponse est : la société existe, or des valeurs sont son ciment et ses fondements. L’existence de la société est bonne. Donc ses valeurs sont bonnes. Peu importe ce qu’elles sont. Quand suffisamment d’Africains se seront installés en France, ce sont leurs valeurs qui feront autorité. Autrement dit : accepter une société, c’est accepter ses valeurs, la rejeter, c’est rejeter ses valeurs. C’est simple à comprendre. Et tout en découle. Si vous méprisez une société, vous mépriserez à la fois les autorités officielles et les valeurs partagées par la population.

C’est sous cet angle, qu’il faut comprendre comment fonctionnent les valeurs en nous. Il faut comprendre que les valeurs ou le bien, ont deux façons de se présenter. Soit ils sont clairement vus comme éphémères, temporaires, soit ils sont destinés à durer. Soit ils sont expérimentés, soit ils sont pensés.

Notre personnalité, notre moi, c’est le produit final de la vision du monde qui est la nôtre articulée autour d’une conception du bien particulière. Le monde répond, correspond aux exigences particulières de ce moi. Ce moi a sans cesse besoin d’être conforté, confirmé. Il y a autant de vision du monde, de rapports au monde, d’usages du monde, de sens du monde qu’il y a de personnes. C’est le monde de chacun, adapté à chacun. Le but, c’est la défense, la consolidation, de ce moi. Parce qu’il y a de la concurrence. Donc, il y a beaucoup d’idées qu’on aura, beaucoup de décisions qu’on prendra, beaucoup de raisons qu’on donnera qui seront destinées à conforter, faire vivre la personnalité que l’on pense avoir. On vit, on pense ainsi. Penser faire le bien c’est être bien. On en invente, du moins, on en propose et l’on s’en enorgueillit, . Ces valeurs sont, en fait, uniquement destinées à sa propre pensée, à sa propre personnalité sociale et intellectuelle. Ces valeurs sont empruntées à celles qui circulent, elles utilisent des codes et des raisons qui ont de la valeur couramment. On a toujours raison quand on justifie un bien, une valeur qui inspirait, orientait notre façon de penser. Et quand on ne sait pas  quoi faire, et qu’on se demande ce qu’on pourrait faire, ce qui nous vient à l’esprit sont des choses que la raison suggère, ce n’est pas notre plaisir ou notre propre désir qui nous inspirent ces choses Faute d(inspiration ou dans un moment de faiblesse, on essaie de se raccrocher à ce qui a une valeur en général.

Dans ce cadre, on le vit de la façon suivante (c’est le rapport au témoin, à l’Autre dont je parlais) : est-ce que cela répond aux attentes, à la demande, pourrais-je en faire quelque chose qui s’intégrera dans le fonctionnement de la société ?

Nos pensées valent ce que vaut notre vision du monde colorée par ce grand courant de penser le bien. Il y a des visions du monde étriquées ou simplistes ou chimériques qui donneront lieu à des pensées du même genre. Il y a des visions du monde fanatiques, sectaires (exemple France culture ou autres médias)  qui donneront lieu aux pensées du même genre. Il y a des vision du monde iréniques, qui donneront lieu à des pensées du même genre. Ne vous accusez pas d’être bête ou d’avoir des fantasmes, (d’abord, c’est une question de génétique, ensuite, cela découle directement de la vision d’ensemble que l’on vous a transmise et qui est fait pour échapper longtemps à votre propre sagacité.)

Une pensée qui commence par une conclusion qui ne peut être remise en cause ne peut pas briller par son intelligence.

Le bien, en tant que concept n’est que le bien de la collectivité Il est fondamentalement général. Il n’est qu’un bien durable puisqu’un concept a vocation à durer. Le bien éphémère, passager est d’une autre nature. Il est expérimenté, éprouvé par soi, et soi, c’est ce que l’on ressent, comprend, désire à un moment donné. Une idée de soi, le produit de toutes les valeurs qu’on a assimilées est censée durer et se situer et s’intégrer dans une société avec son système de valeurs :. Mais si on admet que soi n’a rien de permanent, de continu, si on admet qu’il n’y a que des vérités passagères de notre désir, de notre ressenti, alors on n’a plus besoin de dépendre du bien autour duquel s’articule notre vision du monde.

 

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