LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

5 octobre, 2019

LA BIENFAISANCE

Classé dans : Bienfaisance — inconnaissance @ 20:27

Il y en a, les pauvres, que l’on convainc rapidement de se soucier, de se sentir solidaires, de se sentir responsables du bien ou du bien-être de leur entourage, de leur milieu et pour qui cela devient l’essentiel de leur vie. Assurément, des militants en herbe ou de futurs fervents croyants. Des gens qui croiront toute leur vie qu’ils ont quelque chose de précieux à apporter au monde. Des gens qui seront malheureux s’ils ne peuvent pas se persuader qu’ils sont utiles au monde, plus qu’utiles, précieux, salutaires. Ceux-là, quand ils ont épousé une cause, c’est pour toujours Inutile de leur parler.

Doit-on être utile au monde, voilà une question importante que l’on pourrait se poser. Une question lourde de conséquences, car notre attitude, notre comportement le sens de notre vie ne seront pas du tout les mêmes selon que l’on répondra : oui ou non.

Le cas Zemmour est intéressant à ce titre. Il semble paradoxal. D’un côté, il fustige l’individualisme, de l’autre, on n’a jamais l’impression qu’il a le souci d’être utile au monde ou à la société tout entière. La cause et les idées qu’il défend sont manifestement les siennes. C’est son idée de la vérité. Mais on ne peut pas dire qu’il le fasse pour rendre service, par altruisme. Ce qui explique en partie la haine qu’il s’attire de la part de toux ceux qui se flattent de vouloir être des bienfaiteurs de l’humanité, des apôtres du bien. Les culs-bénis détestent le franc-parler. Ils sont, par nature, d’une hypocrisie consommée.

Alors ? Sommes-nous sur terre pour être utiles au monde, aux autres ? Pourquoi le faudrait-il ? (je ne parle évidemment pas des tâches pour lesquelles on est payé ou de celles qui incombent aux choix personnels que l’on a faits, je parle de notre rapport fondamental au monde, comment se situe-t-on par rapport à lui dès qu’on le considère)

Je tiens à rappeler à tous ceux qui n’ont pas lu mes articles précédents que ce que nous sommes, notre nature, notre personne est le fruit du hasard et n’a aucun sens (cela ne répond pas à tel sens) Je rappelle aussi cette évidence trop souvent oubliée que l’on nous a imposé notre présence sur terre. Puisqu’on ne cesse de nous interpeller, de nous réquisitionner, on a été projeté dans un certain milieu, une certaine culture, un certain monde, sans que nous y soyons pour rien. (et inutile de dire que ce sont les lois biologiques qui sont responsables, jamais une société ou une culture n’a été capable de concevoir et de mettre au monde un enfant. C’est après, une fois qu’il est né selon ces lois, que l’on peut s’amuser à dire qu’une mère est père, un père une mère, que mémère est pépère et que les deux pépères sont des mémères, qu’il faudra bientôt parler de beau-mère et de belle-père etc) C’est le point de départ qu’il ne faut jamais oublier.

Avant de répondre à la question et de se charger encore d’une responsabilité supplémentaire, on peut, peut-être, réfléchir, marquer un temps d’arrêt avant de reconnaître la légitimité de la société dans laquelle on tombe. Quel droit a-t-elle d’exister ? Et à quelles conditions a-t-elle le droit d’exister ? (c’est le pendant de la double question : quel droit a-t-on d’exister et à quelles conditions pouvons-nous exister?) Quel droit a-t-elle de se faire passer pour quelque chose que l’on doit reconnaître et prendre comme référence ? Qu’est-ce qui fait que l’individu doit tout faire pour s’adapter à la société plutôt que la société aux individus ? Pourquoi, quand il y a problème, incompatibilité, la charge de se corriger reviendrait toujours à l’individu et pas à la société ?

Pourquoi certains énergumènes, qui se croient investis de je ne sais quelle mission (représenter la société et son bien. Et flatteurs d’applaudir ! ) prétendent-ils que telle idée est mauvaise alors que la majorité de la population pourrait très bien épouser cette idée. ? Vous connaissez, par la publicité, les produits trois en un. C’est nul ! Voilà un petit monsieur ou une petite dame qui fait le «  des millions en un. » C’est génial !

Pourquoi ne sont-ils pas poursuivis pour incitation à la haine contre les populistes ? Chers bienfaisants de l’armée d’hypocrites !

Non seulement quand on n’est pas adapté à une société, une collectivité, on doit se changer, mais quand la société évolue, on doit se changer, quand la société a des problèmes, c’est à nous de les corriger. Quand la société est en marche vers une société du futur, on doit se rendre conforme à la société du futur, quand une société est en danger, il faut se sacrifier pour elle. On emmagasine encore et encore et toujours et encore des éléments d’information sur notre milieu, on les intègre, ils donnent lieu à des réactions involontaires, immédiates qui donnent lieu à des erreurs d’adaptation qu’il faut corriger, que l’on apprend à corriger, et tout cela donne lieu à de nouvelles réactions immédiates, involontaires etc Il semble qu’on n’ait été mis au monde que pour être ainsi toute notre vie ballotté, dévoué, assujetti, au milieu qui nous entoure et particulièrement au milieu humain. (pour vous faire une idée de cette condition, imaginez que vous n’ayez plus affaire qu’au milieu naturel, qu’à des robots, automates, et qu’à des personnes exerçant de façon impersonnelle, des fonctions sociales, un énorme pan de votre existence deviendrait inutile. Et pourtant, cela correspondrait à la situation que j’ai décrite, notre existence à nous n’a pas de sens, on est là par pur hasard, ). Vous comprenez maintenant pourquoi les civilisations et les religions unies ont inventé un Dieu personnel. C’est d’abord pour donner un sens à notre existence personnelle, et c’est ensuite pour justifier le devoir de répondre aux vœux, aux demandes, aux exigences, à l’évolution de la société. Ce devoir a un non : le je.

La question : doit-on être utile au monde c’est aussi : doit-on être un je. Le bouddhisme originel (je ne parle pas de la caricature actuelle) répondaient : non ! Aujourd’hui, le je est tellement hypertrophié qu’il voudrait commander le monde.

Comme on l’a indiqué un peu plus en détail, certains objets, certains biens de consommation ont de la valeur, certaines personnes du présent ou du passé dont on a coutume de faire l’éloge ont de la valeur. Des événements (le beau temps , la baisse des prix, l’élection d’un président etc) des réussites, exploits découvertes, performances de certains, des qualités physiques morales, intellectuelles, esthétiques, des sentiments, émotions, convictions, des produits du travail humain, de la créativité humaine comme la science, l’art, les institutions politiques, des situations et catégories sociales, des grands idéals, de grandes notions telles que le progrès, l’humanité, la vie etc….ont de la valeur. De la valeur pour la collectivité, la collectivité leur en donne constamment.

On a tous assisté ou participé à des discussions ou des disputes au sujet de ces valeurs, au sujet de notre conception de ces valeurs, au sujet de celles qu’il faudrait faire triompher. Depuis toujours, la société nous a habitués à prendre comme centre d’intérêt dans la vie : elle-même. Là on peut dire qu’on a choisi d’être utile à la société. Le nerf de la guerre de tout cela est : s’occuper de ce qui a de la valeur pour les autres ou de ce à quoi ils devraient accorder de la valeur. A peine quelqu’un est-il devenu Président, qu’on ne parle plus que d’une chose dans les médias et ailleurs : ce qu’il fait, ce qui se passe augmente-t-il ses chances d’être réélu président ? Est-ce que c’est bon pour lui. Méthode pour devenir tordu. Vous rigolez, mais c’est sérieux. Des gens très sérieux écrivent des choses très sérieuses à sur ces sujets. .

Avec cela, l’énergumène dont je parlais, qui passe pour représenter les valeurs collectives qui sont notre souci quotidien peut se vanter d’avoir de l’influence, du pouvoir sur nous.

Avoir répondu oui à la double question revient, dans la vie quotidienne, dans la vie intime, à être habité constamment par un certain sentiment du devoir, à sacrifier à la bienséance, à la bienfaisance d’usage, naturellement, à céder, pour être social et sociable, aux sirènes du consensuel, à se soucier d’être bien vu, accepté, à écarter l’idée que son interlocuteur pourrait nous manipuler, à dépendre du jugement des autres, à avoir en permanence le souci de l’intérêt général, du bien commun ou de la collectivité, à se sentir touché, concerné, par tout ce qui arrive aux valeurs dont on a parlé plus haut, à s’identifier à ceux qui sont autorisés à parler au nom de tout le monde. Cela revient à chercher toujours, dans les moments d’oisiveté, le bien commun, la valeur commune pour laquelle on pourrait faire quelque chose ou au moins à laquelle on pourrait penser. C’est avoir la société et ses valeurs dans la peau. Mais peut-être qu’au tout début, on a été convaincu qu’il fallait se soucier, se sentir solidaire, se sentir responsable du bien ou du bien-être de notre entourage, et que c’est devenu l’essentiel de notre vie.

Avoir répondu non à la double question, c’est évidemment ne rien faire de ce qui précède et être indifférent aux jugements et opinions des autres, car pour être utile au monde, il faut apprendre du monde ce qu’il considère comme important. Quand on se juge, on se juge avec les idées des autres. On pense être ceci ou cela, en réalité, on pense que les autres pensent ceci ou cela de nous. Ne pas être utile au monde commence par ne pas être utile aux jugements que les autres portent.

De toute façon, il faudra bien que vous actiez que la culture française et ses valeurs sont en cours de démolition. 

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