LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

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20 janvier, 2020

DES IRES SANS FIN, 2

Classé dans : Non classé — inconnaissance @ 13:07

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251 – Le besoin ou le manque, s’il est ignoré, et même s’il est incompris, c’est le destin. On voit , on pense le monde, on agit en fonction de lui sans le savoir. On n’est jamais responsable du besoin ou du manque qui est le nôtre.

252 – Une société, quelle qu’elle soit, bonne ou mauvaise, peut compter sur ceux qui sont à la mode. Il y a la mode vestimentaire, il y a les modes de consommation, les modes de vie, les idées à la mode, les emplois à la mode, les valeurs à la mode, les usages, etc Savez-vous planter les choux, à la mode….avec les pieds, avec le genou, avec le nez, avec le coude, avec la main, avec la tête, à la mode de chez nous. Si la société est très mal partie, il ne faut pas compter sur eux pour y changer quoi que ce soit, surtout s’ils s’y sont fait une bonne place.

253 – Le principe, en lui-même, est simple. Toutes nos pensées découlent du fait qu’on est dans le monde et que l’on veut y trouver sa place. (le contraire n’est pas prévu au programme) En pratique, il s’agit plutôt de fonctionner dans la société dont on s’est fait une idée. Mais il y a pire, il y a ceux dont les pensées découlent du fait qu’ils font partie d’un certain groupe, d’une certaine  communauté dont ils ont fait la vérité de leur vie.

254 – Le savoir sur les choses de la vie que l’on va chercher chez les autres ne nous plaît pas parce qu’il est en adéquation avec ce que l’on vit, ou avec notre rapport au monde, il nous plaît parce qu’il s’inscrit dans un discours établi, il nous plaît parce qu’on sait qu’on pourra en faire état pour montrer notre culture. C’est un savoir qui suppose que l’on fasse abstraction de soi.

255 – Inestimables médias qui peuvent nous faire prendre conscience (fourberie inside) que les idées communes auxquelles tout le monde se rallie, que les sentiments communs que tout le monde veut partager, ne sont pas différents des raisons, arguments, façons de parler des professionnels en rapport avec l’ordre établi.

256 – Et c’est le moment fatal dont je parlais, le moment où, quelle que soit l’idée, quel que soit le mot ou le concept qui donnent sens au monde, à la situation où l’on se trouve, ils deviennent objectifs du fait que du réel semble être à leur base. Ou si vous voulez quand un sens subjectif, relatif et passager du genre « devoir » devient : le devoir. Quand il y a l’idée d’objet dans l’objet. (se vérifie à coup sûr) 

21/01/20

257 – Les êtres humains sont des livres de chair dans lesquels on a écrit tout un tas d’âneries et d’imbécillités qui passent pour être des vérités et qui déclenchent les actions correspondantes pour la simple et unique raison, que c’est écrit. C’est pour cela qu’ils vont à leur perte.

258 – Quand les choses changent, on a deux raisons de se plaindre, une mauvaise et une bonne. Pour la mauvaise : on nous avait convaincus que ces choses-là avaient de la valeur, on s’était habitué à penser qu’elles en avaient. Ce n’était qu’une opinion comme une autre, sans preuve. Pour la bonne : on aura concrètement à pâtir de ce par quoi on va remplacer les choses qui vont changer. 

259 – J’aime, je hais, j’ai peur, j’enrage..;pour pouvoir éprouver tout cela, il faut leur trouver une raison d’être, une justification, une explication que l’on va chercher dehors. Comme s’il fallait sans cesse demander la permission pour exister, une permission qui est rarement tout à fait donnée. Une permission à qui d’ailleurs  ? Ou alors, il ne faut pas le dire. Bon, taisons-le, mais agissons en conséquence.

260 – Ce n’est pas la peine de chercher midi à quatorze heures, le principe est toujours celui -ci : chercher une raison, une justification à ce qu’on éprouve, c’est vouloir satisfaire le désir des autres en la leur fournissant. Toujours satisfaire le désir des autres. (voir aussi proposition 1) On ne nous a mis au monde que pour cela. Ce qui est un pur scandale.

22/01/20

261 – On ne peut pas dire que les référents des mots qu’on est obligé d’imaginer, existent : je, âme, amour par exemple

262 – On ne peut pas dire que l’on sait comment la société devrait fonctionner, on peut juste dire que des idées sur la façon dont elle devrait fonctionner, que des jugements sur son fonctionnement nous viennent à l’esprit automatiquement et habituellement.

263 – Quelles parties de notre existence, de nos biens ne sont pas l’objet d’une demande de la part de la société, pour qu’elles soient comme elle voudrait qu’elles soient ?

264 – Pour savoir quel désir on veut satisfaire, le sien ou celui des autres,il suffit d’être attentif à la présence ou non d’un doute, d’un espoir, d’une attente. On sait ce que cette présence signifie.

264 – On a inventé des mots comme : modeste, tolérant, hospitalier, charitable, doux, fraternel, pacifique, aimant etc etc Ils ont un sens qui peut servir à évoquer, illustrer ce qu’il se passe dans un être humain. Mais il faut imaginer les référents de la modestie, la tolérance, la charité, l’hospitalité, la douceur, la fraternité, le pacifisme, l’amour etc Et on ne peut pas dire que ces référents ou ces entités définis existent. Simplement la pensée postule leur existence. L’imagination fait le reste. Rien de plus.Inutile de disserter sur le sexe des anges.

265 – Si on regarde notre histoire personnelle du point de vue de nos erreurs, de nos fautes, de nos lacunes, de ce qu’on aurait dû faire et qu’on n’a pas fait, on a tendance à la rejeter, à la repousser, à la fuir, à la renier. Mais si on la regarde comme l’expression de notre conditionnement, de notre éducation, si on comprend que nous avons fait ce qui nous est venu à l’esprit sur le moment, tout naturellement, on peut alors l’accepter et en l’acceptant, on peut se rendre compte de ce qu’elle a été, de ce que nous avons vécu.

23/01/20

266 – Etrange n’est-ce pas ? S’appuyer sur des vérités établies, faire référence à ce qui est couramment admis et dit, permet de se rassurer mais ne donne aucune force. C’est valable dans tous les domaines. On devrait bien en conclure qu’en toute honnêteté, en toute rigueur, toutes ces références sont douteuses. Approbation n’est pas preuve. .

267 – Notre évolution dans la durée, sur une longue durée, ne peut être comprise qu’à son issue. C’est logique. On ne peut jamais savoir ou prévoir comment on évoluera pour apporter les corrections nécessaires. Alors comment peut-on se permettre de juger celui qu’on a été ?

268 – « Votre corps m’appartient  » . On peut imaginer que c’était la devise de Mengele. Il travaillait pour une grande idée…

269 – Le destin de votre visage, le destin de votre façon de vous tenir, le destin de votre façon de parler, le destin de vos émotions, le destin de vos pensées, le destin de vos désirs, le destin de vos amours  ce fut le destin de ce que devinrent votre visage, de votre façon de vous tenir, de parler, de vos désirs, de vos émotions etc après que la société vous eut inculqué le sens qu’ils devaient avoir. Ce fut le destin de ce que vous avez pu en faire.

270 – Parfois on a besoin de se défendre contre la façon dont on nous traite. On a alors recours à des raisons morales ou philosophiques qui ont quelque valeur dans la société. Ce n’est pourtant pas cela qui impressionne nos agresseurs la plupart du temps et ce n’est pas cela non plus qui nous donnera l’assurance nécessaire. Il aurait mieux valu faire appel à une certitude quant à soi qui ne doit rien à la pensée, une sorte de réflexe naturel.

24/01/20

271 – Il est rare que quelqu’un que l’on méprise profondément puisse nous intéresser ou attirer notre attention. Tout ce qui vient de lui est méprisable. Inversement, si on est naturellement bien disposé à l’égard de tous les organes, toutes les fonctions, toutes les structures, toutes les actions et décisions d’une société, cela signifie que nous l’avons en bonne ou haute estime. Ils bénéficient automatiquement de cet a priori positif. C’est ainsi qu’il faut comprendre les sondages d’opinions réguliers à leurs propos. Et on saura ce que signifie la baisse des bonnes opinions.

272 – Chez les hommes, c’est l’intérêt personnel qui fait la loi, dans la société, c’est le pouvoir et le profit financier qui font la loi et se concrétisent dans l’échelle sociale. Si des activités peuvent s’y exercer en toute légalité et prospérer, c’est parce que l’on peut, dans son intérêt personnel, en tirer un profit financier ou du pouvoir. En dehors de cela, il y a l’esclavage et la survie. Les esclaves d’une société sont ceux que des aspirations morales motivent.

273 – Vous n’avez pas donné à tous les éléments du monde et aux autres, pour les penser, d’autre sens que celui qu’on vous a inculqué ou qui vous parvenait à travers des mots. Et ce sens, c’est votre rapport à eux. Vous avez dû vivre avec quel qu’il ait été. C’est ainsi que la culture ou la société s’auto-engendre ou s’auto-perpétue via les penseurs. 

274 – Tant que l’on prendra comme référence, comme système de valeurs un ensemble englobant comme la société, il y aura manque et recherche. La seule idée d’avoir l’intention de s’améliorer, de progresser n’existe que du fait de cette comparaison et c’est cette référence de société qui donne un sens à ce désir. C’est ainsi que fonctionnent nos pensées avec je ne sais qui ou je ne sais quoi à qui on rend des comptes.

275 – Tous ces petits cogiteurs plus ou moins connus qui se soucient de la société, ont de quoi faire, éternellement de quoi faire. Ils n’ont pas fini de cogiter, de critiquer, de suggérer, de militer, de dénoncer, d’analyser, ça les occupe.

25/01/20

276 – Tout repose sur la confiance, même la monnaie. Or, la confiance est une valeur en baisse, alors que la manipulation est une valeur en hausse. Communication oblige.

277 – Si vous parvenez à la certitude que vous ne voudriez pour rien au monde revivre votre vie – en ne sachant pas évidemment que vous la revivez – on vous doit des excuses pour vous avoir mis au monde. Et vous n’avez pas de devoirs.

278 – Le macronologue. En somme, c’est l’anti-de-Gaulle. Les désordres de 68 étaient la conséquence du progrès et de la croissance de la France. Les désordres depuis 2019 sont la conséquence de sa régression.

 

26/01/20

280 – Le bien en général, le bien des autres est une astuce magnifique pour concilier, apparemment, le bénéfice personnel – alors indirect – et la bienfaisance – alors différée

281 – Prétendre pouvoir effectuer un travail critique, un choix réfléchi quant aux idées qui circulent, c’est prétendre que l’on n’est sous la coupe d’aucune vision fondamentale du monde sous-jacente, c’est prétendre qu’on a fait un audit de la maison de sens qu’on a construite autour de soi avec les matériaux qu’on nous donnait. Cela n’est crédible que si, pour cela, on n’a pas du tout utilisé ce qui était là avant. Prenons le mot Dieu par exemple. Se rend-on compte de la mémoire et du passé qui lui sont associés, des forces obscures que l’on risque de réveiller, de l’océan de textes et de paroles qu’on lui a consacré, des enjeux terribles qu’il représente et vous prétendez que vous pouvez faire un audit du sujet sans rien utiliser de tout cela ? Vous prétendez penser Dieu en dehors de toute cette culture ? Et bien sûr avec des mots.

282 – Faisons un test : ôtons toute valeur à toute idée, tout mot, tout concept qui désigneraient ou représenteraient une collectivité, un ensemble, un groupe humains et leurs comportements. 

27/01/20

283 – Si on fait confiance aux mots pour se connaître, on ne se connaîtra jamais. Ils peuvent nous aider mais ils ne savent rien de nous. Ils ns sont pas adéquats pour décrire le monde physique (on emploie plutôt les mathématiques) ils ne le sont pas non plus pour décrire le monde vivant.

284 – Pourquoi vous-sentez-vous mieux quand vous jouez délibérément un personnage plaisant en société ? Parce que les pensées qui faisaient de vous un enjeu vous lâchent un peu.

285 – La sensibilité aux valeurs en vogue dans une société est proportionnelle au besoin d’amour. Elles sont une promesse d’être aimé si on les adopte. Les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent.

286 – Les pensées que l’on a, les propos que l’on tient sont bel et bien le produit de notre cerveau à nous et non pas le fruit d’une sorte d’esprit issu des notions abstraites et spirituelles que l’on peut utiliser.

287 – Une leçon de non-nominalisme donnée par Zemmour qui cite de Maistre. Non, il n’y a pas plus d’homme qui traverse la rue que de Français qui traverse la rue. On aperçoit juste une forme verticale avec un tronc et des membres. Cela pourrait être un robot humanoïde. Et encore – vertical, tronc, membres – c’est déjà une production de sens conditionnée. Le mot, c’est la chose pour la pensée. C’est de cette façon que l’on s’approche un peu de ce qui n’est pas culturellement conditionné .http://planetdsaintje.unblog.fr/2020/01/25/de-la-terre-au-ciel/

28/01/20

288 – Il n’y a pas plus de raisons et de chances de respecter la nature en la pensant qu’il n’y a de raisons et de chances de respecter la nature humaine en la pensant . On n’a jamais su et pu le faire. Il est absurde de croire qu’on peut respecter l’une sans respecter l’autre. Penser le contraire, c’est se contredire, c’est penser que la nature humaine et la nature sont indépendantes. On peut tout craindre de la part de quelqu’un qui voudrait opposer l’une à l’autre ou qui croirait être purement culturel. On a déjà essayé, c’est le monothéisme. (sales Occidentaux, repentez-vous, la fin est proche !)

289 – Le monde a créé l’homme (et Dieu aussi par la même occasion) puisque c’est avec les idées de ou sur l’homme qui circulent, qui plaisent, qui règnent autour de nous que nous nous pensons en tant qu’hommes, et que c’est à partir de cela que l’on pense les autres. Le monde est une pensée.

290 – Inutile d’espérer que vous trouverez un jour le sens que pouvaient avoir vos peines, vos impuissances, vos ignorances, vos souffrances, vos échecs. Vous ne le trouverez jamais parce que l’existence de  celui que cela touchait n’a pas de sens, donc ce qui lui arrive non plus..

29/01/20

291 – Combien êtes-vous entremêlés, imbriqués, enlacés, confondus, indistincts ? Y-a-t-il beaucoup de monde au fond de votre conscience, de votre état d’âme ? Si vous avez épousé les opinions répandues, les idées courantes, si vous pensez comme tout le monde, et si cette façon de penser consiste à croire, en plus, que vous partagez et vivez les qualités morales et spirituelles de tout le monde, vous permettant de communier, d’être dans le même esprit, c’est une sorte d’orgie spirituelle dans laquelle vous êtes englué.

292 – On était totalement sans défenses, totalement à la merci du monde dans lequel on débarquait. n’ayant aucune idée de ce qu’il était, aucune idée de ce que nous étions ou de ce qui faisait qu’on était là. Mais on était très désireux de trouver une place dans celui-ci. (instinct de survie) On a pris pour argent comptant l’idée de nous-même que l’on nous renvoyait. Les préjugés, les désirs personnels et collectifs, les projections etc y sont allés bon train. Pas le moindre moyen intellectuel de les refuser ou des les critiquer. On a été créé ainsi, comme un produit sorti d’une usine. Il y eut juste des protestations basiques et impuissantes contre ce qui nous arrivait de malheureux. Nous n’avons pas le moindre commencement de responsabilité dans ce qu’on a fait de nous ..Et nous ne serons jamais certains des cas où nous devons nous démarquer de cette histoire et des cas où nous devons la continuer. Si, il y a une chose que je sais, c’est comment traiter ceux qui prétendent savoir.

293 – Parfait s’est dit le monde, puisque vous tenez à avoir votre place et que vous dépendez totalement de moi pour l’identité que vous aurez, je vais pouvoir vous mener par le bout du nez et vous demander tout ce que je voudrai. Et comme vous ne pourrez pas satisfaire à tout, vous vous sentirez toujours coupable, ne méritant pas d’être là.

294 – C’est la raison pour laquelle on est irrésistiblement entraîné à formuler ce qui nous plaît, ce qui nous apporte du bonheur afin de se construire une identité pérenne, ces valeurs ainsi conceptualisés et communiqués feront partie de ce qui est socialement et culturellement connu et validé. Il est inimaginable de ne pas avoir une identité, inimaginable de ne s’en rapporter qu’à soi-même, à chaque instant de sa vie, sans rien figer du tout.

30/01/20

295 – Rien de plus facile et rien de plus lâche que de persuader quelqu’un qui ne s’explique pas son existence, qu’il ne peut exister qu’aux conditions indiquées par la société ou par Dieu.

296 – Que resterait-il du mal si on pouvait supprimer toutes les façons ou tous les moyens – loués ou condamnés – d’exister pour la société ?

297 – La légitime défense ne se justifie pas seulement entre individus, mais aussi entre individus et institutions, organismes etc

298 – Le réel – ou ce qui existe – c’est sans la médiation des mots. Ce n’est que de la conscience sans séparation avec l’objet de conscience. Voilà des mots : réel, médiation, mots, conscience, ce n’est pas du réel, c’est de la pensée, du sens. Mais vous pouvez peut-être vous reporter à une vraie expérience en lisant cela. Quand ce n’est pas nommé, parce que quand ça l’est, les choses se gâtent sérieusement.

299 – Alors cela nous préoccupe, cela nous intéresse. Cette société dans laquelle, depuis toujours, de toutes les façons, on a essayé de trouver notre place, a des problèmes, vacille, bat de l’aile. Tous unis pour la sauver, sinon notre vie n’a plus de sens.

300 – Déjà, soyons bien clairs, pour penser ou parler à propos de quelque chose, il faut s’en séparer. Séparés de quoi ? De la réalité vivante, de la non-dualité. Séparés comment ? Par des mots dont le sens ne peut pas rendre compte de cette réalité, dépendants qu’il sont d’un système culturel en place. Ainsi, on peut dire : j’ai mal. Il y a une vérité vécue là-dessous. Celui qui l’entend peut ranger cela dans son système d’interprétation qui dépend de sa fonction sociale parce que, lui, il ne ressent rien. Réel d’un côté, culturel de l’autre.

301 – Soi-même, on utilise un mot pour nommer sa conscience. Aussitôt, ce mot est problématique : est-il conforme aux vérités, aux jugements, aux valeurs qui règnent en quasi-maîtres dans notre vie ? Non. Il prête le flanc à toutes sortes de critiques, de relativisations, de préjugés. Et voilà que ce que vous vouliez désigner ne vaut plus grand-chose et devient douteux.

31/01/20

302 – On est donc obsédé par tout ce qui conditionne notre existence, essayant de savoir ce que cela vaut, ou ce qu’il faut en penser. 

303 – On n’est pas plus prêt à considérer que notre existence ne peut dépendre d’aucune forme de condition qu’on est prêt à ôter toute espèce de valeur et de vérité aux principes, jugements, idées qui régissent la façon dont on peut parler de ce que l’on vit. (par exemple : ôter toute valeur au jugement du mot mal qu’on a utilisé en disant j’ai mal.)

304 -  Exister – conscience d’exister sans l’ombre d’un doute – c’est sans dépendre des mots pour en parler. Sinon, ces mots dépendent de la valeur que la culture ou la société  voudront bien leur donner, et notre existence qui dépendait d’eux aussi. 

305 – Qu’est-ce que cela peut nous faire les structures de sens fondamentales en fonction desquelles les autres ont constitué leur personnalité, on ne va pas perdre son temps à les défendre. il n’y a qu’eux pour croire qu’ils ont découvert la lune. Oui mais l’intérêt général disent-ils…. nous y voilà !  

01/02/20

306 – Quand un médecin meurt, c’est un peu d’inhumanité qui disparaît.

307 –  De la même façon que lorsqu’une fumée toxique disparaît, on respire mieux, quand des jugements conditionnés sur les mots qui nous viennent pour exprimer ce que l’on vit disparaissent parce qu’on ne leur accorde plus aucune valeur, on se sent beaucoup mieux.

308 – il y a déjà des tas de gens qui s’occupent en toute priorité du progrès et des intérêts des structures politiques et sociales, des branches et organismes professionnels qui les emploient, pourquoi faudrait-il consacrer sa vie au maintien, au progrès des codes sociaux et moraux qui régissent une société comme si on faisait partie de son personnel  ? Il n’y a pas eu de contrat.

309 – La réponse est simple. On ne conçoit pas qu’un individu indépendant, avec des droits purement individuels, puisse exister en dehors de la société. Ces droits doivent faire partie de ce que la société a prévu. Ils n’ont pas comme seule légitimité, la volonté de l’individu. Ce dernier doit en tirer toutes les conséquences.

310 – L’individu peut prendre acte du fait qu’on lui dénie toute existence et qu’en même temps on ne cesse de lui demander son aide.

311 – L’individu prend conscience qu’on lui dénie toute existence quand il comprend que tout ce qui pèse sur ce qui lui vient à l’esprit pour exprimer ce qu’il vit revient à lui indiquer ce qu’il doit faire : aimer ceci, ne pas aimer cela, penser ceci, ne pas penser ceci, choisir ceci etc.

312 – Le jour où les Chinois et les Japonais se libéreront de leur confucianisme et de leur nationalisme qui permettent à leurs dirigeants politiques d’en profiter et de gouverner d’une main de fer, le monde changera. 

313 – Même la guerre est un divertissement, une façon de s’occuper bienvenue quand on ne sait pas ce qu’on fait sur terre et pourquoi on existe et quand on n’en a pas pris son parti dans son intérêt. 

02/02/20

314 – Quand on se raconte ou quand on se remémore sa propre histoire, on peut retracer tous les jugements, toutes les conclusions qu’on a portés sur nous en fonction des vérités établies, des idées en vigueur – c’est ainsi que les imbéciles s’adressent à nous. Ce n’est pas sa propre histoire qu’on se raconte là, c’est l’histoire de ce qu’on a été pour les autres. Et on peut retrouver tout ce qu’il y avait de vécu derrière ce qu’on a essayé d’exprimer.

315 – Si l’individu n’existe pas, on explique des comportements collectifs par des raisons collectives. Il n’y a rien d’autre. On a le choix du système que l’on va utiliser ; sociologie, philosophie, religion, politique , historique etc

316 – J’aime, je pense, je crois…vous sentez-vous libre de vous dédire, même quand il ne s’agit que de pensées ou de paroles distraites ? Non ? Alors faites attention, parce que votre vie se trouve alors priée de confirmer ou de respecter ce que vous avez eu l’imprudence d’énoncer, et vous n’êtes plus libre de vos sentiments. Vous venez de remplacer du vivant par de la pierre. La société aime cela, et vous ?

317 -  Ce qui n’existe pas, ce n’est pas l’individu, lui est bien réel et sans lui, rien n’est possible. Ce qui n’existe pas, c’est celui que les autres pensent en fonction de leur savoir conditionné et théorique, et qui est censé être nous.

318 – Ils se retrouveraient à poil et honteux tous ceux qui nous pensent et nous jugent si on leur enlevait les vérités établies et opinions répandues dont ils s’autorisent, et s’ils devaient justifier seuls leurs opinions. 

319 – Est-ce que, sérieusement, vous pouvez vous accuser d’avoir ajouter foi aux avis des autres sur vous, au savoir supposé en fonction duquel on vous disait ce que vous étiez ? Est-ce que vous pouvez vous reprocher d’avoir vécu la vie de ce personnage inventé par les autres ? Êtes-vous coupable de l’existence de ce processus, de ce fonctionnement du mental qui vous a mis dedans ? Est-il juste que vous ayez payé toute votre vie pour cela ?

320 – Du point de vue de notre existence, rien de tout cela n’a de sens. 

321 – Peut-être que notre bonne disposition initiale ou notre a priori positif sur nos parents, les hommes et le monde était-il erroné. On s’est fourvoyé dès le départ.

322 – Seul, vous ne vous rendriez pas stupide, votre ne seriez pas un imbécile. pour cela, il vous faut de la compagnie.

03/02/20

323 – Même à l’extérieur, cela se passe à l’intérieur, en soi. Quel que soit le domaine – technique ou purement humain – il nous faut, c’est plus fort que nous, confirmer un savoir quelconque ou plaire à des mots ou des idées quelconques qui nous viennent à l’esprit. Et une solution, automatiquement, se présente.

324 – Si nos buts existentiels – genre bonheur, amour, famille, vertu, sérénité etc – sont définis, désignés par des mots (et on sait d’où viennent ces mots) alors ils sont collectifs, parce que ces mots sont collectifs ou généraux. Ce sera comme tout le monde.

325 – Tout le monde est en quête de savoir. On a toujours été ainsi. On croit qu’en augmentant notre savoir, la vie sera plus facile, on se comprendra mieux, on se maîtrisera mieux. Mais c’est le contraire. Le savoir est l’ennemi juré de la vie. Il ne peut pas la comprendre, il est au service d’une société,, d’une culture. Il ne peut que l’étouffer ou la malmener.

326 – Notre organisme ignore le collectif, nos sens aussi, les petits enfants aussi. Il faut être éduqué dans ce sens.

327 – Aucun adulte ne mérite la confiance que lui fait un enfant. Aucun monde ne mérite l’adhésion dont fait preuve un enfant. Aucune justice ne légitime la dépendance et l’ignorance qui sont celles d’un enfant. Aucun homme ne mérite le sort que les lois de l’espèce et les lois sociales lui réservent surtout pour leur en faire le reproche.

04/02/20

328 – Ignorez que vous vous servez de tout ce qui existe selon le sens des mots que vous utilisez pour le nommer. Et que ces mots ne vous appartiennent pas. (même tuer) Ignorez que vos pensées vous disent tout ce qu’il faut faire, et que ces pensées viennent de l’extérieur, des autres, de la société. Ignorez que vous ne fonctionnez pas comme un individu réel qui a le droit d’avoir des volontés propres mais comme une partie d’un ensemble abstrait – une collectivité – qui a un sens général, ce qui vous conduit à faire comme tout le monde. Ignorez tout cela – comme tous ceux qui vous ont formé, éduqué, conditionné – et on pourra vous rendre responsable de n’importe quoi. Il suffira que quelqu’un passe avec des pensées différentes. Et si ce quelqu’un a le droit d’utiliser la force, vous ne pourrez rien contre lui.

329 – Dans ce cadre, viennent s’inscrire ceux que le destin, l’histoire et le hasard ont sérieusement défavorisés, ceux dont les facultés de départ étaient modestes, ceux qui ont hérité de mots et de pensées toxiques et qui subissent tout le poids de l’ordre établi. Eh bien les ignorants précédents mais dont le sort a été nettement plus favorable, ne pourront jamais les comprendre.

330- Il y a des gens qui s’occupent activement de renforcer la valeur des mots dont le sens aboutit à des rapports pénibles avec les choses qu’ils désignent. Il y a des gens qui militent pour le succès de pensées  déjà problématiques qui doivent nous déterminer. Il y a des gens qui pourchassent ou persécutent ceux qui ont quelque vélléité de se singulariser par rapport au sens commun ou collectif. Tous ces gens-là méritent qu’on s’en prenne à eux. 

331 – Ce serait se falsifier de ne pas se réjouir de la disparition de quelqu’un qui a le droit d’utiliser la force pour nous imposer sa volonté afin de satisfaire son désir. Joie innocente parce que vraie et spontanée.

332 – Drôle de rocher que l’homme moderne pousse devant lui comme Sisyphe. Contrairement au personnage du mythe, il n’atteindra jamais le sommet et le rocher ne redescendra pas. Cette charge s’appelle : chercher, augmenter, montrer son savoir, qui, en retour, pèse de plus en plus sur lui. Contrainte. Devoir. Compulsion. Et effectivement, le rocher grossit rapidement au point qu’il risque fort d’écraser celui qui le pousse. Le savoir a une soif dévorante de savoir.

05/02/20

333 – Le savoir jouit d’une excellente réputation. Il suffit de voir à quel point celui qui en est doté est célébré, à quel point tout le monde est lancé dans la quête du savoir, à quel point tout le monde aime montrer qu’il sait, à quel on est gêné de ne pas savoir, à quel point on est soumis à la confirmation du savoir qui se présente dans notre esprit en toute occasion et à quel point on est content quand on peut se dire : oui je savais, oui j’ai raison. Il est notre maître dans la vie ce savoir apparent des autres, ce savoir apparent que l’on a, ce savoir qui expliquerait tout. C’est Dieu, c’est la concierge qui a appris une chose. Malheur à ceux qui sont à la traîne. Voilà la place prise chez les hommes par cette faculté qui n’a cessé de se développer depuis l’homo faber. Nous a-t-elle rendus meilleurs ou heureux ? Nous fait-elle du bien ?

334 – Mais enfin on peut distinguer deux sortes de savoir. Il y a le savoir qui commande (cela doit être comme cela) et le savoir qui obéit (on a appris cela) . Il y a le savoir qui asservit, le savoir qui nous opprime, nous étouffe (tu dois obéir) et le savoir qui libère. Il y a le savoir sacré et le savoir ouvert. Il y a le savoir qui a peur (dogmatique, agressif) et le savoir qui n’a peur de rien. Quelle place occupe la première catégorie de savoir dans nos vies ? Quelle sorte de savoir voulons-nous toujours confirmer, servir, défendre, représenter ?

335 – La vie, l’énergie vitale, sont toujours innocentes et sans forme. Comme l’eau. C’est la culture, ce sont les mots qui leur donnent toutes les sortes de formes possibles. Mais il ne faut pas confondre les unes et les autres. Il ne faut pas incriminer la vie. Il ne faut pas vous incriminer. Au contraire. Ce n’est pas le but de la vie de fabriquer des formes. Seulement ces formes se servent de la vie pour en faire ce qu’elles veulent. Ou va l’eau de la cruche brisée et que le  désert absorbe ?

336 – Le temps est un gros problème puisque, qu’on le reconnaisse ou pas, l’existence de la personne que l’on est n’a pas de sens. Alors que devrait-elle faire ? Il y a ceux qui ont confiance dans le sens qu’ils donnent à leur vie, ceux pour qui il a du prix. Ceux-là savent quoi faire. Et il y a les autres qui ne font que trouver des occupations pour passer le temps, ou qui s’ennuient.

336 – La machine mentale à présenter du savoir fonctionne à plein régime, presque tout le temps, comme un ordinateur fou, quand il est devenu évident qu’il faut que nous soyons quelqu’un qui sait. On le consulte tout le temps. On est un sachant pour les autres et pour soi-même. C’est que éduquer un enfant, former un adulte, c’est le confier à des sachant qui lui enseignent aussi bien du savoir bénéfique que du savoir maléfique, aussi bien du savoir dogmatique que du savoir ouvert. Savoir devient un devoir capital, urgent même, pour être respecté. Savoir est devenu une tyrannie. Or, exister cela ne consiste pas à se servir d’un savoir, d’une culture, d’une compréhension du monde, via quelque médium, c’est être en contact direct avec le monde sensible extérieur et intérieur. Et il se trouve que le savoir peut interrompre ce contact. S’il y réussit, il nous empêche d’exister.

 337 – Le savoir vous dit ce que vous devez faire, il vous dit ce que vous devez aimer, il vous dit ce que vous devez choisir. Pourquoi ? Parce que c’est un savoir qui est déjà là pour vous diriger, qu’il vienne des autres, ou qu’il vienne de vous si vous avez eu l’imprudence de déclarer ou d’affirmer des choses préalablement et que vous ne voulez pas vous dédire.

06/02/20

338 – Cela peut être dangereux de vouloir résoudre ou comprendre une question que l’on se pose. Cela pourrait nous relier à notre histoire vécue au lieu de rester dans la raison dialectique. C’est pourquoi il est plus rassurant de s’intéresser aux questions des autres, là on ne risque pas grand chose et on peut jouer au savant.

339 – La vie ne demande qu’à s’écouler, qu’à se répandre et on ne lui propose que des formes à remplir ou des conduites à emprunter. Elle doit servir à faire fonctionner des dispositifs inventés par les hommes. Cela s’appelle s’investir. Mais, ne pas oublier la leçon :

340 – Un moyen de rendre fou quelqu’un est certainement de l’enfermer seul dans une cellule où le sol, les murs et le plafond sont constitués de grands carrés blancs et noirs égaux et sans nuances. Un moyen de tuer la vie qui est dans quelqu’un consiste à le mettre dans un monde où toutes les choses, toutes les personnes, tous les gestes et tous les actes, toutes les paroles, toutes les pensées sont bien ou mal. Soit l’un soit l’autre. Et c’est tout.

341 – Les formes, innombrables, issues de la culture, sont plus ou moins différentes les unes des autres. elles s’opposent souvent les unes aux autres. Au nom d’une forme, on en juge une autre. Mais nous n’avons guère choisi les formes auxquelles nous avons donné vie. Il fallait bien, pour vivre, emprunter des formes .La vie n’est pas concernée quand une forme est condamnée par une autre. L’investissement était nécessaire et désintéressé. 

342 – On a une passion pour les formes ou les objets. On aime les lave-linge, les fours à micro-onde, la télévision, mais pas l’électricité. On aime les voitures, mais pas l’essence. On aime les voiliers, mais pas le vent. On aime les légumes, les fruits, mais pas pluie.

343 –  Oui, bon ! Abus, agressions sexuels ou viols sur mineurs ou pas, dans notre sainte mère l’Église et ses dépendances, dans le sport( (actualité) dans les arts du spectacle, l’éducation nationale, les hôpitaux (adultes et enfants)  les commissariats, l’armée, dans les familles le plus souvent quand il s’agit de mineurs, et autres à venir;  le problème n’est pas le sexe masculin, c’est le pouvoir, l’emprise d’un côté, et la faiblesse de l’autre. Le pouvoir si honorable, n’est-ce pas ? Au-dessus de tout soupçon. Le monde est sadien, vous ne le saviez pas ? (immunité + faut pas se gêner) Si vous m’avez lu, vous comprenez pourquoi les jeunes sont des victimes idéales.

344 – Le grand malheur pour nous – et nous n’y sommes absolument pour rien – c’est que nous ne savons pas quel est le sens de la vie ou quel sens peut bien avoir l’existence de notre personne particulière. Ignorant cela, comment pourrions-nous savoir ce qui est méprisable ou criminel à notre égard , comment pourrions-nous nous autoriser sereinement à aimer ou haïr et repousser ? Quoi que l’on nous fasse, tout particulièrement étant enfants ou jeunes, comment saurions-nous quoi en penser ? Notre seul repère sont les convenances ambiantes. (des ires sans fin) Compris ou pas ?

345 – Il y a des des choses objectives, répertoriées, que l’on met 10 ou 20 ans à pouvoir formuler et faire savoir. Mais il y a beaucoup d’autres choses moins claires, moins connues, moins compréhensibles, mais graves, que l’on ne parvient jamais à extirper et à exprimer.  

 07/02/20

346 – Les vêtement que l’on trouve dans le commerce peuvent différer par leur taille, sinon, ils sont tous pareils et des tas de gens peuvent les acheter et les porter. Les vêtements que l’on fait faire sur mesure s’adaptent à toutes les caractéristiques de notre corps, et on peut, en plus, choisir le tissu, la couleur. Les premiers sont faits pour des corps théoriques, standards, les seconds pour des individus singuliers. De même, on peut se laisser tenter par les idées et les mots qui se présentent automatiquement dans notre esprit. Ils s’imposent à nous. Ils sont prêts à être utilisés, ils sont souvent d’un usage courant. Et on peut vouloir qu’ils expriment ou suggèrent ce que nous ressentons, éprouvons, désirons, et qui nous est propre. Mais pour cela, il faut être conscient de ce que l’on veut exprimer. Lorsque quelqu’un parle, il est bien difficile de mesurer à quel point ce qu’il dit colle avec ce qu’il ressent puisque nous ne pouvons pas faire autrement que d’utiliser les mots de tout le monde..

347 – Les hommes aiment les formes. Il semble qu’ils ne s’intéressent qu’à elles. Pourtant, c’est par la vie qui anime ces formes  que beaucoup d’entre eux sont conquis sans même qu’ils le reconnaissent. .

348 - Je me demande combien d’articles standards m’ont servi à habiller mon petit monde et ma petite existence qui n’avaient rien de standards. Les articles standards les plus utilisés sont les mots.

349 – Mais enfin, de quelle mission croyez-vous être investi dans la société ? Que croyez-vous que les autres attendent de vous à ce sujet ? Qui vous a fait croire que vous comptiez, vous personnellement, pour elle ? Mais quelle est cette idée folle d’entretenir un dialogue vous/société ? D’où vient ce devoir que vous croyez avoir de la maintenir ? Qui vous a fait croire que vous aviez des devoirs à l’égard de ses représentants ?

350 – C’est nous qui donnons de la valeur à la société parce qu’on n’a pas arrêté d’y faire référence, mais jamais la société, en tant que telle, ne parvient à montrer qu’elle en a

08/02/20

351 – Les urgences n’en peuvent plus. Hein ? Non, je ne parle pas des urgences dans les hôpitaux, je parle de nous, de nous tous, et je parle de la situation du monde entier. Que deviendrait l’altruisme, comment donnerions-nous un sens à notre vie si on nous disait : « tout va bien, pas de problème  » ? Rassurez-vous, cela n’arrivera pas. Vous serez toujours alertés, interpellés, sollicités, effrayés, désolés  par ce qui se passe dans le monde, et de plus en plus. 

352 – C’est un fait, vous avez remarqué n’est-ce pas ? Quand vous vous endormez peu à peu, les pensées s’espacent, se résorbent Et vous n’avez plus de problèmes, ni avec vous-même, ni avec les autres, ni avec le monde. Plus de pensées, cela veut dire : le monde ferme sa gueule.

353 – Vous n’avez plus le droit, aujourd’hui, de ne pas vous sentir concerné par tout ce qu’il se passe dans le monde, d’ignorer les sollicitations ou interpellations dont vous êtes l’objet, ce serait vous marginaliser, ce serait être sans cœur et sans intelligence. La honte devenant sentiment de culpabilité, autrement plus efficace. 

354 – Quête de valeurs, partout, autour de nous. Soif de valeur.  Tout cela pour avoir de la valeur. Aussi loin que remontent nos souvenirs (allez-y, chiche, faites l’essai) nous avons toujours fait cela. Mais qui fait cela ? Personne d’autre que la partie d’un ensemble abstrait (collectivité) qui a un sens général. Le produit de ce système. On ne sera donc pas étonné que les valeurs que l’on recherche, que l’on adopte, doivent être générales. C’est ce qui fait que, intérieurement, constamment, on ne cesse de rendre des comptes, de prendre à témoin, espérant un encouragement. C’est ce qui fait que, intérieurement on est incapable d’être seul, indépendant, libre.

355 – On ne porterait pas de jugements si on n’avait pas l’intention de faire un système d’une opinion. Quand ce n’est que pour son usage personnel, à quoi bon ? On sait à quoi s’en tenir.

356 – Les racines égoïstes de l’altruisme : pour sa survie, le petit enfant a besoin de la survie de ses proches. Il est sensible à tout ce qui la remet en cause.

09.02/20

357 – Il faut pour qu’une société existe, pour qu’on puisse dire qu’elle existe, pour qu’elle perdure, que les relations entre ses membres soient stables, prévisibles, que ses membres acceptent de s’y conformer. Bon nombre de mots ne servent à rien d’autre qu’à instaurer et définir les relations qu’il faudra avoir les uns avec les autres. C’est ce qu’on appelle les valeurs, la morale commune. Ainsi, chacun sait quelle attitude, quel comportement il doit avoir avec tout le monde. Ces mots ne désignent que cela, ne définissent que cela : ce que l’on voit des comportements. Cela ne va pas plus loin. Ils sont surtout utiles à une société. Mais des pouvoirs totalitaires comme les religions instituées ont voulu que les mots correspondent aussi à la nature des hommes, à leur vie intime. Ils on imaginé que l’on avait, avec ces mots, des esprits transcendants, immatériels qui étaient la Vérité pour les hommes. Et il n’a jamais été question de savoir si cette opération de conversion était possible. C’est ainsi que les mots sont devenus des dictateurs, des tyrans parfois sanguinaires. Ce qui était utile est devenu tragique.

358 – Le jugement de valeur. Le pouvoir qui préside à une société, qui la représente, qui en a la garde, a comme objectif prioritaire le maintien de ce qui la soude, la gloire des valeurs et de la morale communes qui permettent son existence. C’est toujours un idéal. Seules comptent les formes collectives parce que c’est avec des formes définies, pérennes, collectives que l’on construit une société. Elle passe avant tout. Et c’est en fonction de ces formes collectives idéalisées que l’on juge les individus. On les juge en fonction de leurs capacités à être fidèles à ces formes. C’est le savoir toxique dont je parlais. L’individu qui épouse l’intérêt de la société, qui épouse ses critères de jugement, est bien malheureux s’il ne sait pas lui plaire. Il est malheureux parce que, du point de vue de la société, il ne vaut rien. Pourtant, il y a une grande vérité dans ce que dit le renard au Petit prince : «  C’est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante «  La perfection de la forme que la société attend n’est pas forcément proportionnelle au temps passé et à l’amour prodigué. D’une part il y a des formes que la société méprise, d’autre part, si on prenait comme critère de jugement le temps passé et l’amour prodigué, ce ne serait pas les mêmes personnes qui seraient louées. (petit salut à St-Ex :  http://planetdsaintje.unblog.fr/2020/02/08/aride/  )

359 – C’est ainsi que les formes que la société encense, le sens courant des mots qui doit aboutir à une pratique courante, sonnent toujours comme un devoir, comme un dévouement inconditionnel dont il faut faire preuve. Et cela se fait en ignorant le coeur que l’on peut mettre dans une tâche et au mépris le plus total des singularités individuelles. Jamais aucun artiste, et même aucun inventeur ou découvreur n’a trouvé quoi que ce soit en ne se servant que de ces formes collectives. C’est en se reliant, en s’enracinant dans leur propre singularité et leur propre vérité qu’ils sont arrivés à quelque chose. C’est pourquoi les solutions toutes faites et convenues que la pensée nous propose tout le temps sont des devoirs à mépriser.

360 – Le cas de la musique peut être très instructif pour comprendre cette histoire de forme et de vie. La musique, en tant que telle, est une question de fréquences, de rythmes ou de rapports, et de force. Tout cela, ce sont des mathématiques, et on n’a jamais vu des mathématiques traverser la rue. C’est une création des hommes, une création qui a un sens ou qui leur permet d’exprimer quelque chose d’eux-mêmes. C’est la vie, l’esprit si on veut. Mais la musique, ce sont aussi des vibrations produites par un instrument et communiquées à un milieu (l’air par exemple) . C’est la forme, bien objectivable. La musique sans forme reste une intention. La musique n’existe pas s’il n’y a que les formes et pas d’intention. Ce qui est intéressant à remarquer, c’est que, influencés par notre lourd conditionnement religieux, on a tendance à croire que l’amour, la liberté, la vie, la paix, le progrès etc existent par eux-mêmes, on ne sait comment et où, indépendamment de nous. Tandis que peu de gens croient, qu’un morceau de musique existe dans un univers mystérieux.

361 – La vie en soi peut emprunter des formes, donner naissance à des formes, des formes inspirées de ce qui est connu, de ce qui circule. Mais si on dépend de la reconnaissance ou de l’approbation de ces formes par les autres pour exister, c’est une catastrophe.

10/02/20

362 – Une société ne tient que par l’énergie que chacun met à animer ses formes, à défendre ses valeurs communes. Elle repose sur la croyance que tout le monde fait cela. Et il arrive que des dirigeants incitent à ne pas y croire.

363 – On sait comment se faire du bien au corps, on devrait savoir aussi comment se faire du bien à l’âme.

364 – Vivre en paix, sans pensées ou sans images qui sont des jugements et sans pensées de jugement de tout ce qui, en soi, n’est pas un jugement.

365 – Ce qui est beau, c’est de voir que ce monde condamné, que ce monde qui s’écroule, est constamment sauvé de la disparition par des milliards de petites mains et de petits esprits qui font tout pour le réparer  ou  le consolider. Et il faut voir quelle énergie et quelle foi ils y mettent. C’est comme une fourmilière qu’on aurait malmenée. 

366 – Ce qui est étonnant, c’est de voir à quel point la bonne conscience ne souffre absolument pas de devenir de plus en plus étriquée. Son confort réside dans le fait que tout ce qui pourrait la troubler est rejeté. A quels magnifiques spécimens humains on aboutit ainsi.

367 – J’adore les gens qui adorent les formes, qui adorent les formes en tant que telles (abstraites ou concrètes). C’est avec un malin plaisir que je guette le moment où ils devront y renoncer, soit parce qu’elles auront changé de forme, soit parce qu’elles auront été détruites ou balayées, soit parce qu’ils seront revenus de leurs illusions.

11/02/20

368 – 7,7milliards d’humains sur terre qui ne savent pas ce qu’ils font là et qui feront ce qu’on leur demandera (pour ne plus se poser de questions, croyants inclus ) ou vivront leur vie au maximum de leurs intérêts sans aucune illusion.

369 – La nature était là avant les hommes, et ce ne sont pas les hommes qui ont créé les lois physiques et les lois biologiques. Ce ne sont même pas les hommes qui ont créé l’homme. Alors de quel droit la culture ou la société se permettent-elles de donner un sens et d’attribuer une valeur et une utilité à la nature ? C’est la loi du plus fort. De quel droit la société ou la culture se permettent-elles de donner un sens et d’attribuer une valeur et une utilité à la part naturelle de l’homme ? C’est la loi du plus fort. La loi de la jungle retournée.

370 – De la même façon que la science n’est pas faite pour atteindre d’autres buts que des buts scientifiques, la culture ou la société, dont procède la pensée de chacun, ne sont pas faites pour atteindre d’autres buts que des buts culturels ou sociaux. 

371 – Ne mélangeons pas tout. Ce qui est objectif, indépendant des individus, ignore le subjectif et ne peut rien pour lui. Ce qui est général, ignore le singulier et ne peut rien pour lui. Ce qui est inerte, matériel, non-vivant ignore ce qui est vivant et sensible. Ce qui est éprouvé, ressenti, l’objectif, le général, l’inerte ne peut pas l’appréhender. Les pensées nous relancent sans cesse pour que nous participions ou contribuions au fonctionnement de l’objectif, du général, de l’inerte. Mais dans le principe, on peut imaginer que cette tâche pourra un jour être effectuée par des automates. A nous de voir si nous nous concevons seulement, si nous sommes seulement, de l’objectif, du général, de l’inerte, avec une vie sans laquelle rien ne serait possible. (il faudrait faire travailler les animaux, depuis le temps qu’ils se tournent les pouces ! ah ah )

372 – C’est un comble non ? rappelez-vous, rassemblez vos souvenirs, tout s’est passé comme si, très tôt, très vite, on avait eu à se justifier d’être sur terre, d’être là. De quel formidable tour de magie on a été victime ! 

12/02/20

373 – Avec leurs capacités intellectuelles grandissantes, les hommes ont été capables peu à peu de déchiffrer le monde, de l’interpréter, de l’utiliser et de l’exploiter ou de le modifier. Ils ont découvert ses lois et ses structures. De même, avec d’autres lois et d’autres structures, ils ont créé des sociétés. Toutes ces connaissances ont été transmises à la descendance au moins en partie. S’intégrer dans le monde ou trouver sa place dans la société c’est faire appel à ces connaissances et les utiliser. C’est un apprentissage, un conditionnement, et cela fonctionne automatiquement en nous. C’est une question de bons signaux. (quand c’est comme ceci, on fait cela) C’est impersonnel. Cela n’a rien à voir avec ce qu’il se passe dans le contact entre la créature vivante, sensible et singulière que chacun est et le monde. Ce contact ne peut pas être généralisé. Ce sont des connaissances et des considérations utilitaires ou morales qui nous permettent d’appréhender le monde, mais la façon dont on est touché donne naissance à bien d’autre chose. Et cela n’a rien de moral. Le problème, c’est quand cette dernière faculté se réduit comme peau de chagrin, sollicités, mobilisés comme nous le sommes par nos capacités intellectuelles et notre désir d’exister socialement. La mondialisation et la production en masse étaient fatales. 

374 – L’eau, c’est H2O. C’est une source de profits. (50 centimes le litre + 30% de taxes) C’est un symbole. C’est l’essentiel de notre corps. C’est un liquide qui étanche la soif.  Mais l’eau peut aussi être bonne pour le coeur dit le Petit Prince.  » Cette eau…était née de la marche sous les étoiles,(absurde ou incertaine ndr) du chant de la poulie, de l’effort de mes bras. Elle était bonne pour le cœur  »

375 – Et ma blessure, alors, que puis-je en faire ? Différentes pensées issues de systèmes différents peuvent me l’indiquer. L’étouffer, il y a un travail important à effectuer. La cacher, il y a un entourage indifférent ou plus ou moins hostile qui ne s’y intéressera pas. La refouler, il y a un système de valeurs qui dit qu’il ne faut pas se plaindre. La nier, il y a une conception de soi, de l’homme qui ne prend pas en compte cela. La maquiller, il y a des idées que les autres ont de moi qu’il ne faut pas décevoir. Il faut satisfaire les formes et structures sociales. Je jouerai le rôle classique, convenu, général attendu.

376 – Maintenant, imaginons que depuis le début de notre vie, tout ce qu’on a éprouvé, ressenti ait dû passer à la moulinette des impératifs ci-dessus. Imaginons que les formes d’être déterminées par les pensées aient été les seules admissibles. Imaginions que nos vrais plaisirs, nos authentiques joies aient été ignorés de nous parce que devant se rendre compatibles avec le système de pensée en place.  Imaginons que nous avons entériné que notre vie consiste seulement à faire fonctionner les lois et structures sociales ; à se couler dans la panoplie de concepts généraux appartenant aux systèmes de pensée religieux, politiques, sociaux, psychologiques, moraux etc Imaginons que tout ce qui se passe de sensible en nous ait dû plier bagages devant tout ces devoirs. En fait, pas besoin de faire preuve de beaucoup d’imagination. Nous savons que la société et la culture sont les plus fortes et que, comme toujours, nous ne savons pas comment l’empêcher de nous dévorer. L’eau sera seulement H2O ou profit ou autre chose du même genre. Les zombies ne sont pas si méchants que cela, sauf quand on leur confère du pouvoir. Dans ce cas, l’inhumanité gagne. 

377 – Comprenons au moins ce que l’on fait, quels désirs on cherche à satisfaire toute sa vie, quel rôle on joue,  pour ne pas s’en laisser compter par tous ces cochons de donneurs de leçon.

378 – « Je m’occupe de choses sérieuses », « je suis quelqu’un de sérieux », « il faut être sérieux » , non seulement cela se décline de mille façons, mais selon notre personnalité, notre niveau social, cela décrit aussi bien des prétentions à s’occuper de choses qui comptent dans la société ou l’actualité, à poursuivre des buts que l’on surestime que des tâches qui consistent à honorer des engagements importants Combien de fois, dans notre existence, n’avons-nous pas méprisé ce qui n’était qu’une réalité personnelle vécue pour nous consacrer à des projets dont dépendait, semble-t-il, la marche du monde avec le sentiment que nous nous grandissions à cette occasion. C’est juste la conséquence de l’importance que l’on accorde à la société, que l’on y occupe une place non négligeable ou que l’on rêve de compter pour elle.

379 – Mais se soucier de la société, s’occuper d’elle, n’est qu’un faux-fuyant, un moyen d’échapper à la question sans réponse : quel sens a mon existence sur terre ? La certitude absolue et tranquille qu’elle n’en a aucun nous calmerait assurément. Sinon, chacun continuera à se concevoir forcément culturellement ou sociétalement.

13/02/20

380 – Si nous devons appartenir totalement à la société ou à la culture : pourquoi pas le post-humanisme qui éliminerait toutes les causes de dysfonctionnement de leur point de vue ? Sinon, nous sommes aussi hors de leur emprise. Il y a une part de soi qui n’a pas à être  intégrée en elles, réquisitionnée par elles, qui n’a pas à répondre à leurs conditions, qui n’a pas à être mise aux normes par elles, qui n’a pas à être employée pour leurs projets. Une part indépendante de la pensée qui voudrait se mêler de tout, s’immiscer partout, une cité interdite, non pensée.

381 – Attention, c’est très sérieux ! Il s’agit du service de Dieu. Il y va du salut du monde. Il y va du sort de l’humanité. Il y va de l’intérêt de la nation. Il s’agit de l’intérêt supérieur de l’État, du parti, de la branche, de l’entreprise. Il s’agit de l’intérêt de la communauté. Il y va du bonheur des autres, de la moralité publique etc Vous êtes en partie responsable. Pénétrez-vous bien de votre responsabilité et soyez sérieux. Vous héritez directement du sérieux de toutes ces grandes causes.

14/02/20

382 – C’est sans espoir. Le bien sera toujours défini par un système de pensée érigé en vérité ou par une conception générale du monde ou par des idées générales – tout ceci secrétant des jugements conditionnés et déterminants – et non par le respect absolu du refus d’autrui. Celui qui a cette idée de faire le bien à l’esprit est tout simplement le jouet de  son conditionnement.

383 – On sait comment allumer un feu sacré dans une personne.Il suffit d’une part de bien la convaincre que sa mission, ses idées, sont très importantes – sorte de cause sacrée – et d’autre part de la persuader qu’elle est digne et capable de les défendre du fait de ses qualités propres. Et la voilà gonflée à bloc, certaine d’avoir raison, prête à tout ou presque. Ce zèle fait l’admiration quand il se manifeste dans le cadre ou dans le groupe correspondants. Il est insupportable quand il se manifeste dans un milieu à peu près indifférent à la cause en question. Il est même complètement ridicule quand il ne s’agit plus que d’une certitude purement personnelle.D’où l’existence indispensable des partis, des corps, des corporations, des communautés etc D’où aussi les états d’âme de ces dévoués serviteurs quand ils deviennent indifférents au reste de la population.

384 – Le zèle ridicule, personnel et incompris par l’entourage peut s’expliquer par la conjonction de deux facteurs, d’une part la certitude de servir une cause d’une grande valeur, et d’autre part, être affligé soi-même d’une soif ardente d’être aimé et reconnu. Le zèle étant alors une occasion précieuse de faire ses preuves et de convaincre.

385 – Comme nous n’avons aucun moyen de nous faire une idée du bien sans recourir à celle que la société nous a transmise (25), le souci de faire le bien, la zèle à le servir sous toutes ses formes et en toute occasion, ne sont rien d’autres que des témoignages de notre amour pour la société. C’est cet amour qu’il faut comprendre.Sinon, on continue à faire de la morale sans s’en apercevoir.

386 – Responsable, responsable. des imbéciles qui ne savent pas ce qu’ils disent ou qui ne nous veulent pas du bien. Même ce pauvre Saint-Exupéry s’est mis dedans. Pour  dire qu’on est responsable, il faudrait savoir quel pouvoir on a. Quel pouvoir avez-vous sur les autres ? Quel pouvoir avez-vous sur les événements ? Ce n’est pas dans le monde réel qu’on l’est, c’est dans le monde rêvé de nos désirs et de nos sentiments. 

15/02/20

387 – Être responsable. Voilà déjà un titre honorifique, une raison d’être fier. On acquiert ainsi de la valeur (objet de notre éternelle quête) . Et puis on compte, on est important pour les autres. Connu et en quelque sorte élevé. De quoi ravir son ego. Cela fonctionne même en dehors des structures sociales officielles, cela fonctionne avec des concepts, des idées qui sont des valeurs reconnues. C’est encore et toujours occuper un rôle notable dans la participation à la société. Le mouvement d’ascension lui-même est naturel dans la société. Il faut sentir comme on est habité, poussé, par un but plus ou moins grandiose.

388 – La socialisation, c’est très bien. L’engagement citoyen aussi. Mais peut-être qu’avec un esprit colonisé par la société, inféodé à elle, on risque de ne plus pouvoir trouver une solution à un problème, prendre du plaisir ou éprouver de la joie, découvrir une vérité, sans se sentir obligé de les faire partager, de les faire adouber par les autres, de s’en servir socialement et de les mettre en conformité pour cela. Impossible d’en profiter tout seul.

389 – Comme on ne sait pas pourquoi on est là, comme il nous est impossible de savoir qui nous sommes autrement qu’en se rangeant à ce que disent les autres sur nous, si on a un but, il ne peut être que le produit du sens de la vie et du monde dont on a hérité, de l’éducation et de la formation que l’on a reçues.

390 – Parlerait-on encore de valeurs, serions-nous encore en quête de valeurs si la société n’avait plus aucune valeur ? 

391 – Comme c’est pas de chance ! L’Etat n’a plus le monopole de l’espionnage de la vie privée des gens. Et c’est encore pas de chance, l’Etat n’a pas le monopole des bonnes causes même si les siennes sont officielles. Vraiment, c’est pas de chance !

392 – Courez, courez après le sens commun, la morale commune, les consensus possibles, les liens sociaux, les codes et usages en vigueur, les modes, courez, c’est d’autant plus nécessaire qu’ils sont évanescents et changeants. Le but est de montrer, de témoigner, vous êtes engagé, alors ne cessez pas de courir. Allez !

16/02/20

393 – C’est bizarre de toujours vouloir adopter des valeurs bonnes pour tout le monde au lieu d’en choisir qui soient bonnes pour soi. D’ailleurs, je rappelle aux distraits, que l’époque est au multiculturalisme. Multi-valeurs. Les valeurs – même religieuses – sont de nature culturelle.

394 – Les parents donnent à leur enfant, pour différentes raisons, une fausse image de la société à travers leur éducation.Il partira dans la vie avec des tas d’illusions. La question est de savoir comment faire pour qu’elle soit la moins fausse possible

17/02/20

395 – L’homme le plus malheureux au monde est l’homme caméléon. il lui faut sans cesse faire ce qu’il faut faire, éprouver ce qu’il faut éprouver, dire ce qu’il faut dire, penser ce qu’il faut penser, croire ce qu’il faut croire, vouloir ce qu’il faut vouloir, aimer ce qu’il faut aimer, désirer ce qu’il faut désirer, paraître ce qu’il faut paraître. Mais il n’est pas malheureux parce qu’il fait tout cela, il est malheureux parce qu’il se sent coupable dès qu’il n’est pas parfaitement conforme . Et il est malheureux parce qu’il pourrit la vie de son entourage. 

396 –  Pour l’homme-caméléon, la société a toujours raison. Mais des intellectuels qui se croient malins pensent qu’elle a parfois tort, mais qu’il faut attendre qu’elle ait trouvé ses raisons pour donner raison à ceux qui voudraient penser différemment.

397 – Combien de temps encore allons-nous passer à donner vie à des idées ou des concepts qui, en eux-mêmes, ne sont pas vivants ? Combien de temps encore allons-nous continuer à croire que ce sont eux qui nous animent, nous donnent de la valeur, alors que ce sont des momies auxquelles nous nous entêtons à faire du bouche-à-bouche ? 

398 – Allez, admettez-le même si c’est dur à admettre : la société ne mérite pas votre confiance. Elle ne l’a jamais méritée. Ceux qui la représentent en font la démonstration tous les jours. Et c’est pourtant à son intérêt, à son sort, à ses parties que vous avez consacré toute votre vie.

399 – Que de plaisirs, que de joies on a manqué, on n’a pas pu profité parce que des pensées, l’autorité d’un sens conditionné les brimaient et les dénaturaient.

400 – Tout le monde aura remarqué que ce qui discrédite un homme politique, c’est sa mahonnêteté, sa fausseté, ses frasques, ce n’est pas son incompétence ou son inintelligence ou son inefficacité. 

18/02/20

401 – Même cause, même effet. On ne se rend pas compte de ce que l’on vit, de ce que l’on éprouve aujourd’hui comme on ne se rend pas compte de ce qu’on a vécu ou éprouvé autrefois, dans le passé parce que, dans les deux cas, c’est ce qu’il faut en penser, le jugement que l’on doit porter qui occupent toute la place. Il s’agit toujours de celui que la culture conçoit. D’ailleurs, c’est valable pour tout. Ce n’est pas seulement que notre accès aux faits est médiatisé par nos outils de connaissance, c’est que ces outils sont souvent de ridicules jugements.

402 – Très nombreux encore aujourd’hui, et même parmi les non-croyants, sont ceux qui vivent complètement sous la coupe de l’illusion fondamentale introduite par Jésus et selon laquelle, on peut être complètement l’incarnation de mots, d’idées, de paroles. Le Verbe s’est fait Chair. Aucun verbe ne peut se faire chair. C’est que Jésus n’avait aucune notion de psychologie et de sociologie. C’est pourquoi il s’est cassé le nez quand il a voulu convertir les juifs de son temps, et ce n’est qu’à la toute fin de sa vie qu’il a entrevu ce qu’il avait toujours ignoré «  ils ne savent pas ce qu’ils font ».

403 – Le désir fondamental ou le manque qui nous déterminent à notre insu, c’est le destin, la raison de notre quête. On veut abolir la séparation, la conscience d’être un individu séparé, dépourvu de raison d’exister. Le fantasme d’une réunion, d’une communion trouve de la force dans la famille, la communauté, l’Église, la société, l’humanisme. Il s’agit toujours de croire que si les corps ne peuvent plus se fondre, les esprits le peuvent. Mais pour cela, justement, il faut être esprit, il faut devenir l’être que le mot abstrait évoque. C’est toujours le fantasme chrétien.

404 – Dans l’univers purement spirituel auquel on rêve, auquel on aspire, tout ce qui est éprouvé, tout ce qui est pensé a vocation immédiate à être partagé, propagé, à convaincre. Cela ne nous satisfait qu’à cette condition. D’où le militantisme et autres diffusions..

19/02/20

405 – Quand est-ce qu’on n’est pas un produit de la société, que ce soit à l’extérieur dans notre emploi, dans la mise en application de tous les codes qu’elle a inventés, de tous les usages, ou à l’intérieur quand ce sont ses volontés, ses lois qui inspirent les pensées qui nous dirigeront ? A tout moment nous sommes le produit de tous ses discours  Un mal de tête, c’est ce que l’on doit penser du mal de tête selon elle. une réaction en public, ce n’est pas l’origine et la nature personnelles qu’elle a, c’est ce qu’il faut en penser selon ses criyères. Elle donne son sens à tout. 

406 – On ne se rend donc pas compte que l’on passe savie à la servir et à faire ses volontés, que l’on passe sa vie, par exemple, à faire de la colère, quelque chose de répréhensible alors qu’elle peut être une réaction spontanée salutaire et saine.  Cela dépend de celui qui montre sa colère. 

407 – Tous ceux qui ont du pouvoir passent leur temps à donner plus de force, plus de poids, plus de valeur, plus de vérité aux critères culturels auxuels nous obéissons pour faire de nous des zombies. Ils devraient être châtiés. 

408 – Vous croyez avoir fait plaisir à quelqu’un ? vous n’avez peut-être fait plaisir qu’au produit de la société.

409 – La société en demandera toujours plus, c’est dans sa nature. si on ne met pas le holà, cela finira très mal. 

410 – Les vertus morales n’existent nulle part ailleurs que dans la tête des gens. Si certaines vous plaisent personnellement et surtout vous rendent service, vous pouvez vous en inspirer occasionnellement.

 

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