LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

  • Accueil
  • > Archives pour le Lundi 20 janvier 2020

20 janvier, 2020

DES IRES SANS FIN, 2

Classé dans : Non classé — inconnaissance @ 13:07

/01/20

251 – Le besoin ou le manque, s’il est ignoré, et même s’il est incompris, c’est le destin. On voit , on pense le monde, on agit en fonction de lui sans le savoir. On n’est jamais responsable du besoin ou du manque qui est le nôtre.

252 – Une société, quelle qu’elle soit, bonne ou mauvaise, peut compter sur ceux qui sont à la mode. Il y a la mode vestimentaire, il y a les modes de consommation, les modes de vie, les idées à la mode, les emplois à la mode, les valeurs à la mode, les usages, etc Savez-vous planter les choux, à la mode….avec les pieds, avec le genou, avec le nez, avec le coude, avec la main, avec la tête, à la mode de chez nous. Si la société est très mal partie, il ne faut pas compter sur eux pour y changer quoi que ce soit, surtout s’ils s’y sont fait une bonne place.

253 – Le principe, en lui-même, est simple. Toutes nos pensées découlent du fait qu’on est dans le monde et que l’on veut y trouver sa place. (le contraire n’est pas prévu au programme) En pratique, il s’agit plutôt de fonctionner dans la société dont on s’est fait une idée. Mais il y a pire, il y a ceux dont les pensées découlent du fait qu’ils font partie d’un certain groupe, d’une certaine  communauté dont ils ont fait la vérité de leur vie.

254 – Le savoir sur les choses de la vie que l’on va chercher chez les autres ne nous plaît pas parce qu’il est en adéquation avec ce que l’on vit, ou avec notre rapport au monde, il nous plaît parce qu’il s’inscrit dans un discours établi, il nous plaît parce qu’on sait qu’on pourra en faire état pour montrer notre culture. C’est un savoir qui suppose que l’on fasse abstraction de soi.

255 – Inestimables médias qui peuvent nous faire prendre conscience (fourberie inside) que les idées communes auxquelles tout le monde se rallie, que les sentiments communs que tout le monde veut partager, ne sont pas différents des raisons, arguments, façons de parler des professionnels en rapport avec l’ordre établi.

256 – Et c’est le moment fatal dont je parlais, le moment où, quelle que soit l’idée, quel que soit le mot ou le concept qui donnent sens au monde, à la situation où l’on se trouve, ils deviennent objectifs du fait que du réel semble être à leur base. Ou si vous voulez quand un sens subjectif, relatif et passager du genre « devoir » devient : le devoir. Quand il y a l’idée d’objet dans l’objet. (se vérifie à coup sûr) 

21/01/20

257 – Les êtres humains sont des livres de chair dans lesquels on a écrit tout un tas d’âneries et d’imbécillités qui passent pour être des vérités et qui déclenchent les actions correspondantes pour la simple et unique raison, que c’est écrit. C’est pour cela qu’ils vont à leur perte.

258 – Quand les choses changent, on a deux raisons de se plaindre, une mauvaise et une bonne. Pour la mauvaise : on nous avait convaincus que ces choses-là avaient de la valeur, on s’était habitué à penser qu’elles en avaient. Ce n’était qu’une opinion comme une autre, sans preuve. Pour la bonne : on aura concrètement à pâtir de ce par quoi on va remplacer les choses qui vont changer. 

259 – J’aime, je hais, j’ai peur, j’enrage..;pour pouvoir éprouver tout cela, il faut leur trouver une raison d’être, une justification, une explication que l’on va chercher dehors. Comme s’il fallait sans cesse demander la permission pour exister, une permission qui est rarement tout à fait donnée. Une permission à qui d’ailleurs  ? Ou alors, il ne faut pas le dire. Bon, taisons-le, mais agissons en conséquence.

260 – Ce n’est pas la peine de chercher midi à quatorze heures, le principe est toujours celui -ci : chercher une raison, une justification à ce qu’on éprouve, c’est vouloir satisfaire le désir des autres en la leur fournissant. Toujours satisfaire le désir des autres. (voir aussi proposition 1) On ne nous a mis au monde que pour cela. Ce qui est un pur scandale.

22/01/20

261 – On ne peut pas dire que les référents des mots qu’on est obligé d’imaginer, existent : je, âme, amour par exemple

262 – On ne peut pas dire que l’on sait comment la société devrait fonctionner, on peut juste dire que des idées sur la façon dont elle devrait fonctionner, que des jugements sur son fonctionnement nous viennent à l’esprit automatiquement et habituellement.

263 – Quelles parties de notre existence, de nos biens ne sont pas l’objet d’une demande de la part de la société, pour qu’elles soient comme elle voudrait qu’elles soient ?

264 – Pour savoir quel désir on veut satisfaire, le sien ou celui des autres,il suffit d’être attentif à la présence ou non d’un doute, d’un espoir, d’une attente. On sait ce que cette présence signifie.

264 – On a inventé des mots comme : modeste, tolérant, hospitalier, charitable, doux, fraternel, pacifique, aimant etc etc Ils ont un sens qui peut servir à évoquer, illustrer ce qu’il se passe dans un être humain. Mais il faut imaginer les référents de la modestie, la tolérance, la charité, l’hospitalité, la douceur, la fraternité, le pacifisme, l’amour etc Et on ne peut pas dire que ces référents ou ces entités définis existent. Simplement la pensée postule leur existence. L’imagination fait le reste. Rien de plus.Inutile de disserter sur le sexe des anges.

265 – Si on regarde notre histoire personnelle du point de vue de nos erreurs, de nos fautes, de nos lacunes, de ce qu’on aurait dû faire et qu’on n’a pas fait, on a tendance à la rejeter, à la repousser, à la fuir, à la renier. Mais si on la regarde comme l’expression de notre conditionnement, de notre éducation, si on comprend que nous avons fait ce qui nous est venu à l’esprit sur le moment, tout naturellement, on peut alors l’accepter et en l’acceptant, on peut se rendre compte de ce qu’elle a été, de ce que nous avons vécu.

23/01/20

266 – Etrange n’est-ce pas ? S’appuyer sur des vérités établies, faire référence à ce qui est couramment admis et dit, permet de se rassurer mais ne donne aucune force. C’est valable dans tous les domaines. On devrait bien en conclure qu’en toute honnêteté, en toute rigueur, toutes ces références sont douteuses. Approbation n’est pas preuve. .

267 – Notre évolution dans la durée, sur une longue durée, ne peut être comprise qu’à son issue. C’est logique. On ne peut jamais savoir ou prévoir comment on évoluera pour apporter les corrections nécessaires. Alors comment peut-on se permettre de juger celui qu’on a été ?

268 – « Votre corps m’appartient  » . On peut imaginer que c’était la devise de Mengele. Il travaillait pour une grande idée…

269 – Le destin de votre visage, le destin de votre façon de vous tenir, le destin de votre façon de parler, le destin de vos émotions, le destin de vos pensées, le destin de vos désirs, le destin de vos amours  ce fut le destin de ce que devinrent votre visage, de votre façon de vous tenir, de parler, de vos désirs, de vos émotions etc après que la société vous eut inculqué le sens qu’ils devaient avoir. Ce fut le destin de ce que vous avez pu en faire.

270 – Parfois on a besoin de se défendre contre la façon dont on nous traite. On a alors recours à des raisons morales ou philosophiques qui ont quelque valeur dans la société. Ce n’est pourtant pas cela qui impressionne nos agresseurs la plupart du temps et ce n’est pas cela non plus qui nous donnera l’assurance nécessaire. Il aurait mieux valu faire appel à une certitude quant à soi qui ne doit rien à la pensée, une sorte de réflexe naturel.

24/01/20

271 – Il est rare que quelqu’un que l’on méprise profondément puisse nous intéresser ou attirer notre attention. Tout ce qui vient de lui est méprisable. Inversement, si on est naturellement bien disposé à l’égard de tous les organes, toutes les fonctions, toutes les structures, toutes les actions et décisions d’une société, cela signifie que nous l’avons en bonne ou haute estime. Ils bénéficient automatiquement de cet a priori positif. C’est ainsi qu’il faut comprendre les sondages d’opinions réguliers à leurs propos. Et on saura ce que signifie la baisse des bonnes opinions.

272 – Chez les hommes, c’est l’intérêt personnel qui fait la loi, dans la société, c’est le pouvoir et le profit financier qui font la loi et se concrétisent dans l’échelle sociale. Si des activités peuvent s’y exercer en toute légalité et prospérer, c’est parce que l’on peut, dans son intérêt personnel, en tirer un profit financier ou du pouvoir. En dehors de cela, il y a l’esclavage et la survie. Les esclaves d’une société sont ceux que des aspirations morales motivent.

273 – Vous n’avez pas donné à tous les éléments du monde et aux autres, pour les penser, d’autre sens que celui qu’on vous a inculqué ou qui vous parvenait à travers des mots. Et ce sens, c’est votre rapport à eux. Vous avez dû vivre avec quel qu’il ait été. C’est ainsi que la culture ou la société s’auto-engendre ou s’auto-perpétue via les penseurs. 

275 – Tous ces petits cogiteurs plus ou moins connus qui se soucient de la société, ont de quoi faire, éternellement de quoi faire. Ils n’ont pas fini de cogiter, de critiquer, de suggérer, de militer, de dénoncer, d’analyser, ça les occupe.

25/01/20

276 – Tout repose sur la confiance, même la monnaie. Or, la confiance est une valeur en baisse, alors que la manipulation est une valeur en hausse. Communication oblige.

277 – Si vous parvenez à la certitude que vous ne voudriez pour rien au monde revivre votre vie – en ne sachant pas évidemment que vous la revivez – on vous doit des excuses pour vous avoir mis au monde. Et vous n’avez pas de devoirs.

278 – Le macronologue. En somme, c’est l’anti-de-Gaulle. Les désordres de 68 étaient la conséquence du progrès et de la croissance de la France. Les désordres depuis 2019 sont la conséquence de sa régression.

 26/01/20

280 – Le bien en général, le bien des autres est une astuce magnifique pour concilier, apparemment, le bénéfice personnel – alors indirect – et la bienfaisance – alors différée

281 – Prétendre pouvoir effectuer un travail critique, un choix réfléchi quant aux idées qui circulent, c’est prétendre que l’on n’est sous la coupe d’aucune vision fondamentale du monde sous-jacente, c’est prétendre qu’on a fait un audit de la maison de sens qu’on a construite autour de soi avec les matériaux qu’on nous donnait. Cela n’est crédible que si, pour cela, on n’a pas du tout utilisé ce qui était là avant. Prenons le mot Dieu par exemple. Se rend-on compte de la mémoire et du passé qui lui sont associés, des forces obscures que l’on risque de réveiller, de l’océan de textes et de paroles qu’on lui a consacré, des enjeux terribles qu’il représente et vous prétendez que vous pouvez faire un audit du sujet sans rien utiliser de tout cela ? Vous prétendez penser Dieu en dehors de toute cette culture ? Et bien sûr avec des mots.

282 – Faisons un test : ôtons toute valeur à toute idée, tout mot, tout concept qui désigneraient ou représenteraient une collectivité, un ensemble, un groupe humains et leurs comportements. 

27/01/20

283 – Si on fait confiance aux mots pour se connaître, on ne se connaîtra jamais. Ils peuvent nous aider mais ils ne savent rien de nous. Ils ns sont pas adéquats pour décrire le monde physique (on emploie plutôt les mathématiques) ils ne le sont pas non plus pour décrire le monde vivant.

284 – Pourquoi vous-sentez-vous mieux quand vous jouez délibérément un personnage plaisant en société ? Parce que les pensées qui faisaient de vous un enjeu vous lâchent un peu.

285 – La sensibilité aux valeurs en vogue dans une société est proportionnelle au besoin d’amour. Elles sont une promesse d’être aimé si on les adopte. Les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent.

286 – Les pensées que l’on a, les propos que l’on tient sont bel et bien le produit de notre cerveau à nous et non pas le fruit d’une sorte d’esprit issu des notions abstraites et spirituelles que l’on peut utiliser.

287 – Une leçon de non-nominalisme donnée par Zemmour qui cite de Maistre. Non, il n’y a pas plus d’homme qui traverse la rue que de Français qui traverse la rue. On aperçoit juste une forme verticale avec un tronc et des membres. Cela pourrait être un robot humanoïde. Et encore – vertical, tronc, membres – c’est déjà une production de sens conditionnée. Le mot, c’est la chose pour la pensée. C’est de cette façon que l’on s’approche un peu de ce qui n’est pas culturellement conditionné .http://planetdsaintje.unblog.fr/2020/01/25/de-la-terre-au-ciel/

28/01/20

288 – Il n’y a pas plus de raisons et de chances de respecter la nature en la pensant qu’il n’y a de raisons et de chances de respecter la nature humaine en la pensant . On n’a jamais su et pu le faire. Il est absurde de croire qu’on peut respecter l’une sans respecter l’autre. Penser le contraire, c’est se contredire, c’est penser que la nature humaine et la nature sont indépendantes. On peut tout craindre de la part de quelqu’un qui voudrait opposer l’une à l’autre ou qui croirait être purement culturel. On a déjà essayé, c’est le monothéisme. (sales Occidentaux, repentez-vous, la fin est proche !)

289 – Le monde a créé l’homme (et Dieu aussi par la même occasion) puisque c’est avec les idées de ou sur l’homme qui circulent, qui plaisent, qui règnent autour de nous que nous nous pensons en tant qu’hommes, et que c’est à partir de cela que l’on pense les autres. Le monde est une pensée.

290 – Inutile d’espérer que vous trouverez un jour le sens que pouvaient avoir vos peines, vos impuissances, vos ignorances, vos souffrances, vos échecs. Vous ne le trouverez jamais parce que l’existence de  celui que cela touchait n’a pas de sens, donc ce qui lui arrive non plus..

29/01/20

291 – Combien êtes-vous entremêlés, imbriqués, enlacés, confondus, indistincts ? Y-a-t-il beaucoup de monde au fond de votre conscience, de votre état d’âme ? Si vous avez épousé les opinions répandues, les idées courantes, si vous pensez comme tout le monde, et si cette façon de penser consiste à croire, en plus, que vous partagez et vivez les qualités morales et spirituelles de tout le monde, vous permettant de communier, d’être dans le même esprit, c’est une sorte d’orgie spirituelle dans laquelle vous êtes englué.

292 – On était totalement sans défenses, totalement à la merci du monde dans lequel on débarquait. n’ayant aucune idée de ce qu’il était, aucune idée de ce que nous étions ou de ce qui faisait qu’on était là. Mais on était très désireux de trouver une place dans celui-ci. (instinct de survie) On a pris pour argent comptant l’idée de nous-même que l’on nous renvoyait. Les préjugés, les désirs personnels et collectifs, les projections etc y sont allés bon train. Pas le moindre moyen intellectuel de les refuser ou des les critiquer. On a été créé ainsi, comme un produit sorti d’une usine. Il y eut juste des protestations basiques et impuissantes contre ce qui nous arrivait de malheureux. Nous n’avons pas le moindre commencement de responsabilité dans ce qu’on a fait de nous ..Et nous ne serons jamais certains des cas où nous devons nous démarquer de cette histoire et des cas où nous devons la continuer. Si, il y a une chose que je sais, c’est comment traiter ceux qui prétendent savoir.

293 – Parfait s’est dit le monde, puisque vous tenez à avoir votre place et que vous dépendez totalement de moi pour l’identité que vous aurez, je vais pouvoir vous mener par le bout du nez et vous demander tout ce que je voudrai. Et comme vous ne pourrez pas satisfaire à tout, vous vous sentirez toujours coupable, ne méritant pas d’être là.

30/01/20

295 – Rien de plus facile et rien de plus lâche que de persuader quelqu’un qui ne s’explique pas son existence, qu’il ne peut exister qu’aux conditions indiquées par la société ou par Dieu.

296 – Que resterait-il du mal si on pouvait supprimer toutes les façons ou tous les moyens – loués ou condamnés – d’exister pour la société ?

297 – La légitime défense ne se justifie pas seulement entre individus, mais aussi entre individus et institutions, organismes etc

298 – Le réel – ou ce qui existe – c’est sans la médiation des mots. Ce n’est que de la conscience sans séparation avec l’objet de conscience. Voilà des mots : réel, médiation, mots, conscience, ce n’est pas du réel, c’est de la pensée, du sens. Mais vous pouvez peut-être vous reporter à une vraie expérience en lisant cela.

299 – Alors cela nous préoccupe, cela nous intéresse. Cette société dans laquelle, depuis toujours, de toutes les façons, on a essayé de trouver notre place, a des problèmes, vacille, bat de l’aile. Tous unis pour la sauver, sinon notre vie n’a plus de sens.

300 – Déjà, soyons bien clairs, pour penser ou parler à propos de quelque chose, il faut s’en séparer. Séparés de quoi ? De la réalité vivante, de la non-dualité. Séparés comment ? Par des mots dont le sens ne peut pas rendre compte de cette réalité, dépendants qu’il sont d’un système culturel en place. Ainsi, on peut dire : j’ai mal. Il y a une vérité vécue là-dessous. Celui qui l’entend peut ranger cela dans son système d’interprétation qui dépend de sa fonction sociale parce que, lui, il ne ressent rien. Réel d’un côté, culturel de l’autre.

301 – Soi-même, on utilise un mot pour nommer sa conscience. Aussitôt, ce mot est problématique : est-il conforme aux vérités, aux jugements, aux valeurs qui règnent en quasi-maîtres dans notre vie ? Non. Il prête le flanc à toutes sortes de critiques, de relativisations, de préjugés. Et voilà que ce que vous vouliez désigner ne vaut plus grand-chose et devient douteux.

31/01/20

302 – On est donc obsédé par tout ce qui conditionne notre existence, essayant de savoir ce que cela vaut, ou ce qu’il faut en penser. 

303 – On n’est pas plus prêt à considérer que notre existence ne peut dépendre d’aucune forme de condition qu’on est prêt à ôter toute espèce de valeur et de vérité aux principes, jugements, idées qui régissent la façon dont on peut parler de ce que l’on vit. (par exemple : ôter toute valeur au jugement du mot mal qu’on a utilisé en disant j’ai mal.)

304 -  Exister – conscience d’exister sans l’ombre d’un doute – c’est sans dépendre des mots pour en parler. Sinon, ces mots dépendent de la valeur que la culture ou la société  voudront bien leur donner, et notre existence qui dépendait d’eux aussi. 

01/02/20

306 – Quand un médecin meurt, c’est un peu d’inhumanité qui disparaît.

307 –  De la même façon que lorsqu’une fumée toxique disparaît, on respire mieux, quand des jugements conditionnés sur les mots qui nous viennent pour exprimer ce que l’on vit disparaissent parce qu’on ne leur accorde plus aucune valeur, on se sent beaucoup mieux.

308 – il y a déjà des tas de gens qui s’occupent en toute priorité du progrès et des intérêts des structures politiques et sociales, des branches et organismes professionnels qui les emploient, pourquoi faudrait-il consacrer sa vie au maintien, au progrès des codes sociaux et moraux qui régissent une société comme si on faisait partie de son personnel  ? Il n’y a pas eu de contrat.

309 – La réponse est simple. On ne conçoit pas qu’un individu indépendant, avec des droits purement individuels, puisse exister en dehors de la société. Ces droits doivent faire partie de ce que la société a prévu. Ils n’ont pas comme seule légitimité, la volonté de l’individu. Ce dernier doit en tirer toutes les conséquences.

310 – L’individu peut prendre acte du fait qu’on lui dénie toute existence et qu’en même temps on ne cesse de lui demander son aide.

311 – L’individu prend conscience qu’on lui dénie toute existence quand il comprend que tout ce qui pèse sur ce qui lui vient à l’esprit pour exprimer ce qu’il vit revient à lui indiquer ce qu’il doit faire : aimer ceci, ne pas aimer cela, penser ceci, ne pas penser ceci, choisir ceci etc.

312 – Le jour où les Chinois et les Japonais se libéreront de leur confucianisme et de leur nationalisme qui permettent à leurs dirigeants politiques d’en profiter et de gouverner d’une main de fer, le monde changera. 

313 – Même la guerre est un divertissement, une façon de s’occuper bienvenue quand on ne sait pas ce qu’on fait sur terre et pourquoi on existe

02/02/20

314 – Quand on se raconte ou quand on se remémore sa propre histoire, on peut retracer tous les jugements, toutes les conclusions qu’on a portés sur nous en fonction des vérités établies, des idées en vigueur – c’est ainsi que les imbéciles s’adressent à nous. Ce n’est pas sa propre histoire qu’on se raconte là, c’est l’histoire de ce qu’on a été pour les autres.

315 – Si l’individu n’existe pas, on explique des comportements collectifs par des raisons collectives. Il n’y a rien d’autre. On a le choix du système que l’on va utiliser ; sociologie, philosophie, religion, politique , historique etc

316 – J’aime, je pense, je crois…vous sentez-vous libre de vous dédire, même quand il ne s’agit que de pensées ou de paroles distraites ? Non ? Alors faites attention, parce que votre vie se trouve alors priée de confirmer ou de respecter ce que vous avez eu l’imprudence d’énoncer, et vous n’êtes plus libre de vos sentiments. Vous venez de remplacer du vivant par de la pierre. La société aime cela, et vous ?

317 -  Ce qui n’existe pas, ce n’est pas l’individu, lui est bien réel et sans lui, rien n’est possible. Ce qui n’existe pas, c’est celui que les autres pensent en fonction de leur savoir conditionné et théorique, et qui est censé être nous.

318 – Ils se retrouveraient à poil et honteux tous ceux qui nous pensent et nous jugent si on leur enlevait les vérités établies et opinions répandues dont ils s’autorisent, et s’ils devaient justifier seuls leurs opinions. 

319 – Est-ce que, sérieusement, vous pouvez vous accuser d’avoir ajouter foi aux avis des autres sur vous, au savoir supposé en fonction duquel on vous disait ce que vous étiez ? Est-ce que vous pouvez vous reprocher d’avoir vécu la vie de ce personnage inventé par les autres ? Êtes-vous coupable de l’existence de ce processus, de ce fonctionnement du mental qui vous a mis dedans ? Est-il juste que vous ayez payé toute votre vie pour cela ?

322 – Seul, vous ne vous rendriez pas stupide, votre ne seriez pas un imbécile. pour cela, il vous faut de la compagnie.

03/02/20

323 – Même à l’extérieur, cela se passe à l’intérieur, en soi. Quel que soit le domaine – technique ou purement humain – il nous faut, c’est plus fort que nous, confirmer un savoir quelconque ou plaire à des mots ou des idées quelconques qui nous viennent à l’esprit. Et une solution, automatiquement, se présente. Ce que nous avons choisi ou décidé était déjà en nous.

324 – Si nos buts existentiels – genre bonheur, amour, famille, vertu, sérénité etc – sont définis, désignés par des mots (et on sait d’où viennent ces mots) alors ils sont collectifs, parce que ces mots sont collectifs ou généraux. Ce sera comme tout le monde.

325 – Tout le monde est en quête de savoir. On a toujours été ainsi. On croit qu’en augmentant notre savoir, la vie sera plus facile, on se comprendra mieux, on se maîtrisera mieux. Mais c’est le contraire. Le savoir est l’ennemi juré de la vie. Il ne peut pas la comprendre, il est au service d’une société,, d’une culture. Il ne peut que l’étouffer ou la malmener.

326 – Notre organisme ignore le collectif, nos sens aussi, les petits enfants aussi. Il faut être éduqué dans ce sens.

327 – Aucun adulte ne mérite la confiance que lui fait un enfant. Aucun monde ne mérite l’adhésion dont fait preuve un enfant. Aucune justice ne légitime la dépendance et l’ignorance qui sont celles d’un enfant. Aucun homme ne mérite le sort que les lois de l’espèce et les lois sociales lui réservent surtout pour leur en faire le reproche.

04/02/20

328 – Ignorez que vous vous servez de tout ce qui existe selon le sens des mots que vous utilisez pour le nommer. Et que ces mots ne vous appartiennent pas. (même tuer) Ignorez que vos pensées vous disent tout ce qu’il faut faire, et que ces pensées viennent de l’extérieur, des autres, de la société. Ignorez que vous ne fonctionnez pas comme un individu réel qui a le droit d’avoir des volontés propres mais comme une partie d’un ensemble abstrait – une collectivité – qui a un sens général, ce qui vous conduit à faire comme tout le monde. Ignorez tout cela – comme tous ceux qui vous ont formé, éduqué, conditionné – et on pourra vous rendre responsable de n’importe quoi. 

329 – Dans ce cadre, viennent s’inscrire ceux que le destin, l’histoire et le hasard ont sérieusement défavorisés, ceux dont les facultés de départ étaient modestes, ceux qui ont hérité de mots et de pensées toxiques et qui subissent tout le poids de l’ordre établi. Eh bien les ignorants précédents mais dont le sort a été nettement plus favorable, ne pourront jamais les comprendre.

330- Il y a des gens qui s’occupent activement de renforcer la valeur des mots dont le sens aboutit à des rapports pénibles avec les choses qu’ils désignent. Il y a des gens qui militent pour le succès de pensées  déjà problématiques qui doivent nous déterminer. Il y a des gens qui pourchassent ou persécutent ceux qui ont quelque velléité de se singulariser par rapport au sens commun ou collectif. Tous ces gens-là méritent qu’on s’en prenne à eux. 

331 – Ce serait se falsifier de ne pas se réjouir de la disparition de quelqu’un qui a le droit d’utiliser la force pour nous imposer sa volonté afin de satisfaire son désir. Joie innocente parce que vraie et spontanée.

332 – Drôle de rocher que l’homme moderne pousse devant lui comme Sisyphe. Contrairement au personnage du mythe, il n’atteindra jamais le sommet et le rocher ne redescendra pas. Cette charge s’appelle : chercher, augmenter, montrer son savoir, qui, en retour, pèse de plus en plus sur lui. Contrainte. Devoir. Compulsion. Et effectivement, le rocher grossit rapidement au point qu’il risque fort d’écraser celui qui le pousse. Le savoir a une soif dévorante de savoir.

05/02/20

333 – Le savoir jouit d’une excellente réputation. Il suffit de voir à quel point celui qui en est doté est célébré, à quel point tout le monde est lancé dans la quête du savoir, à quel point tout le monde aime montrer qu’il sait, à quel on est gêné de ne pas savoir, à quel point on est soumis à la confirmation du savoir qui se présente dans notre esprit en toute occasion et à quel point on est content quand on peut se dire : oui je savais, oui j’ai raison. Il est notre maître dans la vie ce savoir apparent des autres, ce savoir apparent que l’on a, ce savoir qui expliquerait tout. C’est Dieu, c’est la concierge qui a appris une chose. Malheur à ceux qui sont à la traîne. Voilà la place prise chez les hommes par cette faculté qui n’a cessé de se développer depuis l’homo faber. Nous a-t-elle rendus meilleurs ou heureux ? Nous fait-elle du bien ?

334 – Mais enfin on peut distinguer deux sortes de savoir. Il y a le savoir qui commande (cela doit être comme cela) et le savoir qui obéit (on a appris cela) . Il y a le savoir qui asservit, le savoir qui nous opprime, nous étouffe (tu dois obéir) et le savoir qui libère. Il y a le savoir sacré et le savoir ouvert. Il y a le savoir qui a peur (dogmatique, agressif) et le savoir qui n’a peur de rien. Quelle place occupe la première catégorie de savoir dans nos vies ? Quelle sorte de savoir voulons-nous toujours confirmer, servir, défendre, représenter ?

335 – La vie, l’énergie vitale, sont toujours innocentes et sans forme. Comme l’eau. C’est la culture, ce sont les mots qui leur donnent toutes les sortes de formes possibles. Mais il ne faut pas confondre les unes et les autres. Il ne faut pas incriminer la vie. Il ne faut pas vous incriminer. Au contraire. Ce n’est pas le but de la vie de fabriquer des formes. Seulement ces formes se servent de la vie pour en faire ce qu’elles veulent. Ou va l’eau de la cruche brisée et que le  désert absorbe ?

336 – Le temps est un gros problème puisque, qu’on le reconnaisse ou pas, l’existence de la personne que l’on est n’a pas de sens. Alors que devrait-elle faire ? Il y a ceux qui ont confiance dans le sens qu’ils donnent à leur vie, ceux pour qui il a du prix. Ceux-là savent quoi faire. Et il y a les autres qui ne font que trouver des occupations pour passer le temps, ou qui s’ennuient.

336 – La machine mentale à présenter du savoir fonctionne à plein régime, presque tout le temps, comme un ordinateur fou, quand il est devenu évident qu’il faut que nous soyons quelqu’un qui sait. On le consulte tout le temps. On est un sachant pour les autres et pour soi-même. C’est que éduquer un enfant, former un adulte, c’est le confier à des sachant qui lui enseignent aussi bien du savoir bénéfique que du savoir maléfique, aussi bien du savoir dogmatique que du savoir ouvert. Savoir devient un devoir capital, urgent même, pour être respecté. Savoir est devenu une tyrannie. Or, exister cela ne consiste pas à se servir d’un savoir, d’une culture, d’une compréhension du monde, via quelque médium, c’est être en contact direct avec le monde sensible extérieur et intérieur. Et il se trouve que le savoir peut interrompre ce contact. S’il y réussit, il nous empêche d’exister.

 337 – Le savoir vous dit ce que vous devez faire, il vous dit ce que vous devez aimer, il vous dit ce que vous devez choisir. Pourquoi ? Parce que c’est un savoir qui est déjà là pour vous diriger, qu’il vienne des autres, ou qu’il vienne de vous si vous avez eu l’imprudence de déclarer ou d’affirmer des choses préalablement et que vous ne voulez pas vous dédire.

06/02/20

338 – Cela peut être dangereux de vouloir résoudre ou comprendre une question que l’on se pose. Cela pourrait nous relier à notre histoire vécue au lieu de rester dans la raison dialectique. C’est pourquoi il est plus rassurant de s’intéresser aux questions des autres, là on ne risque pas grand chose et on peut jouer au savant.

339 – La vie ne demande qu’à s’écouler, qu’à se répandre et on ne lui propose que des formes à remplir ou des conduites à emprunter. Elle doit servir à faire fonctionner des dispositifs inventés par les hommes. Cela s’appelle s’investir. Mais, ne pas oublier la leçon :

340 – Un moyen de rendre fou quelqu’un est certainement de l’enfermer seul dans une cellule où le sol, les murs et le plafond sont constitués de grands carrés blancs et noirs égaux et sans nuances. Un moyen de tuer la vie qui est dans quelqu’un consiste à le mettre dans un monde où toutes les choses, toutes les personnes, tous les gestes et tous les actes, toutes les paroles, toutes les pensées sont bien ou mal. Soit l’un soit l’autre. Et c’est tout.

341 – Les formes, innombrables, issues de la culture, sont plus ou moins différentes les unes des autres. elles s’opposent souvent les unes aux autres. Au nom d’une forme, on en juge une autre. Mais nous n’avons guère choisi les formes auxquelles nous avons donné vie. Il fallait bien, pour vivre, emprunter des formes .La vie n’est pas concernée quand une forme est condamnée par une autre. L’investissement était nécessaire et désintéressé. 

342 – On a une passion pour les formes ou les objets. On aime les lave-linge, les fours à micro-onde, la télévision, mais pas l’électricité. On aime les voitures, mais pas l’essence. On aime les voiliers, mais pas le vent. On aime les légumes, les fruits, mais pas la pluie.

343 –  Oui, bon ! Abus, agressions sexuels ou viols sur mineurs ou pas, dans notre sainte mère l’Église et ses dépendances, dans le sport( (actualité) dans les arts du spectacle, l’éducation nationale, les hôpitaux (adultes et enfants)  les commissariats, l’armée, dans les familles le plus souvent quand il s’agit de mineurs, et autres à venir;  le problème n’est pas le sexe masculin, c’est le pouvoir, l’emprise d’un côté, et la faiblesse de l’autre. Le pouvoir si honorable, n’est-ce pas ? Au-dessus de tout soupçon. Le monde est sadien, vous ne le saviez pas ? (immunité + faut pas se gêner) Si vous m’avez lu, vous comprenez pourquoi les jeunes sont des victimes idéales.

344 – Le grand malheur pour nous – et nous n’y sommes absolument pour rien – c’est que nous ne savons pas quel est le sens de la vie ou quel sens peut bien avoir l’existence de notre personne particulière. Ignorant cela, comment pourrions-nous savoir ce qui est méprisable ou criminel à notre égard , comment pourrions-nous nous autoriser sereinement à aimer ou haïr et repousser ? Quoi que l’on nous fasse, tout particulièrement étant enfants ou jeunes, comment saurions-nous quoi en penser ? Notre seul repère sont les convenances ambiantes. (des ires sans fin) Compris ou pas ?

 07/02/20

346 – Les vêtements que l’on trouve dans le commerce peuvent différer par leur taille, sinon, ils sont tous pareils et des tas de gens peuvent les acheter et les porter. Les vêtements que l’on fait faire sur mesure s’adaptent à toutes les caractéristiques de notre corps, et on peut, en plus, choisir le tissu, la couleur. Les premiers sont faits pour des corps théoriques, standards, les seconds pour des individus singuliers. De même, on peut se laisser tenter par les idées et les mots qui se présentent automatiquement dans notre esprit. Ils s’imposent à nous. Ils sont prêts à être utilisés, ils sont souvent d’un usage courant. Et on peut vouloir qu’ils expriment ou suggèrent ce que nous ressentons, éprouvons, désirons, et qui nous est propre. Mais pour cela, il faut être conscient de ce que l’on veut exprimer. Lorsque quelqu’un parle, il est bien difficile de mesurer à quel point ce qu’il dit colle avec ce qu’il ressent puisque nous ne pouvons pas faire autrement que d’utiliser les mots de tout le monde..

347 – Les hommes aiment les formes. Il semble qu’ils ne s’intéressent qu’à elles. Pourtant, c’est par la vie qui anime ces formes  que beaucoup d’entre eux sont conquis sans même qu’ils le reconnaissent. .

349 – Mais enfin, de quelle mission croyez-vous être investi dans la société ? Que croyez-vous que les autres attendent de vous à ce sujet ? Qui vous a fait croire que vous comptiez, vous personnellement, pour elle ? Mais quelle est cette idée folle d’entretenir un dialogue vous/société ? D’où vient ce devoir que vous croyez avoir de la maintenir ? Qui vous a fait croire que vous aviez des devoirs à l’égard de ses représentants ?

350 – C’est nous qui donnons de la valeur à la société parce qu’on n’a pas arrêté d’y faire référence, mais jamais la société, en tant que telle, ne parvient à montrer qu’elle en a

08/02/20

351 – Les urgences n’en peuvent plus. Hein ? Non, je ne parle pas des urgences dans les hôpitaux, je parle de nous, de nous tous, et je parle de la situation du monde entier. Que deviendrait l’altruisme, comment donnerions-nous un sens à notre vie si on nous disait : « tout va bien, pas de problème  » ? Rassurez-vous, cela n’arrivera pas. Vous serez toujours alertés, interpellés, sollicités, effrayés, désolés  par ce qui se passe dans le monde, et de plus en plus. 

352 – C’est un fait, vous avez remarqué n’est-ce pas ? Quand vous vous endormez peu à peu, les pensées s’espacent, se résorbent Et vous n’avez plus de problèmes, ni avec vous-même, ni avec les autres, ni avec le monde. Plus de pensées, cela veut dire : le monde ferme sa gueule.

353 – Vous n’avez plus le droit, aujourd’hui, de ne pas vous sentir concerné par tout ce qu’il se passe dans le monde, d’ignorer les sollicitations ou interpellations dont vous êtes l’objet, ce serait vous marginaliser, ce serait être sans cœur et sans intelligence. La honte devenant sentiment de culpabilité, autrement plus efficace. 

354 – Quête de valeurs, partout, autour de nous. Soif de valeur.  Tout cela pour avoir de la valeur. Aussi loin que remontent nos souvenirs (allez-y, chiche, faites l’essai) nous avons toujours fait cela. Mais qui fait cela ? Personne d’autre que la partie d’un ensemble abstrait (collectivité) qui a un sens général. Le produit de ce système. On ne sera donc pas étonné que les valeurs que l’on recherche, que l’on adopte, doivent être générales. C’est ce qui fait que, intérieurement, constamment, on ne cesse de rendre des comptes, de prendre à témoin, espérant un encouragement. C’est ce qui fait que, intérieurement on est incapable d’être seul, indépendant, libre.

355 – On ne porterait pas de jugements si on n’avait pas l’intention de faire un système d’une opinion. Quand ce n’est que pour son usage personnel, à quoi bon ? On sait à quoi s’en tenir.

356 – Les racines égoïstes de l’altruisme : pour sa survie, le petit enfant a besoin de la survie de ses proches. Il est sensible à tout ce qui la remet en cause.

09.02/20

357 – Il faut pour qu’une société existe, pour qu’on puisse dire qu’elle existe, pour qu’elle perdure, que les relations entre ses membres soient stables, prévisibles, que ses membres acceptent de s’y conformer. Bon nombre de mots ne servent à rien d’autre qu’à instaurer et définir les relations qu’il faudra avoir les uns avec les autres. C’est ce qu’on appelle les valeurs, la morale commune. Ainsi, chacun sait quelle attitude, quel comportement il doit avoir avec tout le monde. Ces mots ne désignent que cela, ne définissent que cela : ce que l’on voit des comportements. Cela ne va pas plus loin. Ils sont surtout utiles à une société. Mais des pouvoirs totalitaires comme les religions instituées ont voulu que les mots correspondent aussi à la nature des hommes, à leur vie intime. Ils on imaginé que l’on avait, avec ces mots, des esprits transcendants, immatériels qui étaient la Vérité pour les hommes. Et il n’a jamais été question de savoir si cette opération de conversion était possible. C’est ainsi que les mots sont devenus des dictateurs, des tyrans parfois sanguinaires. Ce qui était utile est devenu tragique.

358 – Le jugement de valeur. Le pouvoir qui préside à une société, qui la représente, qui en a la garde, a comme objectif prioritaire le maintien de ce qui la soude, la gloire des valeurs et de la morale communes qui permettent son existence. C’est toujours un idéal. Seules comptent les formes collectives parce que c’est avec des formes définies, pérennes, collectives que l’on construit une société. Elle passe avant tout. Et c’est en fonction de ces formes collectives idéalisées que l’on juge les individus. On les juge en fonction de leurs capacités à être fidèles à ces formes. C’est le savoir toxique dont je parlais. L’individu qui épouse l’intérêt de la société, qui épouse ses critères de jugement, est bien malheureux s’il ne sait pas lui plaire. Il est malheureux parce que, du point de vue de la société, il ne vaut rien. Pourtant, il y a une grande vérité dans ce que dit le renard au Petit prince : «  C’est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante «  La perfection de la forme que la société attend n’est pas forcément proportionnelle au temps passé et à l’amour prodigué. D’une part il y a des formes que la société méprise, d’autre part, si on prenait comme critère de jugement le temps passé et l’amour prodigué, ce ne serait pas les mêmes personnes qui seraient louées. (petit salut à St-Ex :  http://planetdsaintje.unblog.fr/2020/02/08/aride/  )

359 – C’est ainsi que les formes que la société encense, le sens courant des mots qui doit aboutir à une pratique courante, sonnent toujours comme un devoir, comme un dévouement inconditionnel dont il faut faire preuve. Et cela se fait en ignorant le coeur que l’on peut mettre dans une tâche et au mépris le plus total des singularités individuelles. Jamais aucun artiste, et même aucun inventeur ou découvreur n’a trouvé quoi que ce soit en ne se servant que de ces formes collectives. C’est en se reliant, en s’enracinant dans leur propre singularité et leur propre vérité qu’ils sont arrivés à quelque chose. C’est pourquoi les solutions toutes faites et convenues que la pensée nous propose tout le temps sont des devoirs à mépriser.

360 – Le cas de la musique peut être très instructif pour comprendre cette histoire de forme et de vie. La musique, en tant que telle, est une question de fréquences, de rythmes ou de rapports, et de force. Tout cela, ce sont des mathématiques, et on n’a jamais vu des mathématiques traverser la rue. C’est une création des hommes, une création qui a un sens ou qui leur permet d’exprimer quelque chose d’eux-mêmes. C’est la vie, l’esprit si on veut. Mais la musique, ce sont aussi des vibrations produites par un instrument et communiquées à un milieu (l’air par exemple) . C’est la forme, bien objectivable. La musique sans forme reste une intention. La musique n’existe pas s’il n’y a que les formes et pas d’intention. Ce qui est intéressant à remarquer, c’est que, influencés par notre lourd conditionnement religieux, on a tendance à croire que l’amour, la liberté, la vie, la paix, le progrès etc existent par eux-mêmes, on ne sait comment et où, indépendamment de nous. Tandis que peu de gens croient, qu’un morceau de musique existe dans un univers mystérieux.

361 – La vie en soi peut emprunter des formes, donner naissance à des formes, des formes inspirées de ce qui est connu, de ce qui circule. Mais si on dépend de la reconnaissance ou de l’approbation de ces formes par les autres pour exister, c’est une catastrophe.

10/02/20

362 – Une société ne tient que par l’énergie que chacun met à animer ses formes, à défendre ses valeurs communes. Elle repose sur la croyance que tout le monde fait cela. Et il arrive que des dirigeants incitent à ne pas y croire.

363 – On sait comment se faire du bien au corps, on devrait savoir aussi comment se faire du bien à l’âme.

364 – Vivre en paix, sans pensées ou sans images qui sont des jugements et sans pensées de jugement de tout ce qui, en soi, n’est pas un jugement.

365 – Ce qui est beau, c’est de voir que ce monde condamné, que ce monde qui s’écroule, est constamment sauvé de la disparition par des milliards de petites mains et de petits esprits qui font tout pour le réparer  ou  le consolider. Et il faut voir quelle énergie et quelle foi ils y mettent. C’est comme une fourmilière qu’on aurait malmenée. 

366 – Ce qui est étonnant, c’est de voir à quel point la bonne conscience ne souffre absolument pas de devenir de plus en plus étriquée. Son confort réside dans le fait que tout ce qui pourrait la troubler est rejeté. A quels magnifiques spécimens humains on aboutit ainsi.

367 – J’adore les gens qui adorent les formes, qui adorent les formes en tant que telles (abstraites ou concrètes). C’est avec un malin plaisir que je guette le moment où ils devront y renoncer, soit parce qu’elles auront changé de forme, soit parce qu’elles auront été détruites ou balayées, soit parce qu’ils seront revenus de leurs illusions.

11/02/20

368 – 7,7milliards d’humains sur terre qui ne savent pas ce qu’ils font là et qui feront ce qu’on leur demandera (pour ne plus se poser de questions, croyants inclus ) ou vivront leur vie au maximum de leurs intérêts sans aucune illusion.

369 – La nature était là avant les hommes, et ce ne sont pas les hommes qui ont créé les lois physiques et les lois biologiques. Ce ne sont même pas les hommes qui ont créé l’homme. Alors de quel droit la culture ou la société se permettent-elles de donner un sens et d’attribuer une valeur et une utilité à la nature ? C’est la loi du plus fort. De quel droit la société ou la culture se permettent-elles de donner un sens et d’attribuer une valeur et une utilité à la part naturelle de l’homme ? C’est la loi du plus fort. La loi de la jungle retournée.

370 – De la même façon que la science n’est pas faite pour atteindre d’autres buts que des buts scientifiques, la culture ou la société, dont procède la pensée de chacun, ne sont pas faites pour atteindre d’autres buts que des buts culturels ou sociaux. 

371 – Ne mélangeons pas tout. Ce qui est objectif, indépendant des individus, ignore le subjectif et ne peut rien pour lui. Ce qui est général, ignore le singulier et ne peut rien pour lui. Ce qui est inerte, matériel, non-vivant ignore ce qui est vivant et sensible. Ce qui est éprouvé, ressenti, l’objectif, le général, l’inerte ne peut pas l’appréhender. Les pensées nous relancent sans cesse pour que nous participions ou contribuions au fonctionnement de l’objectif, du général, de l’inerte. Mais dans le principe, on peut imaginer que cette tâche pourra un jour être effectuée par des automates. A nous de voir si nous nous concevons seulement, si nous sommes seulement, de l’objectif, du général, de l’inerte, avec une vie sans laquelle rien ne serait possible. (il faudrait faire travailler les animaux, depuis le temps qu’ils se tournent les pouces ! ah ah )

372 – C’est un comble non ? rappelez-vous, rassemblez vos souvenirs, tout s’est passé comme si, très tôt, très vite, on avait eu à se justifier d’être sur terre, d’être là. De quel formidable tour de magie on a été victime ! 

12/02/20

373 – Avec leurs capacités intellectuelles grandissantes, les hommes ont été capables peu à peu de déchiffrer le monde, de l’interpréter, de l’utiliser et de l’exploiter ou de le modifier. Ils ont découvert ses lois et ses structures. De même, avec d’autres lois et d’autres structures, ils ont créé des sociétés. Toutes ces connaissances ont été transmises à la descendance au moins en partie. S’intégrer dans le monde ou trouver sa place dans la société c’est faire appel à ces connaissances et les utiliser. C’est un apprentissage, un conditionnement, et cela fonctionne automatiquement en nous. C’est une question de bons signaux. (quand c’est comme ceci, on fait cela) C’est impersonnel. Cela n’a rien à voir avec ce qu’il se passe dans le contact entre la créature vivante, sensible et singulière que chacun est et le monde. Ce contact ne peut pas être généralisé. Il y a donc  des connaissances et des considérations utilitaires ou morales qui nous permettent d’appréhender le monde, et il y a la façon dont on est touché qui donne naissance à bien d’autre chose. Et cela n’a rien de moral. Le problème, c’est quand cette dernière faculté se réduit comme peau de chagrin, sollicités, mobilisés comme nous le sommes par nos capacités intellectuelles et notre désir d’exister socialement. La mondialisation et la production en masse étaient fatales. 

374 – L’eau, c’est H2O. C’est une source de profits. (50 centimes le litre + 30% de taxes) C’est un symbole. C’est l’essentiel de notre corps. C’est un liquide qui étanche la soif.  Mais l’eau peut aussi être bonne pour le coeur dit le Petit Prince.  » Cette eau…était née de la marche sous les étoiles,(absurde ou incertaine ndr) du chant de la poulie, de l’effort de mes bras. Elle était bonne pour le cœur  »

375 – Et ma blessure, alors, que puis-je en faire ? Différentes pensées issues de systèmes différents peuvent me l’indiquer. L’étouffer, il y a un travail important à effectuer. La cacher, il y a un entourage indifférent ou plus ou moins hostile qui ne s’y intéressera pas. La refouler, il y a un système de valeurs qui dit qu’il ne faut pas se plaindre. La nier, il y a une conception de soi, de l’homme qui ne prend pas en compte cela. La maquiller, il y a des idées que les autres ont de moi qu’il ne faut pas décevoir. Il faut satisfaire les formes et structures sociales. Je jouerai le rôle classique, convenu, général attendu.

376 – Maintenant, imaginons que depuis le début de notre vie, tout ce qu’on a éprouvé, ressenti ait dû passer à la moulinette des impératifs ci-dessus. Imaginons que les formes d’être déterminées par les pensées aient été les seules admissibles. Imaginions que nos vrais plaisirs, nos authentiques joies aient été ignorés de nous parce que devant se rendre compatibles avec le système de pensée en place.  Imaginons que nous avons entériné que notre vie consiste seulement à faire fonctionner les lois et structures sociales ; à se couler dans la panoplie de concepts généraux appartenant aux systèmes de pensée religieux, politiques, sociaux, psychologiques, moraux etc Imaginons que tout ce qui se passe de sensible en nous ait dû plier bagages devant tout ces devoirs. En fait, pas besoin de faire preuve de beaucoup d’imagination. Nous savons que la société et la culture sont les plus fortes et que, comme toujours, nous ne savons pas comment les empêcher de nous dévorer. L’eau sera seulement H2O ou profit ou autre chose du même genre. Les zombies ne sont pas si méchants que cela, sauf quand on leur confère du pouvoir. Dans ce cas, l’inhumanité gagne. 

377 – Comprenons au moins ce que l’on fait, quels désirs on cherche à satisfaire toute sa vie, quel rôle on joue,  pour ne pas s’en laisser compter par tous ces cochons de donneurs de leçon.

378 – « Je m’occupe de choses sérieuses », « je suis quelqu’un de sérieux », « il faut être sérieux » , non seulement cela se décline de mille façons, mais selon notre personnalité, notre niveau social, cela décrit aussi bien des prétentions à s’occuper de choses qui comptent dans la société ou l’actualité, à poursuivre des buts que l’on surestime que des tâches qui consistent à honorer des engagements importants Combien de fois, dans notre existence, n’avons-nous pas méprisé ce qui n’était qu’une réalité personnelle vécue pour nous consacrer à des projets dont dépendait, semble-t-il, la marche du monde avec le sentiment que nous nous grandissions à cette occasion. C’est juste la conséquence de l’importance que l’on accorde à la société, que l’on y occupe une place non négligeable ou que l’on rêve de compter pour elle.

379 – Mais se soucier de la société, s’occuper d’elle, n’est qu’un faux-fuyant, un moyen d’échapper à la question sans réponse : quel sens a mon existence sur terre ? La certitude absolue et tranquille qu’elle n’en a aucun nous calmerait assurément. Sinon, chacun continuera à se concevoir forcément culturellement ou sociétalement.

13/02/20

380 – Si nous devons appartenir totalement à la société ou à la culture : pourquoi pas le post-humanisme qui éliminerait toutes les causes de dysfonctionnement de leur point de vue ? Sinon, nous sommes aussi hors de leur emprise. Il y a une part de soi qui n’a pas à être  intégrée en elles, réquisitionnée par elles, qui n’a pas à répondre à leurs conditions, qui n’a pas à être mise aux normes par elles, qui n’a pas à être employée pour leurs projets. Une part indépendante de la pensée qui voudrait se mêler de tout, s’immiscer partout, une cité interdite, non pensée.

381 – Attention, c’est très sérieux ! Il s’agit du service de Dieu. Il y va du salut du monde. Il y va du sort de l’humanité. Il y va de l’intérêt de la nation. Il s’agit de l’intérêt supérieur de l’État, du parti, de la branche, de l’entreprise. Il s’agit de l’intérêt de la communauté. Il y va du bonheur des autres, de la moralité publique etc Vous êtes en partie responsable. Pénétrez-vous bien de votre responsabilité et soyez sérieux. Vous héritez directement du sérieux de toutes ces grandes causes.

14/02/20

382 – C’est sans espoir. Le bien sera toujours défini par un système de pensée érigé en vérité ou par une conception générale du monde ou par des idées générales – tout ceci secrétant des jugements conditionnés et déterminants – et non par le respect absolu du refus d’autrui. Celui qui a cette idée de faire le bien à l’esprit est tout simplement le jouet de  son conditionnement.

383 – On sait comment allumer un feu sacré dans une personne.Il suffit d’une part de bien la convaincre que sa mission, ses idées, sont très importantes – sorte de cause sacrée – et d’autre part de la persuader qu’elle est digne et capable de les défendre du fait de ses qualités propres. Et la voilà gonflée à bloc, certaine d’avoir raison, prête à tout ou presque. Ce zèle fait l’admiration quand il se manifeste dans le cadre ou dans le groupe correspondants. Il est insupportable quand il se manifeste dans un milieu à peu près indifférent à la cause en question. Il est même complètement ridicule quand il ne s’agit plus que d’une certitude purement personnelle.D’où l’existence indispensable des partis, des corps, des corporations, des communautés etc D’où aussi les états d’âme de ces dévoués serviteurs quand ils deviennent indifférents au reste de la population.

384 – Le zèle ridicule, personnel et incompris par l’entourage peut s’expliquer par la conjonction de deux facteurs, d’une part la certitude de servir une cause d’une grande valeur, et d’autre part, être affligé soi-même d’une soif ardente d’être aimé et reconnu. Le zèle étant alors une occasion précieuse de faire ses preuves et de convaincre.

385 – Comme nous n’avons aucun moyen de nous faire une idée du bien sans recourir à celle que la société nous a transmise (25), le souci de faire le bien, la zèle à le servir sous toutes ses formes et en toute occasion, ne sont rien d’autres que des témoignages de notre amour pour la société. C’est cet amour qu’il faut comprendre.Sinon, on continue à faire de la morale sans s’en apercevoir.

386 – Responsable, responsable. des imbéciles qui ne savent pas ce qu’ils disent ou qui ne nous veulent pas du bien. Même ce pauvre Saint-Exupéry s’est mis dedans. Pour  dire qu’on est responsable, il faudrait savoir quel pouvoir on a. Quel pouvoir avez-vous sur les autres ? Quel pouvoir avez-vous sur les événements ? Ce n’est pas dans le monde réel qu’on l’est, c’est dans le monde rêvé de nos désirs et de nos sentiments. 

15/02/20

387 – Être responsable. Voilà déjà un titre honorifique, une raison d’être fier. On acquiert ainsi de la valeur (objet de notre éternelle quête) . Et puis on compte, on est important pour les autres. Connu et en quelque sorte élevé. De quoi ravir son ego. Cela fonctionne même en dehors des structures sociales officielles, cela fonctionne avec des concepts, des idées qui sont des valeurs reconnues. C’est encore et toujours occuper un rôle notable dans la participation à la société. Le mouvement d’ascension lui-même est naturel dans la société. Il faut sentir comme on est habité, poussé, par un but plus ou moins grandiose.

388 – La socialisation, c’est très bien. L’engagement citoyen aussi. Mais peut-être qu’avec un esprit colonisé par la société, inféodé à elle, on risque de ne plus pouvoir trouver une solution à un problème, prendre du plaisir ou éprouver de la joie, découvrir une vérité, sans se sentir obligé de les faire partager, de les faire adouber par les autres, de s’en servir socialement et de les mettre en conformité pour cela. Impossible d’en profiter tout seul.

389 – Comme on ne sait pas pourquoi on est là, comme il nous est impossible de savoir qui nous sommes autrement qu’en se rangeant à ce que disent les autres sur nous, si on a un but, il ne peut être que le produit du sens de la vie et du monde dont on a hérité, de l’éducation et de la formation que l’on a reçues.

390 – Parlerait-on encore de valeurs, serions-nous encore en quête de valeurs si la société n’avait plus aucune valeur ? 

391 – Comme c’est pas de chance ! L’Etat n’a plus le monopole de l’espionnage de la vie privée des gens. Et c’est encore pas de chance, l’Etat n’a pas le monopole des bonnes causes même si les siennes sont officielles. Vraiment, c’est pas de chance !

392 – Courez, courez après le sens commun, la morale commune, les consensus possibles, les liens sociaux, les codes et usages en vigueur, les modes, courez, c’est d’autant plus nécessaire qu’ils sont évanescents et changeants. Le but est de montrer, de témoigner, vous êtes engagé, alors ne cessez pas de courir. Allez !

16/02/20

393 – C’est bizarre de toujours vouloir adopter des valeurs bonnes pour tout le monde au lieu d’en choisir qui soient bonnes pour soi. D’ailleurs, je rappelle aux distraits, que l’époque est au multiculturalisme. Multi-valeurs. Les valeurs – même religieuses – sont de nature culturelle.

394 – Les parents donnent à leur enfant, pour différentes raisons, une fausse image de la société à travers leur éducation.Il partira dans la vie avec des tas d’illusions. La question est de savoir comment faire pour qu’elle soit la moins fausse possible

17/02/20

395 – L’homme le plus malheureux au monde est l’homme caméléon. il lui faut sans cesse faire ce qu’il faut faire, éprouver ce qu’il faut éprouver, dire ce qu’il faut dire, penser ce qu’il faut penser, croire ce qu’il faut croire, vouloir ce qu’il faut vouloir, aimer ce qu’il faut aimer, désirer ce qu’il faut désirer, paraître ce qu’il faut paraître. Mais il n’est pas malheureux parce qu’il fait tout cela, il est malheureux parce qu’il se sent coupable dès qu’il n’est pas parfaitement conforme . Et il est malheureux parce qu’il pourrit la vie de son entourage. 

396 –  Pour l’homme-caméléon, la société a toujours raison. Mais des intellectuels qui se croient malins pensent qu’elle a parfois tort, mais qu’il faut attendre qu’elle ait trouvé ses raisons pour donner raison à ceux qui voudraient penser différemment.

397 – Combien de temps encore allons-nous passer à donner vie à des idées ou des concepts qui, en eux-mêmes, ne sont pas vivants ? Combien de temps encore allons-nous continuer à croire que ce sont eux qui nous animent, nous donnent de la valeur, alors que ce sont des momies auxquelles nous nous entêtons à faire du bouche-à-bouche ? 

398 – Allez, admettez-le même si c’est dur à admettre : la société ne mérite pas votre confiance. Elle ne l’a jamais méritée. Ceux qui la représentent en font la démonstration tous les jours. Et c’est pourtant à son intérêt, à son sort, à ses parties que vous avez consacré toute votre vie.

399 – Que de plaisirs, que de joies on a manqué, on n’a pas pu profité parce que des pensées, l’autorité d’un sens conditionné les brimaient et les dénaturaient.

400 – Tout le monde aura remarqué que ce qui discrédite un homme politique, c’est sa mahonnêteté, sa fausseté, ses frasques, ce n’est pas son incompétence ou son inintelligence ou son inefficacité.

18/02/20

401 – Même cause, même effet. On ne se rend pas compte de ce que l’on vit, de ce que l’on éprouve aujourd’hui comme on ne se rend pas compte de ce qu’on a vécu ou éprouvé autrefois, dans le passé parce que, dans les deux cas, c’est ce qu’il faut en penser, le jugement que l’on doit porter qui occupent toute la place. Il s’agit toujours de celui que la culture conçoit. D’ailleurs, c’est valable pour tout. Ce n’est pas seulement que notre accès aux faits est médiatisé par nos outils de connaissance, c’est que ces outils sont souvent de ridicules jugements.

402 – Très nombreux encore aujourd’hui, et même parmi les non-croyants, sont ceux qui vivent complètement sous la coupe de l’illusion fondamentale introduite par Jésus et selon laquelle, on peut être complètement l’incarnation de mots, d’idées, de paroles. Le Verbe s’est fait Chair. Aucun verbe ne peut se faire chair. C’est que Jésus n’avait aucune notion de psychologie et de sociologie. C’est pourquoi il s’est cassé le nez quand il a voulu convertir les juifs de son temps, et ce n’est qu’à la toute fin de sa vie qu’il a entrevu ce qu’il avait toujours ignoré «  ils ne savent pas ce qu’ils font ».

403 – Le désir fondamental ou le manque qui nous déterminent à notre insu, c’est le destin, la raison de notre quête. On veut abolir la séparation, la conscience d’être un individu séparé dépourvu de raison d’exister. Le fantasme d’une réunion, d’une communion trouve de la force dans la famille, la communauté, l’Église, la société, l’humanisme. Il s’agit toujours de croire que si les corps ne peuvent plus se fondre, les esprits le peuvent. Mais pour cela, justement, il faut être esprit, il faut devenir l’être que le mot abstrait évoque. C’est toujours le fantasme chrétien.

404 – Dans l’univers purement spirituel auquel on rêve, auquel on aspire, tout ce qui est éprouvé, tout ce qui est pensé a vocation immédiate à être partagé, propagé, à convaincre. Cela ne nous satisfait qu’à cette condition. D’où le militantisme et autres diffusions..

19/02/20

405 – Quand est-ce qu’on n’est pas un produit de la société, que ce soit à l’extérieur dans notre emploi, dans la mise en application de tous les codes qu’elle a inventés, de tous les usages, ou à l’intérieur quand ce sont ses volontés, ses lois qui inspirent les pensées qui nous dirigeront ? A tout moment nous sommes le produit de tous ses discours  Un mal de tête, c’est ce que l’on doit penser du mal de tête selon elle. une réaction en public, ce n’est pas l’origine et la nature personnelles qu’elle a, c’est ce qu’il faut en penser selon ses criyères. Elle donne son sens à tout. 

406 – On ne se rend donc pas compte que l’on passe savie à la servir et à faire ses volontés, que l’on passe sa vie, par exemple, à faire de la colère, quelque chose de répréhensible alors qu’elle peut être une réaction spontanée salutaire et saine.  Cela dépend de celui qui montre sa colère. 

407 – Tous ceux qui ont du pouvoir passent leur temps à donner plus de force, plus de poids, plus de valeur, plus de vérité aux critères culturels auxuels nous obéissons pour faire de nous des zombies. Ils devraient être châtiés. 

408 – Vous croyez avoir fait plaisir à quelqu’un ? vous n’avez peut-être fait plaisir qu’au produit de la société.

409 – La société en demandera toujours plus, c’est dans sa nature. si on ne met pas le holà, cela finira très mal. 

410 – Les vertus morales n’existent nulle part ailleurs que dans la tête des gens. Si certaines vous plaisent personnellement et surtout vous rendent service, vous pouvez vous en inspirer occasionnellement.

20/02/20

411 – Ne laissons pas ce qu’il faut penser du désir remplacer le désir en nous, ne laissons pas ce qu’il faut penser de la haine remplacer la haine en nous, ne laissons pas ce qu’il faut penser du plaisir, remplacer le plaisir en nous, ne laissons pas ce qu’il faut penser de la peur remplacer la peur en nous, ne laissons pas ce qu’il faut penser de la colère remplacer la colère en nous etc 

412 – L’usine à pensées. Ce que le monde attend de nous. Ce que les autres  disent  du monde, jugements et commentaires. Ce que l’on dit, pense  ou dira du monde.  Hop ! Il a disparu ! Hop ! Je suis amnésique, j’ai tout oublié. Donc, la vie, l’histoire même, c’est cela. c’est l’histoire du pouvoir et des effets des idées, des concepts, des symboles sur les hommes. Mais heureusement qu’il y a les hommes, sans eux, ce pouvoir, ces effets, zéro. Essayez donc avec les animaux sauvages. Jamais ils n’auraient conçu Auschwitz. 

413 – Manifestement, le temps vient où les dirigeants des pays soi-disant démocratiques (si on vous le dit) , recroquevillés sur leurs vieilles conceptions du pouvoir – je dirige un pays, donc je dirige le peuple, donc je lui dis ce qu’il doit penser en faisant des discours – seront complètement dépassés par la vie intellectuelle de celui-ci. Ils n’assumeront jamais les conséquences des décisions désastreuses qu’ils prennent, et ils s’étonneront des réactions parfois violentes de celui-ci parce qu’ils auront essayé de rejeter toute la faute sur lui.

21/02/20

414 – Le manque, c’est le destin. Ce qui nous plaît le plus, c’est ce qui nous manque le plus. Dans la religion chrétienne, c’est la valeur.

415 - Non-croyant ou athée véritable : rien de transcendant ou d’immanent, de quelque nature que ce soit, où que ce soit, qui mériterait nos services ou notre dévouement.

416 – Repérer les individus faibles ou vulnérables de toutes sortes dans une société, indépendamment de toute idéologie ou parti-pris catégoriel, est simple : ce sont des gens dont on abuse de toutes les façons possibles parce qu’on a le pouvoir ou la force ou les connaissances, ou tout cela en même temps.  C’est du pur Sade.

417 – Adopter l’échelle de valeurs en vigueur ou officielle, dans tous les domaines, vous évite d’avoir la vôtre.

22/02/20

418 – Si on a pris l’habitude, au point qu’on ne s’en rend même plus compte, de laisser nos pensées remplacer le désir, l’émotion, le plaisir, le déplaisir en nous, cela veut dire que tout ce qu’on peut éprouver devant une chose, une personne, un fait, un événement, une œuvre d’art est prévu, dicté par les jugements appris, conditionnés et non plus causé par une sensibilité directe à ce qui se présente. C’est une vie émotive et affective purement intellectuelle ou formatée. Et ceux qui savent pérorer (qui savent faire culture comme on fait société) empêcheront les gens sincères de s’exprimer.

419 – On a bien remarqué qu’il suffit d’entendre un jugement maintes fois répétés ou de le répéter soi-même pour croire que l’on est sincère en le portant.  Il suffit de se mettre à genou régulièrement, seul ou avec d’autres, devant un symbole ou une image pour devenir un dévot.

23/02/20

420 – Tu m’aimes ?

- Ah ça, je ne peux pas te le dire

- Pourquoi ?

- Parce que dans le mot amour il y a déjà, tout prêt, tout un tas de sentiments, tout ce qu’il faut éprouver, faire. . Tu veux du préfabriqué ?
« Pour ton nez qui s’allume

Bravo! Bravo!
Tes cheveux que l’on plume
Bravo! Bravo! «  (Piaf)

421 – Ainsi on sait à quoi on sert : à la reproduction. Instinct sexuel pour la perpétuation de l’espèce. Conditionnement pour la perpétuation de la société. r Tous les hommes s’appellent Kleenex.

422 – La pensée qui s’impose à nous est un kit assez complet. Directement ou en lien avec tout un ensemble d’idées, elle contient tout ce qu’il faut faire, tout ce qu’il faut penser, tout ce qu’il faut éprouver. Vie prête à l’emploi et jouée..

423 – On peut comprendre un enfant en fonction de la façon dont il s’en est tiré pour devoir jouer ainsi.

424 – Hé là, cela ne suffit pas de courir après le sens commun, la morale commune, les consensus possibles, les liens sociaux, les codes et usages en vigueur, les modes, (392) il ne faut pas s’arrêter là, il faut aussi se soucier d’eux et surtout il faut se consacrer à l’entretien, à la promotion, à la défense, à l’enrichissement, à la diffusion de tout cela, et il faut aussi penser à honorer et servir les grandes notions dont se prévalent les institutions et les corporations. Heureusement que nos pensées nous rappellent à l’ordre sans cesse..

425 – Pourquoi pense-t-on qu’il nous incombe, à nous, de jouer les sauveurs de la planète ou de l’humanité ou de la France ou de la moralité etc quand on a simplement la possibilité d’agir pour ne pas les perdre ? Parce qu’on se croit détenteur de la Vérité qui sauve.

426 -L’idée du temps qui vient à l’esprit (passé, futur) le temps qui passe nous conduit rapidement à penser à notre vie, à ce que nous en faisons et à ce que nous allons en faire. Mais dans l’opération, le je en question n’est pas soi, c’est un objet de pensée, c’est un je mental, fictif. Se prendre pour ce je, c’est être une fiction. Oui, mais si ce je n’était pas là, on vivrait sans se savoir vivre. Or, on veut non seulement vivre, mais aussi savoir qu’on vit, et savoir ce qu’on vit, et pour cela il faut penser ce qu’on vit, et il faut se penser, ce qui nous ramène à vivre une vie fictive.

427 – Les émotions fortes ou les plaisirs forts permettent de se sentir vivre sans avoir à se savoir vivre. Mais les émotions (artistes, risques etc) ne peuvent durer longtemps pas plus que les jouissances.

428 – Quelle histoire ! Il y a très longtemps des espèces sont sorties de l’eau et sont devenues terrestres, il faudra s’extraire de la société dans laquelle nous sommes immergés sans rien connaître d’autre pour devenir des individus autonomes.

24/02/20

429 – Si nous sommes le complément d’objet direct d’une pensée, c’est qu’il y a un sujet qui fait l’action dans la pensée. Quand on peut s’interroger : qui dit cela ?  le sujet disparaît et la pensée aussi. 

431 – Tant qu’on sera guidé, inspiré à notre insu par une pensée globale sur l’existence, cette dernière voudra avoir raison. On sera esclave de son exigence d’avoir raison. On aura l’impression d’exister grâce à elle, d’aimer quelque chose de précieux, d’inestimable, alors qu’on n’est rien de plus que son chien. 

25/02/30

432 – Comment juge-t-on ? Comment apprécie-t-on ou évalue-t-on ? Si c’est en fonction de critères définis que l’on connaît, ces critères font partie d’un savoir préétabli. On perpétue un système. Il y a une autre façon de juger . Pas besoin d’être savant ou d’avoir fait des études pour éprouver un plaisir, pour ressentir un mieux-être, un état agréable qui s’empare de nous. On s’en rend compte sans avoir besoin de penser. Ce moment agréable peut aussi être la conséquence de la disparition de quelque chose (tension, tourment, émotion négative) . Ainsi, on peut distinguer la satisfaction d’amour propre du sachant, et le ressenti qui engage le corps. Mais au fait, quel est le but ? Que veut-on vraiment ? Perpétuer un système ou être spontanément bien ?

433 – Vouloir à toute force que le bien-être spontané confirme notre pensée ou que notre pensée aboutisse à ce bien-être spontané crée des problèmes insurmontables, ne serait-ce que parce que idée préconçue et spontanéité sont incompatibles.

434 – Il y a tant de moments, tant d’occasions où on se perd de vue, où ne sait plus être soi et où on fait appel à des vérités étrangères pour récupérer de la consistance. C’est pour savoir se juger à partir d’un système établi au lieu de partir de ce que l’on ressent. Tout nous y invite, il n’est pas évident qu’on ait le droit d’être indépendant.

435 – On est dans la société, comme des enfants qui boivent, intègrent, relaient la société. Ils ne font rien d’autre que désirer ce que la société leur propose. C’est le discours, il ne fait rien d’autre que de l’exprimer. Mais même les religions sont pareilles. Qu’est-ce qui ne concerne pas la vie des hommes en société chez elles. Même les articles les plus irrationnels ont la culture et la société comme références.L’au-delà est d’un banal ! !  Ah non, c’est la parole de Dieu ! Eh bien voilà de quoi discuter.

436 – Peut-on se raconter sa propre histoire mais comme n’étant pas l’histoire de celui que des pensées ont jugé pendant tout ce temps et qui n’est qu’un soi illusoire, pur produit d’un système ou d’un autre ? Peut-on se raconter l’histoire de celui qui n’était pas une pensée ou le produit d’une pensée mais celui qui éprouvait tout ? Cela ferait une énorme différence. 

26/02/20

437 – Les hommes sont capables du meilleur comme du pire. On le sait. On l’a vu. Le problème de ceux qui ne sont pas capables du pire est de reconnaître ceux qui le sont. Déjà, se méfier de ceux qui croient avoir une mission supérieure. 

438 – La sujétion, c’est quand on prête à des gens le pouvoir de savoir ce qu’il en est de choses qui ne nous sont connues qu’à travers tout ce qu’on a raconté à leur sujet ou qui n’ont fini par exister pour nous qu’à travers ce qu’on a raconté à leur sujet. Genre vie, liberté, santé, bien etc. 

 439 – C’est terrible ! Une grève massive sévit en Chine, une bonne partie de l’économie est à l’arrêt. Les conséquences se ressentent dans le monde entier. D’autres grèves importantes se déclenchent dans d’autres pays comme l’Italie. Le monde moderne vacille.  Si ce phénomène devait s’étendre partout de façon massive avec une gravité accrue, ce serait la fin du monde, et celle promise par le réchauffement climatique paraîtrait bien dérisoire. Ce que les syndicats et autres mouvements idéologiques ne peuvent pas faire, un petit virus peut le faire.

440 – En tant qu’objet de pensée fictif qui se prend pour le je, on est sans forces. Cet objet ou ce je n’est qu’un personnage dans l’histoire que l’on se raconte. La force est ailleurs.

27/02/20

441 – La tyrannie du verbe. Ce qu’on est, ce qu’on fait n’est pas le résultat de décisions ou de choix volontaires successifs, c’est le résultat de ce que l’on sait et de notre histoire. C’est intégré à notre personne. Mais les mots, les mots seuls, servis par un système de pensée, se présentent comme des vérités ou des buts généraux et fixes. . Et il faudrait extraire les parties de nous-mêmes qui ne leur sont pas conformes pour qu’on leur obéisse. Ce qui a un sens plein pour soi et qui est vivant devrait devenir une pièce standard dans un système de pensée. Misère des mots que l’on présente comme des trésors alors que c’est le ventre qui donne naissance à toutes les tyrannies, toutes les dictatures, tous les totalitarismes.

442 – Il y a deux façons d’appréhender les choses et les gens. Soit on se demande comment on y est sensible, soit on se demande ce que l’on sait à leur sujet. Soit on se demande ce que cela nous fait, soit on se demande ce que cela nous dit. Soit cela interroge notre savoir, soit cela interroge notre ignorance. Pour le musicien, une note est identifiée, répertoriée, intégrée dans un système. Pour le mélomane, une note n’est qu’un son, et la seule chose qu’il puisse faire, c’est avoir conscience de la façon dont elle le touche. Mais ce qui est valable pour les notes est valable pour tout le reste.

443 – Il y a deux façons d’appréhender les gens, soit on fait appel au savoir que l’on a sur eux, soit on fait appel à notre sensibilité. Le risque, dans le premier cas, c’est de les réduire à leur fonction utilitaire. Il vaut mieux un mix des deux. Dans la société, l’utilité prime. Chacun est classé, répertorié. 

28/02/20

444 – Est-ce que l’on peut juger quelqu’un sans le ranger dans une catégorie quelconque – de quelque nature qu’elle soit ? On n’a jamais vu une catégorie traverser la rue. Comment  le jugement de cette catégorie pourrait-il ne pas être idéologique ? 

445 – Je ne me reconnaîtrai jamais plus dans un mot, quel qu’il soit, qui sert à désigner une façon de penser, et par voie de conséquences, ceux qui partagent cette façon de penser. Si j’ai des points d’accord avec cette façon de penser j’agirai, personnellement, en fonction, de la façon qui me convient. Ainsi, je ne suis pas engagé par  ce que disent les leaders de cette façon de penser. 

446 – Si on pouvait renoncer complètement à savoir qui on est, on ne se demanderait plus ce que l’on vaut. Pareil avec les autres. On n’aurait plus aucune idée de leur valeur. Mais pour cela, pas d’autre solution que de cesser de prendre comme référence, comme but dans la vie, la société. C’est elle qui crée les valeurs. Quand la référence est soi-même, il ne nous vient pas à l’idée de nous juger. 

29/02/20

447 – L’ivre arbitre. C’est comme cela, on ne se rend pas compte qu’on est le jouet de quelques pensées quand on parle ou agit parce qu’on ne se rend pas compte de la présence de ces pensées , on ne se rend pas compte des défauts ou des inconvénients de ces pensées, d’ailleurs on ne comprend ni ne connaît le ressort profond de ces pensées. On ne se rend pas compte que notre ignorance, quand on nous la dévoilera, nous sera reprochée, et on ne comprend pas pourquoi cette ignorance peut nous être reprochée.

01/03/20

448 – Le ressort principal des pensées qui nous visitent sans y avoir été invitées est : bien faire, faire le bien, être bien. Et ces pensées risquent fort de devenir des actes. Parfois, c’est un objectif, un devoir, une mission d’une extrême importance, comme si le sort du monde en dépendait.

449 – Ceux qui sont pénétrés de leur mission se focalisent sur le sens apparent que peut prendre la société. C’est leur champ d’action.Ils voient du bien à faire partout.

450 – Comment peut-on demander à des gens remplis de problèmes personnels, qui doivent se battre pour se faire une place dans la société et la garder, qui ignorent les vraies causes de leurs actions et de leurs pensées et donc aussi les causes des conséquences de celles-ci , d’être des sauveurs ou des gardiens du monde  ?

451 – On comprend combien peut être gratifiante et motivante l’idée que le sort du monde dépend un peu de soi. 

452 – Cette propension terrible à vouloir bien faire, faire le bien, être bien, ce besoin de se donner de l’importance expliquent à quel point on projette sur les scènes de la vie quotidienne en société l’idée qu’il s’agit de porter secours, de venir en aide.

 453 – Si on a besoin d’avoir de la valeur, on dépend étroitement de la société dont la fonction est justement d’en inventer. Ce n’est pas la nature qui nous en proposera.

454 – Se rend-on compte à quel point notre vie aurait été différente, éventuellement, si on n’avait pas été taraudé, hanté par le désir de bien faire, de faire le bien, d’être bien ?

455 – La nature ne risque pas de s’écrouler, même si on la détériore. Ses lois restent valables et efficientes. La société qui repose sur un discours si.

456 – Moi, ce que j’adore chez les hommes, c’est l’immolation ou le sacrifice de soi. Ils font cela conscients de n’avoir aucune importance personnellement et en étant détachés d’eux-mêmes parce qu’ils ont compris que l’existence de leur personne n’était pas nécessaire.  Et pourtant, de ce fait, ils donnent du prix à des idées qui sont de celles qui font tenir à la vie les autres (graaannnndes cauuses) , qui donnent un sens à la vie des autres.  Ce n’est pas eux qu’ils devraient immoler.

457 – Le problème que nous avons, c’est qu’avec cette saloperie de pensée, nous faisons un système de tout, du moindre plaisir, de la moindre joie, de la moindre émotion, de la moindre impression. .

02/03/20

458 – Si on ne donne pas aux mots qui désignent sa propre vie, ou soi-même, (exemples : plaisir, colère, envie, bonheur, liberté, volonté etc) un sens personnel,  mais un sens courant ou le sens que les autres veulent, les autres ou la société prennent possession de soi. 

459 – Ce n’est pas parce que l’on parle de tout le monde ou au nom de tout le monde en utilisant des mots qui concernent ou désignent tout le monde (cela,n’importe qui peut le faire) que l’on cesse de parler (ou de penser) avec sa propre intelligence, ses propres connaissances, ses propres partis-pris et travers psychologiques. L’habit ne fait pas le moine.

460 – On est propriétaire de ce qu’on éprouve tant que la pensée ne s’en est pas emparée pour en faire du culturel. .

03/03/20

461 – Contentement contre mécontentement. Le content, c’est celui qui a des solutions toutes faites, des opinions toutes faites, des formules toutes faites, une morale toute faite, qui prend des décisions toutes faites., qui jouit d’une réputation toute faite. Le mécontent, c’est celui qui a à supporter cela.

462 – Autrefois, quand on était très jeune, on était en faïence. Et la faïence est fragile. Comme cela :

https://youtu.be/FZICVmRzv4A?t=10

Des chocs, des secousses l’ont fendillée, écaillée, fragilisée encore. Des contacts inappropriés l’ont salie. Toute nouvelle agression la met en péril. Alors elle s’est créée une carapace. La carapace l’empêche de s’écrouler, mais elle ne l’empêche pas de continuer à souffrir. Maintenant, ce qui est mauvais à l’extérieur se répercute à l’intérieur.

465 – Chaque instant de sa vie est possiblement ou probablement le produit d’un discours extérieur et d’un discours intérieur où savoir conditionné et savoir personnel se cumulent.  

04/03/20

466 – Depuis le début, c’est l’amour qui nous fait suivre les autres ou obéir de bonne grâce.

467 – La société ou la culture ne peuvent qu’ignorer et chercher à discréditer l’époque où on n’avait pas de mots – ou bien peu – pour médiatiser notre rapport à nous-même et au monde. Quand nous étions argile molle, tendre, où tout s’imprimait. Faire droit à l’être de cette époque, lui donner une place ne peut rentrer dans leur plan qui est : être pour elles un outil, un instrument physique et psychique. Et c’est ainsi qu’il est convenu que, dans la vie, il faut se battre, faire des efforts, résister, avoir de l’ambition tout simplement parce que le destin, de la société est de se battre, de faire des efforts, de résister, d’avoir de l’ambition..

468 – Oui, il est juste et bon que l’on passe son temps à nous reprocher des tas de choses n’est-ce pas ? Avoir été mis au monde d’autorité et sans jamais comprendre la raison de notre existence personnelle, être conçu et fait pour servir d’instrument physique et psychique à la société , avoir été réduit à n’être qu’une créature des mots, de la langue, de la culture, sans rien pouvoir y faire mais en subissant tous les effets néfastes et tous les inconvénients d’un tel système, pour que ces effets et inconvénients puissent nous être reprochés, bref : que notre ignorance, notre impuissance, notre fragilité intrinsèques puissent constituer des torts , c’est normal ! Et il est normal que nous nous sacrifions pour sauver tout ce bazar quand il est en péril. N’est-ce pas. Il n’y a que ceux qui sont assez prétentieux et fous pour se prendre pour les porte-parole d’une société ou d’un système quelconque pour penser ainsi.

05/03/20

469 -Ceux dont les pensées sont critiques, qui sont sans cesse remis en cause par leurs propres pensées, risquent fort de passer leur vie à se plaindre. 

470 – Si un mot, un concept, un principe doivent régenter notre vie, notre sincérité, notre spontanéité, notre nature vont sérieusement en pâtir. Certaines idéologies, certaines religions ont fait de l’amour un système, une valeur suprême, un commandement, un devoir. Dans ce cas, non seulement on se torture pour respecter ce commandement, mais en plus, les autres ou le monde ne sont pas forcément prêts à accueillir notre amour ainsi constitué. (ou alors, ils l’instrumentalisent à leur profit) Ce sont des problèmes à n’en plus finir et mille raisons de se rendre malheureux ou de se sentir coupable. C’est un exemple très répandu dans nos contrées et éclatant de la tyrannie que peut exercer un morceau de culture sur la vie humaine. Cela montre qu’on peut être tout prêt à consacrer sa vie à une idée préconçue et que c’est même ainsi que l’on conçoit la vie : comme l’incarnation d’une idée préconçue. Ce qui est ahurissant.

471 – Alors peut-être que l’amour a une grande importance dans notre vie. Le mot est comme les racines d’un grand arbre, elles s’enfoncent profondément dans la terre comme le mot en soi. Autour de lui, sur lui se sont accumulés et développés tout un tas de discours, ceux venus de l’extérieur – tout ceux qu’on a lus et entendus et auxquels on a souscrit, et cela fait beaucoup – et tout ce qu’on a conclu, jugé, trouvé personnellement, nos certitudes. Marques déposées. Repères fixes. Vérités. Idées arrêtées. Tout cela agit en sourdine depuis les profondeurs dès que l’occasion se présente, génère des pensées et un objet de pensée-soi auquel on s’identifie. C’est cet objet de pensée rigide qui nous dirige, nous tyrannise et nous empêche d’être nous-même. Ce n’est plus nous qui vivons, c’est le concept qui vit en nous, comme un virus se nourrit des cellules vivantes.

472 – Le problème des radicaux comme moi, c’est qu’ils ne savent pas comment s’attaquer à tout ce bazar, toute cette construction culturelle et linguistique sans utiliser les outils de la culture et de la langue, c’est à dire sans se compromettre. Il faudrait provoquer la dévastation, en soi et chez les autres, incluse dans le fait qu’on n’a pas d’autre moyen pour agir sur l’esprit ou détruire l’esprit que l’esprit. Car enfin quoi ? Même soi est le résultat d’innombrables discours venus de l’extérieur et de conclusions et vérités personnelles conséquentes. L’idée amour, enracinée, fait de nous des automates. Que vaut un automate ? C’est comme si un malade voulait se soigner lui-même.

06/03/20

473 – Dès que l’on épouse le personnage secrété, suggéré par la pensée que la situation a fait naître, on n’est plus soi, on est le produit de notre conditionnement, de notre culture, un artefact de nous-mêmes. Dès qu’une pensée, causée par une situation, comporte un objet de pensée qui a vocation à être nous, nous sommes en danger de nous identifier à cet objet. (c’est pourquoi les beaux discoureurs ont appris, quand ils parlent des questions humaines ou sociétales, à s’abstraire complètement. Vous aussi, locuteurs ou auditeurs : abstrayez-vous )

474 – Coronavirus. Tourisme réduit. Commerce impacté. Consommation diminuée. Bourses fragilisées (il va y avoir la peur de ce qui se passera aux USA) . C’est une arme antimondialisation. Voyons comment les gouvernements réagissent par rapport à cela et par rapport aux économies locales. Mais quand on entend les mondialistes comme Dessertine, on sait qu’ils ne veulent rien lâcher. Ils courbent le dos et espèrent que cela passera comme en 2008. Après ils recommenceront comme avant. Sauf que cela pourrait être un avertissement.La prochaine pandémie pourrait être ravageuse.

475 – Notre vie, celle que nous croyons être la nôtre, n’a-t-elle pas toujours été celle de ce personnage secrété par les pensées du moment qui ne sont ni à nous – c’est le résultat de notre conditionnement ou notre apprentissage – ni de nous – ce n’est pas nous qui les pensons. Mais si, quant à leur sens, elles nous sont étrangères, quant aux effets de leur mise en action, c’est bien nous qui devons les subir ou les vivre. D’où l’énorme injustice.

476 – Coronavirus.D’une certaine façon, très indirecte et imagée, nous vivons sous l’Occupation. Il est partout, il peut frapper n’importe qui à tout moment, ses décisions sont imprévisibles, il occupe l’esprit de tout le monde et tout le monde le craint, on ne peut rien contre lui.

07/03/20

477 – D’un côté, il y a l’amour, la bonne volonté, l’enthousiasme, la confiance de l’individu, de l’autre il y a un personnage secrété par une pensée complètement conditionnée, un personnage mental, évoluant au fil des situations. (à chaque pensée un personnage) C’est l’individu qui investit ce personnage, lui donne la vie, l’anime. Les louanges et les critiques, les adhésions et les rejets adressés à ce personnage mental nécessairement limité, inadéquat et imparfait à tout point de vue, atteignent, concernent aussi l’individu qui lui donnait vie. C’est la raison pour laquelle on aura remarqué qu’il est beaucoup plus reposant d’être un simple exécutant, d’obéir aveuglement. Et il est terriblement affligeant et problématique pour l’individu de prendre pour lui tout ce qui concernait le personnage fabriqué par la pensée. C’est vrai que tout l’y invite. A peu près tout ce que la terre compte de penseurs du comportement humain part de l’idée qu’il y a un libre-arbitre éclairé de l’individu. Mais la nature ou la vie est aculturelle ou amorale.

478 – L’amour, la sincérité dans la vie de l’individu n’ont pas besoin que des raisons culturelles, des idées sociétales les autorisent, les approuvent et les justifient. La rose est sans raison.

479 – Un phénomène intéressant à relever et à explorer avec ce coronavirus. Une opposition : d’un côté une tendance à se protéger, à revenir à soi, à fuir le public, et de l’autre, une montée en puissance des symboles, des organismes publics, de l’idée collective, des institutions avec une déception possible. Bipolarisation extrême. Et le problème pour les dirigeants managers, c’est de ne pas trop solliciter les initiatives ou les responsabilités individuelles. Qui sait à quoi cela pourrait conduire. 

08/03/20

480 – Et le sens devint devoir. Comme on ne peut pas accepter que nous ne soyons que la conséquence d’une fonction biologique aveugle et d’une loterie génétique et sociohistorique, comme on ne peut pas s’empêcher de chercher un sens à sa vie, à soi-même, on suit les conseils de tous ceux qui nous disent qu’il faut en trouver un. On en trouve un ou on en cherche sans cesse un. passant de l’un à l’autre. On espère toujours le trouver. Le sens que l’on trouve devient important. On le prend au sérieux.Parfois très très au sérieux. Ce sens que l’on trouve ici ou là, ce sens qui est aussi le produit de nos réflexions, de nos découvertes, de nos révélations, une fois adopté, devient devoir. Il est devoir en ce qu’il a beaucoup de prix pour nous, il est devoir en ce qu’il permet d’échapper au non-sens de notre existence personnelle. Et c’est ainsi, chacun peut le constater, que nos jugements, nos goûts, nos opinions, nos certitudes, nos amours ne sont jamais ceux d’un moment mais ceux qui sont devenus, par besoin, nos vérités et donc des devoirs à remplir. On appelle cela aussi : la fidélité à soi-même. Qui peut dire un jour : j’aime ceci, je pense cela, et être déchargé de cette affirmation lle lendemain.

481 – Je me le dois, je me le dois. Je me le doigt dans l’oeil oui. (ne pas confondre : un sens à sa vie, et le fait que ce que l’on vit, ce que l’on éprouve à un moment donné, donne du prix à la vie.)

482 – Quand l’idée que sa vie doit avoir un sens, et même que sa vie, c’est le sens qu’elle a – et de préférence, quelque chose de grand – rien ne désespère plus, que l’impression, le sentiment que ce sens est absent ou inexistant.

483 – Comme moyen d’éprouver du plaisir et donc d’apprécier sa propre vie momentanément, il y a aussi la satisfaction d’amour-propre ou le plaisir narcissique qui consiste à donner raison au sens de la vie qui est le sien. J’ai ma morale pour moi (comme dans l’émission Répliques du 07/03 avec Delsol, Wolff et Finkielkraut. Le commun des mortels, bah ! mais le commun immortel voilà ce qu’il faut !) )

484 – Pas de sens, ou de raison à l’existence de la personne particulière, cela veut dire que si cette personne a tiré un mauvais numéro aux loteries dont elle est issue, ses souffrances, ses problèmes, ses malheurs n’ont pas de sens non plus.. Ils ne sont pas compensés par grand-chose.

485Si sa propre existence n’a pas de sens, cela ne sert à rien de la penser. Se penser sert seulement à aménager, améliorer son propre rapport au monde, à peaufiner son personnage social. Au moment de mourir, hop, le néant du sens de son existence -pensées inutiles – se fond dans le néant du sens.

486 – On ne décide pas ce que l’on pense, ce que l’on éprouve, ce que l’on désire. C’est donné. Alors quel sens pourrait bien avoir cette irresponsabilité ou pourquoi les conséquences de tout cela ?

09/03/20

487 – Cela n’a pas de sens de subir sans cesse des effets dont on ne comprend pas les causes, et cela n’a pas de sens d’essayer de corriger ces effets ou de comprendre les causes dans le but de mieux fonctionner en société., pour que celle-ci soit contente.

488 – Il faut quand même bien l’avouer, il est difficile de plaindre quelqu’un qui a toujours été un fidèle serviteur et militant de l’ordre social au point d’en tirer sa grande fierté quand il en arrive à être rejeté par celui-ci ou quand la réussite sociale le quitte.

489 – Comme l’existence de la société moderne est la chose la plus merveilleuse qui nous soit jamais arrivée, comme elle est parée de toutes les vertus, comme elle est un modèle et un idéal pour tous les hommes, comme elle seule existe réellement, il est devenu naturel, instinctif de faire preuve à son égard de bonne volonté et d’enthousiasme. Et on comprend que l’on soit content de bien lui montrer que l’on a trouvé un sens à la vie parmi toutes ses propositions, et que l’on est content de donner beaucoup de valeur à ce sens.

490 – Quoi ? ? Le coronavirus est entré dans Paris ? (soit par Issy soit par Ivry ) Le coeur est atteint  ? Les effusio-etreinto-embrassades politiques comme on les voit sans cesse ont donné lieu à des contaminés à l’Assemblée nationale ? (je t’aime, moi non plus) Paris sera toujours Paris quand même (j’ai deux amours) Non ? Que vont devenir les Champs-Elysées, et les joyeuses retrouvailles des stars dans les lieux ad hoc ? Ce n’est pas possible ! . Tous ces gens importants ! La question qu’il est permis de se poser est : pourquoi ne laisse-t-on pas le coronavirus vivre sa vie puisqu’il est si peu mortel, au lieu de bloquer le pays ?

10/03/20

491 – Et le sens devient devoir. Quelle est la religion ou la philosophie ou la morale ou la psychologie qui ne consiste pas à se mettre en conformité avec des idées données ?. C’est toujours une vérité générale au sujet de ce que doivent être les hommes ou au sujet de la façon dont ils doivent vivre ou au sujet de leur mode de vie. On n’est content que si on peut être conscient de correspondre à une idée préconçue. Alors pourquoi pas le post-humanisme. Problèmes physiques réglés. Humanité irréprochable. Les penseurs regrettent qu’il n’en soit pas ainsi.

493 – La valeur des choses ? Il serait bon de jeter, de brûler ou d’oublier tous ces systèmes de pensée qui appliquent sur le monde et la vie leurs grandes échelles de valeurs. Ils ne savent rien. c’est du parti-pris. C’est le dernier qui a parlé qui a raison.

494 – Il faudrait avoir une estime et un intérêt constants pour tous les jugements de valeur (moraux, esthétiques, politiques, psychologiques etc) que les gens cultivés ou célèbres nous assènent à longueur de temps comme si leur notoriété leur donnait justement cette capacité, comme si on n’attendait que cela de leur part.. Et on peut aussi regarder passer le défilé.

495 – Coronavirus. La décision du gouvernement italien me semble, à moi, douloureuse et ridicule. Bon ! 2 mois de confinement total. Ceux qui devaient mourir sont morts. Ceux qui pouvaient guérir sont guéris. Ceux qui n’étaient pas atteints sont indemnes. On recommence à vivre comme avant. Des gens venus de tous pays, contaminés sans le savoir, viennent et contaminent ceux qui ne l’étaient pas. Et c’est reparti. 

11/03/20

496 – Si on médite et que l’on sait que l’on médite ou que l’on est conscient de méditer, on ne médite pas, c’est un penseur secrété par la pensée de méditation qui pense : je médite. Personne ne médite, et ce qui passe dans l’esprit n’a aucun sens.

498 – Tous ceux qui prétendent détenir une vérité au sujet de la vie ou de la nature humaine, et qui sont en mesure de l’imposer, finissent par être de la racaille.

499 – Attendez, c’est connu ou c’est pas connu ? Parce que si c’est connu, on consultera les avis de notre leader politique, de notre Président, de nos penseurs favoris, des guignols des médias, du Pape ou du sage qui nous plaît, de ceux que l’on connaît,  pour en tenir compte, pour se situer, pour s’en servir, pour y faire référence dans les conversations. Bonjour Blabla, comment vas-tu Blabla ?

500 – Et ça, dans votre vie ? Là aussi, il y a un droit de regard. cela fait partie du reste. Vous avez des comptes à rendre.  Bien sûr, monsieur, madame, vous êtes moi.  

501 – Et tout cela, la société comme référence et comme but, jusqu’à la fin de sa vie.Oui, mais c’était drôlement important ! C’est sûr !

502 . Evidemment, je n’irai pas voter. Déjà parce que je fais partie des personnes qui courent quelque risque avec le covid. Les dispositions prises, compliquées, douteuses, n’empêcheront pas que des tas de personnes aient touché des tas de choses – à supposé que je puisse les mettre loin de moi. (et toucher son visage est presque instinctif) Ensuite, la distance entre votant et personnes du bureau ne peut pas être d’un mètre. Et puis je n’aime pas que l’on me prenne pour un con. Certaines personnes, certaines activités -voyez lesquelles – sont autorisées, d’autre activités et rassemblements ne le sont pas. Je rappelle à ceux qui l’auraient oublié qu’il y a 15 jours ou guère plus, aucun cas de covid n’existait en France. L’idéologie règne au plus haut niveau. (démocratie et droit pour le virus)

12/03/20

503 – C’est tromper les gens à grande échelle de leur faire croire qu’ils auront affaire à des choses extérieures, étrangères à eux, séparées d’eux. S’il est vrai, si on ne peut pas nier que ces choses existent, il n’en reste pas moins que tout ce qui vient à notre connaissance, à notre conscience, était déjà là en nous et est notre production. La personne aimée était déjà virtuellement en nous. La trouvaille de l’intelligence était déjà virtuellement en nous. Ce qui est en nous s’enrichit, se diversifie au contact du monde, mais à aucun moment l’idée : intérieur-extérieur n’est juste. On doit donc en déduire que le milieu nous modifie bien plus que le verbe. Il faudrait en tirer les conséquences.

505 – Quand on pense qu’on passe sa vie à essayer de confirmer, de vérifier, de consolider et d’appliquer les idées qu’on nous a mises dans le crâne de multiple façons, il y a de quoi être dégoûté, et ce d’autant plus qu’on connaît mal ces idées .

14/03/20

506Quand on aborde une créature vivante seulement avec l’’intellect ou la pensée – à travers par exemple des chiffres, des graphiques, des concepts – c’est sans sensibilité, sans humanité, sans empathie. Seuls les sens sont sensibles. Aussi beaux ou ronflants soient les mots, ils sont morts. Un être humain devenu un concept n’est plus un être humain. Si ce concept définit le rapport que l’on a avec cet être, on voit le résultat.

507 – Regardez les mots qui servent à désigner les hommes dans toutes sortes de situations, de circonstances, de cas, regardez les catégories dans lesquelles les mettent toutes sortes de catégories de personnes. Ce sont des modes d’emploi. 

15/03/20

509 – Peu de gens, très peu de gens ne se la jouent pas, ne se prennent pas pour l’incarnation de quelque valeur sociale, morale ou spirituelle, très peu de gens ne veulent pas être ce genre d’incarnation, et qu’on les voit et les comprenne en fonction de ces valeurs. Attention ! Susceptible !

510 – Ici et maintenant, ne donnez pas de vie à un mot, un concept une idée comme Dieu. Ne soyez pas assez stupide pour voir en Dieu des choses que vous aurez mises vous-mêmes. Soyez assez honnête pour attendre qu’il se montre tel que vous l’avez imaginé. 

511 – Allez : paix, joie, bonheur, sérénité, amour, foi, sainteté, grandeur  etc toutes ces jolies choses nous plaisent parce qu’on en rêve sur la base de tout ce qu’on nous a raconté à leur sujet. (sans quoi ? ) C’est le rêve que l’on aime. Mais que sait-on de ce qui pourrait nous arriver dans le genre ? Part d’imagination c’est à dire part due à l’influence de la culture ? Part du corps ? Comment dire ce qui lui est propre ? 

512 – S’il y a un paradis pour tous ceux qui, à force de pensées et de culture, ont réussi à se construire un personnage et à s’y identifier autant que possible, c’est à dire un paradis pour tous ces personnages , je ne veux pas y aller. A aucun prix. Et je ne veux rien avoir à faire avec ceux qui, justement, comptent là-dessus.

513 – N’oubliez pas : pas de Christ sans les Evangiles, ces trucs douteux au plus haut point. Pas de Christ hors Evangiles, en dehors des histoires que vous vous racontez.

16/03/20

514 – Si la société (son organisation, ses codes sociaux et moraux, ses structures, ses élites et dirigeants) n’avait plus aucune valeur, ne valait plus rien pour nous, nous ne saurions pas comment nous comporter Puisqu’on ne sait pas ce que c’est que l’homme, la nature humaine, on ne sait pas ce qui est bon pour cette nature. Il ne nous resterait comme guide ou repères, que ce que chacun trouve agréable ou désagréable. C’est pourquoi le but fondamental d’une société est de nous faire aimer, désirer, demander ce qu’elle a besoin que nous aimions, désirions, demandions pour continuer. C’est pourquoi aussi, les dirigeants, les maîtres d’une société peuvent la casser en discréditant ce qu’elle nous avait habitués à aimer, désirer, demander.

515 – Cherche une description sérieuse et argumentée de la nature du monde que les religions promettent aux hommes méritants, de façon à pouvoir cultiver dès maintenant les qualités qu’il faut avoir pour y entrer.

17/03/20

518 – Je doute fort que les 100.000 gendarmes et policiers qui ont été déployés pour faire respecter les dernières mesures de confinement aient été dépistés puisque même les médecins ordinaires ne peuvent pas l’être. Alors évitez leur contact. Fuyez. Je doute qu’un libéral respectant scrupuleusement les lois du marché puisse faire la guerre. Aux gens oui.  Seul le ton ou le discours est martial. Martial, c’est comme les dragées, c’est l’enrobement qui fait tout.

519 – Je doute fort qu’à force de confinements, de contraction de l’économie et de la consommation, le gouvernement ait encore des sous pour lutter contre un corona têtu. Que cherche-t-il au fond ? C’est la question.(Italie : confinement total depuis le 10 mars. Mais 345 décès de plus depuis hier 16/3)

18/03/20

521 – Le macronologue. Il faut comprendre que pour lui, cette crise du corona est encore plus terrible que celle des gilets jaunes. Non pas en soi, mais parce qu’il poursuivait la déréglementation, la libéralisation, la désintégration de la nation France au nom de sa sacrosainte mondialisation.. Et là, tout le ramène à la réalité selon laquelle ce ne sont pas des organisations internationales abstraites et impuissantes  ou des marchés et des commerces amoraux et cupides qui peuvent intervenir mais bien l’Etat français. L’Etat, quel Etat et quel président ? En toute logique ces contradictions devraient le mener à l’échec de la lutte contre le corona. Il ne peut qu’accentuer la pression et la contrainte sur l’ensemble des citoyens, (histoire de les rendre responsables.. si échec c’est de leur faute)  en priant pour que l’orage passe. A nous de payer, comme toujours, les effets et les frais..D’ailleurs : en guerre en guerre en guerre -après Hollande) chacun sait que lorsqu’il y a la guerre, ce ne sont pas les gens du gouvernement qui vont au front.

19/03/20

522 – Dissertation sur le thème : C dans l’air.  Qu’est-ce qui n’est pas dans l’air ? Emission C dans l’air , paroles politiques en l’air, projets en l’air, avions en l’air, virus en l’air, organisations internationales en l’air. Idées et promesses en l’air, économie en l’air. En l’air, nulles part.

523 – Mac Chaos, Mac Chaos ! 

« L’énorme et vieux ventilateur
Essayait d’brasser l’air lourd d’odeur
On aurait pu palper la peur
Dans une aussi épaisse moiteur »

https://youtu.be/IVl0BZ4dw94?t=5

524 – Nous en France, on n’a pas d’idées, on n’a pas de moyens, on n’a pas de vrai chef d’Etat, on n’a pas d’argent, on n’a pas d’énergie, on dépend des autres pour tout, mais mais mais mais on a des modèles. L’Allemagne très souvent, pour ce qui arrange les discoureurs. Et l’Italie, qui vient de battre le record de morts en 24h par le coronavirus. On est mal barrés.

20/03/20

525 – Les propos de guerre impitoyables, d’une dureté sans pareille, du ministre de l’Intérieur à propos des frontières françaises : ceux qui n’ont pas « vocation » à entrer….  C’est la même chose que pour les déboutés du droit d’asile qui n’ont pas « vocation » à rester en France.

526 – les cerveaux ramollis, pétris de christianisme de ceux qui devant la crise sanitaire, et dans le but de ne pas chercher à en comprendre les causes profondes, à en connaître les responsables , se contentent d’ânonner comme des enfants de maternelle : il ne faut pas être égoïste. L’UE, et ses contraventions, (pardon, ce n’est pas l’UE, C’est L’EU nuque) c’est comme la chanson de Bourvil : « La tactique du gendarme » 

« Des gens disent que les gendarmes lorsqu’on a
Besoin d’eux, ils n’sont jamais là.
Je réponds du tac au tac
Car pensez j’ai ma tactique
Attendez un peu que j’vous explique

La ta ca ta ca tac tac tique,
Du gendarme
C’est d’être toujours là
Quand on ne l’attend pas. »

https://www.youtube.com/watch?v=ZZkinBwX2Ao

527 – je voudrais remercier chaleureusement ceux qui, au péril de leur vie, traversent Paris et se rendent dans les médias, sur les plateaux, pour nous délivrer la bonne parole : restez confinés.  Restez chez vous. 

528  – Il ne faut pas , dans l’inquiétude, trop écouter les médecins quand même. (il faut raison garder comme dirait mr doxa : Christophe Barbier) Ils ont un fort point commun avec les politiques : ils n’ont pas l’obligation de  résultat.  

21/03/20

531 – Notre système de valeurs, notre immense et complexe échelle de valeurs sont des constructions complètement conditionnées, c’est à dire que notre propension ou notre besoin constant de chercher ce qui a de la valeur, de trouver des choses qui ont de la valeur, de nous en emparer ne nous appartient pas. Nous ne nous appartenons pas quand nous faisons cela. Ce n’est pas en rapport avec le bénéfice personnel et authentique que nous en tirons. Tout simplement parce qu’en vérité, nous ne connaissons pas la vraie nature de ce que nous jugeons bien ou mal. D’ailleurs nos chères valeurs courent toujours le risque de devoir se soumettre à des intérêts supérieurs décidés en haut lieu.

532 – On passe son temps à essayer de faire triompher ou admettre sa propre vision de la société auprès des autres, contre celle des autres, on ne se rend pas compte qu’on est dupe d’un processus conditionné qui consiste à promouvoir une conception générale de la société, comme tout le monde.

533 – Il y a des tas de gens , de fayots et de pantins, auxquels la société a octroyé quelque pouvoir de préserver l’ordre établi et qui sont bien contents de le faire.  On les reconnaît en ceci qu’ils font comme s’ils étaient nous et pouvaient choisir et décider pour nous. Ils sont ses représentants.

534 – Les médecins, dans la main desquels notre chef mange en ce moment, nous rejouent le film : les héros sont fatigués. Nous aussi d’ailleurs, par leur omniprésence. Attention aux conséquences nosocomiales à grande échelle, ça tue.

22/03/20

537 – Dans la vie, il y a parfois des moments de vérité, de vérité parce qu’ils peuvent la déterminer. Ce sont les moments où l’amour que l’on porte – peu importe quelle sorte et pour qui ou quoi  – coïncide parfaitement avec le plaisir que l’on éprouve. 

538 – Ils sont comme ça les Français, la cote d’EM est en forte hausse. Pour l’instant. Les Français sont contents. Pour l’instant. Le réveil va être douloureux. Contrairement à ce qu’on dit, ce n’est pas la guerre, c’est le contraire. A la guerre, beaucoup de Français meurent pour sauver leur pays. Avec le coronavirus, beaucoup de Français ne meurent pas en échange de la ruine de leur pays

23/03/20

539 – Les pensées qui passent, plus ou moins conscientes, apparemment inoffensives, parfois plus pressantes, ne seraient pas un problème si nous n’étions pas leur jouet, si nous ne nous mettions pas à exister, décider, choisir en tant que personnage secrété par elles. Et c’est le plus souvent inconscient. Nous vivons la vie de ce personnage socioculturellement conditionné. Non seulement je est un autre comme disait Rimbaud, mais en plus, on ne s’en rend même pas compte. (ouah j’existe par tel groupe, telle catégorie, telle communauté, tel parti, telle fonction. Youpi !) Essayez donc de vivre selon votre corps, sur la seule base de ce que vous ressentez organiquement, de ce que vos sens vous disent directement. Ou remplacez le déroulement automatique de vos pensées par des pensées que vous choisissez volontairement, par jeu, sans vouloir passer à l’action, et vous verrez que cela fait déjà une différence.

540 – Les médecins font la loi. Sortez, ne sortez pas, faites ceci, ne faites pas cela. . La prévention devient une injonction massive.  De quel droit ? Ont-il jamais rendu des comptes pour n’avoir pas guéri quelqu’un ?

541 – Il ne faut pas s’étonner, se plaindre, la mondialisation, c’est le danger à la dimension du monde. Et ni les solutions, ni les dédommagements ne viennent des organisations internationales. On ne vit pas d’amour (universel) et d’eau fraîche.

542 – Vous imaginez, un virus qui tue beaucoup moins de 2% des contaminés (il faut rapporter le nombre de décès non pas au nombre de dépistés mais au nombre beaucoup plus grand des contaminés)  fiche tout en l’air ! Qu’est-ce que ce serait en cas d’attaque bactériologique ou avec un virus aussi contagieux mais beaucoup plus mortel !

543 – Tout le monde sent, en écoutant les médias, que le monde hospitalier n’est pas destiné à être sous le feu des projecteurs et des questions. Il y a toujours comme une zone grise ou floue  autour de ce monde protégé.  Qui nous a expliqué un jour pourquoi, comment un virus peut être si contagieux malgré tout ce que l’on sait devoir faire pour s’en protéger ?. Qui nous a expliqué pourquoi les ressources humaines sont si insuffisantes ?  Qui nous a expliqué quels traitements étaient utilisés ?

24/03/20

544 – L’individualisme est un égoïsme. L’égoïsme, c’est bien. L’individu, voilà l’ennemi. A la façon du grand Stirner.

Dieu se suffit à lui-même n’est-ce pas ? Il n’a besoin de rien. Il ne veut rien pour lui-même. Mon dieu, quelle absurdité ! Bien sûr que si, il veut être adoré, aimé, obéi, servi par les hommes. Mais alors le monde se suffit à lui-même. Il n’a besoin de rien. Il ne veut rien pour lui-même. Quelle ineptie ! Bien sûr qu’il faut que les hommes travaillent pour lui, s’investissent pour lui, lui consacrent leur vie. Bon alors l’humanité, l’humanisme universel se suffit à lui-même, il n’a besoin de rien, il ne demande rien pour lui-même. Mais si, il faut que les hommes s’engagent en sa faveur, adoptent ses valeurs. Bon alors l’UE se suffit à elle-même, elle n’a besoin de rien, elle ne veut rien pour elle-même. Si, ses membres doivent faire passer ses intérêts avant les leurs. Et le chef, le chef se suffit à lui-même, n’a besoin de personne, il ne veut rien pour lui. Mais si, ses subordonnés doivent le servir, travailler à sa gloire. Et le groupe….etc Convaincu par cet état de fait, reconnaissant que tout fonctionne ainsi, je me convertis, moi, modeste individu, et j’exprime mes besoins, je demande pour moi, ce qu’il me faut, je consacre ma vie à mon propre épanouissement. Vous savez maintenant comment pensent ceux qui condamnent l’individualisme : l’égoïsme est un monopole.

545 – Ainsi, c’est toute l’histoire du monde, c’est le principe de base, c’est la structure fondamentale de notre façon de penser. Les égoïstes dont j’ai parlé au-dessus n’en ont jamais eu assez; Il leur en fallait toujours plus quelles que soient les catastrophes dont ils étaient les causes. Et cela continue. En face, les individus n’avaient pas d’autre devoir, d’autre façon d’exister que de les servir, de leur consacrer leur vie, de se sacrifier puisque en comparaison, ils n’étaient rien. Tout juste bon à payer pour les fautes des précédents. 

546 – Une idée de collectif peut être égoïste, très égoïste. C’est bien, c’est louable. Un individu en chair et en os ne doit pas l’être. Ce n’est pas une idée. Ceux qui militent pour plus d’enracinement, plus de charnel, militent aussi pour d’autres idées de collectif que celles en vigueur et là, ils sont prêts à être encore bien plus exigeants..

547 – Le personnage que la pensée sécrète – le je quand elle a gagné – qui a comme seul référent la pensée, a toujours de grands espoirs, de grandes ambitions, de grandes idées. La pensée est le lieu privilégié de l’hubris. 

548  – Mais où sont les masques, Mac Chaos ?  https://www.youtube.com/watch?v=-gFX4ECqYKk

25/03/20

549 – il y a du monde dans la salle d’attente, comme toujours. On attend des masques. On attend des tests de dépistage. On attend le remède. On attend le pic. On attend la levée du confinement; On attend la déclaration du médecin. On attend que finisse l’attente. Ah le voilà ! voilà le médecin ! Le médecin ! Le médecin ! Applaudissements ! Alors ? 

550 - Si on souhaite que ce que l’on éprouve ou ressent soit vu, compris, il y a de fortes chances que ce que l’on montrera sera ce que l’on a appris en matière de sentiments ou d’émotions autour de soi ou en se cultivant. Ces sentiments et émotions, ce ne sont pas les vrais, les nôtres personnellement, ce sont ceux que le personnage sécrété par la pensée et devenu je doit avoir. Si les autres n’acceptent pas la façon dont on réagit, c’est qu’il veulent nous faire rentrer dans le rang.

551 – Vivants, on est esclaves, morts, on est libres.

Ô  vous les escrocs, (payer les violons)  les menteurs, les culpabilisateurs, les imposteurs, les sachant

https://www.youtube.com/watch?v=yWQ1v7-eTB0

26/03/20

552 – Voir quel a été notre rapport au monde depuis toujours. Toute sa vie, on a été un élève, un subordonné, un suiveur, un fautif ou un coupable, un ignorant. Ce n’est pas que nous n’avions pas des tas de choses à apprendre et à comprendre mais cela ne justifiait pas le type de rapport qu’on pouvait avoir avec nous, la façon dont on nous considérait et traitait. C’est cela qu’on a intériorisé.  Comment se concevoir autrement ?

553 – C’est ainsi que nos pensées s’adressent à nous comme un supérieur hiérarchique pourrait le faire. Elles s’imposent, elles sont impératives, incontournables, autoritaires.  Puis, par un tour de passe-passe, il faudrait que nous soyons celui  qui en est l’auteur, le responsable. 

554 – Le macronologue. Il est d’extrême extrême gauche. Besancenot battu à plate-couture. Quand ce dernier disait (si c’est de lui) : nos vies valent mieux que leurs profits, il parlait bel et bien des profits (des actionnaires) pas des entreprises et des employeurs. Pour vivre, il faut manger, et pour manger, quand on ne sait pas gagner sa vie à la Bourse, il faut travailler. Il y a donc une conclusion à tirer, une échelle de valeurs à remettre en place. Il y a des secteurs d’activité absolument indispensables sans lesquels tout s’effondre et c’est la famine. Il y a des secteurs d’activité très utiles qui d’ailleurs sont nécessaires aux premiers secteurs, et il y a des secteurs d’activité tout à fait secondaires dont l’arrêt ne cause pas de grands dommages. Il serait très judicieux de faire en sorte que les deux premiers soient en France. Qu’est-ce qui n’est pas vital ? 

555 – Ce serait bien que l’on cesse d’avoir comme arrière-plan de pensée, comme fondement et justification à nos pensées et à ce qui s’ensuit, un sens global, une idée générale du bien, une idée de collectivité -de quel droit  s’en revendiquer ? -  ce serait bien que l’on puisse penser sans eux. La comédie a assez duré non ? 

556 – Vouloir se prouver à soi-même que l’on est capable de quelque chose, d’atteindre un certain objectif, pourquoi pas, il faut avoir suffisamment confiance en soi. Mais si ce succès ou cette réussite dépend des autres, doit être validé par les autres, c’est au final l’opinion des autres qui est la valeur de référence. Il est extraordinaire de n’avoir absolument aucun besoin d’être approuvé par les autres. Il est même rare que l’on ne voit jamais personne comme un exemple de ce qu’on devrait ou pourrait être. .

27/03/20

557 – Allez, l’origine et la valeur des pensées qui nous convainquent et que l’on endosse en disant je quand on les exprime ou quand on agit comme elles le prescrivent ne sont pas plus connues que l’origine et la valeur du je en question. Quelle imprudence, quelle inconscience de se prendre pour ce je, d’engager sa vie sur lui. Hélas, n’importe quelle stupide affirmation, n’importe quelle absurde injonction, aura toujours plus de force, plus de pouvoir que le doute.   Je ne veux pas admettre, je n’admettrai jamais d’être dans l’incapacité de savoir ce que je suis et de n’avoir, en tant que personne particulière, aucune raison d’exister.

558 – Ce qu’il y a de bien avec la société qui est une parole du futur, c’est qu’elle semble toujours aller quelque part quand soi-même on ne sait pas très bien quelle direction prendre. C’est qu’en effet, tandis que nos pensées passent, la société nous propose sans cesse du sens qui n’est pas censé passer.

559 -

- Nous l’avons tant aimée la Révolution. Nous l’avons tant aimée notre religion. Nous l’avons tant aimé notre idéal politique. Nous l’avons tant aimé notre sens de la vie. Nous les avons tant aimés nos grands hommes. Hélas, s’il est vrai qu’il n’y a pas d’amour mais seulement des preuves d’amour, nous n’avons pas été payés de retour.

- Comment cela, ce n’est pas exact ! Voyez quelle fierté, quelle force, quelle joie vous a donné votre foi au jour le jour. 

560 – Si les médecins avaient un peu d’humanité et n’avaient pas pour mission de conserver des vies conceptuelles, des idées de vie inspirées par l’Etat, leur formation et leur corporation , ils sauraient que les gens en majorité n’ont pas peur d’être morts, mais de mourir, et ils feraient en sorte de régler ce problème au lieu de s’obstiner à remplir leur mission puis de laisser tomber. On aura, d’ailleurs, remarqué qu’ils ne parlent que d’eux et de leurs prouesses.

28/03/20

561 – Il ne faut pas s’étonner que l’égoïsme le plus absolu règne au niveau de tout ce qui représente ou incarne une idée de collectif. Un altruisme ou une abnégation  parfaits, complets, n’aurait pas de succès, paraîtrait insensé à tout le monde. C’est parce que c’est une forme sublimée et extrême de l’égoïsme fondamental de chacun, que chacun peut se sentir en connivence et espérer être reconnu.

562 – Mea maxima culpa . Si on dit que les pensées qui nous tourmentent , les états d’âme pénibles, c’est de notre faute, alors tout ce qui nous est arrivé de malheureux ou de douloureux dans notre vie, on considère finalement que c’est aussi de notre faute. C’est une impression générale. Un sentiment de responsabilité immense.

563 –Dans notre vie quotidienne, à un niveau plus modeste aussi, nous marchons à la foi. On croit être aimé, on croit que ce qu’on fait est utile, on croit les promesses que les politiques nous font, on croit que l’on avance ou que l’on progresse, on croit que l’on réussira, on croit aux bons résultats de notre bonne volonté. Il est presque plus important de continuer à avoir la foi, envers et contre tout, que d’être payé de retour ou de réussir. Après échec, on essaie une nouvelle foi. C’est un jeu dangereux de jouer avec cette foi, de trop compter dessus ou de la fragiliser.

564 – Coronavirus, ou quand les gagnants de la mondialisation, les habitants des grandes villes qui votent Macron, s’enfuient chez les perdants de la mondialisations qu’ils méprisaient.On pourrait même entendre, de leur part, et c’est assez compréhensible : allez ailleurs, prenez donc l’avion.

29/03/20

 565 – Les grand hommes, ceux qui ont mené les hommes, ne sont pas accessibles aux sentiments de culpabilité parce qu’ils sont immensément égoïstes, égocentriques. Il en est de même de tous ceux qui représentent ou prétendent incarner une idée de collectivité. Cette idée est supérieure à tout.

566 – C’est parce que les autres représentent le normal, le moral, le convenable, que ses propres désirs, ses propres émotions, ses propres sentiments, ses propres idées ont besoin d’être connus, reconnus et approuvés par eux. Que l’on tombe dans un milieu où les mœurs sont différentes, il y aura, dans un premier temps, conflit entre sa propre éducation et l’exemple des autres. Puis, peu à peu, on se conformera aux mœurs ambiantes. Il n’y a pas de jugement injuste, il n’y a que des jugements non conformes.

 567 – La force qui triomphe et établit son règne, remplace un droit par un autre pour peu que les gens l’adoptent. Pour abattre ce règne, il faut utiliser la force. .

 568 – Les mots ne valent que par la communauté de sens qu’ils impliquent, leur importance est proportionnelle à la communauté de jugement qu’ils impliquent. Que cette communauté disparaisse, soit brouillée ou ne vale plus rien, et il n’y a plus de raison de faire des mots un moyen de faire société. Et inversement, quand on n’a aucune envie de s’intégrer dans une société, il n’y a aucune raison de prêter attention à la communauté de sens des mots. 

569 – Un coup Delevoye (intérêt général) , un coup Delevoye pas (intérêt particulier)  C’est à dire là on en est à :un coup chacun pour soi – débrouillez-vous -  et  un coup :  tous unis. Encore un petit coup  à notre santé ? Un coup, des gilets jaunes obligatoires, y en avait pour tout le monde, un coup des petits masques, y en avait pas pour tout le monde.

https://www.youtube.com/watch?v=n1MZACeeOvo

570 – La bonne éducation. Un ami qui se déplaçait dans Paris pour des motifs prévus par l’attestation de déplacement dérogatoire, fut abordé par une jeune femme noire qui lui demanda s’il ne pouvait pas l’héberger pour la nuit. Dans le cas de la bonne éducation, on allègue, si on veut refuser, tout un tas de raisons raisonnables, vraisemblables, compréhensibles, licites. Et on risque fort de s’emmêler les pinceaux. Dans le cas contraire, un non ferme et définitif suffit amplement. 

571 – La vie fonctionne donc à la foi. Mais la foi fonctionne aux affects,. ceux-là même dont on dispose, ceux qui sont dans sa nature. Si ces affects tiennent encore beaucoup à l’enfance, la foi sera naïve, simplette, puérile. La puérilité, alors, est le moteur de la foi ou de la vie. Danger de croire.

30/03/20

572 – Bien sûr, un bon chrétien, mesdames et messieurs, est attentif à autrui, à ses réactions, à tout ce qui le peine ou lui est désagréable, il est à son écoute quand il fait part de ses problèmes, il se sent concerné, interpellé à chaque fois, mais ce n’est pas tout, il est à l’affût, il est en quête de toutes ces réactions et expressions, il va les chercher où elles peuvent se trouver, mais ce n’est pas tout, il lui faut faire campagne pour sensibiliser les autres et les mobiliser en faveur de ceux qui sont dans ces situations, mais ce n’est pas tout, il s’inscrit, milite dans des mouvements, des partis dont la raison d’être est de soulager toute la misère du monde. Or il se trouve qu’il y a des tas de cas où les problèmes viennent de ce qu’on n’arrive pas à atteindre un objectif que d’autres nous ont fixé, ou à satisfaire des désirs qui sont ceux des autres. (comme incarner telle qualité morale ou s’en prendre à quelqu’un qui ne nous a rien fait) On voit donc au fond, dans ces cas-là, à qui les chrétiens rendent service.

573 – Si on en arrive à ne plus avoir le goût de vivre, à penser que la vie n’a aucun intérêt, il faut se demander quelles raisons de vivre, quelles valeurs, quelles perspectives on a offert à notre bonne volonté initiale, à notre soif de vivre, ce sont probablement elles qui se sont écroulées au fil du temps. 

574 – Le macronologue. C’est la quadrature du cercle. France rime avec disparition. Et là, il faudrait la faire rimer avec préservation, et bientôt avec reconstruction. Impensable ! Je prédis que Mac Chaos va faire de la résistance comme il en fait déjà.

31/03/20

575 – De la même manière que notre personne particulière n’a pas de raison d’exister plus que n’importe quelle autre, (c’est d’ailleurs le produit d’une loterie, génétique d’abord, sociohistorique ensuite) une civilisation ou une société particulières n’a pas, non plus, de raison d’exister. Et les problèmes d’une société sont les problèmes d’une société qui n’a pas de raison d’exister plus qu’une autre. Croire le contraire, ou douter de cela, c’est encore croire, plus ou moins, qu’il y a un être, une sorte d’être intemporel, à l’origine ou au coeur d’une personne ou d’une société. Le mot seul est synonyme de continuité et de permanence. Ce ne serait pas une affaire de conséquences de facteurs nombreux et variables. « L’être », semblable à lui-même en permanence, est une idée pure susceptible de recueillir toutes les dévotions, tous les sacrifices.. Dieu, Roi, Homme sont aussi des idées pures Cela fonctionne de la même manière. Il n’y a plus qu’à leur adjoindre des attributs qui deviennent aussi permanents. (Quand on est Reine d’Angleterre on fait toujours ceci et on est toujours comme ça, quand on est Dieu, on est toujours ceci,ceci et cela etc) le grand avantage de ce système, c’est que l’on tient de lui sa propre légitimité, on est justifié par cet être. Il suffit d’occuper la place (Président par exemple, et pousses-toi de là que je m’y mette) pour recevoir l’onction, pour devenir à soi-même sa propre cause (c’est l’être dans le nom qui donne au nom sa légitime grandeur) .Les êtres humains sont ainsi, ils refusent l’impermanence. Le monde sensible était manifestement éphémère, le monde abstrait ne semblait pas l’être. Hélas, les races, les civilisations, les sociétés, les idées sont mortelles. 

576 – Un monde plus humain ? Eh bien on pourrait prendre davantage soin de l’éphémère que de l’intemporel.

577 – Dans nos sociétés christianisées, on a donné à l’être doté de continuité et de permanence qui est au coeur de notre personne le nom d’âme. Ce nom a moins la cote aujourd’hui, mais on n’a pas renoncé à croire en l’existence de cet être. On le cherche, on essaie de connaître sa nature, on essaie de le doter d’attributs, de lui donner de la consistance. C’est ce qu’il y a au bout de l’idée de soi qui nous occupe tant. A quoi bon ce souci et cette recherche s’il n’y a rien en soi qui existe, semblable à lui-même, dans la durée .

578 – Le macronologue ou le cinéma politico-médiatique. Un film où l’on peut tout prévoir est un mauvais film. Et pourtant, c’est comme si ce genre de film avait du succès étant donné que c’est toujours lui qu’on passe. Si vous pouvez avoir une bonne idée de ce que les gens attendent, désirent, vous pouvez être sûr que c’est ce que les politiques vont leur promettre. Et les médias d’en faire un événement. En réalité, ça ne les engage à rien (quelques jours plus tad ils auront d’autres idées) mais ça leur rapporte immédiatement des adhésions.Je suis triste d’avoir toujours raison et d’être entouré de tant de vrais et de faux nigauds.

579 – Petite pause dans la mondialisation mais.les mondialisateurs, bien à l’abri dans leurs petits paradis, attendent que cela passe et préparent leur contre-offensive. Non ce qui est le plus bousculé, perturbé par ce confinement et cet arrêt des voyages, c’est le bougisme, c’est la vie trépidante dans les cités qui offrent tant d’occasions de se divertir, de consommer et d’avoir des échanges. Quand c’est devenu un mode de vie, une drogue, comment s’en passer, comment supporter ce huis-clos avec soi ou ses proches.

01/04/20

580 – Il n’y a pas de loi contre l’appropriation de qualités morales en vogue comme il y en a contre l’appropriation de biens matériels estimés, alors comment pourrait-il y avoir des lois contre la non-appropriation de ces qualités morales ? Qui nous condamnerait, le ciel ? Non, l’opinion générale dont on connaît la magnifique éthique.

581 – La nature de quelque chose, de quelqu’un …voyez-vous ça !  On ne pourrait pas parler ainsi si on ne pensait pas, n’imaginait qu’il y a un être semblable à lui-même dans la durée auquel on peut attribuer une nature. 

582 – Le coronavirus et le confinement, un moment très difficile pour les croyances et les religions. Dans d’innombrables autres cas : chômage, divorce, guerre, échec, dépression,   on peut toujours se sentir responsable et espérer qu’avec quelques qualités morales supplémentaires, un peu de foi en plus, on peut trouver à s’en sortir. Mais là, non ! On n’est quand même plus aux temps où l’on pouvait croire à un châtiment de Dieu. Alors c’est le moment difficile où les religions ne servent plus à rien, ne nous aident plus du tout. Ce n’est pas notre Dieu favori qui va nous soigner. Et même les grandes et mirifiques valeurs universalistes, mondialistes ou humanistes en prennent un coup. Il est déconseillé de se serrer les coudes.

https://youtu.be/50J67s-zTCU?t=95

583 – Protégeons-nous, protégeons autrui, mais ne protégeons pas la société, sous quelque forme, quelque aspect qu’elle se présente, on s’y perdrait.

02/04/20

584 – Qu’est-ce qui, dans nos actes, nos pensées et nos paroles n’est pas le résultat de la société c’est à dire de toute l’éducation que nous avons reçue, des jugements de valeur dont nous avons hérité, des demandes et devoirs que nous devons satisfaire ? Ce n’est pas parce que tout cela a été intériorisé, assimilé et que cela fonctionne maintenant automatiquement, que ce n’est pas la responsabilité de la société ou des milieux dans lesquels nous avons vécu. Quel rapport de cause à effet entre tout cela et notre bonheur ( non imaginaire ) ? A qui revient l’initiative de rejeter ce qui nuit à notre bonheur ? A-t-on déjà vu une société qui va bien quand tout le monde va mal ? Passeur….Passeurs ou empoisonneurs ? 

585 – Est-ce qu’on va encore laisser longtemps les puissants courir après des objectifs qui n’ont pas grand-chose à voir avec l’intérêt des peuples mais qui profiteront à une minorité ? Est-ce qu’on va encore laisser longtemps les puissants manipuler pour leur compte des idées de collectif auxquelles chacun devra consacrer sa vie? Il suffirait que cette mentalité quitte l’esprit des gens. Il faudrait se demander de temps en temps : quand est-ce que tous ces beaux parleurs vont livrer la marchandise ? 

586 – Conqui(s) ? Oui, celui qui en entendant un discours empreint de bonnes intentions ou, plus souvent, se réclamant du bien sous toutes ses formes (justice, paix, fraternité, égalité etc) l’est immédiatement. 

587 – Les comportements automatiques, involontaires aussi peuvent nuire à autrui. Fumer devant quelqu’un, éternuer quand on a le coronavirus, défendre avec conviction une idée nocive (religieuse par exemple) dont on est esclave.

588 – « Tout ça pour ça » , pense, en quelque sorte, sans le savoir, celui que les convictions, les choix, les amours, les espoirs, n’enchantent plus, ne séduisent plus. Il a mis tant d’énergie, passé tant de temps, investi tant de lui-même dans ces choses qui, maintenant, l’abandonnent.

589 – Décidément, les gouvernements aiment les courbes, dans les statistiques. Après Hollande qui attendait l’inversion de la courbe du chômage, le remplaçant attend l’inversion de la courbe des contaminés. Bon, une raison de patienter quoi ! 

590 – La démondialisation, même très limitée, ne sera pas mise en oeuvre par les gouvernements mis en place, pour les plus importants, par les mondialisateurs. Tous nos espoirs reposent sur le coronavirus et sur ses capacités à rebondir, à rester présent, à menacer sans cesse les zozos qui organisent ou mettent en pratique (touristes)  la mondialisation. .

03/04/20

591 – Aimez-vous les carottes ? Oui ? Alors, en voici ! Pet’êt ben que vous allez bientôt être progressivement déconfinés. pet’et ben que le pic, c’est bientôt, (pic, es-tu là ?) pet’et ben que vous allez recevoir des masques. Pt’êt ben que vous, vous allez être déconfinés, et vous, non. Pt’êt ben que vous, vous pourrez partir en vacances cet été, et vous non . Ecoutez tous ceux qui ne sont pas soumis au confinement, ils en parleront, ils envisagerons tout cela. C’est haletant.  Elles sont belles les carottes. ! Les carottes françaises sont les plus belles, à cause de l’emballage.

592 – Etant donné que nous vivons dans la main du bien, sous l’empire du bien (nous avons absolument besoin de penser qu’on est bien et qu’on fait le bien, le bien consistant à faire tout ce qu’on nous a demandé de faire depuis que nous sommes sur terre) la liberté consiste à évoluer dans un monde où rien n’a été jugé. Car tout jugement est une indication de ce qu’il faut faire et de ce que l’on vaut. Mais si par malheur, nous sommes cernés par des choses qui ont toutes été jugées, pour avoir un peu de liberté, il ne nous reste plus qu’à annuler, éliminer certains de ces jugements qui s’attachent aux choses .

593 – Les réalités sensibles (accessibles à nos sens) que tout un chacun peut examiner ne permettent pas que l’on raconte sur elles n’importe quoi. (d’où la difficulté où l’on s’est trouvé de prouver que la terre est ronde) . Les entités abstraites, les qualités morales (Dieu, l’âme, le libre-arbitre, la foi, l’amour, la droiture etc) on peut raconter n’importe quoi sur elles. Personne ne pourra prouver que c’est faux. Dans ce cas-là, passer pour une autorité ou faire preuve de persuasion ou exprimer une opinion répandue permet de convaincre bon nombre de gens que ce que l’on dit est vrai. Cela se grave, s’enracine dans les esprits et prend le pouvoir. Cependant, on pourra toujours prendre conscience que ce qui nous a convaincus, c’est l’amour. l’amour que les autres ou des gens importants avaient pour ces créations de l’imagination. Nous avons aimé les aimer aussi pour rejoindre les autres, être unis à eux. L’amour suffisait.

594 – Sous l’autorité du Président de la République, en accord avec les ministres de et de conformément aux articles x , y sur demande de ..et après avoir consulté les plus hautes…ça doit être sympa de se réveiller le matin en s’autorisant de tout ça. Sauf que, je vous le donne en mille, l’armée de pieds nickelés de l’État pour qui comptent seulement l’idéologie et la réélection du Président (les jugements de Salomon, je ne vous dis que ça !) ne tirera pas parti de cette crise et sera débordée, encore, par celles que les chercheurs ont annoncées et moi aussi : d’autres pandémies du même genre, prochaines, et peut-être pires.

595 – La question que l’on peut se poser : fait-on plus d’enfants en période de confinement ? ce serait une façon de compenser la perte d’activité.

04/04/20

596 – La fausseté est un hommage nécessaire et constant au despote que l’on ne peut pas renverser. D’abord on feint que ce que veut la socioculture, ce qu’elle nous veut, on le veut soi-même. (j’ai peur, la socioculture condamne la peur, je ne veux pas avoir peur) . Ensuite, on accepte la fausseté. Non seulement on feint de vouloir soi-même ce que la société voulait, mais en plus, on feint de ne pas se contraindre, de ne pas feindre. C’est complètement se compromettre. Enfin, on essaie d’acquérir un grande maîtrise dans cette comédie au profit de l’image de soi, de son personnage social. La priorité donnée à ce personnage social est le plus grand hommage qui soit au despote. Cependant, on appelle amour cette fausseté, cette complaisance et cette socialisation.

597 – Il y aura donc toujours une différence entre ce qu’on éprouve, basiquement, même d’assez désagréable et ce qui est le produit d’idées, de discours, intérieurs ou venus de l’intérieur. Dans le premier cas, c’est en quelque sorte du réel, et par rapport au réel, on existe, et dans le second cas, c’est une création culturelle, et par rapport à elle, c’est le personnage social qui est concerné. Et ceux qui tiennent ces discours nous causent plus de problèmes que les désagréments en question.(une migraine, en elle-même, peut être plus supportable que ceux qui nous assomment de leurs discours, leurs savoirs, leur expérience, leurs conseils sur la migraine. Cette dernière migraine se met à durer plus longtemps que l’autre)

598 – De tout coeur, je souhaite pour les écologistes après cette crise, de la décroissance, des économies d’énergie, une relocalisation des circuits, et de la sobriété. 

05/04/20

599 – On jette un regard critique sur ce qu’on a fait dans le passé, mais on ne devrait pas. On ne s’est pas regardé faire, autrefois, ce qu’on faisait avec l’expérience et les connaissances qu’on a acquises par la suite.

600 – Travailler pour la société, c’est perdre son temps, c’est travailler contre l’espèce humaine. Sans parler des problèmes psychologiques, quelques cas plus concrets :C’est

- favoriser les pandémies futures

- être un acteur de la surconsommation, du réchauffement climatique

- être un acteur de l’empoisonnement général dont parlent les écologistes-

- favoriser l’accroissement de la population mondiale

- favoriser les guerres de civilisation futures.

- être un acteur des grandes batailles idéologiques mondiales et de l’endoctrinement des foules.

- être un acteur d’un pouvoir toujours accru sur les individus grâce aux technologies.

eh ben c’est du propre ! Tiens, et si on mélangeait un peu tout ça !

601 – Et quand on fait de « l’aide à la personne », on fait de l’aide à la personne ou on travaille en faveur de l’ordre social et des idées convenues du moment ?

602 – Il n’est pas possible à un être de chair et de sang, à un être sensible et sensuel, de devenir tout esprit, de correspondre à une image mentale ou à une qualité morale que l’on se représente. Seul un objet de pensée, c’est à dire une idée mentale ressemble à cela. Le moi, le personnage social. C’est le destin de ceux qui vouent leur vie à quelque création de la culture quand elle est métaphysique, morale ou purement conceptuelle de devenir plus ou moins des illuminés.

603 – Contrairement à ce qu’on pourrait être tenté de croire par anthropocentrisme, la vie ne se trouve pas uniquement dans l’homme – le reste, aucune importance- Ce que les hommes, devenus très culturels et surtout très soumis à la technocratie et à la science ne peuvent pas faire, leur échapper, les déborder, la vie, au-delà, se charge de montrer que tout cet orgueil est mis à mal par un petit virus issu d’une évolution globale de la vie sur la planète. 

06/04/20

 604 – Toute morale est culturelle. Même une religion est une culture. La société est chargée de réaliser, de mettre en pratique cette culture ou cette morale.  L’action découle de la pensée. Une vertu est un concept, il faut d’abord que le concept existe, sans quoi ;..rien. Bien faire, faire le bien (c’est ce qui définit une morale) mais le bien de qui, de quoi ? Le bien n’est pas un truc qui existe indépendamment de tout, qui se suffit à lui-même. Dans les dictatures ou les sociétés plus ou moins tyranniques comme la nôtre sous l’égide de l’UE, le bien défini, dicté par la société est le bien de la société, de son idée. (cela se voit à travers les concepts qui servent le plus souvent et qui sont les plus honorés) C’est un super égoïsme en même temps qu’un super-narcissisme idéologiques. Les individus sont seulement utilisés dans ce sens. Dans les sociétés démocratiques, c’est aussi, ou surtout le bien des individus. On en prend connaissance, on en tient compte, on respecte leurs volontés. Si la société est destructrice, c’est à dire que le bien qu’elle conçoit est nuisible aux hommes, la servir, c’est leur nuire, c’est participer à cette œuvre malfaisante.

605 – Dès qu’une idée se met à représenter un ensemble d’individus puis se met à exister par elle-même, (République par exemple) la tyrannie est au bout du chemin. Bientôt, chacun doit considérer que faire le bien, c’est faire du bien à cette idée, fut-ce à son propre détriment ou au détriment d’autrui. On retrouve ce schéma dès qu’il y a une sorte d’institutionnalisation du projet d’un ensemble d’individus (corporation, institution Eglise etc) Dans ce cadre, les individus ne sont plus que des abstractions mathématiques (égalité) ou des exemplaires ou des objets standards (frère, citoyens, fonctionnaire, patient, etc ). Restituer à l’individu sa singularité et sa liberté de choix serait remettre en cause cette idée. Non, il faut qu’en définissant cette idée de collectif, on détermine le comportement de tout le monde. L’idée, c’est à dire la fiction, la création de l’imagination, fait la loi parce qu’elle a son représentant à la fois symbolique et visible.

606 – Et c’est ainsi que cette magnifique République transcendante, ce trésor, dont le service signifiait faire le bien, (la santé pour tous, la nourriture pour tous) dépend totalement du bon vouloir et des capacités d’autres pays pour fonctionner.(peut-être qu’un jour il aurait fallu importer toute notre eau à boire du Canada pour satisfaire le libéralisme)

607 – Mensonge d’État. Si le successeur de Hollande -  le Prince sans rire -  avait été Président en 1914, il aurait essayé de faire venir des balles, des obus, des canons et des fusils de l’étranger. Devant la pression, il aurait déclaré que les soldats n’avaient pas besoin de cela pour faire la guerre. (comme pour les masques et les tests de dépistage. c’est évident voyons, lorsqu’un contaminé est proche d’un médecin, il le contamine si ce dernier n’a pas de masque. S’il est en présence d’un quidam, il ne le contamine pas.)

07/04/2020

608 – Il a bien dû nous arriver de constater que nous n’avions pas la même vision du monde que d’autres personnes, que nous ne voyions pas les choses comme elles. Avec une façon de penser religieuse, le monde a un sens religieux. Avec une façon de penser psychologique, le monde a un sens psychologique. Avec une façon de penser morale le monde a un sens moral. Avec une façon de penser politique ou historique ou artistique, le monde a un sens politique, historique ou artistique. On peut généraliser la phrase de Paul Valéry : «  Tout ce qu’on dit de nous est faux mais pas plus faux que ce que nous en pensons «  C’est que, avec des créations de l’imagination nous attribuons une nature purement culturelle aux choses et nous inventons entre elles des relations de cause à effet. Nous inventons une histoire au monde qui colle avec notre approche. Quelles créations de l’imagination ? Bien. Ne faites rien. Absolument rien. Attendez de voir si les choses auront la nature que vous leur accordez. Attendez passivement de voir si elles se comporteront comme vous l’avez affirmé. Il ne faut rien forcer. Les créations de l’imagination,  c’est quand on est obligé d’imaginer des entités et d’imaginer leurs relations parce qu’on ne les verra, entendra, touchera jamais. Les créations de l’imagination ne sont là que lorsqu’il y a un penseur. Sinon, non ! Mais on subit les effets de nos inventions et des histoires que l’on se raconte et qui nous servent à imaginer le monde. Ces effets renvoient à une certaine façon de se raconter l’histoire du monde .

609 – Il y a fort à parier que tous ceux qui, dans l’histoire, ont accepté  des conditions de travail et de vie très dures, ont accepté d’endurer leurs malheurs sans protester, sont partis dans la vie avec l’idée qu’ils n’étaient rien, qu’ils devaient obéir, se sacrifier, accepter de souffrir, et partager le sort de ceux qui les entouraient. Ils étaient prêts à subir ce qu’ils ont subi selon leur vision du monde. C’était gagné d’avance, il n’y avait plus qu’à en profiter.

https://www.youtube.com/watch?v=Xf0EwOYozJU

610 – Mais voyons, mais voyons, la liberté, c’est une idée. Et une idée, c’est pour quelque grande idée, ce n’est pas pour des hommes en chair et en os.

611 – Je paresse en mémoire du labeur et des peines terribles qu’ont dû assumer mes ancêtres à moi qui ne faisaient pas partie des privilégiés ou des protégés, faute de pouvoir leur en faire profiter. 

612 – Cette soif dévorante de permanence qui explique que l’on tienne tant à des idées soi-disant transcendantes, et qu’on soit prêt à beaucoup leur sacrifier. Si elles n’existaient pas ou s’avéraient passagères, les conséquences seraient probablement énormes.

613 – On n’imagine pas que ces grandes idées transcendantes – Eglise, République, UE, Justice, Science, Liberté, Egalité, Fraternité – aient des comptes à rendre à quelques individus particuliers. Alors ceux qui en sont les représentants et les symboles ne rendront pas de comptes non plus.

CGT-Energie Anjou 49 |
Bella et le syndrôme " BALBOA" |
Jeunes dans la ville |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Pensée..!?
| targuist
| Gabon, Environnement, Touri...