LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

26 avril, 2020

DES IRES SANS FIN, 4

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26/04/20

715 – Convertissez-vous. Ce ne sont pas les belles, les grandes, les nobles causes qui manquent. Il y a toujours quelqu’un ou quelque chose à sauver. Il y a toujours urgence. Alors convertissez-vous. Adhérez, souscrivez, prenez fait et cause, engagez-vous, convertissez-vous et convertissez les autres.

Pour cela, apprenez surtout à vous émouvoir, entraînez-vous à cela. Ce sont les pensées du monde émouvantes qui sécrètent les pensées-je auxquelles vous vous identifierez le plus facilement, le plus complètement, le plus rapidement.

Forcément, le bien et le mal émeuvent. Pour vous entraîner, ne manquez pas de consulter tous les médias, tous les organes de presse à longueur de journée. Ils fourmillent de raisons de vous émouvoir. Ce sont des gens, des projets, des organisations, des corporations, des choses, des idées etc qui sont en péril, mal en point . Vous avez fait provision de kleenex, ils doivent servir. Prompt à vous émouvoir, vous pourrez émouvoir les autres. Dévouez-vous, apitoyez-vous pour ceux qui se dévouent, s’apitoient. Dévouez-vous, apitoyez-vous pour ceux qui se dévouent, s’apitoient pour ceux qui se dévouent, s’apitoient Là, vous êtes quelqu’un de bien. Super bonne conscience. Vous êtes distingué. Vous êtes sauvé. Soyez un flagellant moderne. Vous n’êtes peut-être pas la cause immédiate de tous les malheurs du monde, mais vous êtes quelque peu responsable ou, au moins, concerné. Convertissez-vous. N’écoutez pas Georges :

https://www.youtube.com/watch?v=KyTO-UuebJQ

716 – Le confinement ressemble au chômage. Soudain, on n’est plus utile à la société et elle ne nous connaît plus guère. Notre vie était la vie du personnage social, et celle-ci est réduite à peu de choses .

717 – La pensée-je ou personnage social est prisonnier du sens qui se présente à l’esprit. Il n’est question que de ce sens. Au-delà, il y a la conscience du processus psychique qui s’amorce en en prenant connaissance. On est conscient de la place et du rôle que ce sens nous attribue et de ce que le personnage social devrait répondre s’il prenait ce sens pour argent comptant.

718 – Puisque nous ne savons pas pourquoi nous sommes là, pourquoi notre personne particulière existe – et personne ne le sait – et puisque nous ne savons pas qui nous sommes – et personne ne le sait – actons-le. Dans ces conditions, nous ne sommes pas un objet culturel ou sociétal.

719 – Des ires sans fin.  Il y a de quoi. Quoi qu’on fasse, de toute façon, on sera coupable. Coupable d’avoir obéi ou coupable d’avoir agi sans savoir. On a obéi à quelque supérieur, ce qui est une façon de fuir ses propres responsabilités. On a obéi à une pensée qui s’imposait dans notre esprit, une pensée conditionnée. Et cette pensée était critiquable. On a agi sans savoir pourquoi, et on est coupable de ne pas avoir respecté les règles en cours.

720 – Pensée du monde, pensée de soi. Pensée de soi ? Mais, qui est soi ? Mystère. La pensée de soi – vraiment de soi – est la pensée de ? ? ? ? Alors comment veut-on que des pensées courantes, des discours culturels, des allégations de la société sachent quoi que ce soit à propos de soi ? Rien. Allons. Ils ne peuvent parler que de ce qui ressemble au produit de leurs pensées ou en diffère.

https://www.youtube.com/watch?v=QRxZ_y61u0g

27/04/20

721 – L’abomination et la désolation. Il a suffi qu’existe l’idée d’une forme d’être bonne ou d’une vérité de l’être, il a suffi que cette idée s’implante, se répande et s’impose pour que les hommes soient dévastés parce que cette forme ou cette vérité s’est mise à commander leurs vies, à régir leur existence. Plus rien ne devait lui nuire, chacun devait s’efforcer d’être fidèle à cette forme ou cette vérité et une compétition s’est ouverte pour élaborer et imposer une forme ou une vérité plutôt qu’une autre. Imaginez seulement qu’une telle idée n’existe pas, qu’aucune forme ou vérité collective ne peut être envisagée. Pensez à cela.

722 – Pensez à ce qu’il faut de crédulité et de naïveté pour supposer que quelqu’un ou quelque mouvement ait pu posséder la vérité à propos de cette forme d’être.

723 – Pensez à ce que cela changerait si plus jamais aucun jugement, d’où qu’il vienne, ne pouvait être formulé au nom ou en vertu d’une vérité, d’une forme bonne de l’être.

724 – Pensez donc à ce que cela changerait si nous n’avions pas à déployer toute cette énergie pour mettre notre vie en conformité avec une vérité, à nous soucier constamment de ce que nous faisons, disons, pensons, aimons, et si plus aucune autorité en la matière n’existait à laquelle il faut se soumettre ou qu’il faut écouter. Pensez à ce que cela changerait si nous n’avions plus à chercher quelle est cette forme ou vérité de l’être qui doit nous inspirer.

725 – Quel besoin alors de prendre les autres à témoin de ce que nous sommes, quel besoin de solliciter leur assentiment.

28/04/20

727 – Des formes d’être pour tout le monde sont proposées par nombre de mots ou de concepts. On remarquera que dans ce cas, ils ne sont pas contextualisés, personnalisés, datés, ils sont toujours, pour tous, ce qu’il faut être. C’est leur fonction. C’est la raison pour laquelle, chercher sa vérité dans le sens, c’est chercher sa vérité ailleurs, dans la collectivité. Toujours cette idée dévastatrice qu’il existerait des formes d’être qui s’imposent à tous.

https://www.youtube.com/watch?v=HmLF-qNZ7TQ

728 – Lentement, l’enfant devient un adulte à cause de tous les coups de révolver qu’on lui tire dans la tête pour le tuer. Enfant, il aime ce qui lui procure du plaisir sans s’occuper du reste. Peu à peu, il apprend à aimer ce que les adultes aiment, ce que la société lui dit qu’il faut aimer.

729 – D’où vient qu’il nous semble évident qu’il y a des formes d’être bonnes, des vérités de l’être, pour tout le monde comme si nous étions tous semblables, comme si nous savions qui nous étions ou ce que nous étions et comme si ces formes ou vérités avaient fait leurs preuves ? C’est ce qui fait qu’on se sent en droit de posséder les autres.Je suis possédé par cette certitude, elle doit aussi posséder les autres.

730 – Cette idée que l’on trouve si belle, si forte, si certaine et qui nous possède, se sert de nous comme d’un kleenex puis nous jette. Très bien, elle ne rend jamais de compte, et nous non plus puisqu’on n’était que son humble serviteur. 

29/04/20

731 – Les messages de nos cinq sens, de notre corps, de notre cerveau, parce qu’ils sont conscients, témoignent de notre existence. . Tous ces messages se succèdent, se chevauchent. Entrée libre. Notre existence ne dépend pas du fait que c’est ce message qui est apparu (une sensation) plutôt qu’un autre (une perception) Seules les créatures vivantes et plus particulièrement les hommes, sont dans ce cas et surtout pas toutes ces idées ou valeurs pour lesquelles les hommes se dévouent ou donnent leur vie.

 732 – A la moindre occasion, le personnage social pointe son nez. Il suffit que s’instaure un dialogue intérieur avec quelque chose ou quelqu’un auquel on pense ou dont on a pris connaissance. Par exemple un événement d’actualité censé être assez important. On pense pouvoir être utile, apporter notre pierre en donnant notre avis. Ce n’est pourtant pas cet événement qui nous l’a demandé ou qui s’est adressé à nous, c’est nous seul qui l’avons pensé.

733 – Comme par hasard, le sentiment diffus, vague, mais fréquent d’avoir un devoir à remplir coîncide assez bien avec l’existence d’un dialogue intérieur. Le devoir suppose forcément l’existence d’un tiers, d’un autre. Mais qui a un devoir ? De la même façon, qui dialogue avec qui ? En aucun cas il n’y a de devoir en dehors de ce dialogue intérieur ou de sa concrétisation avec l’extérieur. En aucun cas, le devoir n’existe pour l’être avant qu’on ne lui en inculque l’idée. Ce devoir est culturel, pas naturel.Et la société voudrait bien qu’il n’y ait pas autre chose que du socioculturel. Evidemment.

734 – Quand on s’adresse à nous, c’est à celui qui se pense à l’aide des paroles du locuteur que l’on s’adresse. Mais si on ne se pense pas avec ces paroles, ? Trop souvent, parce qu’on nous a appris à le faire automatiquement, on déroule le tapis rouge à ceux qui s’adressent à nous alors même qu’ils n’ont rien fait pour le mériter, la façon dont ils nous pensent et nous conduisent à nous penser n’est pas respectueuse. Cela arrive notamment quand le personnage social est avide d’exister ou quand ce personnage social ne se permet pas de ne pas exister en face de quelque notable ou personne d’importance dans la société.

735 – C’est monnaie courante. On se construit un personnage autour d ’une idée du bien (peu importe d’où elle vient mais elle est souvent d’inspiration chrétienne) autour d’un certain nombre de principes et de valeurs, et on a le sentiment qu’on est quelqu’un de bien (de sauvable) parce que faute d’être toujours à la hauteur de ses ambitions, du moins entretient-on par la pensée son personnage. C’est humain. En face, la société essaiera de faire croire le contraire. Mais ce qui est beaucoup plus pénible, ce sont tous ces gens cultivés qui ont pignon sur rue, leur rond de serviette dans les médias, une réputation de penseur, et qui sont si sûrs et fiers d’eux qu’ils font profession d’enseigner à tout le monde quels goûts, quelles opinions, quels savoirs sont recevables. Ils insultent ceux qui, moins bien lotis, moins intelligents, moins instruits, et plus terre à terre, ont des pensées différentes de bonne foi conformes à ce qu’ils sont.

https://www.youtube.com/watch?v=LTwlyromCLI&list=RDLTwlyromCLI&start_radio=1

30/04/20

736 – Par facilité, par fidélité, par mimétisme ou conformisme, par tempérament, par modestie, par affection, on peut passer sa vie à suivre, à se conformer, à obéir. Pourquoi pas. Mais dans ces conditions, on ne saura jamais ce qu’elle aurait été, ce qu’on aurait été capable de faire si on avait, autant que possible, fait droit à sa propre volonté, à son propre désir, à soi. C’est la question de savoir qui on interroge pour décider, le milieu ou soi.

737 – La vie de l’homme, tout particulièrement, est adaptation, apprentissage automatique, involontaire ou en gobant ce que les autres lui enseignent. Alors il ne faut pas s’étonner que nous ne choisissons pas nos émotions, nos envies, nos impressions, nos sentiments et nos pensées. Nous ne sommes pas les auteurs de tout cela quand ça arrive, nous sommes les récepteurs. (Le libre-arbitre consiste à obéir à la pensée qui gagne parmi plusieurs.) C’est ainsi que les choses se passent, et ce d’autant plus, que nous ne savons rien et ne voulons rien en arrivant sur terre. Mais selon les circonstances, notre milieu, nos prédispositions, nous n’apprenons pas tous les mêmes choses, et nous ne devenons pas la même chose. Être conscient de cet état de fait, par introspection et par comparaison avec les autres, peut nous conduire à remettre en cause un destin tout tracé : suivre, obéir, se conformer, continuer la trajectoire, continuer à s’adapter et à se former sans rien demander de plus. Elle ne veut que ça la société : être notre but, notre référence, notre modèle, notre raison de vivre. Autre solution, discrète : tenir compte des effets de tout cet apprentissage, de tout ce dévouement, sur soi, et s’employer à écarter tous ceux qui sont déplaisants ou nocifs. On n’a pas demandé à venir, ce serait le comble que l’on ne nous ait fait venir que pour nous en faire baver. D’autant que les larmes et le sang sèchent très vite en entrant dans l’histoire.

738 – Quand des catégories sociales diverses et variées réclament pour elles-mêmes justice, réparation, reconnaissance, droits nouveaux,  elles se mettent au service de la société si celle-ci  a choisi d’écouter, de mettre en valeur, de promouvoir, pour des raisons partisanes, idéologiques ces catégories. 

739 – Quand on désigne quelque chose avec un mot, on ne peut désigner qu’une seule chose à la fois, on utilise une seule définition pour pouvoir reconnaître l’objet ou le type d’objet concerné. Âme, homme, être, vie, conscience, libre-arbitre sont censés avoir une définition permettant de les identifier. Cela ne dépend pas de celui qui nomme. C’est vrai pour ou chez tout le monde. Comme on n’a jamais mis en évidence ces référents, on peut raconter n’importe quoi à leur sujet.  On ne peut imposer des vérités de l’être (vérité de vie, de conscience, d’âme etc) qu’en utilisant des mots, et des mots de ce genre. Ensuite, tout ce qu’on dit à leur sujet s’applique à tout le monde. Se débarrasser de l’idée qu’il peut exister une vérité de l’être, c’est  nécessairement acter que ces mots n’ont pas de sens.

740 – Il est clair, alors, que si on utilise ces mots quand même, ils renvoient seulement, uniquement, à la façon dont on en parle ou dont on les utilise dans les écrits. C’est l’occasion pour certains de formater l’esprit de ceux qui croient encore que ces mots correspondent à des réalités.  

 01/05/20

741 – Le pli a été vite pris. Il s’est agi de se plier ou de s’adapter au monde tel qu’il était, aux volontés des adultes qui avaient l’expérience des choses et de la façon dont fonctionnait la société. Nos pensées ressemblent donc souvent à des devoirs. Il n’était pas question de plier le monde ou la société à nos volontés. Cependant, comme si cette habitude ancrée de se soumettre à l’ordre des choses ne suffisait pas, une sale engeance a inventé des nécessités, des lois issues de leur seule imagination : les religieux. Et là, pour savoir si on est ad hoc, macache !

La science, qui semble bien être le propre de l’homme, qui découle de l’évolution du cerveau humain, a su découvrir, comprendre certaines lois de la nature – spécialement de la matière – pour exploiter cette nature et la plier à ses buts, ses volontés, la mettre à son service. Le contraire, en quelque sorte, de la situation initiale. Pense-t-on vraiment que l’on pourra retourner en arrière ?

742 -Il y a toutes sortes de devoirs, du tyrannique à l’amusant. En dehors des besoins du corps, le sentiment de manque ne nous est pas consubstantiel. il n’est pas indissociable de notre vie sur terre, il n’est pas naturel. Il dépend entièrement du monde dans lequel nous vivons en ce sens qu’il suppose toujours une comparaison. Supprimer la comparaison ou la référence, c’est supprimer le manque. 

743 – Le devoir consiste à exaucer le désir ou la demande des autres ou de la société parce que c’est le monde auquel nous devons nous plier, c’est l’ordre qui règne.  On ne peut en sortir, se soustraire à cette pression constante et plus ou moins obscure du devoir, que si c’est soi-même que l’on veut contenter , sans que soi-même soit un concept plus ou moins caché, une partie de la société (l’objet d’un discours) . Un plaisir purement égoïste. Paradoxalement, un plaisir purement égoïste ne consiste pas à satisfaire l’ego. L’ego est un objet social. L’égoïsme n’a rien à voir avec les mots de la société et de ses différentes institutions qui parlent de ce qui peut réjouir les hommes pour lui donner son sens à elles et une dimension collective.

02/05/20

744 – Essayez de penser le bien sans penser la société ou de penser la société sans avoir le souci du bien. On est même capable de penser le bien ou la société en allant contre ses propres intérêts. Essayez de faire en sorte que le sens de vos pensées n’existe absolument pas déjà dans la société ou la culture. . Essayez de faire en sorte que le sens de vos pensées n’ait pas comme ligne de force, le bien.  Ainsi, les pensées qui se mettent en route  dès le réveil et leur sens n’ont pas d’autre raison d’être, d’autre fonction, d’autre but que de répondre à ce qui nous est connu et à ce que l’on aura à affronter du sens de la société. 

745 – Il se trouve que la démarche scientifique est, par principe, amorale parce que le sort et le bien des hommes n’en font pas partie. On a vu combien sens, bien et société étaient indissociables et formaient un tout. Les processus, les phénomènes psychiques qui se déroulent et portent les pensées sont amoraux.  Par exemple, l’objet du désir, et même la raison du désir, c’est une chose, son apparition et son déroulement, c’en est une autre. 

746 – Les médecins ne raisonnent pas comme des scientifiques mais comme des humanitaires. Attention, morale corporatiste. (image que la corporation veut qu’on ait d’elle. la réalité est différente) 

747 – Société-Sens -Bien comme un tout. Ce que l’on a appris à faire ou à dire pour le bien de la société pourrait, dans l’idéal, être mobilisé à chaque sollicitation, dans chaque situation, automatiquement. S’il y a je, c’est surtout qu’il y a doute.

748 – Est-il facile de se dire à soi-même, en toute franchise : la question d’être sauvé ou pas ne m’intéresse pas. Ou bien : les jugements de valeur ou moraux que l’on porte sur moi me sont indifférents. Ou bien : personne ici n’est sauvable, personne ici ne peut être jugé. Pour cela, il ne faut pas imaginer, si peu que ce soit, que sa vision du monde ou de la vie puisse aider qui que ce soit. Car alors la réciprocité s’applique, les autres sont dans le même cas. Si ce n’est pas possible, il faut admettre que l’on se soucie toujours de trouver le bien et de faire le bien, un bien conditionné dont l’origine et toute la nature nous échappent et pourtant nous déterminent.

03/05/20

 « La mauvaise herbe » de Brassens.

« Quand le jour de gloire est arrivé
Comme tous les autres étaient crevés
Moi seul connus le déshonneur
De ne pas être mort au champ d’honneur »

Un fait : mort ou vivant…et ce qu’on raconte. (jugements inclus)

Un autre fait : hommage ou pas hommage…et ce qu’on raconte (jugements inclus)

« Les hommes sont faits, nous dit-on,
Pour vivre en band’, comm’ les moutons.
Moi, j’vis seul, et c’est pas demain
Que je suivrai leur droit chemin. »

Un fait : vivre en bande ou en groupe ou vivre seul…et ce qu’on raconte.(jugements inclus)

750 – L’important, c’est le sens qui prévaut. On peut donner différents sens à un même fait ou un même phénomène : s’approprier le bien d’autrui par exemple.

751 – C’est une question que l’on pourrait se poser : combien de pans de sens (petits ou grands) se sont effondrés au cours de notre existence. Que reste-t-il du sens de notre prime jeunesse ? Il reste toujours soi (si on n’a pas donné sa vie pour eux) pour percevoir les faits et phénomènes auxquels on donne maintenant un autre sens. Lubies d’un côté, réalité de l’autre.

752 – Hélas, les dieux (ce qu’on adore) ou les idées dont l’alibi, la justification est une collectivité, ont toujours soif de ce genre de sens puissant et global. L’intérêt national a permis de traiter les ouvriers comme des bêtes de somme au XIXe siècle (enfants itou) L’individu ne compte pas face à lui.  Il a fallu que naisse l’idée de classe ouvrière, avec des organisations pour la représenter, pour que des droits soient arrachés, et que les conditions s’améliorent.

753 – Ouvrier ou travailleur, ce n’est qu’un concept, qu’une création de la pensée, ce que j’appelle l’idée d’une collectivité. Ce n’est pas en tant que travailleur ou ouvrier (ou Français ou chrétien ou homme ) que l’on est victime, (ce n’est pas pour les défendre qu’il faut créer un parti) , c’est en tant qu’individu réel, vivant. Pas d’idée de collectivité qui mérite qu’on donne sa vie pour elle. Sinon, on risque fort d’être victime d’une autre grande idée qui aura remplacé la première.

754 – Brassens disait plaisamment à peu près ceci : les militaires obéissent sans se poser de questions ; moi je désobéis sans me poser de questions. Je préfère dire : ni bien, ni mal. Quand c’est mal, je ne le fais pas, quand c’est bien (idée générale) je ne le fais pas non plus.

755 – Les valeurs : formes du bien. On serait bien ennuyé si on nous demandait de dire quelle valeur on accorde à chaque chose : chaque objet, chaque événement, chaque comportement, chaque mot, chaque idée, chaque personne. On le serait beaucoup moins si on devait parler de nos différents plaisirs. Le plaisir, c’est notre affaire, les valeurs, c’est surtout l’affaire de la société ou des autres.

756 – Est-on venu sur terre pour rester toute sa vie ignorant de ce qui nous arrive et de ce qui nous détermine ?

757 – S’adapter au milieu où l’on vit, s’y intégrer, c’est instinctif. Mais on nous en a demandé plus et on a fait beaucoup plus. « Être un des leurs », « en faire partie » « être adopté » c’était le but. On a fini par confondre le bien avec la réussite de tout cela. Et c’était toujours valable. C’était donc le fondement de notre vie si on n’a pas été, d’emblée, un révolté, un réfractaire. Réveillez-vous, ce fondement ne vaut plus rien. On vous le dit sans cesse. Maintenant on peut, c’est bien, faire le contraire, refuser de faire partie, d’être adopté. Non seulement le multiculturalisme est la nouvelle doxa, mais il doit être militant. Rejeter ce que nous avons épousé est encouragé. Vivre différemment avec des valeurs différentes et rejeter les autres,c’est le nouveau bien. Alors pourquoi être ringard ? C’est presque mal.

04/05/20

758 – Le je, maître ou valet ? Avec une pensée comportant une situation avantageuse socialement, il va se sentir exister socialement. Avec un jugement moral, il va faire partie de ceux qui seront sauvés. Avec un savoir, il va se prendre pour un sachant. Avec une connaissance de la norme sociale, il va se prendre pour un bon citoyen. Avec une pensée illustrant ou mettant en scène une qualité quelconque, il va croire un moment qu’il possède cette qualité. Mais c’est grâce à la pensée qu’il se retrouve dans ces rôles. C’est l’oeuf et la poule : être ou continuer à être un certain personnage social, et être le produit des pensées qui vont permettre à ce personnage de sembler exister, cela va ensemble . Mais il y a aussi des je et des pensées dont on n’est pas conscient de la nature et du pouvoir.

759 – Un jugement de valeur quelconque à propos de n’importe quoi – action, idée, situation etc – permet au penseur ou pensée-je de dégager le degré de bien ou de mal qui s’y trouverait. Garante du bien, représentante du bien, elle mérite d’être bien jugée et d’être sauvée. A condition que le jugement fasse autorité. Mais on peut aussi regarder ce jugement de valeur comme n’importe quelle autre pensée, comme un aspect de l’activité mentale comme un autre, sans lui accorder de valeur ou de nature spéciales. Et alors le jugement n’a plus cette autorité et la pensée-je n’est qu’un phénomène mental comme un autre.

760 – Quête de consolation. Ne pas comprendre, ne pas savoir. Pourquoi la douleur, la souffrance, l’accident, la tristesse, le malheur, la violence, le handicap, la fragilité, l’incapacité, l’illusion, les compulsions etc ? Pourquoi alors qu’on ne sait pas pourquoi on est là , pourquoi on est là tel qu’on est, pourquoi il y a quelque chose plutôt que rien comme disait Leibniz. Pourquoi ce quelque chose est-il parfois si catastrophique  ? Refus d’envisager l’idée, d’admettre, que rien de tout cela n’a de sens, c’est à dire pas de raison supérieure, pas d’utilité. Cela pourrait être n’importe quoi d’autre, cela ne sert à rien. Refus d’admettre que notre existence qui n’a pas de sens – de valeur particulière en tant que telle – est le jouet de ces phénomènes dépourvus de sens. Quête du sens égale quête de valeur. A quel point sommes-nous occupés à essayer de trouver un sens, une valeur à tout ça ?.

761 – Que resterait-il du sens qui nous sert à penser le monde si on lui enlevait tous les jugements de valeur. Je ferais cependant remarquer qu’un jugement de valeur est une pensée, de la même espèce que toutes les autres pensées, à moins  que nous croyions être inspiré par Dieu. Et que de plus, cette pensée nous vient, comme les autres, spontanément à l’esprit depuis notre propre stock.

762 – On peut effectivement tout à fait regarder ces jugements de valeur comme des processus psychiques, des aspects de l’activité mentale comme d’autres. A ce titre, et pour soi, ils n’ont pas de sens, pas de statut spécial. Ils n’ont de sens que pour le penseur ou la pensée-je. Ce n’est pas cela qui va expliquer et résoudre les énigmes de 760.

763 – La mort est un phénomène qui entraîne aussi bien les pensées que le penseur. La vie aussi.

764 – Dur d’être le sujet d’une culture que nous connaissons mal, que nous ne maîtrisons pas, dont nous ne connaissons pas vraiment la valeur, dont nous ne comprenons pas tous les ressorts, et de vouloir assumer pleinement quand même ce sujet-je produit de la culture. Quelle bonté ! 

05/05/20

765 – C’était comme cela au début : un enfant de 2-3-4 ans n’en a strictement rien à faire des autres et de leurs raisons, de la morale, de la bienséance, de la société. Certains adultes ou maîtres ou éducateurs piquent des crises de nerf . Ils voudraient que les enfants soient, dès la naissance, de bons citoyens bien élevés. C’est ensuite, avec le développement des connaissances et de la pensée, que l’enfant apprend à se penser, à vouloir être ceci ou cela pour tenir compte de l’entourage et se faire accepter. Et les adultes se délecteront de ses efforts, de sa gaucherie, de sa naïveté, de ses échecs, de ses illusions.

766 – Le petit enfant est coincé, pas d’issue, pas d’échappatoire et il ne peut pas tirer de lui-même les raisons de ses objections. Il ne peut qu’apprendre à utiliser les arguments des adultes pour les renvoyer aux adultes,  et ces derniers s’agacent de cette insolence

767 – Moins on est sous l’emprise de la pensée-je ou personnage social qui ne veut qu’une chose : être justifié, approuvé par ce qui n’est pas lui , plus on peut prendre toute chose comme un fait, un phénomène, un événement, nommé sans doute, mais pas jugé. Distance, neutralité, par rapport au monde implique absence de pensée-je.

768 -On est donc condamné à chercher, à inventer, à imaginer, à supposer, un sens à tout ce qui est et tout ce qui arrive, à se convaincre que cela en a un, que l’on n’a pas perdu sa vie pour ce monde, sans jamais être rassuré. La critique et l’espoir, toujours. Faire appel à la culture pour corriger la culture. toujours. A moins d’accepter justement que rien de tout cela n’a de sens ou de valeur. Non, à l’insupportable, on préfère le rêve. ! Et Baudelaire de suggérer : enivrez-vous.

769 – Quand on est branché sur le sens de nos pensées, elles nous convainquent, nous influencent. Quand on les voit seulement comme des phénomènes psychiques, on ne sait ni d’où elles viennent, ni pourquoi elles apparaissent, ni pourquoi elles sont comme elles sont, ni à quoi elles servent. Elles n’ont pas de sens. Très bien. Mais le plus cultivé et le plus savant des hommes n’expliquera pas pourquoi le mal, pourquoi la souffrance, pourquoi les malheurs, pourquoi l’ignorance. Lui aussi, cherchera, vainement. Donc, de ce point de vue, le sens ne sert à rien.

06/05/20

770 – Prendre à témoin, intérieurement ou extérieurement, se commenter, se raconter, se mettre en scène, ce n’est pas agir.

771 – Le problème, c’est que la pensée-je ou le personnage social n’existe que si on le pense, il faut donc une pensée. Il faut le concevoir, le forger, le mettre en scène grâce à la pensée. C’est le principe de départ déjà décrit chez le petit enfant (il veut être ceci ou cela pour tenir compte de l’entourage ) hypertrophié, devenu une énorme entreprise théâtrale. Quand n’est-on pas un produit pensé des pensées , un objet de pensée ? Certainement pas quand on se raconte, se commente, se présente, se justifie, se projette, se compare. La vie de qui vit-on ? 

772 – On vit la vie d’un esclave du sens – un sens qui n’explique pas grand-chose – qui estt en nous, qui fluctue autour de nous, une vie d’effort pour mettre à jour cet esclave du sens dont l’origine, les ressorts et les buts nous échappent, la vie d’un produit du sens constamment accusé d’être fautif.

773 – Quel rapport peut-il bien exister entre la vie de ce personnage social et ce qui est authentiquement ressenti, physiquement, émotionnellement ressenti, sensoriellement perçu, profondément ressenti  ?

774 – C’est l’erreur : donner une certaine valeur à ce que la culture ou la société n’a pas créé, fabriqué ou inventé. Parce qu’on le fait avec la culture. 

775 – S’il ne faut retenir qu’une chose du rôle qu’ont joué les médecins dans cette crise sanitaire -en dehors de l’accomplissement de leur tâche – c’est qu’ils n’ont été sûrs d’eux que lorsqu’il s’est agi de gouverner la population – cela porte mieux dans les médias – et d’avoir une mainmise sur le pouvoir politique. En dehors de cela, sur le plan scientifique ou médical, ce ne sont que des incertitudes, des doutes, des guerres de chapelles, des hypothèses et des contradictions. Expression générale des dérives individuelles. Le rapport aux patients apparaît au grand jour.

07/05/20

776 - Pour prendre conscience du pouvoir infernal de ce couple pensée-je ou personnage social/ pensée il suffit de voir à quel point on est mal à l’aise quand des pensées exprimant les normes sociales ou morales nous reprochent de ne pas avoir été à la hauteur ou digne d’elles. Pas de distanciation avec le personnage social, on se prend vraiment pour lui et on souffre de sa piètre prestation. Et pourtant, cette pensée-je ou ce personnage n’est rien de plus qu’une pensée, une pensée qui se déroule en nous . Une pensée que , en théorie, nous sommes libres de ne pas avoir. Mais en pratique, on peut effectivement, au lieu de se raconter des histoires pour se justifier, prendre acte de l’effet de ce couple sur soi et l’examiner.

777- Le manque, c’est le destin. Quand on n’est pas de nature à réussir dans un domaine particulier que la société tient pour important, on cherche sa réussite dans un tout autre domaine qui n’utilise pas les critères du premier; 

778 – All you need is love ( Lennon). Oui, mais qui ?

779 – Une souffrance qui s’est profondément enracinée parce qu’elle a été assez intense, incompréhensible, injuste, ne s’efface pas. On en garde la mémoire. C’est le cas de beaucoup de celles que nous a infligé le personnage social. Même quad les circonstances, la situation ne correspondent pas à celles que l’on a vécues, elle est là, toujours pesante, toujours pénible quand la pensée-je est là. 

780 – Une société peut compter sur un certain nombre de catégories de gens enthousiastes, gonflés à bloc, qui ont la foi et du coeur au ventre. Question d’identification à des valeurs et d’idéalisation de celles-ci. Ils ont l’impression d’avoir plus de mérite et plus de générosité que les autres.Il en faut beaucoup pour qu’ils en rabattent. Les belles chansons qui parlent de gloire comme :

« Eh garçon, prend la barre,
Vire au vent et largue les ris!
Le vent te raconte l’histoire
Des marins couverts de gloire.
Il t’appelle et tu le suis… »

08/05/20

781 – Tant qu’on sera intimement convaincu qu’ignorer pourquoi on est là est une position intenable, injustifiable, on aura irrésistiblement besoin de se prouver que sa propre existence a de la valeur. On se saisira de toutes les occasions pour lui en donner une. Il se trouve que cette ignorance ne peut absolument pas nous être reprochée, que notre existence ne peut absolument pas nous être imputée. Ce sont ceux qui nous ont donné naissance qui portent toute la responsabilité des problèmes qui s’ensuivent. Ignorer pourquoi nous sommes là, et pourquoi nous sommes tels que nous sommes nous met en droit de réclamer justice. 

782 – Sans scrupules, cyniquement, on nous fera comprendre que notre existence et notre sort seront toujours à notre charge, tandis que l’existence et le sort d’étrangers choisis ne seront pas à leur charge mais à la nôtre. Une façon de doubler notre responsabilité.  

783 – Hallucinant de penser que les gens du XVIIIe siècle et avant n’avaient pas de journaux, de radio, de télévision, d’affiches, de magazines, de livres pour leur parler à l’oreille à longueur de journée, pour leur donner l’impression factice qu’ils existaient puisqu’on s’adressait à eux et qu’on les sollicitait. pour leur remplir la tête de nouvelles du monde. Comment faisaient-ils ? 

784 – La nature est amorale. Du fait de notre quête acharnée de valeur pour nous-même, notre vie tout entière s’est développée et passée dans la sphère culturelle, dans le sens proposé par la société. Les maîtres de la culture ou de la société n’ont plus qu’à tirer les marrons du feu.

785 – Tiens, n’avez-vous pas remarqué, ne plus se soucier de la préservation des croyances, des convictions, des partis-pris, des engouements, des espoirs, des projets des autres, du succès des structures sociales, c’est être soulagé soi-même. On se sentait obligé de les soutenir.

09/05/20

786 – Les enfants découvrent peu à peu que leurs parents aiment davantage le sens dans lequel ils vivent que leur enfant. Ils suivent, ils obéissent. Les éducateurs sont des automates aux ordres d’un logiciel, mais des automates d’une race supérieure capables d’être contents d’obéir.

https://www.youtube.com/watch?v=wRdXZRZ5lkE

787 – La transmission. Allons, si on regarde calmement le monde présent et passé, on peut se demander ce que l’on doit garder, quelles parties il faut que les enfants continuent. Quant à ce que les adultes considèrent comme très précieux, inestimable, il faudrait peut-être laisser les générations futures faire leur choix librement. Transmettre un savoir, les informer, leur apprendre, oui, mais inculquer des jugements de valeur, ce n’est pas les respecter. 

788 – Au réveil, en même temps que l’activité mentale reprend, que le monde se remet à fonctionner tel qu’on le pense, que la conscience de soi s’installe, une pression sur soi apparaît qui ne disparaîtra pas avant le prochain sommeil.

789 – Quand on utilise un mot pour nous désigner, on peut déjà prévoir comment on va nous considérer et nous traiter selon tout ce que la culture prévoit pour ce mot. Si ce mot reste à l’état de pensée, il faut deviner. C’est pareil pour tout ce qu’on nomme. Une surface n’aura pas le même effet sur nous selon qu’on qu’on la regarde telle qu’elle apparait ou qu’on dit qu’elle est rouge vif ; dans ce dernier cas, toute une culture est réactivée.

10/05/20

790 – Le temps du confinement, c’était le temps où on ne projetait, ne plaquait guère sur le monde environnant des petites parties de notre esprit pour le comprendre.

791 – La langue est l’univers du faux-semblant comme l’avait relevé Paul Valéry. Tout le monde croit savoir de quoi il parle et tout le monde croit comprendre de quoi il s’agit. S’il y a bien un mot, par exemple, souvent employé, c’est le mot être. Et pourtant, personne ne pourra expliquer et savoir ce qu’il désigne. Que comprendre ? Associé à quelque chose, que l’on nomme ou pas, (je suis) on pense à une nature permanente. A-t-on déjà rencontré du permanent et en sait-on davantage sur le mot nature ? Tout cela, c’est du bluff  ! Le sens que l’on a dans la tête (culture, savoir, croyances etc) , grand pourvoyeur de pensées, comprend des mots comme être, nature. Dans quelle confusion ! L’homme est un robot pensant. 

 793 – Dans la mythologie grecque, il y avait des demi-dieux. Nous aussi, on en a, ce sont ces notions fumeuses mais soumises à une énorme propagande, sur la nature des gens et des choses. Et il y a des saints aussi, pour ces demi-dieux. Comment considérer autrement ceux qui se sont sacrifiés toute leur vie pour elles,  qui ont été exploités de façon scandaleuse, ces travailleurs ou ouvriers qui n’auraient pas fait tout cela sans une énorme dose d’abnégation, de désintéressement et de foi.

794 – Les enfants, donc, découvrent peu à peu que leurs parents aiment davantage le sens dans lequel ils vivent que leur enfant. Mais pas que. les adultes aussi découvrent que les autres accordent plus d’importance au  sens dans lequel ils vivent qu’à leur personne, mais comme ils en font autant…

795 – Puisque, à force de se penser, on est devenu un personnage social, une création culturelle, il nous faut du sens, un sens toujours à compléter et à améliorer. C’est la raison pour laquelle toute pensée est la bienvenue avec le sens qu’elle comporte. Elle nous accapare. C’est son sens qui lui donne sa valeur.

11/05/20

796 – Le déconfinement. Pour certains, cela peut être vécu comme le devoir de sortir d’un monde essentiellement fait pour eux et qui leur obéit au doigt et à l’oeil pour entrer dans un  monde qui n’est pas fait pour eux et auquel ils doivent obéir au doigt et à l’oeil.

797 – Il y a du sens partout autour de nous, particulièrement dans la société. C’est tout ce que les hommes ont conçu et mis en place, concret ou abstrait. Mais on n’est pas obligé d’être d’accord avec tout.

 798 – Tout ce que j’écris peut certainement s’intégrer dans votre façon de penser, à peu de choses près. C’est déjà connu. Les mots sont connus. Les raisonnements ne vous prennent pas au dépourvu, ils vous sont assez familiers. Les idées, vous les comprenez à votre façon. Comment faire autrement.

799 – Etant donné tout ce qui s’accumule de malice, de faux-semblant, de compromission, de sentiments et d’intentions douteux, de passion autour des mots, ceux qui les prennent au sérieux doivent être bien tourmentés ou bien peu fréquentables. 

12/05/20

800 – C’est monnaie courante, mais est-ce bien naturel ? Avoir des buts légitimes, se faire des reproches, se corriger, tout cela fait-il partie de ce qu’on nous a appris à vouloir, n’obéit-il pas aux critères de bien, de correct, que l’on nous a inculqués. Est-on sûr que c’est ce que nous voulons personnellement et que cela nous profite  ? C’est la question de savoir si ce n’est pas encore courir après une réussite selon les idées et les critères des autres, de la société. C’est la question de savoir si on est bien conscient de vouloir satisfaire la société, et bien conscient de vouloir la prendre comme référence. Pas sûr du tout qu’on le soit. Pas sûr du tout qu’on affirmerait fièrement notre désir de la mettre dans cette position. Pas sûr du tout qu’on soit prêt et capable de défendre et de justifier les raisons pour lesquelles on a tel but, on se fait tel reproche. Pas sûr tout simplement parce que ces critères et raisons établis, en vigueur, sont ceux auxquels tout le monde fera allusion, que tout le monde utilisera dans les conversations. 

13/05/20

801 – Tout ce avec quoi on se pense est prévu au programme. Toutes nos raisons d’être satisfait sont prévues au programme. On ne peut pas trouver un sens (de soi ou du monde) qui ne fasse pas partie du sens déjà prévu.

14/05/20

802 – On ne peut pas appréhender le monde passé ou futur, de toute façon irréel, que nos pensées présentent par les sens. On n’a que leur sens à se mettre sous la dent et cela ne change rien. Ce qui m’intéresse davantage, c’est pourquoi cette pensée-là, encore plus , pourquoi ça pense tout seul.

803 – La pensée focalise et aime la focalisation. Mais le souffle puissant du vent, ma respiration régulière, les mouvements amples ou convulsifs des branches, les couleurs des choses, le climat intérieur, les petits bruits environnants, les jeux de lumière, présents en même temps dans l’esprit ou la conscience, il n’y a pas de pensée pour rassembler tout cela , tous ces phénomènes.

 804 – La grosse erreur consiste à croire que parce que l’on se trompe ou qu’on s’illusionne, c’est soi qu’il faut corriger, changer, que le problème vient de soi. Il y a confusion autour de ce que signifie : soi. Ce serait vraiment soi. alors que le soi problématique est le produit de nos pensées, de ces idées, pensées, connaissances, croyances, valeurs dont on a hérité. On s’est conçu, construit, avec tout ça, reconnu dans tout ça. C’est pourquoi on cherche toujours des solutions à nos problèmes dans la culture ou la société qui la met en pratique. On a dû oublier quelque chose, on a mal compris, on n’a pas appris etc Mais jamais de la vie on ne pourra trouver dans la culture la vérité culturelle que l’on espère ou la partie saine et bonne qu’il faut prendre. Elles n’existent pas. La culture est en permanence évolution et elle est pleine de pièges et de poisons. (longuement décrits dans ce blog) Tout ce qu’on peut reprocher aux hommes y trouve, ici ou là, pour des raisons ou d’autres, des titres de gloire.

On ne peut pas se sentir coupable de ne pas être irréprochable. S’il y a une culpabilité, elle est plutôt dans la culture ou dans le sort qui nous a été réservé. Au nom de la culture ou de la société, on ne peut pas nous accuser de ne pas être le personnage social qu’il faut puisque ce personnage lui doit tout, est son pur produit. Quand est-ce que la culture a jugé la culture ou la société la société ? Quand est-ce qu’elles ont été purgées de tous leurs défauts et pièges ? Jamais.

805 – Le macronologue. Tiens, on devrait l’appeler monsieur Pasde. Pas de perspicacité, pas de tests, pas de masques, pas de lits, pas de fermeture des frontières, pas de performance au niveau des chiffres. 

806 – C’est sympathique la culture. Vous ressentez ce qu’il se passe en vous, vous vous comprenez sans intermédiaire. Heureusement la culture vous permet de ressembler aux autres, d’être collectif via des mots des concepts, des idées généraux ; ça y est vous faites partie de ce qui se dit, de ce qui s’écrit, de ce qui se reconnaît dans les discours. Si vous êtes cultivé, vous vous permettrez même quelques citations.

15/05/20

807 – C’est amusant, on n’est pas d’accord sur la nature des gens, sur les qualités ou les défauts de tel ou telle. . On se querelle à ce sujet. Et on n’est pas d’accord sur ce que devrait être la société, sur celle qu’il faudrait mettre en place. On se querelle encore plus fort. Ben oui, on imagine difficilement parler de ce que devrait être les gens et de ce qu’est la société. Eux sont encore libres de choisir, la société, non ! 

808 – Tout dépend du sens que l’on nous a appris à donner aux mots qui servent à nommer toutes choses. Si on change ce sens, on change aussi son rapport aux choses. Si on est en présence de quelque chose qui n’a jamais été nommé, on s’en servira selon son inspiration, son envie.

809 – On essaie toujours de trouver un sens positif à notre présence sur terre ou de donner un sens à ce monde qui justifie notre existence . C’est ce qui fait que l’on ne peut pas faire autrement que de bien faire ou de collaborer. C’est ce que je fais aussi, c’est plus fort que moi, et cela me dégoûte !

810 – Les journalistes plastronnent. Ils se donnent l’air de penser, de compter, d’avoir un rôle notable. Ils ne sont rien et ne valent rien. Il suffirait de stopper toute subvention à ces organes censés nous informer pour qu’ils soient confrontés à leur inexistence. Ce qu’ils font de notre argent, c’est se moquer du monde ! 

16/05/20

811 – Quand est-ce qu’il nous est arrivé de ne pas être animé du désir : 

- d’être utile

- de faire référence ou de recourir à des valeurs ou des qualités reconnues et approuvées par la société

- de vouloir présenter une bonne image de soi

et pourquoi a-t-on ce désir ?

17/05/20

812 – Mais enfin, pensée-je ou « je » complément d’objet direct des directives ou actions incluses dans les pensées, de quoi s’agit-il? Comment distinguer cela ? Mais c’est tout simplement celui auquel on pense quand on considère son passé, sa propre histoire, son évolution. Le passé, l’histoire ou l’évolution de qui ? De quelque chose qui est censé exister toujours, de quelque chose que la pensée postule. Comme si ce quelque chose existait. Ou bien alors, on pense à s’améliorer, à se corriger,. Améliorer qui ? Toujours quelqu’un qui est censé continuer à exister dans le futur. Une postulation de pensée au moment où il y a une pensée. Mais quand il n’y en a pas ? C’est la continuité imaginaire passé, présent, futur d’une création de la pensée. Qu’est-ce qui nous sépare de la fin de cette habitude de s’inventer une continuité qui ferait qu’on ne s’occuperait plus du passé et de l’avenir ?

18/05.20

814 -  Sans parler d’absence de pensée, difficile à prouver, on admettra que si quelque chose est absent de notre esprit, le penseur ou le je en rapport avec cette chose est absent aussi. Ce dernier ne surgit. qu’à la suite de l’apparition de la pensée de cette chose. La pensée-je ou le sujet-je est créé par la pensée ou l’objet dont il est question, et il disparaît quand la pensée disparaît. Les sujets-je se succèdent en changeant. Tous les objets de pensée ont reçu de la culture ou de la société, de l’éducation etc leur sens et ce sens précise, définit le rapport qu’on doit avoir avec l’objet. La pensée-je ou le sujet-je satisfait cette exigence. A pensée de Dieu, croyant, à pensée de la faute, sujet coupable, à objet de désir, sujet désirant. A objet illusoire, fictif, sujet fictif. (on change un personnage social en le soumettant à un conditionnement intensif) L’éthique ou la morale n’est rien d’autre qu’une pensée prioritaire, omniprésente, qui vient compléter ou supplanter une autre pensée pour créer le sujet correspondant. La continuité de soi n’est qu’une pensée comme une autre qui vient, par intermittence créer un sujet-je continu.  A idée de continuité de soi , sujet je continu tant que la pensée est là.

815 -  La vérité vous a été révélée par la très sainte Bible. Le Bien, c’est faire ce qu’on vous demande – dans la Bible le commandement de Dieu et voilà . Dans la vie quotidienne, n’importe quelle demande que vous n’êtes pas en mesure de mépriser ou de surpasser par un devoir plus global et plus fort, fait que si vous l’honorez, vous êtes dans le bien, si vous allez contre, vous êtes dans le mal. C’est ainsi qu’il faut comprendre que l’on se sent bien quand on a l’impression d’avancer, de suivre, quand on va dans le sens qui s’impose. C’est comme cela depuis toujours et dès le matin. Face à elle, quand sommes-nous en mesure d’exister sans entrer dans le schéma proposé ?

19/05/20

816 – Certains diront, comme pour s’en vanter, qu’ils ne s’occupent pas de ce que pensent les autres, qu’ils ne se soucient pas de leurs opinions. Mais ce qui est beaucoup plus rare, c’est de ne pas s’occuper de ce que font les autres. Dans les conversations courantes et dans tous les messages et informations qui nous parviennent du monde grâce aux modernes et puissants moyens de communication, il est surtout question de dire ce qu’ont fait et ce que font les autres. Depuis toujours, ils nous servent de modèles. L’exemple, il n’y a rien de plus efficace. Dire le contraire, c’est assez fréquent, mais faire le contraire ou faire différemment, c’est peu commun.

817 – Nous sommes sans cesse soumis à des tas de sensations, impressions, ressentis; Trop intellectuels, nous n’y prêtons pas attention. Il suffirait d’abandonner complètement l’idée de les penser, d’en faire quelque chose, de prévoir d’en parler à d’autres ou à soi-même intérieurement, il suffirait de vouloir seulement y être sensible pour le plaisir de l’être, pour en prendre conscience. Pour le corps, la communication et l’utilisation n’existent pas.

818 – La vie des hommes préhistoriques – les chasseurs cueilleurs – devait être dure, certes. La précarité, la dureté des éléments. Mais en dehors de cela, ils jouissaient d’une liberté certaine. La pression qui pouvait s’exercer sur eux pour s’intégrer dans le monde était réduite au strict minimum. Ils avaient affaire à la nature; Les lois qu’ils devaient connaître et respecter n’avaient pas encore été inventées. Le code pénal et le code civil n »existaient pas. Les livres et monuments de la culture auxquels il fallait forcément se référer n’existaient pas non plus. Le monde au-delà des sens n’existait pas. Ils avaient la tête ailleurs que sous le chaudron. En somme, c’était une sorte de contraire du confinement que nous avons vécu. Notre corps était confiné mais notre esprit restait largement connecté et sollicité. Alors que leur esprit était confiné et que leur corps ne l’était pas.

819 – Il y a deux parties distinctes chez les médecins. Il y a la partie intime avec le charnel, qui sait en parler souvent et le comprendre. Et il y a la partie : commis de l’Etat missionné pour penser les hommes et la vie en général conformément à l’ordre établi et en vertu des pouvoirs qui leur sont conférés -ça fait le beau dans les médias par exemple. Il se trouve, malheureusement pour cette dernière partie, que les intérêts du kleenex ne pèsent pas lourd quand la jouissance ou la volupté mettent en péril la vie. Entre deux chaises, c’est comme cela qu’il faut les appréhender.Ecartez les chaises.

20/05/20

820 -Le monde entier s’adresse à moi, m’interpelle, me sollicite, me parle, me demande des choses. Je suis le centre du monde, moi. Sauf que le monde ne me connaît pas, ne sait pas que j’existe., ne sait pas qu’il s’adresse à moi.  Comment peut-il ignorer quelqu’un d’aussi important que moi après s’être adressé à moi ? D’autant qu’en plus, Dieu aussi me parle, il me connaît et il me parle. 

821 – Il y a ceux qui, pour se sentir exister, ont besoin qu’on leur parle, qu’on leur demande quelque chose, et il y a ceux qui, pour se sentir exister, ont besoin qu’on parle d’eux d’une façon ou d’une autre . Exemples : les nuisibles, les parasites comme les bureaucrates, les technocrates, les journalistes. Une façon de compenser leur inutilité.

822 – Vouloir changer ou se changer, c’est ne pas changer. Car comment trouver ce qu’il faut changer sans recourir aux raisons, aux critères qui circulent, qui sont déjà en nous ? C’est donc renforcer ce qu’on est.

823 – 99 % de nos raisons d’agir sont des idées générales ou communes, du sens commun, des généralités. Une fiction intellectuelle nous détermine. Rares sont les fois où nous agissons en fonction d’une connaissance personnelle singulière, d’une expérience personnelle réelle. Alors si cette fiction ne fonctionne plus, quelle importance ? Elle peut crever.

824 – Le macronologue. Changez le sens des mots, c’est changer son rapport à ce qu’ils désignent. On pourrait par exemple oublier le sens que nous donnons à « Français » pour adopter le sens qu’il leur donne. Nous n’aurons pas les mêmes rapports avec eux.

825 – Aucune raison de se penser de telle sorte que cela puisse être valable pour les autres.

21/05/20

826 – Socialisation. Nivellement. Mimétisme. L’être humain étant d’un naturel sociable, il aime rencontrer ses congénères et parler avec eux. Il aime comprendre et être compris, reconnaître et être reconnu . Il aime trouver un terrain d’entente , un sens commun, gommer les différences et refouler les malentendus . Il est fortement influencé par ce que font les autres, il se conduit en fonction de cela. La socialisation, c’est plus efficace et moins pénible que l’obéissance à une autorité. On ne sera donc pas étonné de l’importance qu’on y accorde et encore moins étonné de connaître ceux qui lui accorde cette importance.

827 – Cette socialisation est une telle habitude, elle est si impérieuse depuis toujours, que son fonctionnement se retrouve au fond de l’esprit et que c’est sous son empire, conformément à ses lois que nous pensons et nous comportons, comme si la société était à l’intérieur.

829 – Ce n’est pas la peine d’aller contre la volonté de Dieu. Il permet ces malheurs, ces misères, ces désastres, ces catastrophes, ces drames. Vous ne pouvez rien y faire. N’est-ce pas. Contemplez.

830 – Si le monde extérieur n’était pas déjà à l’intérieur, on ne le reconnaîtrait pas, on ne le comprendrait pas.

22/05/20

830 – Le désir : un but, je ne pense à rien au-delà, un but, je ne pense à rien au-delà. Qie ce but soit sexuel, social, politique, religieux ou spirituel. Un but qui se suffit à lui-même, qui suffit à celui qui désire, qui abolit tous les relativismes, tous les autres mondes.

831 – La pensée-je ou le sujet ou le personnage social. Il faut bien qu’une réussite sociale quelconque ou un but social atteint puissent être attribués à quelqu’un. Il se l’approprie . C’est indissociable. C’est une association réussie . Sinon, c’est ce que l’on fait avec succès sans y avoir pensé et sans le savoir. Ne vivre que comme cela, en société, c’est une pure utopie. Mais une vie réussie de personnage social, ce n’est jamais que le succès d’une idée ou d’un concept social ou culturel

 832 – Expérience.  On aura remarqué que lorsque l’on ne pense pas le monde, quand on ne fait qu’y être sensible sans qu’il y ait le sentiment d’une séparation, on n’éprouve pas le besoin de le comprendre. C’est le fait de le penser qui introduit ce besoin.

 833 – Quand on y réfléchit bien, c’est incroyable qu’on ait pu persuader les hommes – surtout certains – qu’ils devaient faire tous ces sacrifices, endurer tant de peines, pour avoir le droit de vivre, et de vivre parfois misérablement, alors que le simple fait d’exister, de continuer à exister est déjà un immense cadeau que l’on fait au monde qui nous a imposé la vie et tous ses problèmes. Comme problèmes,  on a déjà la culture qui parle de nous avec des mots qui ne seront jamais conformes à ce que l’on est, et qui nous égareront.

23/05/20

835 – Ce qui ne touche que le moral , et pas le physique, n’est qu’une pensée. Une valeur ou un droit collectif, défini par une société, est une abstraction, l’élucubration de quelque idéologue ou la théorie de quelque politique ambitieux. C’est le produit d’une pensée générale, et il faut se comparer ou se réclamer d’une idée convenue, établie, pour se plaindre de ne pas pouvoir en jouir. Pourtant, se plaindre de ne pas être libre est véritablement recevable si ce n’est pas une liberté collective qu’une société a définie mais un empêchement de satisfaire un désir personnel. Que cet empêchement se justifie, c’est autre chose, cela intervient dans un second temps. Mais seul ce qui est individuel est réel.

836 – Les plaintes de ceux qui ne savent alléguer que l’exemple des autres ou un discours établi me sont complètement indifférentes. Je ne suis pas intéressé par une société basée sur la jalousie et la convoitise, favorisée par les concentrations humaines et quand l’égalité fait des ravages . Soit on a des facultés, des capacités, des besoins, des désirs différents, soit on veut créer un type standard, ce qui réveille de très mauvais souvenirs

837 – Comme on a pu et comme on peut encore souvent être sollicité, pris à témoin par des gens dont les plaintes relèvent des catégories ci-dessus, comme on a pu et comme on peut encore être bouleversé, remis en cause par ces plaintes si on a eu le malheur d’embrasser cette ignoble religion qui fait d’un supplicié, d’une victime, l’image idéale du bien, les vraies victimes, c’est nous. .  

838 – Inutile de rêver de justice, la Justice, le monde juste, cela n’existe pas. Même quand on ne nous a rien fait de mal, le seul fait d’exister ou de vivre est une injustice. Passer de l’inexistence à l’existence est une injustice.

839 – Attention à la contagion ! Gémir, se plaindre, geindre, se lamenter, se battre la coulpe, s’affliger, s’apitoyer etc c’est très français, et nos médias en témoignent.

840 -  Est-ce que cela existe un moment, un instant, où l’on n’est pas une pensée-je ou un sujet c’est à dire le fruit de quelque sens. Est-ce que cela existe un moment, un instant où cette pensée-je ou ce sujet que l’on est peut se reposer et être simplement ce qu’il est, et non pas sous quelque tension ? Non ? Alors vous voyez bien qu’exister n’est pas un cadeau. Ca y est, l’enfant est né, on va le mettre sous tension, progressivement, on va augmenter peu à peu cette tension  (à moins que quelqu’un trouve le moyen de détruire la centrale électrique) . + – + – + – + – + – + -

24/05/20

841 – Puisque , dans notre France faussement laïque, il va être possible de se rassembler pour assister à la messe (et s’abêtir encore) alors qu’il n’est pas prévu de le faire pour assister à un concert, contrairement à mes propos précédents et momentanément, je propose que l’on donne des concerts dans les églises.

 842 – Il est très probable, pour prolonger la thèse de Freud, que le tout petit enfant est amené à prendre conscience de sa faiblesse et de son impuissance comparé aux adultes et confronté aux événements du monde. C’est pourquoi il prend l’adulte pour protecteur, maître et modèle pour acquérir les qualités qui lui manquent. Mauvais maître, mauvais modèle hélas, très souvent. Celui-ci fait du tort au fonctionnement naturel et performant de son corps et de son esprit avec ses idées, ses désirs et ses partis-pris qui les engagent. Inutile que je décrive la vie moderne et les conditions de travail et que je rappelle tout ce que des institutions comme les religions ont fait pour encadrer, entraver, contrer, étouffer le développement de l’intelligence. Tout cela, observez-le bien, était présenté comme indispensable pour le bien, le triomphe d’une superstructure quelconque. Alors, aujourd’hui, de quoi donc l’engagement, l’utilité, l’intérêt général, la morale sont-ils le nom ? 

843 – Si on sait qu’il n’y strictement aucune chance pour que la culture nous fournisse le sens exact de toutes les manifestations de la vie en nous, des innombrables facettes de notre nature, pourquoi continue-t-on à se saisir de ses éléments pour en faire des repères, des vérités, plutôt que de vagues images. C’est nocif. Après, tous ces éléments culturels sont assemblés, intégrés dans une échelle de valeurs, et conduisent à un système que l’on imposera. Ensuite, il faudra se rendre fidèle, conforme au communisme, au fédéralisme européen, à une religion, à l’humanitarisme, au mondialisme, au libéralisme, à une morale, à la République, à la science, à l’écologisme ou je ne sais quoi d’autre dont des petits chefs profitent. Et puis un jour, la grande idée ne peut plus correspondre à la réalité des hommes, elle est abandonnée après avoir fait tous ses dégâts, et remplacée par une autre.

844 – Front populaire de Michel Onfray. Encore de l’éducation populaire. On n’en peut plus. Cela se passe ainsi , comme on l’a si souvent vu: 1 on apprend quelles qualités, quelles idées, quelle personnalité, quelles connaissances, quels choix devraient être ceux de l’élite 2 on cherche qui pourrait faire l’affaire 3 qui cherche, trouve, on veut croire que celui qu’on choisit répond aux conditions 4 on s’aperçoit qu’on s’est gouré. Le meilleur service à rendre au pauvre peuple, c’est de lui permettre de mépriser les élites.

845 – Les malheurs, les misères, les souffrances du pauvre peuple, on sait ce que l’élite en fait : des romans, des livres d’histoire, des discours, des cérémonies, des monuments, des articles à la France Culture pour en recueillir tout le bénéfice au mépris de ceux dont il est question. Je suis pour la fin définitive de tous les troupeaux quand ce sont des troupeaux d’hommes, qu’on les trouve dans une église, une réunion politique (en 2017, j’ai eu honte pour les Français), sur une route balisée, dans une structure institutionnalisé ou ailleurs

25/05/20

846 – L’espoir a un autre nom : l’autre. C’est le sens de tout rapport à l’autre sinon on se contenterait de ce qu’on est et de ce qu’on a. Or l’autre sait peut-être ce que je ne sais pas, il peut peut-être ce que je ne peux pas, il peut peut-être m’apporter un plaisir nouveau. Mais l’altérité ne fonctionne pas seulement avec d’autres personnes, elle fonctionne aussi avec d’autres idées, d’autres savoirs qui pourraient avoir le même effet.

847 – On peut lire tout ce qu’on veut comme livres de psychologie, de spiritualité, de philosophie, de politique à condition, de ne jamais porter de jugement de valeur. Car dès qu’on porte un jugement, il s’installe, il se fixe, il agit, et on n’est plus libre, ensuite, dans sa lecture. Seul compte, pour moi, l’effet réel, expérimenté par moi-même et compris par moi-même de ce que je lis. Si bien que ce qu’on raconte sur l’auteur ou le livre n’a pas d’importance.

848 – Il n’est pas facile de cesser vraiment d’avoir comme raison d’être, justification à ses pensées et ses paroles l’intérêt général ou la collectivité, le bien d’une structure englobante, car les mots que l’on utilise généralisent. Ils expriment du général. Si bien que l’on réactive et reprend à son compte le niveau collectif que l’on croyait avoir répudié, et qu’on peut épouser même, sans s’en rendre compte, le système de pensée que dessinent tous ces mots. On peut ainsi récuser, ignorer, détruire tout ce qu’on peut entendre. Il y a forcément antinomie ou incompatibilité entre la langue et les individus. Un monstrueux piège ! 

  » Le juge pensait, impassible, qu’on me prenne pour une guenon, c’est complètement impossible; la suite lui prouva que non  » (Brassens) 

25/05/20

849 – Le narcissisme et l’égocentrisme sont de l’altruisme. Un altruisme puissant. Le personnage social ainsi constitué a comme origine et raison d’être de plaire à la société, aux autres. C’est sa vocation, sa mission.On comprend qu’il veuille qu’on le prenne en modèle.

850 – Finalement, l’égalité, c’est épatant ! Mais il faut tuer tout le monde. Une femme morte n’est plus une femme. Un homme mort n’est plus un homme. Un trisomique mort n’est plus trisomique. Un génie mort n’est plus un génie. Un Président mort n’est plus président et un gilet jaune mort n’est plus un gilet jaune. Egalité parfaite. Sinon, les créatures vivantes sont toutes différentes.

851 – S’il fallait une démonstration que la socialisation est une philosophie sans issue, je donnerais l’exemple du XVIIIe et XIXe siècles en France où, dans certains milieux, on était parvenu à une connaissance des codes sociaux, à un art des relations et de la conversation, à une maîtrise sans pareille de la langue – au point que certains intellectuels font des ces époques leurs délices et leur modèle. Et tout cela pour donner quoi, pour produire quoi ? Ouvrez les yeux, on vous endort.

852 – Commis de l’État et prévention ou contrôle, surveillance, suivi. Il faut bien éviter que les gens se laissent séduire par des idées dangereuses, il faut veiller à ce que leurs comportements ne s’éloignent pas du droit chemin, de la norme, il faut s’assurer qu’ils servent bien l’ordre établi et non des projets indésirables, il faut qu’ils soient de bons serviteurs de la société le plus longtemps possible. Et il ne faut pas leur demander leur avis, il faut qu’ils s’habituent à penser que tout cela – cette ingérence -  est pour leur bien. Les commis les plus zélés, des espions aux-garde-chiourmes en passant par les flics -  il y en a toujours eu – seront récompensés.

853 – Au fond, idéologies et régimes politiques peuvent se classer en deux catégories. (avec des mélanges bien sûr comme en France) Dans la première on trouve les idées que seuls les chefs de l’Etat et une petite minorité, ont le droit d’incarner ou d’appliquer. Monarchisme, fascisme, un certain libéralisme, bonapartisme,. théocratie. Dans l’autre on trouve l’idée que le peuple a le devoir d’adopter et de mettre en pratique. Communisme, nazisme, République,  socialisme. Autrement dit, le bonapartisme, c’est pas pour les individus, et le communisme, c’est pas pour le chef. Il suffit de se demander : c’est pour qui ?En France, par exemple, on a la Monarchie, ça c’est pour le Président, et la République, ça c’est le devoir du peuple.

854 – Après bien des siècles au cours desquels la religion chrétienne s’est comportée comme toutes les autres idéologies conquérantes, elle est devenue aujourd’hui fidèle à ses origines, fidèle à l’Evangile, fidèle à Jésus : religion de l’autodestruction, de la mort. Sombrer dans le sentimentalisme, l’émotion, l’amour, la faiblesse et la douceur afin de constituer une proie facile pour tous ceux qui ont de la force et de l’ambition. 

855 – USA – CHINE frères jumeaux. Ce qui arrive aux USA arrivera à la Chine bientôt. Leur point commun, c’est la nation. Fierté d’être américain, fierté d’être chinois. Et surtout de faire de la société leur dieu, leur raison de vivre. (la société, lieu de toutes les formes de décadence, de décomposition, de conflits et de corruption, par nature) On voit où cela mène les uns, on verra le même genre de phénomène chez les autres.  Pourquoi ? Mais pourquoi ? Parce que la société est la création de la pensée. 

856 – COVID-19. On se calme. Si on atteint le million de morts en un an, ce sera déjà beaucoup. La population mondiale s’accroit de 89 millions par an à peu près. (Problème et danger no1 merci les médecins) Donc cette pandémie a des effets minimes sur cet accroissement. On peut juste penser que les déséquilibres et dégâts qu’elle va causer politiquement, économiquement, socialement, peuvent gonfler quelque peu ses performances.

857 – Covid : partout où ça grouille, ça s’infecte, ça se propage. Peut-être même que le virus va évoluer pour s’attaquer aux jeunes. La France de Macron, avec ses faunes, est un milieu privilégié pour cela.

858 – L’islamisme et Emmanuel Munich. La paix à tout prix, au prix même du déshonneur. Quand même, étant donné Emmanuel Munich et son immigrationnisme inconditionnel, pensez à faire une grosse provision de bougies.

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