LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

7 avril, 2020

DES IRES SANS FIN, 3

Classé dans : Non classé — inconnaissance @ 19:21

07/04/20

614 – Si on ne supporte pas que quelqu’un ne soit pas capable d’un raisonnement correct ou conforme pour décrire le monde et si on lui dénie, de ce fait, toute valeur, c’est qu’on ne supporte pas sa façon à lui de penser ou de raisonner et que seul compte, seul importe ce monde. Mais ce n’est pourtant pas lui qui s’est donné naissance, qui a imposé sa présence et sa personne dans ce monde. Maintenant qu’il est là, il fait partie du monde. 

615 – Inconnaissance. On peut passer d’une vision du monde à une autre, d’une conception de la nature des choses à une autre, d’une religion à une autre, d’un parti à un autre etc Pour les gens de conviction, qui ont foi dans leurs pensées, les penseurs ou les croyants se contredisent, trahissent. (la personne, ce sont ses idées qu’elle incarne plus ou moins – schéma religieux ) Mais ce qui rend possible , ce qui permet, l’existence de ces différents penseurs et de ces différentes pensées, perdure, est toujours là. Soi. Y-a-t-il eu modification de ce support dans l’opération ou pas ? On peut au moins dire qu’il y a conscience de toute façon.

616 – Ce qui prouve que la souffrance n’a aucun sens, c’est que quelques années plus tard, ceux qui n’ont pas été concernés l’oublient et passent à autre chose. (à part ceux qui en font leur business)  Cela veut dire que la dimension religieuse, morale ou spirituelle qu’on lui donnait. Pffuitt. Reste la consolation dans l’au-delà. C’est ça ! 

617 – Pour ne pas disparaître, l’UE piétine ses dogmes et débourse des milliards et des milliards.

618 – Les écologistes croient à une Nature éternelle et à une espèce humaine qui en ferait partie. S’ils étaient médecins, ils seraient capables de tout pour maintenir en vie, coùte que coûte, tous les hommes. (« On n’aura jamais assez d’essence pour faire la route dans l’autre sens » Souchon) 

08/04/20

619 – A chaque type de vision du monde et sa nature des choses associée, correspond un type d’effet sur soi. On n’est pas forcément très conscient du genre de pensées qui nous occupe l’esprit, mais on peut savoir ce que l’on ressent. Par exemple, dans la vision morale du monde (type Eric Naulleau) on sait quel mal on a fait à autrui. On a un pouvoir direct et clair sur lui. Le responsable, c’est soi-même doté de libre-arbitre . Donc l’effet ressenti pourra être un sentiment de culpabilité. Ce sentiment renvoie à ce type de pensée. Dans la vision artistique, on est doté de facultés et d’une sensibilité spéciales qui nous permettent d’éprouver certaines émotions raffinées. Dans la religion où on est censé être en relation ou en contact avec Dieu ou des esprits, ce seront des sentiments élevés d’extase ou d’illumination que l’on peut attendre. Pour un matérialiste sensualiste, c’est le corps qui procure certains effets. Quand au social, les pensées nous plaçant dans certaines situations sociales nous permettent d’éprouver ou d’imaginer la bienveillance ou l’estime que la collectivité aurait pour nous. On peut donc savoir sous la coupe de quel genre de pensée on se trouve car l’expérience a son sens. .(comme indiqué en 608)

620 – il est d’usage chez les gens biens, cultivés, les élites, les intellectuels de dire pis que pendre des réseaux sociaux et, par comparaison, de vanter les médias officiels pour leur sérieux. Je doute que sur les réseaux sociaux on trouve des gens assez stupides pour  jouer sur l’émotion comme dans cette phrase à pleurer de pitié  » Boris Johnson hospitalisé, le Royaume Uni sous le choc » ou pour relayer tous les faux espoirs, tous les racontars possibles sur le coronavirus.

621 – De l’indulgence, de la patience oui, de l’intérêt parfois, mais c’est ridicule d’accorder de l’importance ou de la valeur à ce que les gens disent puisqu’ils ne sont pas les auteurs de ce qu’ils disent.

622 – Aujourd‘hui, on sait tenir à distance l’hubris (l’orgueil, la suffisance, l’ambition) mais on s’est laissé gagner par l’idée que tout est très important ,  on est pénétré de l’importance de sa cause, de sa mission, de son message. C’est à dire que c’est vital, fondamental, crucial, primordial. L’esprit religieux, humaniste, moral, social et politique se sont pris en masse. Chaque militant est un sauveur qui suscite des vocations.

09/04/20

623 – C’est parce qu’on a en haute estime les idées en vigueur ou les services rendus à l’ordre établi que l’on critique vertement les écarts de conduite de ceux qui mettent en péril leur santé. Il faut qu’ils puissent continuer à servir à la société.  Mais on ne s’inquiète pas trop de tout ce qui, dans les conditions de travail ou dans les conditions de vie, mine la santé des gens. « Sauveur de vies ». Il y a des moments, des circonstances, des situations où on peut se présenter ainsi et recueillir les applaudissements. Il me semble que le Ministre de l’Economie n’est pas à Bercy. Certaines déclarations que l’on peut lire dans la presse ne laissent guère de doute à ce sujet.

https://youtu.be/bwb5k4k2EMc?t=2

 624 – Mon fils, dites : non pas ma volonté, mon Dieu, mais la vôtre.. Mais je ne le connais pas moi, Dieu. Ce serait imprudent, irresponsable de ma part. . Pourquoi sa volonté serait-elle meilleure que la mienne. Moi je n’ai tué ou fait tuer personne .Je n’ai menacé personne.

625 – Ceux qui se présentent comme des élites en matière de culture ressemblent souvent à des théologiens. Ils aiment relever, dégager les grandes Vérités qui se trouvent dans les œuvres pour les proposer à notre méditation, nos réflexions, pour qu’elles nous servent de repères. Ce seraient des idées transcendantes. des guides de vie. 

626 – En parlant, en écrivant, et même en pensant, on s’adresse toujours à quelqu’un, à d’autres, à quelque interlocuteur. Souvent anonymes. On fait beaucoup moins allusion à leurs idées qu’on ne fait référence au-delà d’elles, à ce qui semble tous nous motiver, au fait que nous sommes tous en mouvement dans quelque direction, à une raison commune de vouloir vivre. Le ferions-nous encore s’il n’était plus du tout question, pour aucun d’entre nous, d’un Bien dans le monde et pour soi-même qui serait à trouver et à servir

627 – Les ascètes sont des égarés de la spiritualité. Ils croient qu’en renonçant au je-possesseur, en l’abandonnant, ils seront libérés de toutes les possessions, des biens de ce monde. Mais l’impermanence n’interdit pas de jouir de ce qui nous est donné sans qu’on l’ait cherché si on ne s’y accroche pas. Faudrait-il, par principe, renoncer aussi au plaisir que nous procure le fonctionnement naturel de nos sens. Pire encore, il y a des biens dont on peut compter qu’ils nous permettront de reproduire un plaisir sans même qu’on s’en soucie.

628 – Pour peu qu’on n’a pas besoin d’amour, d’amour durable du moins, on n’est pas le jouet de celui que peuvent nous procurer nos pensées religieuses, nos pensées sociales, nos pensées morales, nos pensées philosophiques ou politiques.

10/04/20

 629 – Si on ne peut se sentir exister qu’en rapport avec le monde, c’est gênant quand le monde est con. Être prisonnier des cons, c’est dur.

630 -  si on dit qu’un amour – de quelque genre qu’il soit – est durable, c’est qu’on en a fait un système (ou une façon de penser si on veut). 

631 – Pour que ce soit plus flagrant, supposez que tous les humains de la terre sont plongés dans un profond sommeil. Puis, ils se réveillent, tous en même temps. Eh bien avant même qu’ils aient pu avoir quelque pensée claire ou qu’ils aient pu prendre quelque décision que ce soit, ils sont, d’ores et déjà, pris dans un mouvement, entraînés dans une direction, peu importe laquelle, l’important, c’est qu’il y en a une. Ils sont mus, malgré eux. Où voyez-vous un libre-arbitre dans ce processus qui s’empare d’eux ? Où voyez-vous un libre arbitre dans ce décor qui se met à défiler pour eux ?

632 – Quand on s’est rendu compte qu’il nous est impossible de trouver un moment du passé où nous avons véritablement exercé notre libre-arbitre, quand on a pris conscience qu’on n’était qu’un maillon d’une chaîne, un jouet de forces inconnues qui nous dépassaient, on a bien du mal à continuer à croire qu’il existe quelque part une volonté éclairée et libre, un Dieu omniscient et omnipotent (qui brille d’ailleurs par son inexistence) C’est que le libre-arbitre dont on se croyait pourvu n’était que la pale image de ce Dieu-là.

633 – Ayant compris que le libre-arbitre n’était qu’une histoire à dormir debout, on est obligé de fonctionner selon les apparences. That’s all. « J’lui ai dit par la Madone, reste près de moi, le bon dieu me le pardonne, mais chacun pour soi  » (Brassens) . 

634 – «  La science a pris le pouvoir. Le Président n’a pas un mais deux conseils scientifiques pour l’entourer. « (Zemmour)  . Monsieur Zemmour, appelez un chat un chat au lieu de noyer le poisson. Il ne doit pas y avoir beaucoup de physiciens nucléaires, de botanistes, de paléoanthropologues, de géologues, d’astrophysiciens etc dans ces conseils. Il s’agit de la médecine et des médecins auxquels obéissent bien des ministres et même le Président.

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635 – L’égoïsme ne peut être qu’un monopole. (voir proposition 544) Certains grands hommes (surtout politiques), en profitant des pouvoirs que leur donnait une idée de collectif (dont l’égoïsme n’a pas de bornes) ont été sur la voie de lui ressembler. Mais il est impensable que chacun, chaque individu se montre aussi égoïste, aussi propre à ne penser qu’à soi. 

11/04/20

636 – Si on a besoin d’amour et que l’on est assoiffé de bien, on est hypersensible aux jugements de valeur. Soit par susceptibilité à fleur de peau, soit par mobilisation ou engouement immédiats pour la cause évoquée. Mais certains sont plus sensibles aux jugements moraux, d’autres aux jugements sociaux, d’autres aux jugements psychologiques.

637 – Le monde se divise en deux catégories, il y a ceux qui très tôt, et toute leur vie, cherche la justice, essaient de réparer les injustices, militent pour plus de justice, pensent, élaborent un monde plus juste, et il y a ceux qui actent que le monde est injuste et qui s’y résignent ou en prennent leur parti. 

638 – Les décès de personnes âgées dus à la canicule de 2003 ont constitué un scandale et presque une honte pour le gouvernement de l’époque auquel on a fait beaucoup de reproches. On dirait qu’aujourd’hui, on n’a qu’une hâte ,  qu’une envie,  déclarer le nombre de morts en EHPAD. On a changé de cause, sans doute.Si on était en guerre, on se vanterait du nombre d’ennemis tués. Là on dirait presque qu’on se vante du nombre de morts qu’a fait le coronavirus.

639 – Que cesserait-on de faire si on était invisible ? Simplement invisible avec un corps et ses limites. Ce que l’on cesserait de faire correspondrait à ce qu’on fait pour le regard des autres.

640 – Masques en nombre inconnu gardés par l’État, gants pas toujours faciles à trouver, autorisations de travailler arbitraires et non indexées sur les conditions de sécurité, mensonges d’État, contaminations autorisées, tout se passe comme si les intentions de l’Etat étaient cachées et pas très avouables.

641 – Si on ne reprend pas le travail rapidement en adoptant des mesures adéquates ( je ne parle pas des événements qui consistent à rassembler beaucoup de gens) et si une deuxième vague, comme le craint l’OMS, plus meurtrière, intervient, la France est morte. Famine, suicides, violences etc Il ne faut pas tout subordonner au confort des médecins. Il y a des limites à la médecino-idôlatrie.

12/04/20

642 – Sale histoire quand le « faire plaisir » est devenu une seconde nature, un réflexe, un automatisme. Une vie de super-couillon nous attend. Déjà, même pas besoin d’avoir de mauvaises intentions à notre égard, on peut utiliser notre niaiserie légalement ou en respectant les mœurs ou les convenances. Ensuite, il suffira de se présenter au guichet de notre générosité, de notre bonne volonté, de notre bonne disposition pour obtenir de nous n’importe quoi sous quelque malin ou fallacieux prétexte. Mais le plus sournois et le plus grave, c’est ce qu’il se passe quand on échange avec quelqu’un. Car faire plaisir naturellement, c’est naturellement supposer qu’autrui sera content, heureux de nos sentiments. Echanger, c’est se passer des mots avec du sens autour. Chaque mot que l’on entend dans le contexte de sens approximatif où il se trouve, réactive en nous tout un univers de signification, de sens, de sentiments, tout un système de pensée. Faire plaisir, c’est abolir la distance, la différence, c’est compter sur une amitié réciproque, c’est supposer qu’autrui peut accueillir favorablement notre interprétation des mots, entrer dedans et vouloir aussi nous faire plaisir. Conditions idéales pour être le dindon de la farce.

643 – Les ravages du « faire plaisir » ne s’arrêtent pas là. Nous voudrons aussi faire plaisir à tout ce qui s’est enraciné comme idées en nous, à tout ce qui est pour nous vérité, à tous nos jugements devenus vérités , bref à tout ce dont on a fait un système, (façon de penser établie) . Pourquoi ? Parce que ce n’est pas vu simplement comme du logos ou du raisonnement. Implicitement, il y a quelqu’un derrière. La preuve, c’est que enfreindre ces pensées, ce n’est pas se tromper ou changer d’avis, c’est trahir. Trahir qui ? Se trahir par exemple, c’est trahir qui ? Qui ? « Je » C’est la démonstration que pour penser qu’on est je, quand on dit je, il faut s’être identifié complètement au pronom singulier à la première personne dans une phrase. Le monde réglé par le Verbe (mais : j’ai peut-être fait des erreurs, je me suis trompé comme disent les faux-culs qui s’en fichent) et non par autre chose.

644 – Ni pour, ni contre, indifférent à toutes les conclusions qui voudraient concerner ma vie ou la vie des hommes.

645 – Beaucoup de pays européens (mais pas que) montrent que le confinement est un pis aller. (La responsabilité pour ceux qui sont sans défenses.) Et s’il n’en reste qu’un (pays confiné) la France sera probablement celui-là. Ah cordon ombilical, quand tu nous tiens ! Mais pas de moyens pour les confinés de se protéger pendant leurs rares sorties, et pour les autres non plus, que doit-on en conclure, que peut-on supposer ?

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646 – Si je grave bien dans votre esprit : tu vas aller au supermarché, tu vas acheter ceci, ceci et cela, tu prendras de l’essence et tu iras retirer 200 euros de liquide. Vous ferez tout ceci en pensant j’achète ceci etc (le je de la phrase qui fait l’action) et vous aurez eu l’impression de décider. C’est cela la fonction de vos pensées qui reçoivent, de vous-même, leur énergie. Sans votre énergie : plouf !

13/04/20

647 – C’est terrible, avec ce covid, les salles d’attentes pour IVG se vident, et Véran s’en plaint. (il fait tout ce que lui dit mr Filippi )  C’est vrai, quid de la liberté d’avorter si des obstacles divers se présentent. Et comme dit l’autre, que d’enfants malheureux, parce que non désirés, pourraient naître. C’est vrai. Mon corps m’appartient. Je crois que c’est bien le seul cas au monde où le contenu de quelque chose de social et de culturel (le corps) appartient exclusivement à l’individu. Mais aussi, disons-le, que d’enfants malheureux parce que désirés par des abrutis, des tarés, des malades, ou élevés par des couples barjos, continuent à naître. Quel malheur que l’eugénisme soit absolument impraticable, impossible étant donné les dérives terribles auxquelles il aboutirait. Et voilà, l’enfant martyr est mort. Quelle magnifique idée de l’avoir mis au monde ! Félicitation à la vie pour son oeuvre ! Il lui est si reconnaissant ! 

648 – Chaque mot qui nous concerne, nous décrit, nous désigne invente une entité permanente qui n’existe pas. Et la première d’entre elles, celle à laquelle toutes les autres se rapportent, est le je.

649 – On peut passer d’un état où c’est dans le monde  qu’il se passe quelque chose tandis qu’en soi, il ne se passe rien, à un état où c’est en soi qu’il se passe quelque chose, et dans le monde il ne se passe rien d’intéressant. De toute façon, nos pensées rendent compte de tout ce qu’a toujours voulu, de tout ce qu’a toujours dit, de tout ce qu’a toujours paru, le monde. De plus, cette société n’a pas plus de raison d’exister qu’une autre.  

650 – 20h approche, c’est le moment de rendre hommage aux sbires de l’ordre établi, à ceux qui pactisent avec tous les pouvoirs, à ceux qui arpentent les médias et aguichent les téléspectateurs avec, non pas leur corps, mais leurs discours BCBG Vive eux. https://www.youtube.com/watch?v=1rtPFTUDMeE

https://www.youtube.com/watch?v=e4qgn_o961I         question d’humanité

651 – Faire peur pour régner, bonne broche ! Petits petits petits poussins, réfugiez-vous sous les ailes de la mère poule. Attention, attention, ici, là attention ! brrr Je suis le sauveur ! Sauveur ! Moi  ! Oui ! 

14/04/20

652 – N’est-ce pas magnifique ? Être toute sa vie aux ordres des raisons des autres, des désirs des autres, des objectifs des autres, que ces raisons, désirs ou objectifs soient formulés ou nous aient été inculqués précédemment et nous reviennent sous forme de pensées. Quel égoïsme de vouloir à tout prix satisfaire son désir quand celui-ci obéit à celui des autres ! 

653 – Ce n’est pas la même chose de dire « je sais » et « je ne sais pas ». Manifestement, le je de « je sais » est le penseur d’une pensée-savoir. C’est un penseur qui apparaît à la suite de la pensée-savoir. Le je de « je ne sais pas » est la conscience d’une ignorance ou d’un vide ou d’une absence de pensée. Cette conscience n’est pas un penseur.

654 – Il y a deux sortes de confinement. Il y a le confinement-pensée, celui qui a fini par être le résultat de tout ce qu’on a lu et entendu et dont le penseur est la victime, et il y a le confinement vécu soudain comme une restriction ou une interdiction de quelque chose que l’on voulait faire, spontanément, quand on n’a pas encore réorganisé sa vie en conséquence. 

655 – On le sait, tous ces préceptes, ces commandements, ces principes, ces règles issus de religions, de morales , de systèmes politiques ou psychologiques ne nous connaissent pas,, nous ignorent et veulent nous ignorer. On découvre, sans doute, que ce que l’on rechignait à appliquer comme préceptes n’était pas adapté à notre personnalité, notre nature particulière et que c’était se mettre dans un mauvais cas de s’y conformer. On avait raison sans savoir pourquoi. Tel n’est pas fait pour être comme ceci, tel autre n’est pas fait pour faire cela.

656 – Cogitons, cogitons. Je cogite, tu cogites. Cela occupe toute notre vie, tout notre temps. C’est le sujet général, le sujet permanent : comment s’intégrer à la société, comment en faire partie, qu ‘y faire, comment participer, comment y fonctionner ? Et comme la société définit le bien, comment être bien, comment faire le bien  ? Culture ou pas, y a que ça. Nos pensées ne sont qu’un écho, un rappel, une bande magnétique de tout ce qu’on a appris qu’on devait faire et être. Moi en elle, moi en elle. That’s the question. » Un mot, une phrase, ce ne sont pas les vôtres, ils font référence au discours ambiant.

15/04/20

657 – Ah oui, j’oubliais. Nous nous appelons tous Kleenex n’est-ce pas ? (Des ires sans fin, 2 ) Mais il y a encore des zozos qui croient que des religions comme le christianisme ont un certain mépris des choses d’ici-bas.ou qu’elles ne poursuivent aucun but terrestre. Il faudrait quand même qu’ils se réveillent en comprenant que le christianisme tient énormément à la perpétuation de l’espèce humaine et même à sa prolifération au point de souhaiter que toute vie en gestation arrive à son terme, quelles que soient les conditions. Instinct sexuel toléré parce qu’indispensable. Mais il doit être mis au service de la procréation. Première fonction du kleenex : une force biologique, culturelle et sociale qui nous pousse à faire des enfants.

658 – Il n’y a pas que le confinement, il y a tant de choses dans la vie qui ne sont plus que des objets de pensée pour un penseur, ou c’est devenu le résultat de tout ce qu’on a lu ou entendu. Un enfant peut être le produit de tout ce qu’on a appris à ce sujet, (d’où des jugements de valeur incongrus) la République est le résultat de tout ce qu’on a appris à ce sujet (d’où sa sacralisation) , la mort est le résultat de tout ce qu’on a appris à ce sujet (d’où son utilisation) , celui qui exerce une profession (même si c’est un sale type) est le produit de tout ce qu’on a appris à ce sujet. Tout ce qu’on a appris de la société et de l’entourage. Tout cela engendre un penseur auquel on s’identifie et tout continue. Parfois, on n’a vraiment que ces connaissances de seconde main à se mettre sous la dent – mais c’est sans importance s’il s’agit de créations de l’imagination dont on s’amuse – parfois on a l’occasion de juger sur pièce, d’avoir un contact direct et d’éprouver quelque chose qui sera d’une tout autre nature. Et souvent, le penseur culturel (que l’humanité n’étouffe pas) , au nom de son savoir, a le pouvoir de rendre plus pénible, plus problématique le contact direct avec la chose.

659 – Quant à soi, soi-même, comment va-t-on faire pour savoir qui on est sans utiliser tout ce qu’on a entendu sur nous, tout ce qu’on a lu que devait être un homme, quelqu’un comme nous, comment juger sur pièce ? ?

16/04/20

660- Ceux qui font tout, par différents moyens, pour faire grosse impression. Ceux qui nous convainquent que certains personnages du passé ou du présent sont incontournables, d’une valeur inestimable. Ceux qui savent faire en sorte que leurs opinions, leurs jugements de valeur, sur des œuvres, des faits, des idées sont des vérités. Ceux qui ont le pouvoir de nous faire fantasmer. Ceux qui savent à merveille nous émouvoir au service d’une cause Tous ces gens-là ne sont pas nos amis. Ce qu’ils nous laisseront dans la tête ressortira sous forme d’idées fixes, de vérités à suivre, de directives . Et tout cela prendra possession de nous.

661 – Starisation. Cela va être long de faire descendre les médecins de leur piédestal, de faire désenfler leurs chevilles hypertrophiées, après cette crise. Y-arrivera-t-on même ? 

662 – C dans l’air comme tous les soirs sur le coronavirus. Eh bien pas d’avancée significative depuis 3 mois. Toujours des tests, des promesses, des hypothèses, des recherches, des savoirs anciens. Rien ! On revient, on insiste, on ne sait qu’une chose : le confinement. Mais le confinement, ce n’est pas de la médecine, c’est de l’empiétement de la médecine sur la vie des gens. Et les sachant martèlent : attention, le déconfinement, peut-être, si, il faut…(jakadi) en vertu de leur ignorance. Il faudrait que cette pantomime médicale ridicule cesse. 

 17/04/20

 663 – De la même manière que, comme l’expliquait le philosophe Alain, quand on se dit ou quand on se pense triste ou sûr de soi, on a tendance à se comporter comme quelqu’un qui est triste ou sûr de soi, à adopter l’attitude correspondante, bref, à se mettre en scène, quand on vise telle ou telle qualité morale (amabilité, courage etc) on a tendance à se mettre en scène conformément à ces concepts. On voudrait être le produit de notre pensée., on est le produit d’un discours. Au bout de la pensée, la comédie.

664 – Les pensées ont, bien sûr, des sens différents, des forces différentes, mais au-delà de cela, il faut comprendre qu’elles ont de multiples façons de se présenter qui correspondront à leurs moyens d’action sur nous. Moyens qui peuvent être très efficaces ou :  les pensées contre lesquelles il est difficile de lutter.

L’idée que c’est bien, que c’est un bien incontournable, d’autant que les autres semblent déjà convaincus. Effet forcing.

L’idée qu’il y a quelque problème à régler avec soi, l’idée d’un soi problématique. Effet « mal à l’aise »

L’idée qu’il faut se situer, se définir par rapport aux façons de penser ou aux cadres de pensée des autres, comme si la façon qu’ont les autres de penser ou de nous penser faisait autorité. Effet sujétion..

L’idée qu’il y a les autres, en soi, auprès desquels on doit se justifier , ou l’idée qu’il y a un lien indéfectible entre autrui et soi ? Effet dépendance.

L’idée que ce qu’il se passe autour de nous ou dans le monde est d’une grande importance, c’est la vie, l’histoire, le destin qui se jouent. Aussi c’est un devoir d’avoir les yeux braqués dessus et d’y jouer un rôle. Effet dévouement.

L’idée que l’amour rapportera toujours de l’amour. Effet faiblesse

L’idée qu’il faut tout faire pour que la société soit contente. Effet « brave citoyen. »

Mais.

D’abord, tout ça s’impose à l’esprit, sans crier gare, d’un coup. Or, si c’est difficile de lutter, c’est qu’on n’a pas la liberté d’approfondir, d’analyser. C’est qu’on est forcé d’être ce personnage dont la pensée a définit le rôle.

Toutes nos bonnes dispositions à l’égard de toutes ces pensées, c’est de l’énergie qu’on leur fournit pour qu’elles puissent faire la loi. Une pensée ne peut que désigner, susciter, un objet de pensée virtuel qui n’existera que si on le fait exister

Tourné non plus vers les ennemis de l’extérieur, mais de l’intérieur, Brassens aurait pu, dans « Oncle Archibald » dire avec son talent, sa verve, sa verdeur, son esprit, son style qu’oncle Archibald n’aura plus, dans la mort, à craindre ce forcing, ce trouble, cette sujétion, cette dépendance, ce dévouement , cette faiblesse, ce devoir de citoyen de la part de ses pensées.

665 – Glissements progressifs du plaisir des carabins. Passer de : être responsable du corps des gens à être responsable de leur vie à être responsable de leur personne. Tout excités par un droit étendu. 

666 – A qui donc votre propre existence, l’existence de votre personne,( le fait que vous vivez)  devrait-elle rendre des comptes ? Alors pourquoi ce souci de la rendre légitime ? 

667 – Le risque de mort n’est pas appréhendé de la même manière par la société selon qu’il concerne un individu lambda sur un champ de bataille ou qu’il s’agit de quelqu’un d’important en temps ordinaire.

668 – Il faudrait un jour faire la liste de tous ceux qui ne sortiraient de l’ambiguïté qu’à leur détriment, pour sérieusement les cuisiner ensuite. Que d’illusions on se fait sur la mission de ceux qui sont censés être au service des hommes. On ne leur demande jamais de dire clairement ce qu’elle suppose. Il faut que ça continue; Ah oui ? Mais quoi ? Qu’y-a-t-il à sauver et pourquoi ?

669 - Continuer ? Mais continuer quoi ? Cela varie. Ce qui est vrai aujourd’hui ne le sera plus demain. A l’heure qu’il est où des minots sont férus d’exotisme et de germanisme, tout est possible. Allons ! Moi qui balance entre deux âges , je vous adresse à tous un message : le temps ne fait rien à l’affaire, quand on est couillon, on est couillon, qu’on soit jeunot, qu’on soit grand-père…non, il ne s’agit pas de cela.

https://www.youtube.com/watch?v=Qgm9oy5ZPwk

18/04/20

670 – Régner par la peur. Médecins et médias s’unissent pour répandre la peur avec, notamment, le conditionnel. (pourrait, serait etc) Le conditionnel, c’est la menace qui plane, c’est ce qu’on peut redouter, appréhender. Mais le conditionnel sert aussi à soulever des espoirs. et l’espoir engendre la crainte d’être déçu. Et c’est encore l’ignorance, l’hypothèse , l’inconnu. Au total, infra-psychose. La sensation pour les uns, la suggestion pour les autres.

671 – Une chose certaine : on ne se demande pas souvent à qui appartient tout ce que nous connaissons dans ce monde. Une autre chose certaine : ce qui est entièrement le produit du discours ambiant ne nous appartient pas. Non seulement les bâtiments abritant le commissariat de police ne nous appartiennent pas, mais la fonction de policier ne nous appartient pas non plus. Non seulement le bitume de la route ne nous appartient pas, mais l’usage que l’on peut faire de la route ne nous appartient pas non plus. Même et surtout nos grandes et belles idées, nos idéals ne nous appartiennent pas. Qu’est-ce qui nous appartient ? Est-ce que notre corps nous appartient ? Est-ce que notre santé nous appartient ? Est-ce que l’enfant qui est dans mon ventre m’appartient ? 

672 – De quoi s’occupe-t-on ? Il est clair que notre usage de ce qui ne nous appartient pas ne peut pas être décidé par nous, mais par le propriétaire. Il est clair que passer beaucoup de temps à s’occuper de ce qui ne nous appartient pas, c’est passer beaucoup de temps à obéir aux directives des propriétaires. 

673 – Dans un régime totalitaire, plus rien n’appartient aux individus, ni leurs biens, ni leurs mots, ni leurs activités, ni leur personne, ni leur vie. 

674 – De quoi est-il question ? Il est question de ce que nous devons faire pour nous adapter à la société, en tenir compte, il est question de ce que nous pourrions faire pour l’améliorer, y participer, il est question de ce que nous pouvons faire pour profiter de ses biens, des occasions qu’elle nous offre, il est question d’en savoir plus sur elle, il est question de ce qu’ont fait ou n’ont pas fait certains hommes. Bref ! Elle est notre moteur, notre but, notre référence. La référence, c’est toujours elle pour nous et pas nous pour elle. C’est elle qui existe et qui arbitre. D’ailleurs, quand elle nous prend comme interlocuteur, l’interlocuteur en question ne peut être que le produit de ses discours, un objet de pensée pour elle. S’est-on déjà intéressé à sa propre existence personnelle qui n’a de compte à rendre à personne, qui a autre chose à faire que de se consacrer au sort de la société ? 

675 – On ne se juge jamais soi-même, quand on se sent jugé, c’est par une pensée conditionnée. Ce que je ne juge pas m’appartient, ce qui est jugé ne m’appartient pas. Mais, évidemment, le plus facile pour éviter la mauvaise conscience, c’est le plus souvent d’opter pour ce qui est bien jugé par les autres.

https://www.youtube.com/watch?v=tS2kpqPlGEo

676 – Le macronologue. Je vous le donne en mille, notre libéral en peau de lapin, notre turbuleur de moeurs, conclura de cette pandémie qu’il faut renforcer le contrôle de l’Etat pour plus d’efficacité, qu’il faut augmenter le nombre de ces parasites (ou virus) bureaucrates qui pompent l’énergie et le fric (comparaison avec l’Allemagne) Copain-copain. Minable ! . L’Etat français est un dinosaure paranoïaque qui a peur de son ombre. Pitié pour nos compatriotes.

19/04/20

677 – Ces pauvres chercheurs spirituels qui ne savent rien faire d’autre que d’avoir des buts, des idées prévus par la culture et définis par des mots, qui utilisent des moyens ou des méthodes prévus par la culture et qui, malgré tout voudraient aller au-delà de la culture. De A à Z ils dépendent des autres.

678 – Il n’y a pas une grande différence entre nos pensées et le monde extérieur, et quand il y en a, c’est notre problème. Mais ce qu’il y a dans notre tête, c’est ce qui était censé être à l’extérieur autrefois. L’activité mentale est un effort constant, parfois épuisant, pour correspondre ou coller au monde extérieur. Deuxième raison de s’appeler : Kleenex

679 – On croit toujours qu’on trouvera notre assurance dans les meilleurs arguments ou les meilleurs raisonnements qui soient, ce qui revient à utiliser le sens commun en cours dont on n’est pas le meilleur connaisseur. Non, l’assurance s’obtient en s’affranchissant du devoir de s’autoriser du sens commun. C’est la manifestation éclatante de sa propre existence.

680 – Puisque (675) si on se sent jugé, c’est par une pensée conditionnée, relative, celui qui est jugé, que l’on croit être je, n’est pas soi, c’est une forme désobligeante et sociale de soi. Ainsi, il est juste que la société soit condamnée, parce qu’avant même que nous ayons dit ou fait quelque chose, d’emblée, les pensées qui viennent d’elle sont indignes de nous, elles ne peuvent que nous infliger une image offensante de nous avec ses jugements. Ce sera toujours un bien de mettre un terme à cette offense permanente.

https://www.youtube.com/watch?v=26a8hVR2hio&list=PLiNagu4w9dC3DK2OmSHc2d-juIGu1CrHb&index=111

681 – Dès qu’une pensée se présente, ou quand on dit ou entend des paroles, on a toujours tendance à chercher quelle valeur elle ont, en quoi elles sont vraies, quelle portée elles peuvent avoir. Tout cela, je m’en fiche ! M’intéresser au sens, non ! Ou alors pour jouer. Ce qui m’intéresse, c’est l’effet de ce type de pensée ou de parole sur moi. Et les conséquences. Par exemple : Pensée. Jolie pensée. Prégnante pensée qui sécrète un personnage-je auquel je m’identifie. Je m’y identifie d’autant plus que j’accorde de la valeur, de l’intérêt au sens de cette pensée. (exemples : 664) Il y aurait peut-être là une vérité ? Non ! Non ! La seule chose qui compte, c’est de m’apercevoir que ce personnage-je qui croyait me capturer n’est pas vrai, n’est pas réel, n’est pas là, n’est pas moi.

 20/04/20

682 – Sauf pour jouer le jeu de la comédie sociale, aucun intérêt pour le sens qui nous ou me donnerait de la valeur parce qu’il aurait de la valeur. Outre qu’il est relatif à une société à un moment donné, il ne prend pas du tout en compte ce que chacun veut et pense. Et d’autre part, c’est à cause de lui que notre existence personnelle devient problématique.

683 – En foule ils se pressent les représentants de la société, officiels ou officieux, accrédités ou pas, qui se sentent investis d’une mission, au point parfois d’être imbus d’eux-mêmes et de ne plus savoir se tenir. La mission, c’est une idée du collectif, une cause collective, un mot qui vaut pour tout le monde et qui désignerait quelque chose de précieux. On en trouve à foison dans la langue ou la culture. Seulement ce n’est pas la même chose selon que c’est une autorité ou un sbire de l’ordre établi qui a pignon sur rue qui s’en empare ou que c’est un citoyen lambda.

684 – Dans cette société sécuritaire, cette société de l’assistanat, de la réparation, de la victimisation, du soin, de la prudence, de la prévention, la fonction maternelle de certains médecins imbus de leur mission ne connaît plus de bornes. Mères étouffantes et intrusives.

685 – Quel besoin a-t-on d’avoir de la considération ou de la sympathie pour des porte-parole fidèles d’une société dont la fonction est de nous donner une mauvaise idée de nous-même  en nous imposant leurs critères pour nous juger ? Aucun !

686 – Bien sûr, on ne pouvait guère y échapper. A force de nous bombarder d’idées, de buts, de raisons, de valeurs censés être les bons, on a fini par se penser, se concevoir en fonction d’eux. Il est certain qu’à partir du moment – et c’est devenu instinctif, habituel – où on veut « exister pour » ….On cesse d’exister tout simplement. Et de la même façon, il faut toujours que notre raison d’agir ait une valeur consacrée.

687 – On aurait bien du mal à se juger soi-même si on ne pense pas. Pas plus qu’autrui. On sait ce qui nous est agréable ou désagréable, mais le jugement de valeur est l’affaire de la langue, de la culture. C’est un système. Une idée générale. Seul un système permet de faire le bien ou le mal. C’est un monde créé par la pensée où un personnage virtuel est concerné par une théorie sur ce qui est bien ou mal en général. Ainsi le moment où une pensée conditionnée intervient et nous juge, est un moment où nous ne faisons pas de mal, nous ne faisons que penser. Sans se prendre pour l’objet de pensée, nous ne pouvons pas nous sentir coupables. Quand il s’agit de soi, il ne faut pas se reporter à une pensée du mal pour se plaindre, il suffit juste de partir de ce qu’on ressent. Ainsi se révèlent les vrais coupables.

21/04/20

688 – Il y a comme une bataille entre différentes forces, différents penseurs, pour nommer, ce qu’on appelle : le réel. Un concept qui est revenu d’actualité. Il y a deux écoles. Il y a ceux qui pensent pouvoir s’approcher du réel, le décrire ou le nommer, et qui , en son nom, prétendent démasquer les erreurs, les manipulations, les aveuglements; Et il y a ceux  qui affirment que de toute façon, on utilise les instruments de la culture ou de la langue pour le désigner. Le réel n’est plus que le monde de ces instruments. Par conséquent, autant choisir ces instruments pour donner du réel l’image que l’on veut voir triompher. c’est une question de persuasion. Je les renvoie dos à dos. On ne sort pas de l’histoire de toute façon. Personne ne sait, tout va dépendre de ce que chacun fera. 

689 – Le mental est toujours en activité. Laquelle ? L’histoire est un mouvement, une quête, une recherche dont nous ne sommes que l’instrument, au sens où c’est cette recherche qui donne naissance à l’instrument. Il apparaît qu’il y a toujours des origines à ce travail mental, et ces origines – sujets, questions – n’ont pas été instituées par nous. On ne sait pas pourquoi elles sont là et pourquoi ce sont celles-là. Alors le sens que peut produire cette recherche, ce sont les aspects de l’histoire. Ils auraient pu être différents. De la même manière que notre personne particulière existe sans raison, une société existe aussi sans raison. Elle pourrait être une autre. Alors inutile de vouloir lui en inventer une.

690 – Notre dépendance, non pas financière, mais psychologique ou morale à l’égard de la société consiste en ceci que tout ce qui a de la valeur pour elle, dans tous les domaines, doit aussi avoir de la valeur pour tout le monde. Et c’est un risque d’être défavorablement jugé, d’être méprisé, si on n’a pas du tout réussi selon ces critères. Un puissant pouvoir qui passe par l’existence d’une opinion générale.

691 – Il était une fois le libre-arbitre. Voilà que deux ou plusieurs pensées différentes voire opposées défilent, se font concurrence dans l’esprit. Autant de « je » sécrétés par chacune d’elles. Hésitations en passant de l’un à l’autre. (oui, parce que sans penser, la question du libre-arbitre ne se pose pas) C’est alors que, sans doute, l’une d’elles l’emporte ou bien une autre qui fait la synthèse ou a l’art de triompher. Et le « je » obéit à la directive. Il est content. Autre cas d’un autre genre. Une pensée bien établie (y a tout ce qu’il faut pour qu’elle s’impose. Elle s’adosse même, peut-être, à un bien institué) met en action quelqu’un, mais cette action consiste à agir, sur quelqu’un d’autre. Et ce quelqu’un d’autre refuse catégoriquement. Avez-vous déjà vu la mine éberluée d’un « je » sûr de son bon droit, de lui-même, quand il est confronté à une volonté opposée ? Cela vaut le détour. Ce qu’il se passe ensuite est variable, mais il est extrêmement rare que l’on accorde au refus en question le droit plein et entier d’exister . Il faudrait, pour cela, que le je s’efface.

22/04/20

692 – Le sens ne m’apporte rien.  Ce qui est au-delà du sens n’est pas intéressé.  Qu’est-ce que c’est que ce charabia spiritualiste ? Il apparaît que le sens n’est utile qu’à la pensée-je du moment pour lui fournir une identité. et qu’il y a autant de pensées-je qu’il y a de sens ou de pensées différentes (question du Sphinx : je pense, donc je suis = être en tant que penseur. Je ne pense pas donc je ne suis pas. Pas de pensée, pas d’être, mais alors qui est le je sinon une pensée ? Comment quelqu’un qui n’est pas peut-il dire je ? Réponse au Sphinx : il y a la pensée-je de la pensée pense, et il y a la pensée je de la pensée je ne pense pas. ).

Le sens est une opinion, une théorie. Par exemple : que me fait quelqu’un qui ne regarde, ne considère jamais, que la matière à jugement dans toute chose ? Je sais trop bien quelle sorte de personnage accompagne ce genre de pensée. Je sais trop bien ce qui m’attend si je lui emboîte le pas. Pauvre personnage prisonnier de son système. Quand est-ce que le sens ne me rend pas prisonnier d’un système si je l’épouse ? Le sens, c’est une façon, comme une autre, de voir le monde. Quelque chose en moi n’est pas intéressé par embrasser une façon de voir ?

« Cher monsieur, m’ont-ils dit, vous en êtes un autre « ,
Lorsque je refusai de monter dans leur train.
Oui, sans doute, mais moi, j’fais pas le bon apôtre,
Moi, je n’ai besoin de personn’ pour en être un. » (Brassens. Le pluriel)

693 – Si, le sens est intéressant quand on veut s’amuser, faire de l’esprit, faire des discours brillants,  faire des dissertations, faire de la dialectique, échanger avec quelqu’un etc Mais être ? Pensée ?  Vivre ?  Conscience?  Quelles réalités désignent ces mots ? A quoi correspondent-ils ? Qui pour ces réalités ?  Il ne reste plus qu’à montrer sa culture et parler de tout ce qu’on a dit ou écrit à leur sujet. On sera passé des réalités en question aux sens qui ont été élaborés au fil du temps. 

694 – On veut faire vivre quelque « je » pour se sentir exister c’est à dire pour être conscient d’une pensée-je, en rappelant quelque conception du monde en vogue. La pensée nous sauve de notre ignorance à propos des questions ci-dessus.

695 – Aucun des sens de la vie que l’on nous propose n’est à prendre au sérieux. Aucune idée ne mérite que l’on meurt pour elle. 

696 -  En toute logique, si on aime et approuve cette société au point de ne même pas concevoir que l’on puisse se situer en dehors, au point de respecter, d’appliquer, de défendre et de transmettre ses codes, ses critères de jugement et ses valeurs, on ne doit pas se plaindre des soucis et des problèmes qu’elle nous cause et de la difficulté où l’on est de réussir dans ce cadre. Mais la cruauté consiste à faire remarquer à ces aficionados que leur motivation et leur conviction tomberaient s’ils n’étaient pas encouragés par l’exemple des autres.

23/04/20

697 – Des siècles et des siècles de conditionnement religieux après l’éclaircie grecque ont empoisonné l’esprit des hommes. Un oiseau qui vole, un accident, une anagramme, une rencontre, une émotion, le geste de quelqu’un, tout aurait un sens profond, un sens caché, un sens supérieur. Et ils le cherchent, ils l’imaginent. On peut bien donner des raisons compréhensibles à tout cela, ils diront alors que ces raisons ont un sens caché. Ils se fient plus aux origines mystérieuses de ces choses qu’aux connaissances qu’on en a. Croyance et mystère sont indissociables. C’est ainsi que ceux qui ont enflammé et dirigé notre imagination ont aussi structuré notre esprit et que le sens que nous donnons à tout ce qui existe et arrive dans le monde a une nature très métaphysique, irrationnelle, surnaturelle, spirituelle, fantasmatique.

698 – Ne sachant pas ce qu’on fait là et ne sachant pas qui on est, autrement dit ne sachant pas pourquoi agir, on donne à sa vie le sens que la société nous propose. Cela nous occupe.Mais une société n’a pas plus de raison d’exister que nous et elle ne se connaît pas plus que nous. Alors c’est comme si on marchait sans savoir où aller et qu’on nous disait : va dans cette direction, c’est bien ; et nous d’aller dans cette direction pour faire ce qu’on nous demande. Bien sûr, on ne manquera pas de tomber sur des gens qui nous accuseront d’avoir pris ce chemin, et nous ne saurons pas nous défendre puisque nous ne savons pas pourquoi nous l’avons pris.

699 – Un sens est toujours critiquable. Un marcheur est toujours critiquable. En fait il ne l’est pas, ce qui est condamnable, c’est la situation dans laquelle il s’est trouvé. Cependant, si on est critiqué pour ce qu’on fait, on sera haï si on ne fait rien.

700 – Il n’y a pas de pensée-je s’il n’y a pas, préalablement, une pensée plus ou moins vaste du monde. Or, il se trouve que cette pensée du monde est souvent peu consciente, subtile. Elle agit obscurément et puissamment. Ce qui fait que la distanciation d’avec la pensée-je est difficile. Un moyen efficace de réduire le pouvoir de la pensée du monde présente en nous  est d’ôter sa valeur, son intérêt au monde, d’arrêter ce mimétisme qui consiste à donner de l’importance aux éléments du monde pour faire comme tout le monde. Souci des autres ou souci du monde, c’est tout comme.

701 – Je n’attends rien du sens pour moi-même. Mettons un peu d’ordre.

1 Utiliser la connaissance ou la pensée, c’est se séparer de l’objet dont il est question. C’est la dualité connaissance/connaisseur ou pensée/penseur. La séparation intervient avec la pensée.. Avant, la question de la séparation ne se pose pas.

2 Il y a désormais la connaissance ou la pensée et ce qui a permis cette opération, l’opération n’aurait pas pu avoir lieu sans cette condition initiale et les deux sont étrangers.

3 La pensée ou la connaissance n’est pas en mesure de rendre compte de ce qui l’a permise.

4 il y a les connaissances ou les pensées dont le but est d’exprimer le mieux possible ce dont il s’agit. Ce sera comme des analogies soumises aux conditions ci-dessus.

5 Il y a du sens qui consiste à juger les analogies précédentes – bien/mal – dans le but de sauver le monde ou de se sauver. Comme si ce jugement prévalait sur 1. Le jugement n’a pas d’autre raison d’être, pas d’autre utilité que de départager les sauvés et les non sauvés.

6 je n’attends strictement rien de ce dernier sens puisqu’il n’a aucune valeur pour moi étant donné 1 et tout ce qui suit.

702 – Il est clair que lorsqu’on détruit les rapports penseur-pensée ou connaisseur-connaissance qui se sont enracinés, on ne se détruit pas soi-même en tant que ce qui les permettait.

703 – Ne sachant pas qui on est (et ce qu’on fait là) la question se pose rapidement de ce que l’on vaut dès que quelques connaissances, quelques idées entrent dans notre esprit. Ce qui vient des autres, à ce sujet, n’est pas mis en doute.

704 – Le manque, c’est le destin. (251) Imparable et implacable ! Réunissez toutes les conditions, oeuvrez pour qu’un enfant acquiert une très piètre opinion de lui-même, pour qu’il se persuade qu’il ne vaut rien, qu’il n’est bon à rien, qu’il est un cas rare et désespéré. Puis confiez-le à une organisation dont la raison d’être est de proposer un moyen pour devenir très bien, acquérir une grande valeur, faire partie des élus. Et il s’engouffrera, corps et âme, dans cette aventure , deviendra le pur produit de cette organisation sans jamais corriger sa piètre idée de lui-même, d’autant que cette idée est nécessaire à son système de pensée.

705 Inutile de répondre en utilisant des idées qui ont cours, à une opinion quelconque que l’on conteste. Ce serait confirmer que cette opinion ne s’adresse pas seulement à la pensée-je ou personnage social ou culturel associé à cette opinion. (genre sujet de dissertation ou d’article pour journalistes) Ce serait s’identifier à une pensée-je (celle de l’opinion ou celle de notre opinion contraire) en actant que l’idée générale du bien dont elle procède est la vérité. .Exemple : nous sommes devenus une espèce menacée. (idée générale du bien : sauver notre espèce. Pensée-je de l’opinion : agir. Petit problème dont je ne suis pas responsable : ce sont des membres à part entière de l’espèce qui menacent l’espèce. Eux aussi agissent)

mele

 706 – Un sens basé sur une idée du bien ne nous sert strictement à rien -aucun espoir – si on veut être soi et non pas un autre. Ce sens est un tour du mental conditionné pour faire de nous la pensée-je ou le personnage correspondant.

https://www.youtube.com/watch?v=LMhDIGyVmQk

707 – Le sens ne présente plus d’intérêt quand on peut saisir sur le vif ce qui agit en soi.

708 – Les penseurs, les philosophes, les intellectuels, les célébrités qui font office de maîtres à penser ne vous diront jamais si leurs propos sont destinés à orner, égayer, décorer, agrémenter la vie quotidienne comme un appartement ou s’ils doivent être salutaires pour l’être. L’être, tout un programme !

https://www.youtube.com/watch?v=7eu9hT3gXhs&list=PLh8D9AndY35ILcukEGCgE0lk8nlngxG8W&index=22

709 - Ce que l’on aime par-dessus tout, c’est agir sans raison. Un exemple dans un domaine qui m’est assez cher : la musique. Que faire ? Je ne sais pas. Ce qui vient à l’esprit, ce sont des pensées, des raisons, des justifications pour écouter tel morceau. Et du fait que cela réveille des choses que j’ai pu conclure, un jugement préétabli, de bonnes raisons, cela ne m’intéresse pas. Mini événement, cassure, état d’esprit chamboulé ou renouvelé peu après, et voilà que le même morceau me fait envie, comme ça.

25/04/20

710 – C’est de la folie pure mr Kleenex, on fait tout pour vous conduire à faire de la société ( ses codes, ses critères de jugement, ses demandes, ses buts, ses valeurs, ses éléments de lien que sont les mots dont on fait du commun) ce qu’il faut contenter. Et comment pouvez-vous faire cela ? En faisant appel à ce qu’on vous a inculqué auparavant comme idées sur la société. Et vous dans tout ça ? Vous… n’existez pas  Vous n’êtes que mr Kleenex. On vous a mis au monde pour cela, votre ignorance de la raison pour laquelle vous étiez là et votre ignorance de ce que vous étiez vous ont fait tout accepter et servir de kleenex.

711 – Quelle raison de chercher (en dehors de la solution de problèmes concrets sans rapport avec soi) sinon le sentiment que quelque chose ne va pas avec soi ? D’où vient ce sentiment ? Quelle est sa cause exacte ? On ne sait pas trop. D’où vient le crédit que l’on accorde à cette cause ? Pourquoi ce crédit, que vaut-il ?

712 – Quel genre de chose cherche-t-on ? C’est à du sens, c’est sur quelque pensée que l’on va s’arrêter, c’est ce genre de chose que l’on va saisir. On a toujours fait ça. Et ce sera pour qui ? Le bénéficiaire était le chercheur non ? Quelque élément des connaissances sur le monde que l’on a pu acquérir sera offert à celui qui veut en faire partie et y bien réussir. Bravo mr Kleenex !

713 – Des façons, des idées pour acquérir de la valeur, des qualités diverses, ce n’est pas ailleurs que dans la culture ambiante et notre stock de connaissances acquises que nous les prenons. On ne veut pas ressembler à rien ou à personne. On veut même que l’on nous confirme que l’on est ad hoc. Bon d’accord, il s’agit de la réussite de cette synthèse culturelle sans cesse remise à jour. Fonction kleenex : servir puis disparaître . On est l’effort.

714 – Mais enfin au moins, avec cet effort constant fait par le plus grand nombre, on peut être content de l’état actuel de la société et de son évolution.Cela console. Alors, pas d’hésitation, ce sont les croyances, les moeurs, les mentalités, les idées communes qui permettent à tous les Macron du passé et du présent de faire l’histoire.

4 commentaires »

  1. Nicolas B(etc.)

    Ah ce mythe du retour à la Nature, une histoire sans fin ce naturisme : de la médecine naturiste (des Lumières au positivisme)aux hygiénistes et au  » végétaro-naturisme  » de la Belle Epoque, de l’utopie des Naturiens d’Emile Gravelle aux anarchistes individualistes et leurs réformes de vie,en passant par l’ésotérisme du Trait d’Union et celui de la médecine naturiste du professeur Carton, des idéologies fascisantes …jusqu’aux nudistes…et même aux écolo-gistes : tous le même des ires sans fin : le mythe du retour à la Nature (!)

    Commentaire by Nicolas B(etc.) — 7 avril, 2020 @ 20:56

  2. inconnaissance

    C’est vrai, je ne pensais pas à tout cela, ne m’y étant pas beaucoup intéressé. J’ai l’impression cependant que les démarches s’opposent globalement sur un point : d’un côté, il s’agissait de mieux goûter la vie, d’avoir une meilleure santé. De l’autre il s’agit de punir les gens pour ne pas être écologiste. Philosophie d’un côté (sauf pour certaines expériences menées sur des enfants dans l’Est,) et de l’autre ambition politique. Chez nos modernes colos, le ressentiment, voire la haine. dominent. Haine du nucléaire, haine de l’automobile; ce n’est pourtant pas l’automobile, la coupable, c’est d’une part la nécessité absolue de se déplacer, de parcourir des distances non négligeables dans la vie quotidienne, et d’autre part, le système consumériste, et productiviste. Ils s’occupent des effets, pas des causes. Et chacun devient un super bouc émissaire.E

    Commentaire by inconnaissance — 8 avril, 2020 @ 8:29

  3. Nicolas

    eh bé ! de mieux en mieux (647).. Il y a en effet matière à dissertations littéraires et réflexions philosophiques pendant le confinement (!!) Un lancement de projet Bac-Covid19, sans doute ? – Avis donc aux bacheliers et bachelières  » boutés hors  » ! ..
    Et qu’en dit cette étudiante en master 1 de psychologie clinique et psychopathologie (Sh. P. du commentaire sur  » le Plaisir dans la transgression « ) : j’aurais bien aimé avoir son avis ? – Quasi-muette depuis (elle a du louper son mémoire, par manque de pratique  » sortie de terrain  » = sortie du labo-(o)ratoire (hormis le cas d’étude de sa propre personne ou de son entourage immédiat si existant, du fait du confinement (!))

    Commentaire by Nicolas — 13 avril, 2020 @ 14:05

  4. inconnaissance

    Bah, je suis comme un certain UG : on peut se servir de ce que j’écris, le copier, se l’approprier, le déformer. aucun problème. Ici tout est gratuit ! Pas d’ambition. La seule chose, évidemment, c’est que je ne veux pas qu’on m’attribue des propos que je n’ai pas tenus. J’ai déjà du mal avec ceux que j’ai tenus !

    Commentaire by inconnaissance — 13 avril, 2020 @ 14:49

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